LE LONG-NEZ
Typhlops rostralis, Merr.; Anguis rostralis, WVeigel, Latr., Daud.; À. nasulus, Gmel., Lacep.
C’est M. Weigel, naturaliste allemand , qui a fait connaître cette espèce d’anguis, remarquable par l’allongement de son museau. Ce prolongement est très-sensible, la lèvre de dessous étant beaucoup moins avancée que la supérieure, contre le bord inférieur de laquelle elle s'applique, et la bouche étant par là un peu située au-dessous du museau. La longueur totale de l'individu décrit par M. Weigel était à peu près d’un pied; une pointe dure terminait la queue; la couleur du dessus du corps de cet anguis était d’un noir plus ou moins tirant sur le verdâtre; on voyait une tache jaune sur le bout du museau, et à l'extrémité de la queue, sur laquelle on remarquait deux bandes obliques de la même couleur, qui était aussi celle du ventre, et s’étendait même dans certains endroits sur les côtés du corps. Ce serpent avait deux cent dix-huit rangs d’écailles sous le corps,
« tremélée de taches noires, grises, blanches et jaunes.Ce ser- « pent supporte également tous les climats, ce qui n'empêche « pas que ses couleurs ne se ressentent de leur variété; mais « son venin conserve toujours la même force, et iln'yena « point, si l'on en excepte la couleuvre Macaurel, dont la « morsure soit plus dangereuse, Parlons maintenant des re- « médes qu'on a trouvés contre la morsure de ces reptiles... « Ou peut se servir de la feuille de tabac, qui est un remède « efficace contre la morsure des couleuvres, quelle qu'en s0 « l'espèce; il suffit d'en mâcher une certaine quantité, d'en « avaler une partie, et d'appliquer l’autre sur la plaie pen- « dant trois ou quatre jours, pour n'avoir rien à craindre. « J'en ai fait l'essai plusieurs fois sur des malades, et même « sur des couleuvres: après les avoir étourdies d’un coup de « bâton, je leur ai saisi la tête avec une petite fourche, et leur « ayant fait ouvrir la bouche en la pressant, j'ai mis dedans « du tabac mâché, et aussitôt elles ont été saisies d'un trem- « blement général, qui n'a fini qu'avec leur vie; la couleuvre « étant restée froide et roide conime un bâton.
« Un troisième remède dont on peut se servir, c'est la « pierre orientale; elle n'est autre chose qu'un morceau de « corne de cerf qu'un fait calciner jusqu'à ce qu'il ait pris la « couleur du charbon, il s'attache de lni-même à la plaie, et a attire tout le venin qui est dedans, mais il en faut quelque- « fois plus de six morceaux, et le plus sûr est de mächer du ta- « bacen même temps.
« Lorsque l'endroit le permet, on applique sur la plaie « quatre ventouses sèches dont la première dispose les chairs, « la seconde attire une liqueur jaune, la troisième une pa- «reille liqueur teinte de sang, et la quatrième le sang tout « pur; après quoi il ne reste plus de venin dans la plaie.
« Voici un cinquième remède dont on a éprouvé l'effet : it « consiste en une bonne quantité d’eau-de- vie, dans laquelie « on a délayé de la poudre à canon, et à la troisième dose le « venin perd toute son activité... » Hist. nat. de l'Orenoque, trad. franc., Lyon, 1758, t. II, p. 89 ets.
! Anguisrostratus, Languasige, Schuppenschlange, C. 7. Weigel. Mém. des Curieux de la Nature de Berlin, t. HE,
« nomme ainsi à cause de sa couleur incarnate, qui est en- | p. 190.
DES SERPENTS
et douze sous la queue; il avait été apporté de Surinam.
LA PLATURE :.
Pelamis bicolor, Daud., Merr.; Anguis platuros, Gmel.; Hydrus bicolor; Schn.; Hydrophis platura, Latr.
Ce serpent a beaucoup de ressemblance avec la queue-lancéolée ; il à , comme ce dernier anguis, la queue comprimée et aplatie par les côtés ; mais celle de la queue-lancéolée se termine en pointe , au lieu que la queue de la plature a son extrémité arrondie. M. Linnée a fait connaître cette espèce de serpent, dont un individu faisait partie de la collection de M. Ziervogel, apothicaire à Copenhague.
La tête de la plature est allongée ; ses mäâchoires sont sans dents: cet anguis a un pied et demi delongueur totale, et deux pouces depuis l'anus jusqu’à l’extrémité de la queue ; le dessus de son corps est noir, le dessous blane, et la queue variée de blanc et de noir; les écailles qui recouvrent ce serpent sont arrondies , ne se - recouvrent pas les unes les autres, et sont si petites qu’on ne peut pas les compter.