‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 125 sur 470 · LE DORE · texte numérisé non relu

LE DORE

Scincus Cepedii, Merr.

C’est Linnée qui a donné à ce lézard le nom que nous lui conservons ici; ce quadrupède ovipare est très-commun en Amérique, où il a

4 Hist. nat. des Amphibies et des Poissons de la Sardaigne. Sassari, 1777, p.21.

2 Mémoires de l'Académie de Stockholm, trim. d'avril, 1787, p.125.—Description du lézard appelé, par M. Thunberg, Lacerta lateralis.

# Le Doré. M. Daubenton, Encycl. méth.—Zacerta aurata ,55. Linn., Amphibia reptilia.—Scincus maximus fuscus. Sloane, Hist. nat. de la Jamaïque, t. 11, pl. 275, fig. 9. Dans la planche de S'oane, le Doré est représenté avec la queue beaucoup plus courte que le corps ; si la figure est exacte, ce ne doit être qu'une variété individuelle, les autres dorés, mentionnés par les divers naturalistes, ayant tous la queue plus longue que le corps, ainsi que les individus conservés au Cabinet du Roi, et particulièrement celui qui a servi pour la description contenue dans cet article. Browne dit d'ailleurs positivement (p. 463) que le lézard que nous nommons le Doré, a la queue plus longue qu'elle n'est généralement représentée dans les figures.—4 Galliwasp, en anglais

été appelé, par Rochefort, Brochel de terre, et où il a aussi été nommé Mabouya : mais comme le premier de ces noms présente une idée fausse, et que le second a été donné à un autre lézard dont nous avons déjà parlé ! , et auquel il a été attribué plus généralement , nous préférons la dénomination employée par Linnée.

Le doré a beaucoup de rapports, par sa conformation, avec le scinque , et surtout avec le mabouya ; il a de même le cou aussi gros que le derrière de la tête; mais il est ordinairement plus grand , et sa queue est beaucoup plus longue que le corps , au lieu qu’elle est plus courte dans le scinque et dans le mabouya :

d’ailleurs la mâchoire supérieure n’est pas plus avancée que l’inférieure , comme dans le seinque ; les ouvertures des oreilles sont trèsgrandes et garnies à l’intérieur de petites écailles qui les font paraître un peu festonnées. Ces caractères réunis le séparent de l’espèce du scinque et de celle du mabouya ; mais il leur ressemble cependant assez pour avoir été comparé à un poisson , comme ces derniers lézards, et particulièrement pour avoir reçu le nom de Brochet de terre, ainsi que nous venons de le dire. Il est couvert par-dessus et par-dessous de petites écailles arrondies , striées et brillantes : ses doigts sont armés d’ongles assez forts ; la couleur de son corps est d’un gris argenté, tacheté d'orange, et qui blanchit vers les côtés ?.

Comme celles de tout animal, la vivacité de ses couleurs s’efface lorsqu'il est mort; mais, tandis que la chaleur de la vie les anime, elles brillent d’un éclat très-vif qui donne une couleur d’or au roux dont il est peint; et c’est de là que vient son nom. Ses couleurs paraissent d'autant plus brillantes que son corps est enduit d’une humeur visqueuse qui fait l’effet d’un vernis luisant. Cette sorte de vernis, joint à la nature de son habitation , l’ont fait appeler Salamandre ; mais nous ne regardons , comme

(voyez Sloane, ibid.). — Dutertre, p. 514. Mabouya ou scinque de terre.—Rochefort, p. 149, Brochet de terre.—Browne, Voyage aux Antilles, p. 465. Zacerla media squamosa, cor pore et cauda oblongo-subquadratis, auribus majoribus nudis. The Galley-Wasp. — Séba, t. Il, pl. 10, fig. 4 et 5. Scinque marin. Le lézard représenté dans le même volume, au n° 6 de la planche 12, paraît être le doré. Séba le croyait d'Afrique. Au reste, il est bon d'observer que le n° de Séba, indiqué à l'article du doré, dans la treizième édition de Linnée, représente un tout autre lézard.—Gron. mus. 2, pl. 75, no 48. Scincus.

4 Article du Mabouya.

: Suivant Browne, sa couleur est souvent sale et rayée transversalement, Voyage aux Antilles, p. 465.

210 | de vraies salamandres, que les lézards qui n’ont pas plus de quatre doigts aux pieds de devant. M. Linnée a écrit qu’on le trouvait dans l’île de Jersey , près les côtes d’Angleterre; à la vérité, il cite, à ce sujet, Edwards

( tab. 247) , et le lézard qui y est représenté est très-différent du doré. Il vit dans l’île de Chypre : mais c’est principalement en Amérique et aux Antilles qu’il est répandu. Il habite les endroits marécageux ' ; on le rencontre aussi dans les bois ? ; ses pattes sont si courtes, qu'il ne s’en sert, pour ainsi dire, que pour se trainer, et qu’il rampe comme les serpents , plutôt qu’il ne marche comme les quadrupèdes *. Aussi les lézards dorés déplaisent-ils par leur démarche et par tous leurs mouvements, quoiqu’ils attirent les yeux par léclat de leurs écailles et la richesse de leurs couleurs. Mais on les rencontre rarement , ils ne se montrent guère que le soir , temps apparemment où ils cherchent leur proie : ils se tiennent presque toujours cachés dans-le fond des cavernes et dans les creux des rochers, d’où ils font entendre , pendant la nuit , une sorte de coassement plus fort et plus incommode que celui des crapauds et des grenouilles. Les plus grands ont à peu près quinze pouces de long . Browne dit qu’il y en a de deux pieds®. L’individu que nous avons décrit, et qui est conservé au Cabinet du Roi, a quinze pouces huit lignes de longueur , us le bout du museau jusqu’à l’extrémité de la queue , qui est longue de onze pouces une ligne. Les jambes de derrière ont un pouce onze lignes de long ; celles de devant sont plus courtes, comme dans les autres lézards.

Suivant Sloane, la morsure du doré est regardée comme très-venimeuse, et on rapporta à ce naturaliste, que quelqu'un qui avait été | mordu par ce lézard, était mort le lendemain. Les habitants des Antilles dirent généralement à Browne,. qu’il n’y avait point d'animal qui pût échapper à la mort, après avoir été mordu par le doré; mais aucun fait positif, à ce sujet, ne lui fut communiqué par une personne digne de foi 7, Peut-être est-ce le nom de Salamandre

1 Sloane, vol. II.

? Browne, Voyage aux Antilles, p. 465.

5 Rai, Synopsis animalium Quadrupedum, p. 269. 4 Rai, ibid.

5 Rai, ibid.

+ Browne, vol. IL, pl. 273, fig. 7ets,.

Ÿ « Ces animaux, continue Browie, ont les dents courtes, |

qui a valu au doré, comme au seinque, la ré.

putation d’être venimeux , d'autant plus qw’il a un peu les habitudes des vraies salamandres, vivant, ainsi que ces lézards, sur terre et dans l’eau. Cette réputation l’aura fait poursuivre avec acharnement, et c’est de la guerre qu’on lui aura faite, que sera venue la crainte qui l'oblige à fuir devant l’homme. J1 paraît aimer les viandes un peu corrompues; il recherche communément les petites espèces de crabes de mer ; et la dureté de la croûte qui revêt ces crabes, ne doit pas l'empêcher de s’en nourrir, son estomac étant entièrement museuleux. En.

tout, cet animal bien plus nuisible qu’avantageux, qui fatigue l'oreille par ses sons, lorsqu'il. ne blesse pas les yeux par ses mouvements désagréables, n’a pour lui qu’une vaine richesse de couleurs qu’il dérobe, même aux regards, en se tenant dans des retraites obscures, eten ne se montrant que lorsque le jour s'enfuit.

LE TAPAYE

Tapaya orbicularis, Fitz ; Calotes (Agama ) orbicularis, Merr.; Laccrta hispida et orbicularis, Linn.; Cordylus hispidus et orbicularis, Laur.; Stellio orbieularis, Latr.; Agama orbicularis, Daud.

Nous conservons à ce lézard le nom de Ta:

paye que M. Daubenton lui a donné, par contraction du nom Tapayaæin, par lequel on le désigne au Mexique et dans la Nouvelle-Espa-. gue. Cet animal , qui a de grands rapports avec le stellion, est remarquable par les pointes

aiguës dont son dos est hérissé : son corps, que

l’on croirait gonflé, est presque aussi large que long; et c’est ce qui lui a fait conserver par Fr le nom d’orbiculaire. H n’a point de :

bandes transversales sous le ventre; la queue est courte; les doigts sont recouverts d’écailles

| par-dessus et par-dessous; le fond de la couleur

est d’un gris blanc plus ou moins tacheté de brun ou de jaunâtre. Il y a, dans cette espèce, une variété distinguée par la forme triangulaire de la tête, assez semblable à celle du caméléon , et par une sorte de bouclier qui en cou- « égales et immobiles.» Ce qui lui fait penser que leur poison , si réellement ils sont venimeux, est dans leur salive. à Browne, vol. IL, pl. 275, fig. 7 et 8.

* Le tapaye. M. Daubenton, Encycl.méth.—ZLac.orbicu-

laris, 25. Linn., Amphib. rept. Lacerta cauda tereti mediocri, vertice trimuricato abdomine subrotundo.—Rai,

, Synopsis Quadrupedum, p. 265. Tapayaxin, seu Lacerius

orbicularis.— Séba, mus. 4, pl. 109 fig. 6

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