LE LOMBRIC
Typhlops vermicularis, Merr. ; Anguis lumbricalis, Lacep., Daud.
Un des caractères auxquels on fait le plus d’at- J
tention lorsqu'on examine le lombric, c’est la proportion générale de son corps, moins gros vers la tête qu’à l'extrémité opposée, de telle sorte que, sion ne considérait pas la position des écailles de cet anguis, on serait tenté de prendre le bout de sa queue pour sa tête, d’autant plus que cette dernière partie n’est pas plus grosse que l’extrémité du corps à laquelle elle tient, et que les yeux ne sont que de petits points noirs très-peu sensibles, et recouverts par une membrane ainsi que ceux des amphisbènes. Le museau du lombric est très-arrondi et percé de deux petits trous presque invisibles, qui tiennent lieu de narinés à l'animal , maïs il . * LaQueue-plate. M. Daubenton, Encycl. méth. — Anguis
platura. Linn., amphih. Serpent.
2 Anilios, dans l'île de Chypre. — Serpent d'Oreille, dans l'Inde. — Le Lombric. M. Daubenton, Encycl. méth. — 4nguis lumbricalis. Lion.,.amphib. Serp. — Anguis lumbricalis, 144. Laur, Sp:c. med. — Gronov. mus. 2, p. 32, n° 5.
— Browne, Jam. 460, tab. 4%, fig. 4. Amphisbæna prima subargentea.— Séba, mus, 4, tab. 86, fig. 2.
45) ne présente d’ailleurs aucune ouverture pour la gueule. Ce n’est qu’au-dessous du museau et à une petite distance de cette extrémité qu’on aperçoit une petite bouche dont les lèvres n’ont que deux lignes de tour, dans le plus grand individu des lombrics conservés au Cabinet du Roi. La mâchoire inférieure, plus courte que celle de dessus, s’applique siexactement contre cette mâchoire supérieure, qu’il faut beaucoup d’atlention pour reconnaître la place de la bouche lorsqu'elle est fermée. Nous n’avons pu voir des dents dans aucun des lombrics que nous avons examinés !, mais nous avons remarqué dans tous une petite langue appliquée et comme collée contre la mâchoire supérieurez
Le corps entier du lombric est presque cylindrique , excepté à l’endroit de la tête qui est un peu aplati par-dessus et par-dessous. Ce serpent est entièrement recouvert de très-petites écailles très-unies et très-luisantes , placées les unes au-dessus des autres comme les ardoises sur les toits, toutes de même forme et de même grandeur, tant sur le ventre que sur la queue et sur le dos, et présentant partout une couleur uniforme d’un blane livide, de telle sorte que le dessous du corps n’est distingué du dessus, ni par la forme, ni par la position, ni par la couleur des écailles. Le museau est couvert par-dessus de trois écailles un peu plus grandes que celles du dos, et placées à côté l’une de l'autre; et trois écailles semblables en revétent le dessous au-devant de l’ouverture de la bouche.
L’anus est situé très-près de l’extrémité du corps dont il n’est éloigné que d’une ligne et demie dans un des individus que nous avons décrits. Cette ouverture, faite en forme de fente très-étroite, n'avait, dans cet individu , qu’une demi-ligne de longueur, et ne pouvait être aperçue que lorsqu'on pliait le corps de l’animal du côté opposé à celui où était l'anus. La trèscourte queue du lombric est terminée par une écaille pointue et dure ; la manière dont nous l'avons vue repliée dans plusieurs anguis de
cette espèce, et la force avec laquelle elle était
roidie , ainsi que le réste du corps, prouvent la facilité avec laquelle le lombric peut se tourner et se plier en différents sens.
4 Le lombric était regardé, à la Jamaïque, comme venimeux ; mais Browne dit qu'il n'a jamais pu constater l'existence du venin de ce reptile. Hist. nat. de la Jamaïque, Lond,, 1756, p. 460.
Nous ignorons jusqu’à quelle grandeur les ; Non-seulement ils n'ont point de plaques sous lombries peuvent parvenir. Le plus grand de | le corps ni sous la queue ; mais les écailles qui
ceux que nous avons vus, avait huft pouces onze lignes de longueur, et deux lignes de diamètre dans l’endroit le plus gros du corps. Il avait été apporté de l’île de Chypre sous le nom d’Anilios, mais ce n’est pas seulement dans cette île qu’il habite ; on le trouve aussi aux grandes Indes , d’où on a envoyé au Cabinet du Roi un très-petit serpent long de quatre pouces neuf lignes, et n'ayant pas une ligne de diamètre , mais qui d'ailleurs est entièrement semblable au lombric, et qui évidemment est un jeune animal de la même espèce. Il est arrivé sous le nom de Serpent d’oreille ; nous ne savons pas ce qui peut avoir donné lieu à cette dénomination.
La conformation du lombrie, la grande facilité qu'il a de se replier plusieurs fois sur luimême, et celle avec laquelle il peut s’insinuer dans les plus petites cavites, doivent donner à sa manière de vivre beaucoup de ressemblance avec celle de l’orvet dont il se rapproche à beaucoup d’égards , ainsi qu'avec celles de plusieurs vers proprement dits que l’espèce du lombrie lie, pour ainsi dire, à l’ordre des serpents par de nouveaux rapports , et particulièrement par la petitesse de son anus , ainsi que par la position de sa bouche.
CINQUIÈME GENRE
SERPENTS