LE MARBRÉ
Polychrus marmoratus, Merr., Fitz ; Lacerta marmorata, Latr.; Agama marmorata, Daud. ; le Marbré de la Guyane, Cu.
Le Marbré se trouve en Espagne, en Afrique et dans les Grandes Indes. Il est aussi trèscommun en Amérique; on l’y a nommé trèssouvent Temapara, nom qui a été donné dans le même continent à plusieurs espèces de lézards, ainsi que nous l’avons déjà vu , et que nous ne conservons à aucune , pour ne pas obscurcir la nomenclature. Il paraît que, dans les deux continents, le voisinage de la zone torride lui est très-favorable; sa tête est couverte de grandes écailles ; il a sous la gorge une rangée d’autres écailles plus petites, et relevées en forme de dents , qui s'étend jusque vers la poitrine , et forme une sorte de crête plus sensible dans le mâle que dans la femelle. Le ventre n’est point couvert de bandes transversales; le dessous des cuisses est garni d’un rang de huit ou dix tubercules disposés longitudinalement, mais moins marqués dans la femelle que dans le mâle. Le marbré a le dessus des ongles noir, ainsi que le galéote. Un de ses caractères distinctifs est d’avoir la queue beaucoup plus longue en proportion du corps qu'aucun autre lézard. Un individu de cette espèce, envoyé des Grandes Indes au Cabinet du Roi par M. Sonnerat, a la queue quatre fois plus longue que le corps et la tête. Les écailles dont la queue du marbré est couverte, la font paraître relevée par neuf arêtes longitudinales.
La couleur du marbré est verdâtre sur la tête, grisâtre, et rayée transversalement de blanc et de noir sur le dessus du corps; elle devient rousse sur les cuisses et les côtés du bas-ventre, où elle est marbrée de blanc et de brun; et l’on voit sur la queue des taches évidées et roussâtres, qui la font paraître tigrée.
L’on devrait peut-être rapporter au marbré le lézard d'Afrique, appelé Warral par Shaw, et Guaral par Léon. Suivant le premier de ces au-
4 Le marbré. M. Daubenton, Encycl. méth. — Zarerta marmorata, 51. Linn., Amphib. Rept.—Séba, mus, 1, pl. 88, fig. 4. Temapara, et 2, pl. 76, fig. 4. — Edwards, av., tä bula 245, fig. 2. -
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teurs , le warral a quelquefois trente pouces de long (apparemment en y comprenant la queue):
sa couleur est ordinairement d’un rouge fort vif, avec des taches noirâtres. Ce rouge n’est pas très-différent du roux que présente le marbré; d’ailleurs la couleur de ce dernier ressemble bien plus à celle qu’indique Shaw , que celle des autres lézards d'Afrique. Shaw dit qu’il a observé que toutes les fois que le Warral s’arrête, il frappe contre terre avec sa queue. Cette habitude peut très-bien convenir au marbré, qui a la queue extrêmement longue et déliée , et qui, par conséquent, peut l’agiter avec facilité. Les Arabes, continuent Shaw, racontent fort gravement que toutes les femmes qui sont touchées par le battement de la queue du warral, deviennent stériles. Combien de merveilles u’a-t-on pas attribuées dans tous les pays aux quadrupèdes ovipares ‘!