‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 396 sur 470 · LA LOPHIE DOUBLE-BOSSE · texte numérisé non relu

LA LOPHIE DOUBLE-BOSSE

Lophius bigibbus . Lacep.

Nous réunissons dans cet article ce que nous

4 Antennarius antennd tricorni, Commerson, manuscrits déposés dans le Muséum d'hist. nat.

3Onne distingue pas, dans la figure qui a dûétre scrupuleue sement copiée sur le dessin de Commerson, les petits barbillons et les aiguillons courts et crochus que l'on voit sur la tête et Le corps de l'histrion; maïs ces aiguillons et ces barbillons sont décrits dans la partie du texte de Commerson qui concerne son Antennarius antennd tricorni.

5 « Antennarius chironectes, obscurè rubens, maçulis ni- ‘gris raris inspersus. » Commerson, manuscrits déjà cités.

4 Cette lophie est le type du sous-genre Antennarius de Commerson, ou Chironecte de M. Cuvier. D

5« Antennarius bigibbus, nigro et griseo variegatus. » Commerson, manuscrits déjà cités. .

DES POISSONS

avons à dire de deux espèces de lophies dont la description n’a point encore été publiée, et dont nous devons la connaissance à Commerson, qui en a traité dans ses manuscrits.

La première de ces deux espèces, à laquelle le voyageur que nous venons de citer a donné le nom grec de Chironecte, qui signifie nageant avec des mains, ou ayant des nageoires faites en forme de mains, a lé corps comprimé par les côtés comme l’histrion : mais le filament qui s'élève derrière l’ouverture de la bouche est beaucoup plus délié et plus long que sur cette dernière lophie; et, au lieu de soutenir un appendice charnu et divisé en deux ou trois lobes, il est surmonté d’un petit bouton ou d’une petite masse entièrement semblable à celle que l'on voit au bout des antennes de plusieurs genres d'insectes. Les deux prolongations charnues et filamenteuses qui sont placées sur l’histrion derrière le filament élastique, sont remplacées, sur la chironecte, par deux bosses dénuées de barbillons, et dont la postérieure est la plus grande et la plus haute. La couleur générale de l’animal est d’un rouge obscur avec des taches noires très-clairsemées . Au reste, on le trouvera représenté d’après un dessin de Commerson, sur la même planche que l’histrion.

La lophie double-bosse est variée de noir et de gris. Voilà la seule dissemblance avec la lophie chironecte, que nous avons trouvée indiquée dans les manuscrits de Commerson, qui n'en à laissé d’ailleurs aucune figure. Mais Commerson était un trop habile naturaliste , et il a dit trop expressément que la double-bosse était d'une espèce différente de la chironecte et des autres lophies, pour que nous n’ayons pas dû la séparer de ces derniers cartilagineux.

EA LOPHIE COMMERSON?.

Lophius Commersonii, Lacep.; Antennarius Commer« sonii, Cuv. 5.

Ce poisson a été vu dans les mêmes mers que les deux lophies précédentes , par le voyageur Commerson, qui l’a décrit avec beaucoup de

4 A la nageoire dorsale 14 rayons , à chaque nageoire pectorale 8, à chaque nageoire jugulaire 5 ou 6, à celle de l'aaus 7, à celle de la queue, qui est arrondie, 10 ou 41.

3 « An’ennarius bivertex, totus ater, puncto mediorum la- « terum albo. » Commerson, manuscrits déjà cités.

# Cette espèce appartient au même sous-genre Chironecte, de M. Cuvier, que les deux précédentes. D.

soin , et dont nous avons eru devoir lui donner le nom. Sa couleur est d’un noir sans mélange, On remarque seulement, sur chacun de ses côtés, une petite tache ronde et très-blanche ; on en voit une moins sensible sur le bord supés rieur de la nageoire de la queue; et les extrémités des rayons des nageoires jugulaires et des nageoires pectorales sont d’une nuance un peu pâle, et coloriées de manière qu’elles imitent des ongles au bout des mains ou des pieds re: présentés par ces nageoires de la poitrine et par les jugulaires. La commerson ressemble d’ailleurs beaucoup, par sa conformation , à la chironecte et à la double-bosse , quoique plus petite que la chironecte; elle présente cependant quelques traits particuliers que nous ferons remarquer.

Le corps , très-comprimé par les côtés, est, comme celui de presque toutes les lophies , et particulièrement des deux dernières dont nouf venons de parler, revêtu d’une peau épaisse ; grenue et rude au toucher.

L'ouverture de la bouche est située à l’extrémité et un peu dans la partie supérieure du museau ; la mâchoire d’en haut, dent la lèvre peut s’allonger et se raccourcir à la volonté de l’animal, représente un orifice demi-circulaire, que Commerson trouve semblable à la bouche d’un petit four, et que la mâchoire inférieure vient fermer en se relevant. Ces deux mâchoires sont hérissées de dents menues et serrées ; et l'on trouve des dents semblables sur la langue, sur le palais, et sur deux petits corps situés auprès du gosier.

Deux bosses paraissent derrière l’ouverture de la gueule. La postérieure est plus grande que l’antérieure, comme sur la chironecte : mais la seconde est plus grosse à proportion, et plus arrondie que sur cette dernière lophie; et, quoiqu’elle soit penchée vers la queue, elle ne forme pas une sorte de courbure ou de crochet, comme la seconde bosse de la chironecte. Le filament très-long et très-délié qui s’élève audevant de ces deux bosses , a été appelé antenne par Commerson, qui l’a trouvé conformé comme les antennes d’un grand nombre de papillons diurnes : il est en effet, comme ces dernières , et comme le filament de la chironecte, terminé par une petite masse.

Les branchies sont très-petites , maintenues

| par une membrane, au nombre de trois de

chaque côté; et c’est derrière chaque nageoire

DS8 pectorale qu’il faut chercher une des deux ouvertures rondes, et à peine visibles, par lesquelles l’eau de la mer peut parvenir à ces organes. En examinant attentivement la membrane destinée à fermer de chaque côté l’ouverture branchiale, on s’apercoit qu’elle est soutenue par cinq rayons.

Commerson a écrit que les nageoires jugulaires, qu’il nomme ventrales, rappellent assez bien l'image des pattes de devant d’une taupe.

Les derniers rayons de la nageoire dorsale sont plus courts que ceux qui les avoisinent, au lieu d’être plus longs , comme sur la chironecte '.

Cette lophie a été disséquée par Commerson, qui a trouvé que l’estomac était très-grand, le péritoine noirâtre , et la vessie à air très-blanche, en forme d’œuf, et adhérente au dos.

LA LOPHIE FERGUSON *.

Lophius Fergusson, Lacep.; Lophius cornubicus, Shaw. ( Espèce factice)".

M. James Ferguson“ a fait connaître cette grande espèce de lophie , dont un individu de quatre pieds neuf pouces, ou de plus d’un mètre et demi, de longueur, fut pris dans la rade de Bristol en 1763. Le corps de ce cartilagineux n’est point très-aplati de haut en bas, ou comprimé par les côtés , mais en quelque sorte cylindrique et terminé par une forme un peu conique. L'ouverture de la bouche, placée au bout du museau, au lieu d’être située dans la partie supérieure de la tête comme dans la baudroie , fait voir trois rangées de dents pointues. Le dessus de la tête présente des protubérances noirâtres et aiguës; et, derrière la lèvre supérieure, sont implantés , l’un à la suite de l’autre, deux filaments durs, élastiques et très-longs, mais dénués de membrane à leur extrémité. On a représenté les ÿ rayons des nageoires jugulaires comme finissant par un ongle; nous n’avons pas besoin d’avertir que c'est une inexactitude. La couleur générale de

1]l y a à la nageoire dorsale 15 rayons, à chaque nageoire pectorale 10, à chaque jugulaire 6, à la nageoire de l'aaus 7, à celle de la queue 9 ou 10. :

2 Baudroie à cinq doigts, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

5 M. Cuvier s'est assuré que cette prétendue espèce n'est u'une lophie baudroie défigurée. D.

4 Trans phil., t. 55, p. 15.

5 Pianche des Trans. phil., déjà citée.

la lophie ferguson est d’un brun foncé avec des teintes noirâtres !.

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