‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 350 sur 470 · LA RAIE COUCOU · texte numérisé non relu

LA RAIE COUCOU

Raia Cuculus, Lacep. *.

C'est d’après des notes très-bien faites, des dessins très-exacts, ou des individus bien conservés , envoyés par le savant et zélé M. Noël de Rouen, que nous ferons connaître ces deux raies.

La raie museau-pointu a beaucoup de rapports avec l’oxyrinque ; mais, indépendamment des traits véritablement distinctifs de ces deux poissons , la première ne parvient guère qu’au poids de deux ou trois kilogrammes, pendant que l’oxyrinque pèse souvent jusqu’à douze ou treize myriagrammes. La couleur de cette même raie à museau pointu est d’un gris léger. J'ai recu de M. Noël deux individus de cette espèce, l’un mâle, et l’autre femelle. La femelle différait du mâle par de petits aiguillons qu’elle avait au-dessous du museau et à la circonférence du corps.

La partie supérieure de lä raie coucou est bleuâtre, ou d’un brun fauve, et l’inférieure d'un blanc sale. L'ouverture de la bouche est petite ; mais les orifices des narines sont grands, et l’animal peut les dilater d’une manière remarquable. On voit dans l’intérieur de la gueule, au delà des dents de la mâchoire supérieure, une sorte de cartilage dentelé, placé transversalement. Les raies coucous sont moins rares vers les côtes de Cherbourg qu’auprès de l’embouchure de la Seine. On en pêche du poids de quinze kilogrammes. Le tissu de leur chair est très-serré. La forme de leurs dents, qui sont aiguës, ne permet pas de les confondre avec les raies aigles, ni avec les pastenagues , malgré les grandes ressemblances qui les en rapprochent.

LA RAIE MIRALET *.

Raïa Miraletus, Rond., Gmel., Lacep.

Cette raie, que l’on trouve dans la Méditer-

{ M. de Blainville place ce poisson entre la raie mirair et la

raie miralet, et M. Risso le rapproche de la raie oxyrinque. D.

? La raie coucou appartient à la division des pastenagues.

Selon M. Cuvier, elle constitue une espèce particulière. D.

5 Mirallet , sur quelques côtes françaises de la Méditerra-

DES POISSONS

ranée, présente un assez grand nombre d’aiguillons; mais ils sont disposés d’une manière différente de ceux qu’on observe sur la batis et l’oxyrinque. Premièrement, de petits aiguillons sont disséminés au-dessus et souvent au-dessous du museau. Secondement, on en voit de plus grands autour des yeux, et la queue en montre trois longues rangées. Quelquefois on en compte deux grands, et isolés sur la partie

antérieure de la ligne du dos , et assez près des

yeux ; et quelquefois aussi les deux rangées extérieures que l’on remarque sur la queue ne s'étendent pas, comme le rang du milieu , jusqu’à l’extrémité de cette partie. Chacune de ces rangées latérales est aussi, sur quelques individus , séparée du rang intérieur par une suite longitudinale de piquants plus courts et plus faibles; ce qui produit sur la queue cinq rangées d’aiguillons grands ou petits, au lieu de trois rangées. Au reste, non-seulement l’on voit sur cette même partie les deux nageoires auxquelles nous avons conservé le nom de dorsales; mais encore son extrémité, au lieu de finir en pointe comme la queue de la batis, est terminée par une troisième nageoire.

Le dessus du corps du miralet est d’un brun ou d’un gris-rougeâtre, parsemé de taches dont les nuances paraissent varier suivant l’âge, le sexe ou les saisons ; et l’on voit d’ailleurs sur chacune des nageoires pectorales une grande tache arrondie, ordinairement couleur de pourpre, renfermée dans un cercle d’une couleur pius ou moins foncée, et qui, comparée par les uns à un miroir, a fait donner à l’animal, dans plusieurs de nos départements méridionaux, le nom de Petit miroir, Miralet où Miraillet, et, paraissant à d’autres observateurs plus semblable à un œil, à un iris avec sa prunelle, à fait appliquer à la raie dont nous traitons l’épithète d’oculée (ocellata).

Mais si la nature a donné aux miralets cette sorte de parure, elle ne paraît pas leur avoir

née. — Barracol, sur quelques bords de la mer Adriatique, et particulièrement à Venise. — 4rsilla, à Rome. — Miraillet, Daubenton, Enc. méth. — Miraillet, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. —. « Raja dorso ventreque glabris, aculeis ad « oculos, ternoque eorum ordinein cauda. » Mus. adolph., fr, 2, p.50. — Id. Artedi, gen. 72, spec. 101. — Gronov. Zooph., 455. — « Dasybatus in utroque dorsi latere maculâ magnâ « ocuii simili, etc. » Klein, miss, pisc. 5, p. 55, n. 2. — Raja stellaris, Salvian., Aquatil,, p.150, — Raja oculala, Jonston, pisc. tab. 10, fig. 4. — Willughby, Ichth. 72, — Raja levis oculata, Raï, pisc., p.27. — Raïe oculée, Raie miraillet, Rondelet, part. 1, 1.12, c. 8. — Raïe lisse & miroir, ou miraillet, Valmont de Bomare, Dict, d'hist. nat,

départi la grandeur. On n’en trouve commünément que d’assez petits ; et d’ailleurs leur chair ne fournit pas un aliment aussi sain ni aussi agréable que celle de la batis ou celle de l’oxyrinque.

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