‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 373 sur 470 · LE SQUALE TRÈS-GRAND · texte numérisé non relu

LE SQUALE TRÈS-GRAND

Squalus maximus, Linn., Gmel., Lac.; Selache maxipus, Cuy. 2.

Ce squale mérite bien le nom qu’il porte, il parvient , en effet, à une grandeur presque aussi considérable que celle du requin. Il vogue, pour ainsi dire, son égal en volume et en puissance; et il partage en quelque sorte son empire dans les froides mers qu'il habite. Plusieurs auteurs ont même écrit que ses dimensions surpassaient celles du requin : mais nous sommes persuadés que la supériorité resterait à ce dernier, si l'on pouvait comparer le requin et le très-crand, parvenus l’un et l’autre à leur entier développement. L'opinion contraire n a été adoptée que parce que le très-grand, beau coup moins répandu dans les-mers que le requin, ne s’éloiune guère du cercle polaire. Beaucoup moins troublé, poursuivi, attaqué, dans les mers glaciales et reculées qu’il préfère, il y parvient assez fréquemment à un degré d’accroissement très-avancé; et, à proportion du

« Lechien de mer lrés-grand, Daubenton, Enc. méth. — « Squalus deutibus conicis, pinuä dorsili anteriore mijore, » Ot. Fab. Fann. Grueul, p.150. 0.90. — etrés-grand chien de mer, Broussonnet, Méin. de l'Acad. des Se., 178). — Le chien de mer trés-grand. Bounaterre, pl. de l'En:. méth. — Brugd. Gunuer, Act. midros. 5, p.53, 1. 2, *. — Pennaut, Zoul. brit., t. 3, p. 101.

Principales dimensions dusquale trés-grand décrit dans la Zool. brit., & l'endrvit que nous venons de citer.

pi. pe.

Longueur totale #10 MR RE ET TROUS Longueur de l4 premiere nigroire du dus. . . .. + 3 1 Lougueur des nagro:res pecturales, . . ... s . 4 0 Jougue ir des uagruires Ventraies.”. . ....,., 2 0 Lougueur du lobe supér.eur de la nageoïre de la queue , ce. e ee © ee © 0. + + € 5 0 Long eur du obeiténeur “. la mème nagroire. . 5 0

? M. Cuvier place ce squale dans une division particulière qu'il établit sons le nom de PÉLER.NS (Selache), caractérisce par la forme «u corps qui «st senbiable à celle des requins, la présence des events, la pelitesse et le grand nombre des dents, la large ouverture des branchies qui sont assez grandes pour entourer presque tout le cou. D,

par conséquent moins ordinaire de rencontrer de vieux requins que de vieux squal:s très* grands. D'ailleurs, on a presque toujours re” gardé la longueur de dix mètres, ou de trente” Del comme la limite de la grandeur pour le requin; et ce dernier poisson nous parait, d’après tout ce que nous avons dit, pouvoirs présenter même aujourd’hui, et dans des para-. ges peu fréquentés, une dimension beaucoup plus étendue. te 6 |

Mais si le tr na ne doit être placé qu’après le requin dans l’ordre des grandeurs et Re forces , il précède tous les autres squales, et” c’est vers trente pieds qu’il faut supposer |? ac-\ croissement ordinaire de cet animal. Les habi-« tudes et la conformation de ce poisson ressem-" blent beaucoup à celles du requin; mais il en" diffère par les dents qui ne sont pas dentelées,. et qui, beaucoup moins aplaties que celles des presque tous les autres squales, ont un peu la° forme d’un cône. On en trouve de pétrifiées , mais beaucoup plus rarement que de celles du requin. La seconde nageoire du dos; plus petite que la première. est d’ailleurs placée plus près de la tète que la nageoire de l'anus; et enfin l’on voit de chaque côte de la queue, et près de sa nageoire, une sorte d’appendice, ou de saillie longitudinale , et comme carénée. Au reste, la peau est, comme celle du requin, épaisse, forte, tuberculèdses et gi au toucher.

Nous venons de voir que le très-rand ne quittait guère les mers glaciales et arctiques. Cependant des tempêtes violentes, la poursuite active d’une proie, la fuite devant un grand” nombre d'ennemis, ou d’autres accidents , le chassent quelquefois vers des mers plus tempérées. Nous citerons , entre plusieurs exem-" ples de ces migrations , celui d’un squale très-. grand dont j'ai vu la dépouille à Paris en 1788, et dont on y montra au public la peau préparée sous le nom de peau de baleine. jusqu’à ce que le propriétaire de cette dépouille m’eût demandé le véritable nom de cet animal. Ce pois son avait échoué sur le sable à Saint-Cast, près de Saint-Malo, en décembre 1787. 11 fut re-.

morqué jusqu’à ce dernier port, où il fut acheté par M. Delattre, de qui-je tiens ces détails. Au moment où ce poisson fut pris, il avait trente= trois pieds de longueur totale, sur da pieds de circonférence à l’endroit de sa pui

DES POISSONS

grande grosseur !. Mais la dessiccation et les | aperçu une dépression presque imperceptible,

autres préparations que l’on fut obligé de faire subir à la peau, avaient réduit cette dépouille à de plus petites dimensions ; et lorsque je l'examinai, elle n'avait plus que vingt cinq pieds de longueur. En voyant ces restes, on n’était pas étonné que les squales très-grands pussent ava-

ler de petits cétacées tout entiers, ainsi que l'ont écrit plusieurs naturalistes.

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