LA BALEINOPTÈRE JUBARTE
Balæna Boops, Linn., Bonn. — Balæna Jubartes, Lacep.
La jubarte se plait dans les mers du Groenland ; on la trouve surtout entre cette contrée et l'Islande ; mais on l’a vue dans plusieurs autres mers de l’un et de l’autre hémisphère. Il parait qu’elle passe l’hiver en pleine mer, et qu’elle ne s'approche des côtes, et n’entre dans les anses que pendant l’été ou pendant l’automne.
* Vraisemblablement Sulphur bottom , sur les côtes occidentales de l'Amérique septentrionale. — Keporkak, en Groenland, — Hrafu-reydus, eu Islande. — Hrafu-reydur, ibid. — Hrefna , ibid.— Rengis fiskar, nom donné par les Islandaïs aux cétacées qui ont des fanons, et qui de plus ont des plis sous le ventre. — Balæna fistulâ duplici in rostro, dorso extremo protuberantià corneäâ. Art. gen. 77, syn. 107. — Balæna tripinnis, ventre rugoso , rostro acnto. Brisson, Regn.anim., pag. 555, u0 7. — Baleine Jubärte. Bonnaterre, planches.de l'Encycl. méth. — dem. Édition de Bloch, publiée par R. R. Castel.— Jubartes. Kleïn, Miss. pisc., 2, pag. 45.— Jupiterfisch. Anderson , Island., pig. 220. — Cranz, Groerland., pag. 146. — Eggede, 41. —Strom., 298. — Otho
Fabric., 36, — Adel., 584. — Muller, Zoolog. Dan. Prodrom ,
p. 8, — Rai. Pisc., pag, 16.
£lle a ordinairement dix-sept ou dix-huit metres de longueur. Dans un jeune individu de cette espèce, décrit par Sibbald, et qui était long de quinze mètres et un tiers, la circonférence auprès des bras était de sept mètres; la largeur de la mâchoire inférieure, vers le milieu de sa longueur, d’un mètre et demi ; la longueur de l’ouverture de la gueule , de trois mètres et deux tiers; la longueur de la langue, de deux mètres ou environ; la distance du bout du museau aux orifices des évents, de plus de deux mètres la longueur des pectorales , d’un mètre et deux tiers ; la largeur de ses nageoires, d’un demi-mètre ; la distance de la nageoire du dos à la caudale, de trois mètres; là largeur de la caudale, de plus de trois mètres; la distance de l’anus à extrémité de cette nageoire de la queue, de près de cinq mètres ; et la longueur du balénas , de deux tiers de mètre.
Le corps , très-épais vers les nageoires pectorales, se rétrécit ensuite , et prend la forme d’un cône très-allongé continué par la queue, dont la largeur, à son extrémité, n’est, dans plusieurs individus , que d’un demi-mètre.
Les orifices des deux évents sont rapprochés l’un de l’autre , au point de paraitre ne former qu’une seule ouverture. Au-devant de ces orifices, on voit trois rangées de petites protubérances très-arrondies.
La mâchoire inférieure est un peu plus courte et plus étroite que celle d’en haut. L’œil est situé au-dessus et très-près de l’angle formé par la réunion des deux lèvres; l'iris paraît blanc où blanchâtre. Au delà de l’œil est un trou presque imperceptible : c’est l’orifice du conduit auditif.
Les fanons sont noirs, et si courts, qu'ils n’ont souvent qu’un tiers de mètre de longueur.
La langue est grasse , spongieuse , et quelquefois hérissée d’aspérités. Elle est de plus recouverte, vers sa racine, d’une peau lâche qui se porte vers le gosier, et paraîtrait pouvoir en fermer l'ouverture, comme une sorte d’opercule.
Quelquefois la jubarte est toute blanche.
Ordinairement cependant la partie supérieure de ce cétacée est noire ou noirâtre; le dessous de la tête et des bras, très-blanc; le dessous du ventre et de la queue, marbré de blanc et de noir, La peau, qui est très-lisse, recouvre une couche de graisse assez mince,
Mais ce qu’il faut remarquer, c’est que, de-
puis le dessous de là gorge jusque vers l’anus, la peau présente de longs plis longitudinaux, qui, le plus souvent, se réunissent deux à deux vers leurs extrémités, et qui donnent au cétacée la faculté de dilater ce tégument assez profondément sillonné. Le dos de ces longs sillons est marbré de noir et de blane : mais les intervalles qui les séparent sont d’un beau rouge qui contraste, d'une manière très-vive et très-agréable à la vue, avec le noir de l’extrémité des fanons et avec le blanc éclatant du dessous de la gueule, lorsque l’animal gonfle sa peau, que les plis s’effacent et que les intervalles de ces plis se relèvent et paraissent. On a écrit que la jubarte tendait cette peau, ordinairement lâche et plissée, dans les moments où, saisissant les animaux dont elle veut se nourrir, elle ouvre une large gueule et avale une grande quantité d’eau en même temps qu’elle engloutit ses victimes. Mais nous verrons, à l’article de la balcinoptère museau-poinlu, quel organe particulier ont reçu les cétacées dont la peau du ventre , ainsi sillonnée, peut se prêter à une grande extension.
On a remarqué que la jubarte lançait l’eau par ses évents avec moins de violence que les cétacées, qu’elle égale en grandeur; elle ne paraît cependant leur céder ni en force ni en agilité, au moins relativement à ses dimensions. Vive et pétulante, gaie même et folâtre, elle aime à se jouer avec les flots. Impatiente, pour aipsi dire, de ehanger de place, elle disparaît souvent sous les ondes, et s’enfonce à des profondeurs d'autant plus considérables qu’en plongeant elle baisse sa tête et relève sa caudale au point de se précipiter, en quelque sorte, dans une situation verticale. Si la mer
est calme, elle flotte endormie sur la surface |
de l'Océan; mais bientôt elle se réveille, s’anime, se livre à toute sa vivacité, exécute avec une rapidité étonnante des évolutions très-variées , nage sur un côté, se couche sur son dos, se retourne, frappe l’eau avec force, bondit, s’élance au-dessus de la surface de la mer, pirouette, retombe et disparait comme l'éclair.
Elle aime beaucoup son petit, qui ne labandonne que lorsqu’elle a donné le jour à un nouveau cétacée. On l’a vue s’exposer à échouer sur des bas-fonds pour l’empêcher de se heurter contre les roches. Naturellement douce et
presque familière, elle devient néanmoins furieuse si elle craint pour lui : elle se jette contre la chaloupe qui le poursuit, la renverse et emporte sous un de ses bras la jeune jubarte qui lui est si chère.
La plus petite blessure suffit quelquefois pour la faire périr, parce que ses plaies deviennent facilement gangréneuses; mais alors la jubarte va très-fréquemment expirer bien loin de l’endroit où elle a recu le coup mortel. Pour lui donner une mort plus prompte , on cherche à la frapper avec une lance derrière la nageoire pectorale : on à observé que, si l’arme pénètre assez avant pour percer le canal intestinal, le cétacée s’enfonce très-promptement sous les eaux.
Le mâle et la femelle de cette espèce paraissent unis l’un à l’autre par une affection très- : forte, Duhamel rapporte qu’on prit, en 1723, deux jubartes qui voguaient ensemble, et qui vraisemblablement étaient mâle et femelle. La première qui fut blessée jeta des cris de douleur, alla droit à la chaloupe, et, d’un seul coup de queue, meurtrit et précipita trois hommes dans la mer. Elles ne voulurent jamais se quitter, et, quand l’une fut tuée, l’autre s’étendit sur elle et poussa des gémissements terribles et lamentables.
Ceux qui auront lu l’histoire de la jubarte ne seront donc pas étonnés que les Islandais ne la harponnent presque jamais; ils la regardent comme l’amie de l’homme, et, mélant avec leurs idées superstitieuses les inspirations du sentiment et les résultats de l’observation, ils se sont persuadé que la Divinité l’a eréée pour défendre leurs frêles embarcations contre les cétacées féroces et dangereux. Ils se plaisent à raconter que lorsque leurs bateaux sont entourés de ces animaux énormes et carnassiers , la jubarte s’approehe d’eux au point qu’on peut la toucher, $’élance sous leurs rames, passe sous la quille de leurs bâtiments, et, bien loin de leur nuire, cherche à éloigner les cétacées ennemis, et les accompagne jusqu’au moment où , arrivés près du rivage, ils sont à l’abri de tout danger 1,
Au reste, la jubarte doit souvent redouter le physétère microps.
Elle se nourrit non-seulement du testacée
1 Voyage en Islande, par M. Olafsen et M. Povelsen, pre-
mier médecin, etc., traduit par M. Gauthier de la Peyronie, t. LIL, p. 255.
DES BALEINOPTÈRES
nommé planorbe boréal, mais encore de l’am- | Une femelle, dont parle Ascagne, avait vingt-
“modyle appät, du salmone arctique et de plusieurs autres poissons !.
LA BALEINOPTÈRE RORQUAL 2.
Balæna Musculns, Linn., Bonn. — Balænoptera Rorqual, Lacep. — Balæna Boops, Cuv.
L’habitation ordinaire du Rorqual est beaucoup plus rapprochée des contrées tempérées de l’Europe que celle de plusieurs autres grands cétacées. Il vit dans la partie de l’Océan atlantique septentrional qui baigne l'Écosse , et par conséquent en deçà du soixantième degré de latitude boréale; d’ailleurs il s’avance jusque vers le trente-cinquième , puisqu'il entre par le détroit de Gibraltar dans la Méditerranée. 11 aime à se nourrir de clupées, et particulièrement de harengs et de sardines, dont on doit croire qu’il suit les nombreuses légions dans leurs divers voyages, se montrant très-souvent avec ces bancs immenses de elupées , et disparaissant lorsqu'ils disparaissent,
Il est noir ou d’une couleur noirâtre dans sa partie supérieure, et blanc dans sa partie inférieure. Sa longueur peut aller au moins jusqu’à vingt-six mètres, et sa circonférence à onze ou douze, dans Pendroit le plus gros de son corps* .
1 M. Cuvier réunit cette espèce aux deux suivantes ; il remarque que le rorqual ne diffère de la jubarte que par sa taille plus petite, et qu'il en est à peu près de même de ja baleinoptère museau-pointu, Balæna rostrata de Hunter, de Fabricius et de Bonnaterre , laquelle est fort différente de celle de Pennant et de Pontoppidam, qui est l'Hyperoodon. D.
? Rorqual à ventre cannelé. — Souffleur. — Capidolio, par les Italiens. — Steype-reydus, par les Islandais. — Steipereydur, ibid. — Rengis-fiskar, nom donné par les Islandais aux cétacées qui ont des fanons , et dont le dessous du ventre présente des plis. — Rorqual, par les Norwégiens. — Idem , par les Groenlandais, — Balæna fistulâ duplici in fronte, maxillà inferiore multà latiore. Artedi, gen. 78, syn. 107. — Balæna tripinnis, maxillam inferiorem rotundam et superiore multo latiorem habens. Sibbald. — Balæna tripionis, ventre rugoso, rostrorotundo. Brisson, Regn. anim., pag. 555, n°6. — Rai. Syn., pisc., page 47. — Péloiv« Balæna, etc. Italis Capidolio. Bellon , Aquat., pag. 46. — Balæna Bellonii. Aldrovand. Pisc., pag. 676.—Baleine Rorqual , Bonnaterre, planches de l'Encycl. méth. — 7dem. Edition de Bloch, publiée par R. R. Castel. — Oth. Fabric., Faun. Groenland., pag. 59. — Adel. 594. — Mull. Prodrom. Zoolog. Dan. 49. — Rorqual. Ascagne, pl. d'hist. natur., cah. IT, pag. 4, pl. 26.
3 MM. Olafsen et Povelsen disent, dans la relation de ieur voyage en Islande (tome IIT, page 231 de la traduction francaise), que le rorqual est le plus grand des cétacées, et a une longueur de plus de cent vingt aunes danoises, ou plus de
deux mètres de longueur. La note suivante donnera quelques-unes des dimensions les plus remarquables d’un rorqual de vingt-six mêtres de long ‘.
La mâchoire inférieure du cétacée que nous décrivons, au lieu de se terminer en pointe, comme celle de la jubarte, forme une portion de cercle quelquefois faiblement festonnée ; celle d’en haut, moins longue et beaucoup moins large, s’emboîte dans celle d’en bas.
La langue est molle , spongieuse , et recouverte d’une peau mince. La base de cet organe présente de chaque côté un musele rouge et arrondi, qui rétrécit l'entrée du gosier , au point que des poissons un peu gros ne pourraient pas y passer. Mais si cet orifice est très-étroit, la capacité de la bouche est immense : elle s’ouvre à un tel degré, dans plusieurs individus de l'espèce du rorqual, que quatorze hommes peuvent se tenir debout dans son intérieur, et que, suivant Sibbald , on a vu une chaloupe et son équipage entrer dans la gueule ouverte d’un rorqual échoué sur le rivage de l’océan.
On pourra avoir une idée très-juste de la forme et de la grandeur de cette bouche énorme, en jetant les yeux sur les dessins que nous avons fait graver, et qui représentent la tète d’un rorqual pris sur les côtes de la Méditerranée , et dont nous allons reparler dans un moment.
Ces mêmes dessins montrent la conformation des fanons de cette espèce de Baleinoptère.
Ces fanons sont noirs et si courts, que le plus souvent on n’en voit pas qui aient plus d’un mètre de longueur et plus d’un tiers de mètre de hauteur. On en trouve même. auprès du gosier quin’ontqueseizeou dix-sept centimètres de longueur, et dont la hauteur n’est que de trois cen-
quatre-vingts mètres. Mais c'est à la baleine franche qu'il faut rapporter cette dimension , qui n'a été attribuée au rorqual que par erreur.
‘ Longueur de la mâchoire inférieure, quatre mètres et demi ou environ; longueur de la langue, un peu plus de cinq mètres ; largeur de la langue, cinq mètres ; distance du bout du museau à l'œii, quatre mètres un tiers ou à peu près longueur des nageoires pectorales, trois mètres un tiers; plus grande largeur de ces nageoires, cinq sixièmes de mètre ; distance de la base de la pectorale à l'angle formé par la réunion des deux mâchoires , un peu plus de deux mètres ; longueur de la nageoire du dos, un mètre; hauteur de cette nageoire , deux tiers de mètre; distance qui sépare les deux pointes de la caudaie, un peu plus de six mètres ; longuenr du baïlénas , un mètre deux tiers; distance de l'insertion du balén à 54 l'anus, un mètre deux tiers.
timètres ; mais ces fanons sont bordésou terminés par des crins allongés,, touffus, noirs et inécaux.
L’œil est situé au-dessus et très-près de l’angle que forment les deux lèvres en setréunissant; et comme la mâchoire inférieure est trèshaute, que la courbure des deux mâchoires relève presque toujours l’angle des deux lèvres un peu plus haut que le bout du museau, et que le dessus de la tête, même auprès de l’extrémité du museau, est presque de niveau avec la nuque, l’œil se trouve placé si près du sommet de la tête, qu’il doit paraitre très-souvent au-dessus de l’eau, lorsque le rorqual nage à la surface de l’Océan. Ce cétacée doit donc apercevoir très-fréquemment les objets situés dans l'atmosphère, sans que les rayons réfléchis par ces objets traversent la plus petite couche aqueuse, pour arriver jusqu’à son œil, pendant que ces mêmes rayons passent presque toujours au travers d’une couche d’eau trèsépaisse pour parvenir jusqu’à l’œil de la baleine franche, du nordcaper , du gibbar, ete. L’œil du rorqual admet done des rayons qui n’ont. pas subi de réfraction, pendant que celui da gibbar, du nordecaper, de la baleine franche n’en reçoit que de très-réfractés. On pourrait Gonc croire, d’après ce que nous avons dit en traitant de l’organe de la vue de la baleine franche, que la conformation de l’œil n’est pas la même dans le rorqual que dans la baleine franche, le nordeaper, le gibbar; on pourrait supposer, par exemple, que le cristallin du rorqual est moins sphérique que celui &es autres cétacées que nous venons de nommer : mais l'observation ne nous a encore rien montré de précis à cet égard, tout ce que nous pouvons dire, c’est que l’œil du rorqual est plus grand à proportion que celui de la baleine franche, du gibbar et du nordcaper.
D’après la position de l’œil du rorqual, il west pas surprenant que les orifices des évents soient, dans le cétacée que nous déerivons, très-près de l’organe de la vue. Ces orifices sont placés dans une sorte de protubérance pyramidale.
Le corps est très-oros derrière la nuque; et comme, à partir de la sommité du dos, on descénd d’un côté jusqu’à l’extrémité de la queue, et de l’autre jusqu’au bout du museau, par une courbe qu'aucune grande saillie ou aucune échancrure n’interrompt, on ne doit apercevoir qu’une vaste calotte au-dessus de l'Océan, lors-
que le rorqual nage à la surface de la mer, at lieu d’en voir deux, comme lorsque la baleine franche sillonne la surface de ce même Océan.
L'ensemble du rorqual paraît donc composé de deux cônes réunis par leur base, et dont celui de derrière est plus allongé que celui de devant.
Les nageoires pectorales sont lancéolées, assez éloignées de l’ouverture de la gueule, et attachées à une hauteur qui égale presque celle de l’angle des lèvres. Nous n’avons pas besoin de faire voir comment cette position peut influer sur certaines évolutions du eétacée !.
La dorsale commence au-dessus de l’ouverture de l’anus. Elle est un peu échancrée, et se prolonge souvent par une petite saillie jusqu’à la caudale.
Cette dernière nageoire se divise en deux lobes, et chaque lobe est échancré par derrière.
La couche de graisse qui enveloppe le rorqual a communément plus de trois décimètres d'épaisseur sur la tête et sur le cou; mais quelquefois elle n’est épaisse que d’un décimètre sur les côtés du cétacée. Un seul rorqual peut donner plus de cinquante tonnes d’huile. Lorsqu’un individu de cette espèce s’engage dans quelque golfe de la Norwége dont l’entrée est très-étroite, on s’empresse , suivant Ascagne , de la fermer avec de gros filets, de manière que le cétaäcée ne puisse pas s'échapper dans l'Océan, ni se dérober aux coups de lance et de. harpon dont il est alors assailli, et sous lesquels il est bientôt forcé de succomber. à
Tout le dessous de la tête et du corps, jusqu’au nombril, présente des plis longitudinaux, dont la largeur est ordinairement de einq ou six centimètres , et qui sont séparés l’un de l’autre par un intervalle égal, ou presque égal, à lalargeur d’un de ces slons. On voit l’ensemble formé par ces plis longitudinaux remonter de chaque côté, pour s'étendre jusqu'à la base de la nageoïire pectorale. Ces sillons annoncent l'organe remarquable que nous avons indiqué eu parlant de la jubarte, et dont nous allons nous occuper de nouveau dans larticle de la baleïnoptère museau-pointu.
En septembre de l’année 1692, un rorqual long de vingt-six mètres échoua prés du chà-
4 Rappelez ce que nous avons:dit dela natation:de la baleine franche.
DES BALEINOPTÈRES
teau d’Abercoin. Depuis vingt ans, les pê- -cheurs de harengs qui le reconnaissaient à un trou qu’une balle avait fait dans sa nageoire dorsale, le voyaient souvent poursuivre les légions des clupées.
Le 20 mars 1798, un cétacée de vingt mètres de longueur fut pris dans la Méditerranée sur la côte occidentale de l'ile Sainte-Marguerite, municipalité de Cannes, département du Var.
Les marins le nommaient souffleur. M. Jacques Quine, architecte de Grasse, en fit un dessin, que le président de l’administration centrale du département du Var envoya au Directoire exécutif de la République. Mon confrère M. Révellière-Lépaux, membre de l’Institut national, et alors membre du Directoire, eut la bonté de me donner ce dessin, que j'ai fait graver; et bientôt après, les fanons , les os de latête et quelques autres os de cet animal ayant été apportés à Paris, je reconnus aisément que ce cétacée appartenait à l’espèce du rorqual.
- C’est à cette même espèce, qui pénètre dans la Méditerranée, qu’il faut rapporter une partie de ce qu’Aristote et d’autres anciens naturalistes ont dit de leur Mysticetus et de leur Baeine. 11 semblerait qu'à beaucoup d’égards le Mysticetus etla Baleine des anciens auteurs sont des êtres idéaux, formés par la réunion de plusieurs traits, dont les uns appartiennent à notre baleine franche, et les autres au gibbar, où au rorqual, ou à notre cachalot macrocéphale.
Daléchamp, savant médecin et naturaliste, mort à Lyon en 1588, parle, dans une de ses notes sur Pline ‘, d’un cétacée qu’il avait vu, et qui avait été jeté sur le rivage de la Méditerranée, auprès de Montpellier. Il donne le nom d’Orque à ce cétacée; mais il paraît que c’est un rorqual qu’il avait observé. |
4 Balænarum plana et levis culis est, ORCARUM canaliculatim striata, qualem vidimus in litns ejectam , prope Monspesulum. (Note de Daléchamp sur le chapitre 6 du liv. IX de Pline , édit. de Lyon, 1606.)
LA BALEINOPTERE"!.