LE BALISTE CURASSA VIEN
Balistes curassavicus, Gmel., Lacep. (Espèce incertaine }).
Auprès de Curaçao habite ce poisson, dont la nageoire de la queue est terminée par une ligne droite, et dont les côtés brillent d’une couleur d’or très-éclatante. Cette dorure est relevée par un point noir placé au milieu de chacune des écailles sur lesquelles elle s’étend. Le dos est brun, et le museau arrondi *.
4 Gronov., Zooph., n. 193. — « Capriscus capite triangu- « lato gutturoso, ore admodüm parvo barbato, etc. » Klein miss. pisc. 5, p. 25, n. 8, tab. 5, fig. 12. — Ikan auwawa
Valent. Ind. 5, p. 577, n. 92, fig. 92. | 2 Ce poisson est placé par M. G. Cuvier dans le sous-genre
Alutère, qu'il distingue dans le genre Baliste. D,
5 Gronov., Zooph. 196; L 4 A la première nageoire du dos 2 rayons , à la seconde 27, aux pectorales 15, à celle de l'anus 26, à celle de la queue 9.
LE BALISTE EÉPINEUX !.
Balistes aculeatus, Gmel., Lacep., Bloch. ?.
Les balistes compris dans le second sousgenre, et que nous venons de faire connaître , n’ont que deux rayons à la première nageoire du dos. Nous allons maintenant voir un plus grand nombre de rayons à cette première nageoire dorsale. Le baliste épineux en présente trois dans cette partie de son corps. Plusieurs piquants sont placés sur son corps à la suite du rayon garni de pointes qui compose la nageoire thorachique; et de plus on voit, de chaque côté
de la queue, des aiguillons recourbés en avant, |
et dont le nombre des rangées varie depuis deux jusqu’à cinq, suivant l’âge, le sexe ou le climat. Les couleurs de ce poisson sont très-belles. Les voici telles que les décrit Commerson, qui a observé plusieurs fois ce baliste en vie et nageant au milieu des eaux qu’il préfère. L’animal est d’un brun foncé; mais, sur ce fond obscur, des raies transversales , rouges sur le devant du corps , et dorées sur le derrière, s'étendent obliquement, et répandent un éclat très-vif. Les yeux, les lèvres et la base des nageoires pectorales sont d’ailleurs d’un rouge de vermillon, dont on aperçoit des traces plus ou moins fortes , et mêlées avec un peu de jaune sur les autres nageoires, et particulièrement sur celle de la queue, où les intervalles qui séparent les rayons sont bleuâtres ?.
Ce baliste habite la mer Rouge et la mer de l'Inde, au milieu de laquelle Commerson la pêché parmi les rochers, les coraux etles rescifs qui avoisinent l’île Pralin. Ce voyageur dit que ce poisson est très-bon à manger.
Nous croyons devoir rapporter à cette espèce
4 Baliste épineux, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonna-
terre, pl. de l'Enc, méth. — It, Wgoth. 158. — Gronovy., zooph. 188.
— Séb. mus. 5, tab, 24, fig. 45. — « Capriscus cornutus supra « oculum , etc. » Klein, miss. pisc. 5, p. 25, n. 8,7, tab. 5, fig. 10.— Guaperva hystrix, Willughby, Ichth. app., p. 21, tab. I, 21. — « Sounick hoornvisch, man visch, gros poupou. » Renard, poiss. 4, pl. 28, fig. 454, et 2, pl. 28, fig. 156, et pl. 54, fig. 457. — « Balistes fuscus ex rubro et aureo oblique virga- « tus, pinnä dorsi prim triacanthà, ossiculo xyphoïde sca- « berrimo; pionarum ventralium loco, aculeis antrorsüm « versis duplici ordine utrinque ad caudam. 5 Commerson, manuscrits déja cités, quatrième cahier de zoologie.
2 Du sous-genre des Balistes proprement dits, selon M. G. Cuvier. D.
5 À la membrane des branchies 2 rayons, à la première dorsale 5, à la seconde 25, aux pectorales 45, à celle de l'anus 25, à celle de la queue 10; cette dernière est terminée par une ligue presque droite.
le baliste décrit par le professeur Gmelin sous le nom de Verruqueux , et que Linnée avait déjà fait connaitre dans l’exposition des objets qui composaient la collection du prince Adolphe-Frédéric de Suède?. Ce baliste verruqueux ne diffère en effet de l’épineux qu’en ce que le rayon qui représente la nageoire dite véntrale est garni de verrues, au lieu de l’être de pointes plus aiguës. Mais si ce caractère doit étre regardé comme constant, il ne peut servir à établir qu’une simple variété.