‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 435 sur 470 · LE TÉTRODON MUSEAU-ALLONGÉ · texte numérisé non relu

LE TÉTRODON MUSEAU-ALLONGÉ

Tetraodon rostratus, Linn., Gmel., Cuv. *.

Ces deux tétrodons habitent dans les Indes.

Le premier a tiré son nom de la forme de son corps, qui est beaucoup plus allongé que haut, et d’ailleurs cylindrique. Ce poisson présente de plus deux lignes latérales de chaque côté. La supérieure part au-dessus de l’œil, se baisse, se contourne, se relève, et suit à peu près la courbure du dos jusqu'à la nageoire caudale. La seconde commence auprès de la mâchoire d’en bas, et suit assez régulièrement le contour de la partie inférieure du corps jusqu'à la nageoire de la queue, excepté auprès de la nageoire pectorale, où elle se relève et forme un petit angle.

L'ouverture des narines est double; une pointe très-sensible et triangulaire est attachée à l’opercule des branchies, et tournée vers la queue; le dessus du corps offre des bandes transversales brunes, variables dans leur nombre ; les côtés sont argentés, les nageoires jaunâtres; et de petits piquants hérissent presque toute la surface du poisson *.

Le museau-allongé n’a de petits aiguillons que sur le dos, et sur le devant du ventre. Il est gris par-dessus, et blanc par-dessous ; les nageoires sont jaunâtres, surtout les pectorales, qui sont courtes et larges; on voit autour des yeux des taches brunes disposées en rayons. II n’y a qu'une ouverture à chaque narine; on n’aperçoit pas de ligne latérale; et les màchoires sont en forme de petit cylindre et trèsallongées f.

4 « Tetraodon oblongus, maxillis æqualibus ; hérisson « oblong. » Bloch, pl. 446, fig. 1. — Quatre-dents hérisson oblong, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

3 Du genre Mole (Orthagoriscus). Cuv., Reg. anim, t. II. p.370. D.

5 « Tetraodon rostratus , tétrodon à bec, » Bloch, pl. 146, fig. 2. — Quatre-dents hérisson à bec, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

4 De la division des Tétrodons à dos caréné. Cuv., Reg. anim.,t. IL,p. 369. D.

5 J1 y a aux nageoires pectorales de l'allongé 16 rayons, à la nageoire dorsale 42, à celle de l'anus 44, à celle de laqueue, qui est arrondie, 19.

6 Le museau-allongé a aux nageoires pectorales 16 rayons, à celle du dos 9, à celle de l'anus 8, à celle de la queue, qui est arrondie, 10. s

LE TÉTRODON PLUMIER !.

Tetraodon Plumieri, Cu. ?.

Ce tétrodon, dont la description n’a pas encore été publiée, est représenté dans les dessins sur vélin que renferme la collection du Muséum d'histoire naturelle, et qui ont été faits d’après ceux du naturaliste Plumier ; et comme ce n’est qu’à ce voyageur que nous devons la connaissance de cet animal, j'ai donné à ce poisson le nom de l’habile observateur qui en a transmis la figure.

Lorsque le tétrodon plumier n’est pas gonflé, son corps est assez allongé relativement à sa hauteur. Au delà de sa tête, on voit une sorte d’élévation pyramidale à quatre faces, jaune, etrecourbée en arrière, qui tient lieu, pour ainsi dire, d’une première nageoire du dos.

Au-dessus de la nageoire de l'anus , qui est de la même couleur, on voit d’ailleurs une nageoire dorsale qui est également jaune, aussi bien que celle de la queue. Cette dernière est arrondie , et présente deux bandes transversales brunes.

L'iris est bleu; le dessus du corps, brun et lisse ; le dessous blanchâtre, très-extensible, et garni de très-petits piquants. Deux rangées longitudinales de taches d’un brun verdâtre règnent de chaque côté de l’animal, et ajoutent à sa beauté.

LE TÉTRODON MELÉAGRIS 3.

Tetraodon Meleagris, Lacep.

Commerson a laissé dans ses manuscrits une description très-étendue de ce poisson, qu’il a vu dans les mers de l’Asie, et auquel il a donné le nom de Méléagris, à cause de la ressemblance des nuances et de la distribution des couleurs de ce cartilagineux avec celles de la pintade que l’on a désignée par la même dénomination. Ce tétrodon est en effet brun, avec des taches innombrables, lenticulaires, blan-

t « Orbis minimus non aculeatus, » Plumier, dessins déjà

ités.

; , De la division des Tétrodons à tête courte, à corps rude, à flancs seulement lisses et pourvus de tentacules latéraux. Cuv., Reg. anim., t. II, p.369. D.

$ « Tetraodon brunneus, hispidulus, maculis lenticularibus « albis undequaque conspersus. » Commerson, manuscrits

jà cités.

F ce poisson paraît appartenir à la division des Tétrodons

à corps rude et à taches pâles. D.

ches, et distribuées sur la tête, le dos, les côtés, le ventre, la queue, et même les nageoires. La peau est d’ailleurs hérissée de très-petites pointes un peu plus sensibles sur la tête.

Chaque narine n’a qu'un orifice. Les branchies sont au nombre de trois de chaque côté ; leur ouverture est en forme de croissant; leur membrane mince et flottante est attachée au bord antérieur de cette ouverture ; et les demicercles solides qui les soutiennent sont Gentelés dans leur partie concave.

Ce poisson fait entendre le bruissement que l'on a remarqué dans la plupart des cartilagineux de son genre, d’une manière peut-être plus sensible que ces derniers, au moins à proportion de son volume*.

LE TÉTRODON ÉLECTRIQUE.

Tetraodon electricus. Linn., Gmel., Paterson, Lacep.,

Les plus belles couleurs parent ce poisson. Il est, en effet, brun sur le dos , jaune sur les côtés, vert de mer en dessous ; ses nageoires sont rousses ou vertes; son iris est rouge; et cet agréable assortiment est relevé par des taches rouges, vertes , blanches, et quelquefois d’autres nuances très-vives. Mais il est encore plus remarquable par la propriété de faire éprouver de fortes commotions à ceux qui veulent le saisir. Cette qualité est une faculté véritablement électrique que nous avons déjà vue dans la torpille, que nous examinerons de nouveau dans un gymnote, et que nous retrouverons encore dans un silure, et peut-être même dans d'autres poissons.

Ce cartilagineux habite au milieu des bancs de corail creusés par la mer, et qui entourent l'île Saint-Jean, près de celle de Comorre, dans l'Océan indien. Lorsqu'il y a été pêché, l’eau était à la température de seize degrés du thermomètre auquel on donne le nom de Réaumur.

I parvient au moins à la longueur de sept pou-.

ces ; et c’est M. Paterson qui l'a décrit le premier.

4 Aux nageoires pectorales 18 rayons, à celle du dos 40, à celle de l'anus 10, à celle de la queue, qui est arrondie, 9.

3 Guill. Paterson, Act. anglic. 76, 2, p. 582, tab. #5.

5 De la division des Tétrodons à dos caréné de M. G. Cuvier. D.

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