‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 275 sur 470 · L’AZURÉE · texte numérisé non relu

L’AZURÉE

Coluber (Natrix) azureus, Merr. ; Col. azureus, Lacep.,

On trouve cette couleuvre aux environs du cap Vert. Son nom indique sa couleur; elle est d’un très-beau bleu , quelquefois foncé sur le dos, très-clair, et presque blanchâtre sous le ventre et sous la queue. Elle n’a point de crochets mobiles ; le sommet de sa tête est garni de neuf grandes écailles, disposées sur quatre rangs ; et celles que l’on voit sur le dos sont ovales et unies. Un individu de cette espèce, conservé au Cabinet du Roi, a deux pieds de longueur totale, cinq pouces trois lignes, depuis l’anus jusqu’à l'extrémité de la queue, cent soixante-onze grandes plaques , et soixantequatre paires de petites.

LA NASIQUE ?.

Coluber (Dryinus) nasutus, Merr.; Col. nasutus, Lacep.; Col. mycterizans, Daud. *.

Nous donnons ce nom à une couleuvre, dont le museau est en effet très-allongé, et qu’il est très-facile de distinguer par là des serpents de son genre, connus jusqu’à présent. Elle a le devant de la tête très-allongé, très-étroit, trèsaplati, par-dessus et par-dessous, ainsi que des

1 Le Rouge-gorge. M. Daubenton, Encycl. méth, — Mus. Ad. fr. 2, p. 45.

3 Le Nez-retroussé. M. Daubenton, Encycl. méth. — Col. mycterizans. Linn., amphib. Serp. — Mus. Ad. fr, 1, p. 28, tab. 5, fig. 4, et tab. 19, fig. 4. — Séba, mus. 2, tab. 25, fig. 2, — Gronovius, mus. 2, p. 59, n° 19, — Catesby, Carol. 2, p. 47, \ab. 47. — Natrix mycterizans, 162; Natrix flagelliformis, 165. Laur, Spec. med.

5 Et non le mycterisans de Linnée, qui constitue ure espèce du même genre Coluber (Dryinus), D.

deux côtés, et terminé en pointe de manière à représenter une petite pyramide à quatre faces, dont les arêtes seraient très-marquées. Le dessus de la tête est recouvert de neuf grandes écailles , placées sur quatre rangs. La mâchoire inférieure est arrondie, plus large et plus courte que la supérieure; les yeux sont gros, ronds, et placés sur les côtés de la tête ; et l’on voit, à l’extrémité du museau, un petit prolongement écailleux, un peu relevé, et composé d’une seule pièce qui paraît comme plissée. C’est apparemment de ce prolongement , que Catesby a voulu parler, lorsqu'il a dit que le serpent dont il ‘est ici question avait le nez retroussé; et c’est peut-être en faisant allusion à l'air singulier que cette conformation donne à ce reptile, que M. Linnée l’a désigné par le nom de myclerizans, qui signifie Moqueur.

Les deux mâchoires sont garnies de fortes dents qui ne distillent aucun poison, suivant Gronovius. Catesby dit aussi que la nasique n’est point dangereuse, et nous m’avons trouvé de crochets mobiles dans aucun des individus de cette espèce que nous avons examinés. Cependant nous devons prévenir que M. Linnée a écrit qu’elle était venimeuse. Le dessous de la tête est blanchâtre , et toutes les autres parties de ce serpent présentent communément une couleur verdâtre , relevée par quatre raies blanchâtres, qui s'étendent de chaque côté du corps, presque jusqu’à l’extrémité de la queue , et par deux autres raies longitudinales placées sur le ventre'. Les écailles du dos sont rhomboidales et unies; ordinairement la queue n’est pas aussi longue que ia moitié du corps, qui est très-mince en proportion de sa longueur. L’individu que nous avons décrit, et qui est conservé au Cabinet du Roi , n’avait , en quelques endroits de son corps, que cinq ou six lignes de diamètre , et cependant il avait quatre pieds neuf pouces de longueur?. Nous avons compté cent soixante-treize grandes plaques sous son corps, et cent cinquante-sept paires de pet:tes plaques sous sa queue.

On a écrit que, malgré sa petitesse, la nasique se nourrissait de rats *; mais quoique son gosier et son estomac puissent s'étendre aisément , ainsi que ceux des autres serpents, nous

{Il paraît que la distribution des couleurs-de la nasique varie assez souvent. .

? La queue était longue d'un pied onze pouces: # Séba, €. IE, pl. 24,

BE SERPENT. À LUNETTES

Publié par Furne, Paris

DES SERPENTS

avons peine à croire qu’elle puisse dévorer des rats, même les plus petits; elle doit vivre de scarabées ou d’autres insectes , dont on a dit en effet qu’elle faisait sa proie ; et elle les saisit avec d'autant plus de facilité, que, suivant Catesby, elle passe sa vie sur les arbres , cachée sous les feuilles et entocrtillée autour des rameaux, qu’elle peut parcourir avec rapidité.

Elle n’attaque point l’homme , et on la trouve dans l’île de Ceylan, en Guinée, ainsi que dans la Caroline et plusieurs autres contrées chaudes du Nouveau-Monde.

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