LE SQUALE REQUIN
Squalus Carcharias, Linn., Gmel., Cuy , B'ainvy. ?,
Les squales * et les raies ont les plus grands
4Rquiem. — Lamia. — Lamie. — Frax, sur quelques côtes de l'Océan européen. — //aj, sur quelqnes rivages du nord del’Europe.—/4 ye,en Hollande. - Jaufisk, Houwkat, en Dauemarck. — Haokal,en Islande. -— /f’nile shark. en Anzelerre.—Chien de mer requin, Danbenton, Enc. méth. - « Squalu: corpore cinereo, dorso latu, » Bloch, Hist. nat. des Paisions, nart 4. é&i, alleminde, p 55, n. 19. — « Sqnaalus dorso piano, dentibn plurimis ad latera serratis, »
Arted. gen: 70, syn. 98 — OL F bric. Faun. Groenl, p 127. |
— Müller. prodrom, Zo0!og. danie, p. 58, n. 516.— Gunner, Act. nidros. 2 ne 570, t b. {U+t11.— Chien de mer requim Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Gronov. mus. 1. 138. Zooph. 145. — Browne, Jam. p. 458,n.2, - Cynorephalus albus, Klein, miss. pi ©, 5, p. 5, n, 4. — Aristot. Hist, anim. 1 5, ©. 5; et lb. 9,c. 37. — lin. Hist. mundi. 1. 9, c. 24. — Lame, Rousele:, part. 1,1. 43, c. 41. — Athen 1. 7,p 316. 510. — Bilon, Aqnat. p. 58. — G'su. Aquat. p. 417$, icon. anün. p. 154-155, thuerb. p.81, 82, —-Carcharias vanis,s'ulamia. Aldrovand. pisc. p. 581, 582, 587.— Lil. Jonston, pisc. p. 24. tab. 6, fix. 6. — Fermiu. Sur n. 2, p. 248. — Dutertre, Autil. p.202. — Requin, Broussonet. Mém. de Ac. des Sc., 1780, p. 670, n. 19. — /Phte shaïk, Willughbv, lchth. p. 47, tab. b. 7. — Id. Raï, pisc. p. 18. —1d. Brit. Zool. 5. js. 82, n. 4. — Requin, Valnont de Bomare, Dict. d'Hist. nat. — Tiburone, Marcgrav. lib. 4. — Nieremb. LD. 12, c. 20. — Piscis Jonæ, seu anthropophagus, quorumdam. — Canis galeus, Salviani, 132, — Tubaron ou hays, Sloan. Voyage,
rapports entre eux ; ils ne sont en quelque sorte que deux grandes divisions de la même famille. Que l’on déplace en effet les ouvertures des branchies des raies, que ces orifices soient transportés de la surface inférieure du corps sur les côtés de l'animal, qu’on diminue la grandeur ‘des nageoires pectorales, qu’on grossisse dans quelques-uns de ces cartilagineux l'origine de la queue, et qu’on donne à cette origine le même diamètre qu’à la partie postérieure du corps, et les raies seront entièrement confondues avec les squales. Les espèces seront toujours distinguées les unes des autres; mais aucun caractère véritablement générique ne pourra les diviser en deux groupes : on comptera le même nombre de petits rameaux; mais on ne verra plus deux grandes branches principales s'élever séparément sur leur tige commune.
Quelques squales ont, comme les raies, des évents placés auprès et derrière les veux; quelques autres ont, indépendamment de ces évents, une véritable nageoire de l'anus, très-distincte des nageoires ventrales, et qu'aucune raie ne présente ; il en est enfin qui sont pourvus de cette même nageoire de l’anus, et qui sont dénués d’évents. Les premiers ont évidemment plus de conformité :1: les raies que les seconds, et surtout que les troisièmes. Nous n'avons pas cru cependant devoir e) poser les formes et les habitudes des squales dans l’ordre que nous venons d'indiquer, et que l’on pourrait à certains égards regarder comme le plus
| naturel. La nécessité de commencer par mon-
trer les objets les mieux connus et de les faire servir de terme de comparaison, pour juger de
p. 24. — Duhamel, Traité des pêches, part. 2, sect. 9, c. 4, art. 4, pl. 19. —e« Squaus dentibus serratis, multi,.lict or- « dine stipatis, foveà ad basim caudæ lunulatà » Comimerson, mauuscriis depo-és au Muséum d'Histoi e nature.le.
3Selon M. Cuvier, lafigure de Bélon, p.60. estlaseulehonne, etla prupart des ai tres sont fausses. Celle de klo:h appartient à une : spèce «iflérente très voisine de Leiches. Cel'e de Gunnur, Mém. de Dron he m, pl. 10 et 41, e:t encore applicable à une autre espèce vo sine «des Lriches. Le requin fi:u é par Roude'et et Alirovande est le Nes. Enfin, celle qui à été donnée par M. de Lacépède dans la grande édition de son ouvrage, se rapporte au Squalus ustus de M. Duméril, ou Sqnale Commerson de M. de Blarnvitle. D.
8 Nous avons préféré pour le genre dont nous allons traiter, le nom de Squele, adinis par un trés-grand nombre de naturalistes modernes, à celui de Chien de mer, qui est cumposé, et q i présente une idée fansse. En effet. les s juales sont bien des hbitauts de la uier, mais sont ce tainement, dans l'ordre des êtres, bien éloigués du genre des chiens.
« De Pie, dit Rondelet . 1.15, c. 1, sont nommés squalé, « quasi squallidi, laius à voir, et rudes; car ils sont tous « couverts de peau âpre. »
‘SHvd ‘ouuny] sed otfqud
'NINOHU 171
eux qui ont été moins bien et moins fréquemment observés, nous a forcés de préférer un ordre inverse, et de placerles premiers dans cette histoire, les squales qui n’ont pas d'évents et qui ont une nageoire de l'anus.
Au reste, É espèces de squales ne diffèrent dans leurs formes et dans leurs habitudes que par un petit nombre de points. Nous indiquerons ces points de séparation dans des articles particuliers; mais c’est en nous occupant du plus redoutable des squales, que nous allons tâcher de présenter en quelque sorte l’ensemble des habitudes et des formes du genre. Le requin va être, pour ainsi dire, le tvpe de la famille entière ; nous allons le considérer comme le squale par excellence , comme la mesure générale à laquelle nous rapporterons les autres espèces ; et l’on verra aisément combien cette sorte de prééminence due à la supériorité de son volume, de’sa force et de sa puissance, est d’ailleurs fondée sur le grand nombre d’observations dont la curiosité et la terreur qu'il inspire l’ont rendu dans tous les temps l'objet.
Ce formidable squale parvient jusqu’à une longueur de plus de dix mètres (trente pieds:ou environ) ; il pèse quelquefois près de cinquante myriagrammes (mille livres) !; et il s’en faut de beaucoup quel’onait prouvé que l’on doitregarder comme exagérée l’assertion de ceux qui ont prétendu qu'on avait pêché un requin du poids de plus de cent quatre-vinot-dix myriagrammes (quatre mille livres) ?.
Mais la grandeur n’est pas son seul attribut : il a recu aussi la force, et des armes meurtriè-
res; et, féroce autant que vorace, impétueux dans ses mouvements , avide de sang, et insatiable de proie, il est véritablement le tigre de la mer. Recherchant sans crainte tout ennemi,
poursuivant avec plus d'obstination, attaquant
avec plus de rage, combattant avec plus d'a- charnement que les autres habitants des eaux ; plus dangereux que plusieurs cétacées, qui presque toujours sont moins puissants que lui ; inspirant même plus d’effroi que les baleines, qui, moins bien armées- et douées d’appétits bien différents, ne provoquent presque jamais ni | homme ni les grands animaux ; rapide dans sa course, répandu sous tous les climats ayant envahi, pour ainsi dire, toutes les mers; pa-
* Rondelet, à l'endroit déjà cité.
? Gillius, daus Rai, el dautres auteurs.
DES POISSONS
raissant souvent au milieu des tempêtes;
aperçu facilement par l'éclat phosphorique dont il brille, au milieu des ombres des nuits les plus orageuses ; menaçant de sa gueule énorme et dévorante les infortunés navigateurs exposés aux horreurs du naufrage, leur fermant toute voie de salut, leur montrant en quelque sorte leur tombe ouverte, et plaçant sous leurs yeux le signal de la oser il n’est pas surprenant qu'il ait recu le nom sinistre qu’il porte, et qui, réveillant tant d'idées Jugubres, rappelle.surtout la mort, dont il est le ministre. Requin est en effet une corruption de requiem, qui désigne depuis longtemps, en Europe, la mort et le répos éternel , et qui a dû être souvent, pour des passagers effrayés, l'expression de leur consternation, à la vue d’un squale de plus de trente pieds de longueur, et des victimes déchirées ou englouties par ce tyran des ondes. Terrible encore lorsqu'on a pu parvenir à laccabler de chaînes, se débattant avec violence au milieu de ses liens, conservant une grande puissance lors même qu'il est déjà tout baigné dans son sang , et pouvant d'un seul coup de sa queue répandre le ravage autour de lui, à l’instant même où ilest près d’expirer, n'est-il pas le plus formidable de tous les animaux auxquels la nature n’a pas départi des armes empoisonnées? Le tigre le plus furieux au milieu des sables brülants , le crocodile le plus fort sur les rivages équatoriaux , le serpent le plus démesuré dans les solitudes africaines , doiventils inspirer autant d'effroi qu’un énorme requin au milieu des vagues agitées?
Mais examinons le principe de cette puissance si redoutée, et la source de cette voracité si funeste.
Le corps du requin est très-allongé, et la
: peau qui le recouvre est garnie de petits tuber-
cules très-serrés les uns contre les autres.
Comme cette peau tuberculée est très-dure, on l'emploie , dans les arts, à polir différents ouvrages de bois et d'ivoire; on s’en sert aussi pour faire des liens et des courroies, ainsi que pour couvrir des étuis et d'autres meubles:
mais il ne faut pas la confondre avec la peau de la raie sephen ‘, dont on fait le galuchat, et qui nest connue dans le commerce que sous le faux nom de peau de requin, tandis que la véritable peau de requin porte la dénomination
4 Article de la Raie Sephen.
très-vague de peau de chien de mer Va dureté de cette peau, qui la fait rechercher dans les arts, est aussi très-utile au requin ‘et a dü contr er à augmenter sa hardiesse et sa voracité en le garantissant de la’ morsure de plusieurs animaux assez forts et doués de dents meurtrières.
La couleur de son dos et de ses côtés est d’un cendré brun , et celle du dessous deson corps, d’un blanc sale.
La tête est aplatie et terminée par un museau un peu arrondi. Au-dessous de.cette. extrémité, et à peu près à une distance égale du bout du museau et du milieu des yeux, on voit les narines, organisées dans leur intérieur presque de là même manière que celles derla raie batis, et qui, étant le siége d’un odorat trèsfin et très-délicat , donnent au requin la facilité
de reconnaître de loïn sa proie et de la distin-.
guer au milieu des eaux les plus agitées par les vents, ou des ombres de la nuit laplus noire, ou de l’obscurité des abimes les plus «profonds de l'Océan. Le sens de l’odorat étant dans le requin , ainsi que dans les raies et dans presque tous les poissons, celui qui règle les courses et dirige les attaques, les objets qui répandent l'odeur la plus forte doivent être, tout égal d’ailleurs, ceux sur lesquels il se jettesavecde pes de ail ‘Ilsesont pour le requin, ce
qu'une substance très-éclatante placée au mi-} lieu de corps très-peu éclairés serait pour un .
animal qui n’obéirait qu’au sens de la vue. On ne peut donc guère se refuser à J'opinion de plusieurs voyageurs qui assurent que, lorsque
des blancs et des noirs se baignent ensemble | de rangées : et lorsqu'il à atteint un degré pass
dans les eaux de l’Océan, les noirs; dont les émanations sont plus ddorantes que Celles des blancs, sont plus exposés à la féroce avidité du requin , et qu’immolés les premiers par cet animal vorace, ils donnent le temps aux blancs d'échapper par la fuite à ses dents acérées. Et pourquoi, à la honte de l'humanité, est-on.encore plus forcé de les croire lorsqu'ilsracontent que-des blancs ont pu oublier les lois sacrées de la nature, au point de ne descendre dans les eaux de la mer qu’en plaçant autour d’eux de malheureux nègres dont ils faisaient la part du requin?
L'ouverture de la bouche est en forme.de demi-cercle , et placée transversalement au-dessous de la tête et derrière les narines. Elle est très-grande; et l’on pourra juger facilement de
ses dimensions , en sachant que nous avons re= connu , d’après Fee comparaisons , quel le pAStour d'un côté de la mâchoire supérieure, mesuré depuis l’angle des deux mâchoires jus= qu’au sommet de la mâchoire d'en haut, égale
à peu près le onzième de la longueur joies de.
l'animal. Le contour de la mâchoire supérieure d’un requin de trente pieds (près.de dix mètres) est doncenviron de six pieds ou deux mètres de longueur. Quelle immense ouverture! quel gouffre pour engloutir la proie du requin! Et comme son gosier est d’un diamètre proportionné, on’ne doit pas être étonné de lire dans Rondelet et dans d’autres auteurs, que les grands requins peuvent avaler un homme tout . entier, et que, lorsque ces squales sont morts et gisants-sur le rivage, on voit quelquefois des chiens entrer dans Fa gueule, dont quelque corps étranger retient les mâchoires écartées, et aller chercher jusque dans l'estomac les restes, des aliments dévorés par l’énorme poisson.
Lorsque cette gueulesest ouverte, on voit au delà des’ lèvres, qui sont étroites et de la
consistance du cuir, des dents plates, triangu-
laires, dentelées sur leurs bords et blanches A dtbe de l’ivoire. Chacun des bords de cette partie émaillée, qui Sort hors des gencives, a
communément cinq centimètres {pr ès de deux
pouces } de longueur dans les requins de trente pieds. Le nombre des dents augmente avec l’âge de l’animal. Lorsque le requin est encore très-jeune, il n’en montre qu’un rang dans lequel on n’aperçcoit même quelquefois que de bien faibles dentelures; mais à mesureiquil se développe, il en présente un plus grand nombre
avancé de son accroissement et qu’il est FT venu. adulte, sa gueule est armée, dans le haut comme dans le bas, de six rangs de ces dents fortes, dentelées, et si propres à déchirer ses MARNE Ces dents ne sont pas enfoncées dans des cavités solides ; leurs racines sont uniquement logées dans dess cellules membraneuses qui peuvent se prêter. aux différents mouvements que les muscles placés autour de Ja base de la dent téndent à à imprimer. Le requin. , par le moyende ces différents muscles, couche en arrière où redresse à volonté les Lo rangs de dents dont sa bouche est garnie ; il peut les mouvoir ainsi ensemble ou séparément ; il peut , même , selon les besoins qu'il éprouve, relever. une PAT d’un rang, et en incliner une autre
portion; et, suivant qu’il luirest possible de n’employer qu'une partie de sa puissance, ou qu’il lui est nécessaire d’avoir recours à toutes ses armes , il ne montre qu’un ou deux rangs de ses dents meurtrières, ou, les mettant toutes en action, il menace et atteint sa proie de tous ses dards pointus et relevés.
Les rangs intérieurs des dents du requin, étant les derniers fonmés, sont composés de’ dents plus petites que dHes que l’on voit dans
" les rangées extérieures , lorsque le requin est:
encore jeune ; mais, à mesure qu'il s'éloigne du temps où il a été adulte, les dents des différentes rangées que présente sa gueule , sont à peu près de la même longueur, ainsi qu’on peut le vérifier en examinant, dans les collections d'histoire naturelle, de très-grandes mâchoires, c’est-à-dire cellesiqui ont apparteng à des requins âgés , et surtout en observant les requins d’unettaille un peu considérable que J'on parvient à prendre. Je ne crois pas en conséquence devoir adopter l'opinion de ceux qui ont regardé les dents intérieures comme destinées à remplacer celles de devant, lorsque le requin est privé de ces dernieres par une suite d'efforts violents, de résistances opiniâtres , ou d’autres accidents. Les dents interieures sont un supplé- . ment de puissance pour le requin : elles concourent, ayec celles de devant, à saisir, à re- . tenir, à dilacérer la proie dont il veut se nourrir ; mais elles pe remplacent pas les extérieures : elles agissent avec ces dents plus éloignées du fond de la bouche, et non pas uniquement après la chute de ces dernières ; et lorsque celles-ci cèdent leur place à d’autres , elles la laissent à des dents produites auprès de leur base et plus ou moins développées, à de véritables dents de remplacement, très-distinctes de celles que l’on voit dans les six grandes rangées , à des dents qui parviennent plus ou moins rapidement aux dimensions des dents intérieures, et qui cependant très-souvent sont moins grandes que ces dernières, lorsqu'elles sont substituéesaux dents extérieures arrachées de la gueule du requin. Les dents intérieures tombent aussi. et abandounent, comme les extérieures, l'endroit qu’elles occupaient, à de os dents de remplacement formées autour de leur racine.
Les dents de la mâchoire inférieure présen-"
tent ordinairement des dimensions moins grandes et une dentelure plus fine que celles de la mâchoire supérieure. r PR à
nn «
La langue est courte, large, épaisse et cartilagineuse, retenue en dessous par un frein, libre dans ses bords, blanche et rUgre au toucher comme le Das, Toute la partie antérieure du museau est cri-
blée, par-dessus et par-dessous , d’une grande
quantité de pores répandus sans ordre, tresvisibles, et qui, lorsqu'on comprime fortement le devant de la tête, répandent une espece de gelée épaisse, crystalline, et UM suivant Commerson ‘, qui, dans ses voyages a très-bien observé et décrit le requin.
Les veux sont petits et presque ronds; la cornée est très-dure; l'iris d’un vert foncé et doré ; la prunelle, qui est bleue, consiste ‘dans une fente transversale.
Les ouvertures des branchies sont placées de chaque côté plus haut que les nageoires pectorales, Ces branchies, semblables à celles des raies «sont engagées chacune dans une membrane très-mince, et toutes présentent deux rangs de filaments sur leur partie convexe , excepté la branchie la plus éloignée du museau , laquelle n’en montre qu’une rangée. Une mucosité visqueuse, sanguinolente, et peut-etre phosphorique, dit Commerson, arrose ces branchies, et les entretient dans la souplesse nécessaire aux opérations relatives à la respiration.
Tout@ les nageoires sont fermes, roides et cartilagineuses. Les pectorales, triangulaires et plus grandes que les autres, s'étendent au loin de chaque côté , et n’ajoutent pas peu à la rapidité avec laquelle nage le requin, et dont il doit la plus grande partie à la force et à la mobilité de sa queue. ,
La première nageoire dorsale, plus élevée et plus étendue que la seconde, placée au delà du point auquel correspondent les nageoires pectorales, et égalant presque ces dernières en Surface, est terminée dans le haut par un bout un peu ar rondi.
“Plus près de Ja queue, et au-dessous du corps , on voit les deux nageoires ventrales, qui s'étendent ;usqu’aux deux côtés de l’anus, et l'environnent comme celles des raies. .
. De chaque côté de cette ouverture on aper-
-çoit, ainsi que dans les raies, un orifice qu'une :valvule ferme exactement, etqui, communi-
quant avec la cavité du ventre, Sert à débar-
4 Maouscrits déjà cités.
rasser l’animal des eaux qui, filtrées par diffé- | face du corps une humeur visqueuse, néces-
rentes parties du corps, se ramassent dans cet espace vide.
La seconde nageoire du dos et celle de r anus ont à peu près la même forme et les mêmes dimensions ; elles sont les plus petites de toutes, situées pres ue toujours l’une au-dessus de l'autre , et tres-près de celle de la queue.
Au reste, les nageoires pectorales, dorsales, ventrales, et de l’anus, sont terminées en arrière par un côté plus ou moins concave , et ne tiennent point au corps dans toute la longueur de leur base, dont la partie postérieure est détachée et prolongée en pointe plus ou moins déliée. :
La nageoire de la queue se divise en deux lobes tres-inécaux ; le supérieur est deux fois plus long que l’autre, triangulaire, courbé, et augmenté, auprès de sa pointe, d’un petit appendice également triangulaire.
Auprès de cette nageoire se trouve souvent, sur la queue , une petite fossctte faite en croissant, dont la concavité est tournée vers la tête. Au reste, le requin a des muscles si puissants dans la partie postérieure de son-corps, ainsi que dans sa queue proprement dite, qu’un animal de cette espèce, encore très-jeune, et à peine parvenu à la longueur de deux mètres, ou d’environ six pieds, peut, d’un seul coup, de sa queue, casser la jambe de l’homme le *. fort.
Nous avons vu, dans notre Discours sur lu nature des poissons, que les squales étaient, comme les raies, dénués de cette vésicule aérienne, dont la compression et la dilatation donnent à la plupart des animaux dont nous avons entrepris d'écrire l’histoire, tant de facilité pour s’enfoncer ou s'élever au milieu des eaux; mais ce défaut de vésicule aérienne est bien compensé dans les squales. et particulièrement dans le requin, par la vigueur et la vitesse avec lesquelles ils peuvent mouvoir et agiter la queue proprement dite, cet instrument principal de la natation des poissons !.
Nous avons vu aussi, dans ce même discours, que presque tous les poissons avaient de chaque côté du corps une ligne longitudinale sail- Jante et plus ou moins sensible, à laquelle nous avons conservé le nom de ligne lalérale, et que nous avons regardée comme l'indice des principaux vaisseaux destinés à répandre à la sur-
Discours sur la nature des poissons.
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saire aux mouvements et à la conservation des poissons. Cette ligne, que l’on ne remarque pas
sur les raies, est très-visible sur le requin, et
elle s'y étend communément depuis les ouvertures des branchies jusqu'au bout de la queue, presque sans se courber, et toujours plus près dù dos que de la partie inférieure du corps.
elles sont les formes extérieures du requin !,
À Principales dimensions d’un requin.
Depuis le bout du musean jnsqu'à l'extrémité de la queue, nn longueur totale. . .., ....., 5 Jus eUX MANME LE T LEUN ALI EME CIN jusqu'aumiinides verixt. 1. LRO j'squ'an bord anterieur de la bouche. . . . .% 0 jusqu'aux angles pes érieurs e la honche, . 4 0 jusqu'as sommet de li m'choire postérieure, + 0 jusquà tte cieur de la vas: des nageoires pector les. - .. + es biere 12 jusqu'à l'angle postérienr et rentrant de la base ‘des mêmrs nageuires. APR Var jusqu'a l'augle superitur de. la première onvertore deSbranghies,®. JEAN CUS — dela :SeChNÜB ie eo eie is AD "le la troisième: 5". UN SEEN ENS 1 4 1 5
ee e sde © +
— dela quatrième. . , . ..
— dela cinynième. . . ..
jusqu à l'angle inférieur de la première ouver-
ture des branchies. . . . . .
— de la seron'e. . 2% — de la trois ème, . .
— d: la quatrième. +, — de licinquiéme. .
jusqu'à l'angle antérienr de la première na:
geoire dorsale. . . site et 20 jusqu'à l'angle postérieur et rentrant delamême
narenileL tt...) et. 102 M4 0 jusqu'à l'angle supérieur de la même nageoire. 2 jusqu'à l'angle antérieur des nagenires du ven.
tre. . MORTE CPU Us jusqu'à l'angle pos'érieur et rentrant desmêmesn
DAGÉOIPES D. + + + + + +: + 5 2 0 jusqu'à l'angle ‘extérienr des mêmes nageoires. 3 3 0 jusqu'au milieu de l'onverture de l'anus. . 5 0 0 jusqu'a l'angle antérieur de la base. + la seconde
uageo're du dos. . . etes 8 AG D jus ju'à l'angle postérienr et rentrant de la base
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DES POISSONS
Son intérieur présente aussi des particularités que nous devons faire connaitre.
Le cerveau est petit, gris à sa surface, blanchâtre dans son intérieur, et d’une substance plus molle et plus flasque que le cerveiet.
Le cœur n'a qu’un ventricule et une oreillette; mais cette partie, dont le côté gauche reçoit la veine-cave , à une grahde capacité.
A la droite, le cœur se décharge dans l’aorte, dont les parois sont très-fortes. La valvule qui la ferme est composée de trois pièces presque triangulaires , cartilagineuses à leur sommet, par lequel elles se réunissent au milieu de la cavité de l'aorte, et mobiles dans celui de leurs bords qui est attaché aux parois de ce vaisseau.
Eu s’éloignant du cœur, et en s'avançant vers la tête, l’aorte donne naissance de chaque côté à trois artères qui aboutissent aux trois branchies postérieures, et parvenue à la base de la langue, elle se divise en deux branches, dont chacune se sépare en deux rameaux ou artères qui vont arroser les deux branchies antérieures. L’artère, en arrivant à la branchie, parcourt la surface convexe du cartilage qui en soutient les membranes, et y forme d’innombrables ramitications qui, en s'étendant sur la surface de ces mêmes membranes, y produisent d’autres ramifications plus petites, et dont le nombre est, pour ainsi dire, infini.
L’wsophase. situé à la suite d’un gosier trèslarge , est tres-court, et d’un diamttre égal à celui de la partie antérieure de l'estomac.
Ce dernier viscère a la forme d un sac trèsdilatable dans tous les sens, trois fois plus long que l.rge, et qui, dans son état d'extension ordinaire , a une lonsueur égale au quart de celle de l'animal entier. Dans uu requin de dix mètres, ou d'environ trente pieds, l'estomac, lors memequ'ilu’estque très-peu dilaté, a donc deux mètres et demi, où un peu plus de sept pieds et demi, dans sa plus grande dimension; et voilà comment on à pu trouver dans de très-2rands requins des cadavres humains tout entiers,
La tunique intérieure qui tapisse l'estomac est rougeâtre, muqueuse, gluante, et inondée de suc gastrique, ou digestif.
auprès de la na’eoire de la queue, . . , . ... 0 2 5 depuis le but d'unenageoire pectorale jusqu'au DOUTE ANTENNES. te LA A Grand diamètre de l'œil... + 0 Petit diameire de l'œil. . . 0 pe 0 + 0 Base des lus grandesdents. . .,...., ......0 Côtés des plus graudes dents. . . . . NASA 0