‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 296 sur 470 · LA CHATOYANTE · texte numérisé non relu

LA CHATOYANTE

Coluber (Natrix) hybridus, Merr. ; Col, versicolor, Rasoum., Lacep., Daud.

M. le comte de Rasoumowsky nomme ainsi une petite couleuvre qui se trouve aux environs de Lausanne. Elle parvient à un pied et demi de longueur, et a la grosseur d’une plume d’oie ou decygne; elle est luisante comme si elle était enduite d'huile ; le dessus de son corps est d’un gris cendré, avec une bande longitudinale, brune, formée de petites raies transversales , et disposées en zigzag ; les grandes et les petites plaques sont d’un rouge brun , tachetées de blane et bordées de bleuâtre du côté de l’extrémité de la queue. Ces plaques sont chatoyantes au grand jour, et produisent des reflets d’un beau bleu. Les écailles du dos le sont aussi, mais beaucoup moins. Une tache brune , un peu en forme de cœur, est placée sur le sommet de la tête, qui est couvert de neuf grandes écailles ?. Les yeux sont noirs, petits, animés, et l’iris est rouge.

On a rencontré la chatoyante auprès des eaux ou dans des fossés humides. M. le comte de Rasoumowsky ne la regarde pas comme venimeuse.

LA SUISSE ÿ.

Coluber (Natrix) torquatus, Merr.; Col. natrix, Linn. Latr., Daud.; Natrix vulgaris, Laur. *.

C'est M. le comte de Rasoumowsky qui a fait connaitre cette couleuvre; il l’a nommée Couleuvre vulgaire ; mais, comme cette épithète de vulgaire a été donnée à plusieurs espèces de serpents, nous avons cru ne pouvoir éviter toute confusion qu'en désignant par un autre nom le reptile dont nous traitons dans cet

{ La chatoyante. Hist. natur. du Jorat et de ses environs par M. le comte de Rasoumowsky. Lausanne, 1789, t. I, p. 122, pl.6,Laetb. <

? La chatoyante a depuis cent cinquante-six jusqu'à cent soixante-une grandes plaques, et cent treize paires de petites.

* La Couleuvre vulgaire. Hist. nat. du Mont-Jorat, tome I, p. 121, 288.

* Cette couleuvre ne diffère pas spécifiquement de la couleuvre à Collier ordinaire, décrite ci-avant, p. 562, D.

article. Nous l’indiquons par celui du pays où il a été observé. Il est d'un gris cendré, avec de petites raies noires sur les côtés ; et l'on voit sur le dos une bande longitudinale, composée de petites raies transversales plus étroites et d’une couleur plus pâle; le dessous du corps est noir avec des taches d’un blanc bleuâtre , beaucoup plus grandes sous le ventre que sous la queue *.

La couleuvre suisse parvient jusqu’à trois pieds de longueur : elle paraît aimer le voisinage des eaux et les ombres épaisses; on la trouve dans les fossés et dans les buissons qui croissent sur un terrain humide; et on la rencontre aussi dans les bois du Jorat. ! Ile dépose ses œufs , en été, dans des endroits chauds, et surtout dans du fumier, où elle les abandonne ; on a assuré à M. de Rasoumowsky qu’ils étaient attachés ensemble , et au nombre de quarantedeux ou plus; ils sont renfermés dans une membrane blanche, mince comme du papier, et qui se déchire facilement. Le serpenteau est plein de force et d’agilité en sortant de l’œuf ; il à quelquefois alors plus d’un demi-pied de longueur, et ses couleurs sont plus claires que celles des couleuvres suisses adultes. Le peuple regarde ces serpents comme venimeux ?; mais ils n’ont point de crochets mobiles, et leur mâchoire supérieure est garnie de chaque côté d’un double rang de petites dents aiguës et serrées Ÿ.

L'IBIBOCA *.

Coluber (Natrix) Ibiboca, Merr. ; Col. Ibiboca, Lacep., Daud.

Ce nom d’Ibiboca a été donné par les voyageurs et les naturalistes à plusieurs espèces de serpents , très-différentes l’une de l’autre ; nous le réservons à la couleuvre dont il est question dans cet article, et qui a été envoyée sous ce nom au Cabinet du Roi. C’est dans le Brésil qu’on la trouve; elle n’est point venimeuse , et nous allons la décrire d’après l’individu qui fait partie de la collection de Sa Majesté.

Elle a le dessus de la tête garni de neuf grandes écailles ; le dos couvert d’écailles

{ Les écailles du dos de la couleuvre suisse sont ovales et relevées par une arête; elle a jusqu'a cent soixante-dix graudes plaques, et cent vingt-sept paires de petites.

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