LA BRODERIE
Boa hortuiana, Linn., Merr., Gmel,, Latr., Daud.; Coluber hortulanus, Linn.; Vipera maderensis et V. Bitis, Laur. ; Col. maderensis et Col. Bitis, Gmel. : Boa clegans, Daud.
Nous nommons ainsi le boa dont il est question dans cet article, parce qu’en effet on voit régner au-dessus de son corps et de sa queue une chaîne de taches de différentes formes , et de différentes grandeurs, nuées de bai-brun, de châtain-pourpre et de cendré-blanchâtre, qui représentent une broderie d'autant plus riche que lorsque le soleil darde ses rayons sur les écailles luisantes du serpent , elles réfléchissent un éclat très-vif. Voilà pourquoi apparemment ce ‘boa a été appelé dans la Nouvelle-Espagne, ainsi que le devin, le bojobi, et plusieurs autres reptiles , T/ehua ou Tleoa, c’està-dire Serpent de Feu : mais c’est sur sa tête,
4 Le Parterre. M. Daubenton, Encycl. méth. — Séba, mus, 2, tab. 74, fig. {,ettab 84, fig. 4,
DES SERPENTS
que cette brillanté broderie composée de taches et de raies plus petites, et souvent plus entrelacées , présente un dessin plus varié. M. Linnée, comparant ce riche assortiment et cette disposition agréable de couleurs à la distribution de celles qui décorent un parterre , a donné l’épithète de hortulana au boa dont nous parlons !; mais nous avons préféré le nom de Broderie, comme désignant d’une manière plus exacte l’arrangement et l’éclat des belles cou- Jeurs de ce serpent.
Il se trouve au Paraguay, dans l'Amérique méridionale, ainsi que dans la Nouvelle-Espagne. Comme il n’a encore été décrit que dans les Cabinets, et que ses couleurs ont dû être plus ou moins altérées par les moyens employés pour l'y conserver, on ne peut point déterminer la vraie nuance du fond sur lequel s’étend la broderie remarquable qui le distingue ; il paraît seulement que le dos est bleuâtre : le ventre est blanchâtre et tacheté d’un roux plus ou moins foncé; l'individu qui fait partie de la collection du Roi a deux pieds trois pouces six lignes de longueur totale, et sa queue est longue de sept pouces 2.