‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 196 sur 470 · DE COURS'SÜR LA. NATURE DES · texte numérisé non relu

DE COURS'SÜR LA. NATURE DES

AR nAr RAR RAR n RAA nn A 8 «= À a

S SERPENTS

policées de l’Amérique, et parmi les,hordes sauvages de PAfrique, accrues par leur éloi-

gnement de leur origine, embellies par l’ima-

gination, altérées par lignorance, falsifiées par la superstition et par la crainte, lui ont attiré les honneurs divins, tant dans l'Amérique

qu'au royaume de’ Juda, et dans d’autres con-

trées ;'où il a encore ses inléss ses prêtres,

ses bee et pour remonter de la considé- .

ration d'objets profanes et du spectacle de la raison humaine égarée, à la contemplation des vérités sacrées dictées par la parole divine, si nous jetons un œil respectueux sur le plus saint des recueils, ne voyons-nous pas toutes les idées des anciens sur les POprias du serpent s’ ac-

corder avec celles qu’en donne l’écrivain sacré,

toutes les fois qu’ils’en sertcomme de symbole?

Grandeur, agilité, vitesse de mouvement, force, armes funestes, beauté, intelligence, instinct supérieur , ts sont de les traits sous lesquels les serpents ont été montrés dans tous les temps ; et.en cherchant ici à Présente cet ordre nombreux et remarquable, j jen ’ai fait que

rétablir des ruines, ramasser des rapportsépars, *

en lier l’ensemble et exposer dés résultats gé-

néraux que les anciens avaient déjà recueillis.

C’est donc la grande image de ces êtres distin-.

gués , déjà peinte par les anciens , nos maîtres en tant de genres, que je viens d'essayer de montrer, voile dont l’ignorance, l’imagination et l'amour du merveilleux l'avaient couverte pendantune

lopgue suite de rose voie RE de

+. * Le

leur cycle de cifiquanles -deux ans, représenté par une roue; cette roue estenvironnée d'an serpent quise mord la bec et, par ses nœuds, marque les quatre divisions du cycle...

tères qui désignent les signes du zodiaque, et tout ce qu' on

anciens hiéroglyphes. 11 est remarquable que es, Chinois appellent les nœuds de la lune, la tête et ia queue du ciel,

dragon est, apparemment confondu ces deux idées... Il est encore fait

la terre. Tout cela a elite: analogie avec le serpent, qui,

partout, représente le temps, el avec le dragon , dont ra tête et la queue marquent les nœuds de l'orbite de la lune, tandis que ce dragon cause les éclipsés. Mais cette supersti-

comme en Asie, u ‘iudique- -t-il pas une source commune, et ne place-til pas même plus naturellement cétte source

« ter l'Amérique, la Chine, les Indes, ete?» M, Bailly, de l'Académie française, de celle des Sciencés, et dé celle des HReoUpHOUs Hist, de l'Astronomie ancienne, A 516, :

après avoir tâché de la dégager du.

IL est évident que les figures des constellations , les carac-” peut ‘appeler la notation astronomique, sont les restes, des. comme les Arabes disent la tête.et la queue. du dragon. Le chez les Chinois, un animal céleste; ils ont

mention dans l’Edda, d'un grand serpent qui environne.

tion, ce préjugé universel qui se retrouve en Amérique & au nord, où peut exister la-seule -communication possible

-entre l'Asie et l'Amérique, et d'où les honimes ont pu des-. cendre facilement de toutes parts vers leimidi, pour habi-.

TABLE METHODIQUE DES

soie, et qui embellissait peut-être image que l'on voyait au travers, mais qui n ’était que

l'ouvrage de l’homme, et que le flambeau de la “vérité devait consumer pour n’éclairer que l’ouvrage de la nature:

NOMENCLATURE

ET

TABLE MÉTHODIQUE DES SERPENTS

Nous venons de voir que malgré le grand nombre de ressemblances que présentent les diverses'espèces de serpents, elles diffèrent les unes des autres , non-seulement par la teinte et la distribution de leurs couleurs, mais en- -core par le nombre , la grandeur , la forme ét l’arrangement de leurs écailles , autant que par leurs habitudes , et particulièrement par la nature de leur habitation , ainsi que de ia nourriture qu’elles recherchent. L'ordre des serpents étant d’ailleurs assez nombreux , et ren- “fermant plus de cent quarante espèces !, nous avons cru ne.pouvoir en traiter avec clarté, qu’en établissant dans l’ordre de ces reptiles, quelques divisions générates, fondées sur la différence de leur conformation extérieure , ainsi que sur celle de leurs mœurs. Nous les avons réunis en huit différents groupes, et nous en avons formé huit genres.

Le premier est composé des serpents qui-ont un seul rang de grandes écailles sous le ventre, et deux rangs de petites plaques sous la queue. Nous les appelons Couleuvres (en latin Co/uber), avec la plupart des naturalistes récents , et particulièrement avec M. Linnée : et ce genre comprend la vipère commune, laspic, la la couleuvre | proprement dite , la HApra e à collier, la quatre raies, Cinq peut très-communs en France, et qui forment avec l’orvet, et peutêtre la tite d'Esculape, les seules espèces qu’ on y ait encore observées.

Nous plaçons dans le second genre les serpents qui n’ont qu’un seul rang de grandes plaques, tant au- -dessous ‘du corps qu’au-dessous de la queue , et ce genre présente les plus gran-

À Nous décrivous. dans cét ouvrage, nonsettement plus de cent quarante, mais même plus de cent svixante serpents ; cependant, conime plusieurs de ces animaux, au lieu de fürmér plus de cent soixaute espèces , ainsi que nous le présuons, pourront, daus la Süite, n'être regatdés, d'après de nouvelles observations des voyageurs on déSnaturalistes, que

comme des variétés dépendantes de l'âge ou du sexe, nous avons cru ne devoir parler ici que de cent quarante espèces,

SERPENTS. 3117

des espèces auxquelles nous laissons le nom générique de Boa, par lequel elles ont été désignées en latin par Pline et les autres anciens auteurs , et en français ainsi qu’en latin, par le plus grand nombre des naturalistes et des voyageurs modernes, et qu’on a ainsi nommées, parce qu’on a écrit qu’elles se nourrissaient avec plaisir du lait des vaches !.

Le troisième genre est composé des serpents qui ont de grandes plaques sous le ventre et sous la queue dont l'extrémité est terminée par des écailles articulées et mobiles, auxquelles on à donné le nom de sonnettes ?: nous leur conservons le nom générique de Serpent à sonnettes ?.

Dans le quatrième genre, l’on trouvera les serpents qui n’ont au-dessous du corps et de la queue , que des écailles semblables à celles du dos ; nous leur laissons le nom générique d’Anguis. Et c’est dans ce genre qu’est placé l’orvet, serpent très-commun dans quelques-unes de nos provinces méridionales:

Nous comprenons dans le cinquième genre, ceux qui sont entourés partout d’anneaux écailleux , et que les naturalistes ont déjà appelés Amphisbènes.

Nous comptons dans le sixième , les serpents dont les côtés du corps sont plisses , et que l’on a nommés Cœciles (en latin Cœcilia.)

Dans le septième genre doivent être mis ceux dont le dessous du corps présente vers la tête de grandes plaques, ne montre ensuite que des

nneaux écailleux, et dont la queue, garnie de ces mêmes anneaux à son origine, n’est revêtue qué de simples ‘écailles à son extrémité. Nous les appelons Langaha avec les naturels du pays où on les trouve.

Et enfin”, nous plaçons dans le huitième le serpent qui à sa peau revêtue de petits tubercules , et que nous nommons l’Acrochorde de Java, avec M. Hornstedt, qui en a publié la description *.

Dans chacun de ces huit genres différenciés par des signes extérieurs très-constants et trèsfaciles à reconnaitre, il serait à désirer que l’on

1€ Aluntur primè bibuii lactis succo , unde nomen traxere.s Pline, L XX VIE, c. 24.

2Voyez la description de ces écailles ou sonuettes, l'article du Boiquira.

-5 En latin, Crotalus.

4 M. Linnée.a divisé les serpents en six genres, auxquels nous avons ajouté celui des Zangaha;q: e M. Bruguères, de la Société-royale de Montpellier, a le pretuier fait convaitre, dans le Journal de Physique du mois de février 1784, et celui

que M. Hornstedt a décrit dans les Mém. de l’Acad. de Stock. holm , année 1767, p. 306,

dans

pût former une sous-division ; d’après une pro- | priété bien importante dont nous allons parler. Chacun de ces genres présenterait deux groupes secondaires. L’on placerait dans le premier les serpents dont les petits éclosent dans le ventre de leur mèré, et auxquels on doit donner le nom de Vipère, et l’on comprendrait dans le second les serpents proprement dits, et qui pondent des œufs. Cette distribution si naturelle ret fondée sur d’assez grandes différences intérieures, ainsi que sur un fait remarquable, devrait faire partie de tout arrangement méthodique, destiné à faire reconnaitre l’espèce et le nom des divers individus. Mais, pour cela, il faudrait qu’on eût trouvé des caractères extérieurs constants £et faciles à voir, qui distinouassent les vipères d'avec les serpents proprement dits. Un fort bon observateur, M. de Laborde , correspondant du Cabinet du Roï-à Cayenne, a cru remarquer que toutes les espèces de serpents dont les petits éclosent dans le ventre de leur mère, sont yenimeuses, et que, par conséquent, elles ont toutes des crochets ou dents mobiles semblables à celles de la vipère commune d'Europe. Si cette observation importante, que nous avons vérifiée sur plusieurs espèces de serpents reconnus pour vipères, pouvait S’appliquer également à toutes les espèces.de reptiles qui viennent au jour tout formés, et si ces dents mobiles ne garnissaient les mâchoires d'aucun serpent ovipare, on pourrait regarder ces crochets comme des caractères distincetifs de la sous-division des vipères dans chacun des huit genres des reptiles. Ce caractèreestd’autant plus remarquable, qu’il nous a paru toujours réuni avec une conformation particulière des mâçhoires, que nous croyons devoir faire connaître ici. Dans toutes les espèces de couleuvres à crochets que nous avons examinées, nous n'avons trouvé à la mâchoire supérieure qu’un seul rang de petites dents crochues et recourbées en arrière; c’est à l’extérieur de ce rang qu'est placé de chaque côté un crochet plus où moins long, creux, percé vers ses deux extrémités , enveloppé dans.une gaine d’où l'animal peut le faire sortir; et auprès de sa base sont deux ou trois crochets semblables, quelquefois cependant plus petits et destinés à remplacer le premier, lorsque quelqu’accident en prive le reptile ‘. ‘La mâchoire inférieure ne

4 Article de la Fipère commune.

TABLE MÉTHODIQUE

présente également qu’un seul rang de dents ,

mais les deux os qui la composent, l’un à droite et l’autre à gauche, bien loin d’être articulés ensemble au bout du museau, ne sont réunis que par la peau et les muscles. Ils sontftoujours très-écartés lun de l’autre, et terminés par des dents.crochues, moins petites que les autres dents, mais qui ne sont ni creuses, ni percées, ni mobiles"comme les vrais crochets placés dans la mâchoire supérieure , et ne peuvent distiller aucun venin.

Dans les couleuvres qui n’ont dont de vrais crochets mobiles , toutes les dents sont au contraire presque égales :#les deux os"de Ja mächoire inférieure ne sont pas articulés ensemble ; mais ils sont courbés. l’un vers l’autre, et ils sont rapprochés au -point de paraître se toucher. La mâchoire supérieure est garnie de deux rangs de dents ; l’extérieur est à la place des crochets mobiles , et l’intérieur s’étend très-avant vers le gosier ‘. Cependant, comme l’on devrait désirer un caractère plus extérieur et par conséquent plus facile à apercevoir , ces crochets ou dents mobiles pouvant d'allloues être quelquefois confondus avec les dents crochues , mais immobiles , de plusieurs espèces de serpents venus d’un œuf éclos hors du ventre de la mère, j'ai observé avec soin un grand nombre de cute et j'ai. remarqué que , dans ce genre, les espèces dont les mâchoires étaient garnies de crochets , avaient le sommet de la tête couvert de Petites écailles à peu près semblables à celles du dos ?, et que presque toutes les autres l'avaient revêtu au contraire d’écailles plus grandes que celles du dessus du cerps , d’uné forme très-différente < toujours au nombre de. neuf , et placées sur trois rangs , le premier et le LE à compter du museau , étant composé de deux écailles , le troisième de trois , et le quatrième de deux, Nous ne croyons pas néanmoins que l’on doive établir une sous-division rigoureuse dans le genré des couleuvres, et à plus forte raison dans chaque genre de serpents , avant que de nouvelles et de nombreuses observations aient : mis les naturalistes à portée de ROnpIAe notre -

41 Voyez l'article de la Vipére commune , reitentx au jeu des mâchoires et des os qui les composent.

2 Quelques serpents venimeux, et par conséquent. à crochets, ont quelquefois, entre les yeux, trois écailles un peu plus grandes qu ue celles du dos, mais je n'ai vu que sur la tête du Vaja, les neuf grandes écailles qui garnissent celle dela plüpart des couleuvres ovipares et non venimeuses.

DES SÉRPENTS.

travail à ce sujet; nous croyons devoir nous contenter , en attendant, de séparer , dans la partie historique de chaque genre , les espèces . reconnues pour de vraies vipères ; OU que nous considérerons comme telles, à cause de leur conformation extérieure, de leurs crochets mobiles , et de leur venin , d’avec les autres que nous ro comme à ipares}jusqu’à ce que les voyageurs aient éclairci l’histoire de ces espèces peu connues et presque toutes étrangères.

Le genre des couleuvres étant très-nombreux , et par conséquent les espèces qui le composent ne pouvant pâs être reconnues trèsaisément , non-seulement nous aurions voulu pouvoir séparer les vipères de celles qui pondent, mais nous aurions désiré pouvoir diviser nuits les.couleuvres ovipares en deux

sections différentes. Nous avons pensé à faire

ce partage d’après la proportion de la longueur du corps et de celle de la queue ; ainsi que d’après la grosseur ou la forme déliée de cette dernière partie ; mais indépendamment que cette proportion et cette forme ont été jusqu’à présent très-peu indiquées par les naturalistes et les voyageurs, et que nous n’aurions pu d’après cela classer les espèces que nous n'avons pas vues, et dont nous ne parlerons que d’après les auteurs, nous avons cru nous apercevoir que cette proportion variait suivant l’âge ou le sexe , etc. Nous devons done uniquement inviter les voyageurs, et ceux qui ont dans leur collection un grand nombre d'individus de la même espèce , à déterminer , par des observations très-multipliées, les limites de ces variations ; lorsque ces limites seront fixées, on pourra établir une division exacte entre les deux sections que l’on formera dans la grande famille des couleuvres ovipares, et dont les caractères distinctifs seront tirés de la grosseur de la queue et de sa longueur comparée avec celle du corps. Nous ne pouvons maintenant que chercher à indiquer des signes caractéristiques de chaque espèce, très-marqués et très-faciles à saisir, afin de diminuer, le plus possible , l'inconvénient d’un trop grand nombre d’espèces renfermées dans le même genre. Nous avons donc laissé d’autant moins échapper les traits de leur conformation extérieure qui ont pu nous donner ces. caractères sensibles, que , sans cette attention de rechercher tous les moyens de distinguêr les espèces, les naturalistes et les voyageurs auraient été

très-souvent embarrassés pour Îles reconnaître. Lorsqu’en effet les serpents sont encore jeunes, ils ne ressemblent pas toujours aux serpents adultes de leur espèce ; ils en diffèrent souvent par la teinte de leurs couleurs ; et s’ils n’en : sont pas distingués par la disposition générale de leurs écailles , ils le sont quelquefais par le nombre de ces pièces. On peut reconnaitre facilement eur genre; mais il serait souvent difficile de déterminer leur espèce, en n’adoptant pour caractère spécifique que celui qui a été admis jusqu'à présent par le plus grand nombre des naturalistes, et qui a été principalement employé par M. Linnée. Ce caractère consiste dans le nombre des grandes et des petites plaques situées au-dessous du corps et de laqueue. Nous pensons, d’après des observations et des comparaisons très-multipliées que nous avons faites sur plusieurs individus d’un grand nombre d’espèces, conservées au Cabinet du Roi, ou que nous avons vues dans différentes collections , que le nombre de ces plaques peut varier suivant l’âge, augmenter à mesure que les serpents grandissent , et dépendre d’ailleurs de beaucoup decireonstances particulières etaccidentelles. Nous n’avons pas cru cependantdevoir rejeter un caractère aussisimple, aussi sensible, etquine s’efface pas lors même que l’animal a été conservé pendant longtemps dans les cabinets; nous l’avons employé d'autant plus qu’il établit une grande unité dans la méthode, et qu'il est quelquefois ‘le seul indiqué par les auteurs pour les espèces que nous n’avons pas vues, D'ailleurs nous marquerons toujours séparément , ainsi que les naturalistes qui nous ont précédés , le nombre des plaques qui revêtent le dessous du corps, et celui des plaques situées au-dessous de la queue; et comme il peut être très-rare que ces deux nombres aient varié dans le même individu , l’un pourra servir à corriger l’autre. Mais nous avons cru que ce caractère , tiré du nombre des écailles placées au-dessous du corps ou de la queue, devait être réuni avec d’autres caractères. Nous avons donc multiplié nos observations sur le grand nombre de serpents que nous avons été à portée d’examiner ; nous avons comparé le plus d'individus de chaque espèce que nous avons pu , afin de parvenir à distinguer les formes constantes d’avec celles qui sont variables.

Nous n'avons presque pas voulu nous servir des nuances des couleurs , si peu permanentes

dans les individus vivants, et si souvent altérées dans les animaux conservés dans les collections. Malgré cette contrainte que nous nous sommes imposée, nous croyons être parvenus à trouver ce que nous désirions. Nous avons pensé que neuf caractères différents pouvaient, par leurs diverses combinaisons avec le nombre des grandes où des petites plaques placées sous le corps et sous la queue, suffire à distinguer les espèces des genres les plus nombreux , d’autant#plus qu’on peut y ajouter , dans certaines circonstances , un dixième caractère souvent aussi permanent et plus apparent que les neuf autres.

Nous tirons principalement ces caractères de la forme des écailles. En effet, si les plaques du dessous du corps ont à peu près la même forme dans tous les serpents ; si eiles sont presque toujours très-allongées ; si elles ont le plus souvent six côtés très-inévaux , et si elles ne varient guère que par leur longueur et leur largeur, la forme des écailles qui revètent le dessus du corps n’est pas la même dans les diverses espèces ; dans les unes, ces écailles sont hexagones; dans les autres, ovales ou taillées en losange ; plates et unies dans celles-ci; relevées, dans celles-là, par une arête très-saillante ; se touchant quelquefois à peine, ou se recouvrant, au contraire, comme les ardoises des toits.

Voilàdone sept formes différentes et bien distinctes que les écailles du dos peuvent préseuter.

De plus, si quelques espèces de serpents ont le dessus de la tête recouvert d’écailles semblables à celles du dos, les autres ont, ainsi que nous venons de le dire, cette partie du corps défendue: par des lames plus grandes, au nombre de neuf, et placées sur trois rangs, ce qui compose un huitième caractère spécifique. Nous tirons le neuvième de la forme, et quelquefois du nombre des écailles placées sur les mâchoires ; et tous ces caractères nous ont paru constants dans chaque espèce, et indéperdants äu sexe ainsi que de l’âge.

D'ailleurs, autant les nuances des couleurs sont variables dans les serpents, autant leurs distributions générales en taches, en bandes, en raies, etc., sont le plus souvent permanentes;

de telle sorte que, dans une même espèce de

serpents distingués par un grand nombre de taches, quelques individus peuvent, par exemple, être blanchâtres avec des taches vertes, et

TABLE MÉTHODIQUE

dans la même espèce, ce sont presque toujours des taches disposées de la même manière.

Cette distribution de couleurs est d’ailleurs peu altérée dans les serpents qui font partie des collections , et ce n’est que la nuance des diverses teintes qui change après la mort de l'animal , ou,naturellement ou par l'effet des moyens em és pour le conserver.

Cependant comme lâge et le sexe peuvent introduire d’assez &rends changements dans la distribution des couleurs, nous n ’employons qu'avec réserve ce dixième caractère.

C’est d’après les principes que nous venons d'exposer que nous avons fait la table suivante. Les espèces n’y sont pas présentées dans le même ordre que celui dans lequel nous avons exposé quelques traits de leur histoire. Nous avons dû, en effet, pour bien présenter ces traits, séparer, par exemple, les vipères d'avec les couleuvres ovipares, qui en different beaucoup par leurs habitudes; traiter d’abord de-la vipère commune, comme du serpent le mieux connu ,.et dont on est, en Europe, très à portée Pabdier les mœurs ; one histoire des couleuvres ovipares par celle de Jà couleuvre verte et jaune, ainsi que de la couleuvre à collier, que l’on rencontre en très-erand nombre: en France, et dont les habitudes naturelles peuvent être très-aisément observées, ete. Dans la table méthodique, au contes où nous n’avons dü chercher qu’à donner x naturalistes, et principalement aux voyageurs, le moyen de reconnaitre les diverses espèces, de voir si elles n’ont pas été décrites , ou de leur rapporter lès observations des différents auteurs ; nous avons cru diminuer beaucoup le nombre des comparaisons qu'ils auraient été obligés dé faire, et leur épargner beaucoup de recherches, en plaçant les espèces d’après l’un des caractères que nous avons employés, en lesMrangeant, par exemple, d’après le nombresdes plaques qui.

revêtent le dessous du corps, et en commençant par les espèces qui en ont le plus !.

Cette table est divisée en dix colonnes.

La première présente les noms des espèces ; la seconde, le nombre des grandes plaques, des rangées de petites écailles, ou des anneaux écailleux,qui revêtent le dessous du corps des servents, ou le nombre des plis que l’on voit le

1 Nous n'avons jamais compris dans le nombre des plaques du dessous du corps les grandes écailles , ordinairement au

d'autres jaunes avec des taches bleues ; mais, | nombre de deux ou de trois, qui les séparent de l'anus,

DES SERPENTS

long des côtés du corps , selon le genre auquel "ils appartiennent ; les espèces sont placées, ainsi que nous venons de le dire, suivant le nombre de ces grandes” plaques, rangées de petites écailles, anneaux écailleux ou plis latéraux , afin qu'on puisse trouver très-aisément une espèce de serpent que nous y aurons comprise, - où celles avec lesquelles il faudra comparer le reptile dont on voudra connaitre l'espèce.

La troisième colonne renferme le nombre des paires de petites plaques, ou de grandes plaques, ou de rangées de petites écailles, ou d’anneaux écailleux que l’on voit sous la queue des serpents, ou le nombre des plis latéraux placés le long-de cette partie.

La quatrième offre la longueur totale des reptiles, et la cinquième, la longueur de leur Œueue. Ces longueurs ne sont souvent-ni les plus grandes ni les plus petites que présentent les espèces ; elles ne sont que les longueurs mesurées sur les individus que nous avons décrits, et nous n’en avons fait mention dans notre Table méthodique que pour indiquer le rapport de la longueur totale des reptiles à celle

de leur queue ‘.

La sixième colonne apprend si les serpents ont des crochets venimeux ou non, et laquelle de leurs deux mâchoires est été de ces Crochets.

La septième désigne le défaut de grandes écailles sur la partie supérieure de la tête, ou le nombre et l’arrangement de ces grandes pièces, lorsque le dessus de la tête des serpents

‘en est garni. Cette expression abrégée, neuf sur quatre rangs, Signifie qu’elles sont grandes, conformées et placées à peu près comme celles qui couvrent une partie de la tête de la couleuvre à collier, de la couleuvre verte et jaune,

et du plus grand nombre de couleuvres sans venin. Il est bon d’observer que, dans certaines espèces, comme, par exemple, dans celle du Molure, la grande pièce du milieu du troisième rang, à compter du museau, est quelquefois divisée par une suture; ce qui pourrait faire croire que la tête de ces espèces de reptiles est couverte de dix grandes pièces.

4 Nous venons de voir que ce rapport variait dans plusieurs espèces de serperits, suivant l'âge ou le sexe; cependant comme il parait constant dans le plus grand nombre d'espèces de reptilés on du moins que.ces variations, y soft renfermées dans des limites trés-rapprochées, nous avons Crû qu'il pourrait servir assez souvent à reconuaitre l'espèce des individus que l’on examinerait,

PSur la huitième colonne est marquée la forme des écailles du dos ; leur figure, en losange, ou ovale, ou hexagone, peut être variable; mais nous n'avons jamais vu des individus de la même espèce avoir, les uns, des écailles unies, et les autres, des écailles relevées par une arête.

La neuvième colonne montre quelques traits remarquables de la conformation des serpents ; et enfin la dixième indique leurs couleurs. Nous. nous. Sommes attachés beaucoup plus à désigner la disposition de ces couleurs que leurs nuances ; et c’est aussi le plus souvent à cette disposition qu’il faut presque uniquement avoir égard ; quelques nuances sont cependant peu sujettes à varier sur l’animal vivant, et même à être altérées par les divers moyens employées pour la conservation des reptiles ; nous les avons marquées de préférence dans la Table méthodique !: Au reste, il ne faut pas perdre de vue que c’est uniquement d’après la réunion de plusieurs caractères que l’on doit presque toujours se décider sur l’espèce du serpent que l’on examinera.

Les places vides de la Table méthodique pourront être remplies avec le temps ; elles présenteront alors des caractères dont. nous n'avons pas pu parler, à cause du mauvais état des serpents que nous avons vus, ou de la trop grande brièvetédes descriptions desnaturalistes.

1 On s'aperceyra aisément, en lisant les divers articles de cet ouvrage, quil était impossible de donner, dans des planehes noires, une idée de toutes les couleurs brillantes, et surtout des reflets variés d'un grand nombre de serpents. Nous aurions désiré subsliluer des planches enluminées à ces plauches noires ; mais on ne pent pas faire , dans un seul pays, des dessins enluminés et exacts d'animaux qui, habitant presque toufes les contrées des deux mondes, ne peuvéntêtre transportés vivants qu'én petit nombre, et dont les couleurs s'altèrent d'abord après leur mort. Ce ne sera qu'après beaucoup de temps qu'on pourra réunir des dessins en Couleur de tous les reptiles connus, dessinés en vie et dans leur pays natal, par différents voyageurs.

Au reste, nous devons prévenir que nos descriptions in diquent quelquefois uùe distribution de couleurs un peu différente de celle que la gravure présente, parce que quelques dessins ont été faits d'après des individus dont les couleurs étaient altérées, quoique leurs formes fussent bien conservées; nous avons été bien aises que le dessinateur ne représentât que ce qu'il avait sous les yeux; mais nous avons fait notre description d'après tout ce que nous avons pu recueillir de plus certain relativernent aux couleurs de l'animal en vie, Quelquefois aussi la gravure n'a pu indiquer la véritable forme des écailles dont on trouve la description dans le texte *

* Nous n'avons pas la prétention de donner, dans les planches qui accompaguent cette édition, les couleurs exactes des objets qui y sont ‘ut ce que nous poyvons assurer, c’est qu'on a mis au

représer 2, 1 ‘est q À tant de soin que possible à les rendre d'après les individus vivants où morts qui ont servi de modèles, (Epir.)

cocseccocossoononcossnsocsnonc00co0s002600529

TABLE MÉTHODIQUE

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