DU LÉZARD CORNU
et qui présentent, comme d’autres bézoards, une espèce de cristallisation. Elle est convexe d’un côté et conçcave de l’autre; elle ne doit cependant pas être regardée comme la moitié d’un bézoard plus considérable, les couches
qui la composent étant placées les unes au-des-
sus des autres sur les bords de la cavité, ainsi que sur la partie convexe. Le noyau qui a servi à former ce bézoard devait done avoir à peu près la même forme que cette concrétion.
La surface de la cavité qu’elle présente n’est point polie comme celle des parties relevées qui ont pu subir un frottement plus ou moins considérable. Le grand diamètre de ce bézoard est de quinze lignes, et le petit diamètre à peu près de quatorze.
Séba avait, dans sa collection, plusieurs bézoards d’iguanes, de la grosseur d’un œuf de pigeon, et d’un jaune cendré avec des taches foncées. Ces concrétions sont appelées Beguan par les Indiens , qui les estiment plus que beaucoup d’autres bézoards '. Elles peuvent avoir été connues des anciens , l’iguane habitant dans les In es orientales ainsi qu'en Amérique; et comme cet animal n’a point été particulièrenet indiqué par Aristote ni par Pline , et que "és anciens n’e ‘ont allement parlé que sous le nom de Lézird-vert, ne pourraiton pas croire que la pierre Sppelét par Pline Saurilin, à cause dumot Saurus (lézard) , et que l’on regardait , du temps de ce naturaliste, comme se trouvant dans le corps d’un lézardvert, n’est autre chose que le bézoard de l’iguané , et qu’elle n’était précieuse que parce qu’on lui attribuait les fausses propriétés des autres bézoards ?? Ce qui confirme notre opinion à ce sujet, c'est que ce mot Saurilin n'a été appliqué par les anciens ni par les modernes à
. aucun autre corps, tant du règne animal que du règne minéral.
Les iguanes sont très-communs à Surinam, si que dans les bois de la Guyane, aux envi- D de Cayenne ? et dans la Rotixelis Espagne.
ntassez rares aux Antilles, parce qu’on na étruit un grand nombre , à cause de la de leur chair 4, On trouve aussi l’iguane
1 Séba, vol, {, p. 440.
LE Sauritin in ventre viridis licerti arundiue d:ssecti tra- «dont inveniri, » Plin , L XXX VII, c. 67.
5 Note communiquée par M. de la Borde.
4 Idem.
# {1 est bien reconnu mainténaänt que l'iguane qui fait l'oh-
Asie ! ; il est partout confiné dans les climats chauds ; ses couleurs varient suivant le sexe, l’âge et les diverses régions qu'il habite: mais il est toujours remarquable par ses habitudes , sa forme ct l'émail de ses écailles,