LA MAURE
Coluber (Natrix) Maurus, Merr.; Col. Maurus, Linn., Lacep., Latr.
Elle a été ainsi appelée, à cause de ses couleurs, et parce qu’elle se trouve aux environs d'Alger. M. Brander envoya à M. Linnée un individu de cette espèce. Le dessus de son corps est brun, avec deux raies longitudinales ; plusieurs bandes transversales et noires s’étendent depuis ces raies, jusqu’au-dessous du corps, qui est noir. |
La maure n’a point de crochets mobiles; on voit sur sa tête neuf grandes écailles, et sur son dos des écailles plus petites et ovales : ces écailles du dos sont relevées par une arête, dans un individu de cette espèce, qui fait partie de la collection de Sa Majesté 5.
LE SIBON‘.
Coluber (Natrix) Sibon, Merr. ; Col. Sibon, Linn., Lacep., Latr., Daud.
Les Hottentots ont nommé ainsi un serpent
“ L'Haje. M. Daubenton , Encycl. méth. — Coluber sculis abdominalibus, 206; squamis caudalibus, 60. Hasselquist, it. 512, no 62.
? M. Linnée a écrit que l'haje avait deux cent sept grandes plaques, et cent neuf paires de petites.
5 Coluber Haje-Nascher, par les Arabes, Descriptiones animalium, P. Forskal., amphib. 8.
4 Le Maure. M. Daubenton, Encycl. méth.
5 Cette couleuvre a communément cent cinquante-deux grandes plaques et soixante-six paires de petites.
$ Le Sibon, M. Daubenton, Encycl. méth, — Lin. Amœnits
DES SERPENTS
qui se trouve dans le pays qu’ils habitent, ainsi que dans plusieurs autres contrées d'Afrique. Le dessus du corps de cette couleuvre est d’une couleur brune, mêlée de bleu; et le dessous est blane, tacheté de brun. Des écailles rhomboïdales garnissent son dos; sa queue est courte et menue. Cette couleuvre a ordinairement cent quatre-vingts grandes plaques, et quatre-vingtcinq paires de petites.
LA DHARA !.
Coluber {Natrix) Dhara, Merr.; Col. Dhara, Forsk., Gmel,, Daud.
C’est dans la partie de PArabie, qu’on a nommée heureuse, c’est dans les fertiles contrées de l’Yémen , que se trouve cette couleuvre. Sa tête est couverte de neuf grandes écailles, disposées sur quatre rangs; son museau est arrondi; son corps est menu; et toutes ses proportions paraissent aussi sveltes qu’elle est innocente et douce. Elle n’a point de couleurs brillantes, mais celles qu’elle présente sont agréables. Le dessus de son corps est d’un gris un peu cuivré; toutes les écailles sont bordées de blanc; et c’est aussi le blanc qui est la couleur du dessous de son corps. M. Forskal l’a fait connaître : l’individu qu’il avait observé, n'avait pas deux pieds de longueur, mais le voyageur danois soupçonna que la queue de cet animal avait été tronquée; il compta deux cent trente-cinq grandes plaques, et quarantehuit paires de petites sous le corps de cette couleuvre. ;
LA SCHOKARI ?.
Coluber (Natrix) Schokari, Merr.; Col. Schokari, Forsk., Gmel., Lacep., Latr., Daud.
Cette couleuvre se trouve dans lYémen, ainsi que la dhara; elle se plaît dans les bois qui croissent sur les lieux élevés. Sa morsure n’est point dangereuse, et M. Forskal, qui l’a décrite , n’a vu ses mâchoires garnies d'aucun crochet mobile. Son corps est menu ; elle par-
Mus. Princip., p.585, 32. — Coluber Sibon, 210. Laur. Spec. med.— Le Sibon. Dict. d'hist. nat.,par M. Valmont de Bomare. — Séba, mus. 1, tab. 14, fig, 4.
Dhara,par les Arabes. —Coluber Dhara. Descriptiones animalium Petri Forskal. Amphibia,
2Schokari, par les Arabes. — Col. Schokari. Descriptiones animalium Petri Forskal. Amphibia,
vient ordinairement à la longueur d’un ou deux pieds , et sa queue n’a guère alors que la longueur de cinq ou six pouces ; sa tête est couverte de neuf grandes écailles, disposées sur quatre rangs. Le dessus de son corps est d’un cendré brun, et présente de chaque côté deux raies longitudinales blanches, dont une est bordée de noir. On voit quelquefois, sur le milieu du dos des grands individus, une espèce de petite raie, composée de très-petites taches blanches. Le dessous du corps est blanchâtre, mêlé de jaune, et pointillé de brun vers le gosier. La schokari a cent quatre-vingt-trois grandes plaques, et cent quarante-quatre paires de petites.
Nous joignons ici la notice de trois couleuvres dont il est fait mention dans l’ouvrage de M. Forskal, à la suite de la schokari, mais dont la description est trop peu détaillée pour que nous puissions décider à quelle espèce elles appartiennent.
La première se nomme Bælæn; elle est tachetée de blanc et de noir ; elle a un pied de longueur, et près d’un demi-pouce d’épaisseur ; elle est ovipare, et cependant, dit M. Forskal, sa morsure donne la mort dans un instant.
La seconde, appelée Hosleik, est toute rouge : sa longueur est d’un pied ; elle pond des œufs plus ou moins gros ; sa morsure ne donne pas Ja mort, mais cause une enflure accompagnée de beaucoup de chaleur; les Arabes ont cru que son haleine seule pouvait faire pourrir les chairs sur lesquelles cette vapeur s’étendait.
La troisième, nommée Hannarch Æsuæd", est toute noire, ovipare , et de la longueur d’un pied, ou environ. Sa morsure n’est pas dangereuse, mais produit un peu d’enflure; on arrête, par des ligatures, la propagation du venin, on suce la plaie; on emploie diverses plantes comme spécifiques, et les Arabes racontent gravement que ce serpent entre quelquefois, par un côté, dans le corps des chameaux, qu’il en sort par l’autre côté, et que le chameau en meurt, si on ne brüle pas la blessure avec un fer rouge.
Nous invitons les voyageurs qui iront en Arabie, non-seulement à décrire ces trois couleuvres, mais même à rechercher l’origine des contes d’Arabes , auxquels elles ont donné lieu,
4M.Merrem admet lenom dece serpent parmilessynonymes de la variété de la vipère ordinaire ( Pelias Berus), qui a été considérée par Linnée, comme formant une espèce distincte
à laquelle il a donné le nom de Coluber Prestler; voyez l'ar ticle de la Vijère noire, p.341, D,
car il y a bien peu de fables qui n’aient pour fondement quelque vérité.