‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 252 sur 470 · LA COULEUVRE DE MINERVE · texte numérisé non relu

LA COULEUVRE DE MINERVE

Coluber (Natrix) Minervæ, Merr. ; Col. Minervæ, Linn., Lacep., Latr., Daud.

Le serpent, étant pour les anciens Grecs un des emblèmes de la prudence, avait été consacré à Minerve, qu’ils regardaient comme la déesse de la sagesse. Les Athéniens avaient gravé son image autour des autels et des statues de cette divinité qu’ils avaient choisie pour la protectrice de leur ville; ils regardèrent la fuite d’un serpent, qui s’échappa de leur citadelle, comme la marque du courroux de la déesse; et c’est peut-être pour rappeler cette opinion religieuse, que M. Linnée a donné le nom de Serpent de Minerve à la couleuvre dont il est question dans cet article. Nous croyons devoir d'autant plus le lui conserver, qu’un des souvenirs les plus agréables et les plus touchants est celui des siècles fameux de la Grèce, où la belle nature et la liberté ont produit tant de grands hommes, et les arts qui les ont immertalisés. Il est heureux qu’un petit objet, revêtu d’un grand nom, puisse quelquefois éveiller de grandes idées ; et que la vue d’une simple couleuvre puisse retracer quelque image de l’ancienne Grèce, à ceux qui rencontreront ce faible serpent sur les lointains rivages de l’Inde où il habite. -

La couleuvre de Minerve est d’une couleur agréable ; le dessus de son corps est d’un vert de . mer plus ou moins foncé , et le long de son dos règne une bande brune. On voit, sur la tête de ce serpent, trois autres bandes de la même couleur ; il a deux cent trente-huit grandes plaques, et quatre-vingt-dix paires de petites.

LA PÉTALAIRE?.

Coluber (Natrix) Pethola, var. 8? Merr.; Col. petalarius, Linn., Lacep., Latr., Daud. ‘.

Un individu de cette espèce fait partie de la

+ Le Serpent de Minerve. M. Daubenton, Encycl. méth. — Mus, Ad. fr. 1, p. 56.

? Apachycoatl , par les Mexicains. — Le Pétalaire, M. Daubenton, Encycl: méth. = Mus. Ad. fr. 4, p. 55, tab. 9, fig. 2, — Cerastes mexicanus. 176, Laur. Spec. med. — Séba, us. 2, tab. 20, fig. 1. — Nieremberg, L. XII, c. 43, — Jonston, p. 28,

5 Ce reptile, suivant M. Merrem, ne seraît qu'une simple va riétéde la couleuvre Péthole, qui sera décrite plustard, D,

collection du Roi; il a un pied neuf pouces de longueur totale, et sa queue, quatre pouces neuf lignes : il n’a point de crochets mobiles. Neuf grandes écailles couvrent le dessus de sa tête et sont disposées sur quatre rangs; celles que l’on voit sur le dos sont presque ovales et unies. La couleur du dessus du corps est noirâtre, avec des bandes très-irrégulières transversales et blanches. On remarque d’autres bandes blanches et transversales sur les paires de petites plaques, qui sont d’un gris foncé et au nombre de cent cinq. Il y a deux cent onze grandes plaques blanches et bordées de gris , ce qui forme sous le ventre de petites bandes transversales.

Le blanc et le noir, qui composent les couleurs principales de la pétalaire, sont contrastés et nuancés de manière à rendre sa parure très-agréable, Ce serpent est très-doux et même familier; il s’introduit sans crainte dans les maisons , y passe sa vie sous les toits , et y devient très-utile, en y faisant la guerre aux insectes et même aux rats, dont il détruit un grand nombre : il se nourrit aussi de petits oiseaux. On le trouve non-seulement én Asie , et particulièrement dans l'ile d’Amboine , mais encore en Amérique et surtout au Mexique, où on le nomme Apachyccail*.

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