LE SQUALE POINTILLÉ
Squalus punctulatus, Lacep. 2.
C’est M. Leblond, voyageur naturaliste, qui nous à fait parvenir de l'Amérique méridionale un.individu de cette espèce, Ce squale pointillé habite, comme la raie tuberculée, les mers voisines de la Guiane. Ce cartilagineux à une nageoire de l'anus, et n’a point d’évents. II
appartient donc au premier sous-genre des squales; et il est aisé de voir par ce que nous allons dire de sa forme extérieure, combien il differe des espèces déja comprises dans ce sous-
genre, où il faudra le placer entre le squaletrèsgrand et le squale glauque.
Sa tête est déprimée, et très-arrondie par devant; ses dents sont conformées comme celles du squale roussetle; on voit de chaque côté cinq ouvertures branchiales ; les nageoires pectorales sont assez grandes, et la partie antérieure de leur base est presque aussi avancée vers le museau que la troisieme ouverture des prunes Les nageoires ventrales sont séparées l’une de l’ autre ; la p'emière nageoire dorsale est placée eue des ventrales, la seconde
“plus près de la tête que celle de l'anus, et le lobe inférieur de la caudale, très-échancré,.
On voit un roux uniforme sur le dessus du corps et de la queue; et la partie inférieure de l’auimal pr ésènte un fauve plus foncé, parsemé de petits puints blancs, qui nous ont indiqué le nom que nous avons cru devoir preférer pour ce cartilagineux. é
Au reste, nous devons prévenir que de chaque côté de nt tête, et aupres de l'endroit où un éventaurait pu avoir une ouvertur ë, nous avons
4 Lettre de M. Delattre à M. de Lacépède, du 20 août 1788.
2 Selon M, Cuvier, ce pois-on parait être le mem que le
squ'le barbillou de Broussonnet (Squalus burbarus, Gunel.), et que le Squalus punctatus, Schneid, Parra pl. 54, fig. 2, D.
qui. malcré un examen attentif, ne nous a montré aucun orifice, mais que l'on voudrait peutêtre considérer comme l'extrémité d’un évent proprement dit. Nous ne croyons pas que l’on dût adopter cette opinion, dont nous ne pou-, vons pas cependant demontrer le peu de fondement, parce que M. Leblond n’a envoyé au Muséum d'histoire naturelle qu'une simple dépouiile d'un squale pointillé. Mais quand bien même le cartilagineux que nous venons de décrire aurait des évents, et qu'il fallût le transporter, si je puis m’exprimer ainsi. du premier sous-£enre dans le second, il n’en appartiendrait pas moins à une espèce encore inconnue aux naturalistes. I faudrait l'inscrire après le squale isabelle, avec lequel il aurait des rappports
d'autant plus grands , que la première nageoire
dorsale de l’isabelle s’elève, comme celle du pointillé, au-dessus des ventrales, 11 différerait uéanmoins de ce même poisson, en ce que les ouvertures des évents de l’isabelle sont trèsgrandes, pendant que celles du pointillé seraient au moius très-petites. D'ailleurs l’isabelle a une ligne latérale très-sensible. [! présente sur la partie infér.eure du corps et de la queue une couleur beaucoup plus claire que celle du dos, tandis que, par une disposition de nuances très-rare sur les animaux , et particulierement sur les poissons, la couleur de la partie inférieure de la queue et du corps du pointillé est plus foncée que la teinte des parties supérieures de ce dernier squale. Il n’a point de petites taches sur le ventre, comme le pointillé; il en moütre de plus ou moins grandes sur le dos, où la couleur du pointilé est au contraire tresuniforme, et enfin on n’a vu jusqu’à présent lisabelle que dans quelques portions de la mer Pacilique.