LE BALISTE ÉCHARPE
Balistes rectangulus, Sciin,, Cuy. +.
La forme de ce poisson ressemble beaucoup
à celle de presque tous les autres balistes ; mais ! ses couleurs très-belles, très-vives, et distri- | buées d’une manière remarquable, le font dis- |
tinguer parmi les différentes espèces de sa nombreuse famille.
L’extrémité du museau del’écharpe est peinte d’un très-beau bleu de ciel, qui y représente comme une sorte de demi-anneau. La tête est d’ailleurs d’un jaune vif qui devient plus clair sur les côtés, et qui se change, dans l’entre-
deux des yeux, en un fond d’aigue-marine, sur | lsquel s'étendent trois raies noires et transver- | sales. Une autre ligne bleuâtre descend depuis
“ L'individu observé par Commerson avait seize pouces,
ou près d'un demi-mètre, de longueur. Il y avait à la seconde
nageoire dorsale 26 rayons, à celle de l'anus 24, aux pectora-
les 15,et à La nagcoire de la queue 12. Tous ces rayons étaient |
mous, excepté le premier de la seconde dorsale, le premier de la nageoire de l'anus et le premier et le dernier de celle de la queue.
? Balistes punctatus, Linnée, éd. de Gmelin. — Stipvisch, Nieuhof, Ind. 2, p.275.
$ « Balistes, rostri semi-annulo cœruleo; genisluteis; interse titio oculorum smaragdino cum lineis tribus nigris transe versis; fascià nigrâ latissimä ab oculis ad unum obliquatâ; « aculeis caudæ triangulo nigro interclusis. » Commerson, manuscrits déjà cités.
Du genre Baliste et du sous-genre des Balistes proprement dits, selon M. G. Cuv. D.
geoire pectorale ; et, au delà de cette ligne, une bande d’un noir très-foncé part de l’œil , et, allant obliquement et en s’élargissant jusqu’à l'anus et à la nageoire anale, forme sur le corps du baliste une sorte d’écharpe noire, que les nuances voisines font ressortir avec beaucoup d'éclat, et qui nous a indiqué le nom que nous avons cru devoir donner au cartilagineux que nous décrivons.
Cette écharpe est d’autant plus facile à distinguer, que son bord postérieur présente un liséré bleuâtre, qui, vers le milieu du corps, donne naissance à une raie de la même couleur; et cette dernière raie parvient jusqu'aux rayons. postérieurs de la seconde nageoire du dos, en formant sur le côté de l’animal le sommet d’un angle aigu.
Entre les deux branches de cet angle, on voit sur le côté de la queue un triangle noir et bordé d’un bleu verdâtre ; et un anneau d’un noir trèsfoncé entoure la base de la nageoïire caudale,
Tout le reste du corps est d’un rouge brun, excepté la partie inférieure comprise entre le museau et le bout de l’écharpe : cette partie inférieure est blanche.
La seconde nageoire du dos et celle de l’anus sont transparentes, ainsi que les pectorales, dont la base est noire, et dont le bout est marqué d’une belle tache rouge.
Voilà donc toutes les couleurs de l’arc-en-
| ciel distribuées avec agrément et régularité sur
ce baliste, et leurs teintes relevées par cette espèce d’écharpe noire qui traverse obliquement le corps de l’animal.
À l'égard des formes particulières à ce poisson, il suffira de faire remarquer que sa tête est allongée ; que l’on compte dans la première nageoire du dos trois rayons, dont le premier est dentelé, et le troisième très-court et éloigné des deux autres; que celle dite du ventre est composée d’un rayon gros, osseux, hérissé de pointes, et de huit ou dix petits rayons contenus par une membrane épaisse !; et que sur chaque côté de la queue il y a quatre rangées d’aiguillons recourbés vers la tête.
Nous avons tiré ce que nous venons de dire
1]l y a à la seconde nageoire du dos 25 rayons, aux nageoires pectorales 15, à la thorachique 9 ou 44, à celle de l'anus 20, et à celle de la queue 12. La nageoïre de la queue est en arc de cercle, suivant le texte de Commerson, et terminée par une ligne droite, suivant le dessin dumême auteur.
DES POISSONS
des manuscrits de Commerson, qui a trouvé et décrit le Baliste écharpe dans la mer voisine de l’Ile de France.
LE BALISTE BUNIVA.
Balistes Buniva, Lacep., Risso !,
La description et le dessin de ce baliste encore inconnu nous ont été envoyés par M. Giorna, de l'académie de Turin. M. Buniva, savant collègue de M. Giorna, a bien voulu se charger de nous le remettre. La physique animale, et particulièrement celle des poissons, vont être enrichies par les grandes recherches, les observations précieuses, les belles expériences de ce naturaliste, qui vient de publier les premiers résultats de ses travaux importants. Nous lui dédions ce baliste, que l’on a pêché dans la mer de Nice, dans celle qui est la plus voisine de la patrie qu’il honore.
Ce baliste a les deux mâchoires également avancées, vingt-sept rayons à la seconde nageoire du dos, quatorze à chaque pectorale, quatorze à l’anale, et douze à la nageoire de la queue,
Il est nécessaire de faire observer avec soin que voilà la seconde espèce de baliste pêchée dans la Méditerranée. Le caprisque est la première de ces deux espèces, dont les congénères n’ont été encore vues que dans les mers de l’ancien ou du nouveau continent voisines des tropiques. Mais une chose plus digne de l’attention des ichthyologistes, c’est que M. Giorna a vu dans le Muséum de Turin, dont l'inspection lui a été confiée avec tant de raison, une chimère arctique femelle prise auprès de Nice, dans la Méditerranée.
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