‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 110 sur 470 · DU LÉZARD VERT · texte numérisé non relu

DU LÉZARD VERT

grand , ét qu'il parvient quelquéfois jusqu’à la enfants , ainsi que les gris; lorsqu’ ils sont pris,

longueur de trerite pouces ‘. L’individu que nous avons décrit , et qui a été envoyé de Provénce au Cabinet du Roi, a vingt pouces de longueur, en y comprenant celle de la queue qui est presque égale à celle du corps et de la tête ; le diamètre du corps est de deux pouces dans | l'endroit. le plus gros. Le dessus de la tête, comme dans le lézard gris , est couvert de grandes écailles arrangées symétriquement et placées à côté l’une de l’autre. Les bords des mâchoires sont garnis d’un double rang de grandes écailles. Les ouverturesdes oreilles sont ovales ; leur grand diamètre est de‘quatre lignes ; et elles laissent apercevoir la membrane du tympan. L'espèce de collier qu'a le lézard vert, ainsi que le lézard gris, est formé dans l'individu envoyé de Provence au Cabinet du “Roi , par’ onze 2randes écailles. Celles qui couvrent le dos sont les plus petites de toutes ; elles sont héxagones, mais les”angles en étant peu sensibles , elles paraissent presque roudes ; les écailles qui sont sur lé ventre” sont orandes , hexagoues , beaucoup. plus Minhées à , et forment trente demi-anneaux" ou bandes trans versales. ca Treize tubereuléSS'étendent le long de la face intérieure de chaque cuisse ; ils sont creux, et nous avons vu à leur extrémité un mamelon très-apparents et qui s'élève au-dessus des bords de la petite cavité du tubercule dont il parait sortir ?. Laæ fente qui forme l'anus occupe une très-orande partie de la largeur du corps. La queue diminue de grosseur depuis l'origine jusqu'à la pointe; elle est couverte d'écaiiles plus longues que larges, plus grandes que celles du dos, et quisforment ordinairement plus de quatre-viugt-dix anneaux Larbeauté du lézard vert fixe les regards de tous ceux qui l’apercoivent; mais il semble rendre attention pour ne ; il s’arrète lorsqu'il voit l'homme; on dirait qu Te observeavec complaisance , et qu’au milieu des, forèts qu’il habite il a une sorte de plaisir à faire briller à ses yeux ses couleurs dorées, comme dans nos jardins le paon étale avec orgueil l’émail de ses

- belles plumes. Les lézards verts jouent avec les |

4 Note Gommuniquée par M de la Tour d'Ayene, président à inottier au parlement de Provence, et dont les linières Sont. aussi conies que son zèle pour lavancement"des sciences, »

3 Voyez, à ce sujet, Es Ouvrages de M: Duvernay.

et qu’on les excite les uns contre les autres, ils s’attaquent et se mordent Que avec acharnement ".

Plus fort que le lézard gris, le vert se bat contre les serpents ; il est rarement vainqueur ; l'agitation qu’il éprouve et le bruit qu'il fait lorsqu'il en voit approcher ne viennent que de sa crainte; mais on S’est. plu à tout ennoblir dans cet être distingué par la beauté de ses couleurs ; on a regardé ses mouvements comme une marque d'attention et d’attachement; et l’on a dit qu’il avertissait l’homme de Ja présence des serpents qui pouvaient lui nuire. Il recherche les vers et les insectes ; ilse jette avec une sorte d’avidité sur la salive qu’on vient de

| cracher, et Gesner a vu un lézard vert boire

de l’urine des enfants. 11 se nourrit aussi d'œufs de petits oiseaux, qu’il va chercher au baut des arbres où il grimpe avec assez de vitesse. Quoique plus bas sur ses pattes que le lézard gris, il court cependant avec agilité, et part avec assez de promptitude pour douner un premier mouvement. de surprise et d’effroi , lorsqu'il s’élance au milieu des broussailles ou des feuilles sèches. If saute très-haut ; et comme il est plus fort, il est aussi plus hardi que le lézard gris; ilse défend contre les chiens qui l’attaquent..L’habitude de saisir par. l'endroit le plus sensible, et par conséquent par les narines, les diverses espèces de serpents avecrlesquelles il est souvent en guerre, fait qu’il se jette au museau des chiens; et il les y mord avec tant d’obstination, qu’il se laisse emporter et même tuer plutôt que de desserrer les dents ; mais il parait qu’il ne faut point le regarder comme venimeux , au moins dans les pays tempérés, et qu'on lui a attribué faussement des

- blessures mortelles ou dangereuses ?.

Ses habitudes sont d’ailleurs assez semblables à celles du lézard gris; et ses œufs sont ordinairement pris gros que ceux de ce dernier.

4 Gesner. Quadrup. ovipar., p.36.

2 « Un lézard verc (le lézard dont parle ici M. Laurenti,'et «qu'il a distingué par le nou latin de Seps raris, n'est « qu'une vauieté du lézard vert) saisit un petit oiseuu auprès « de la gorge, et non-sénleruent l'y blessa, mais wiéme fuilit 4 à l'étruffers l'oiseau guérit de lui-même, et le iendemain e chnta comme à l'ordinaire. :

« Le uème an mal mor 1t un pigeon avre beauconp de co- « lère : Le sang coula de chacutédies petites blessures que fie

«rent les dents du 1éz ard 3 cependant le piscon n'en mouruf

« päs, quoiqu'il parût duteir vendant quelques heures.

Les Africains se nourrissent de la chair des lézards verts !; mais ce n’est pas seulement :

dans les pays chauds des deux continents qu’on |

trouve ces lézards ; ils habitent aussi les contrées très-tempérées ; et mème un peu septentrionales , quoiqu’ils y soient moins nombreux et moins grands ?. Il ne sont point étrangers aux parties méridionales de la Suède ?, non plus qu’au Kamschatka , où malgré leur beauté, un préjugé superstitieux fait qu’ils inspirent l’effroi. Les Kamschadales les regardent comme des envoyés des puissances infernales; aussi s’empressent-ils, lorsqu'ils en rencontrent, de les couper par morceaux *; et s'ils les laissent échapper , ils redoutent si fort le pouvoir des divinités dont ils les regardent comme. les représentants, qu’à chaque instant ils croient qu'ils vont mourir , et meurent même quelquefois ; disent quelques voyageurs , à force de le Ciné <

On trouve ; aux environs de Paris ,; une variété du Éd vert, distinguée par une bande qui règne depuis le sommet de la tête jusqu'à l'extrémité de la queue, etrqui s'étend un peu au-dessus des pattes, surtout de celles de derrière, Cette bande est d’un gris fauve, tachetée d’un brun foncé , parsemée de points jaunàtres , et bordée d’une petite ligne blanchâtre. Nous avons examiné deux individus vivants de cette variété; ils paraissaient jeunes, et cependant ils etaient déjà de la taille des lézards gris qui ôntatteint presque tout leur développement.

« Le lendemain, il mordit le même pigeon à la cu'sse. emit porta la peau, et fit une blessure assez grande; la plaie fut « guérie et la peau revenue au bout de peu de jours

« J'enlevai la pau de la cuisse d'un chieu et d'un chat, je les fis mordre par le même lézard à l'endroit dévonvert: l'asimal fit pénétrer son écume dans la biessure ; le chien et le chat s'efforçaient de s'éch:pper, et donnaient des signes de douleur; mais ils né présentèreut d'ailleurs atcune marqtie d'incommodité, et leurs plaies ayant été cousues, furent bientôt guéries.

« Un jézaid vert ordinaire mordit un pigeon à la cuisse « droite, avec tant de force qu'il emporta la peau, il saisit en- « suite avec acharnement-les muscies mis à au et ne les lâcha « qu'avec peine. La peau fat cousue, et le pigeon guérit aisément après avoir boité pendant'un jour,

« Ce lézard vert mo: dt un jeune chien au bas-ventre ; le « sang ne coula pas, ei l'on ne remarqua pas d'ouveriare à « la peau ; mais le chien poussa d'horribles cris, et n'éprouva « aucune incominodité. ». Extrait des expériences faites en Attriche,.au mois d'août, par M. Laureuti, Specimen medicum. Vieunæ., 1768.

1 Gesnéer, de Quadrup. ovip., p.37.

2 Rai, à l'endroit déjà cité.

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