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CASSE

LE CENTRISQUE CUIRASSÉ ?.

Centriseus seutatus, Linn., Gmel., Lacep 4.

Nous avons vu les ostracions, dont la tête, le corps, et une partie de la queue, sont entourés d’une croûte solide et préservatrice , représen-

4 À la nageoire dorsale 3 rayons, à chaque nageoire pectorale 9, à chaque nageoire inférieure 4, à celle de l'anus 5, à celle de la queue, qui est arrondie 8.

2 « Pegasus natans, rostro elongato spatulæ-formi, corpore « oblongo, tetragono. » Ichthyolithologie de Vérone, par une société de physiciens, part. 2, pl. 5, fig. 5.

S Centriscus scutatus, bécasse bouclier, Bloch, pl. 123 fig. 2. -- Centrisque cuirassé, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Gronov. mus, 2, p 18, n. 471, tab. 7, fig. 5; Zooph., p.129, n. 596. — Amphisilen, Klein, miss. pisc. 4, p. 28, tab. 6, fig. 6. — Séb. mus. 5, p.107, tab. 54, fig. 8. — Jkan pisan, mesvisch, Valent., Ind. 5, p.420 , n. 245, fig. 245, 254. — Ikan peixe, Ruyschb, Theatr. anim., p. 5, tab. 5, fig. 7. ;

4M. Cuvier place ce poisson dans le sous-genre Amphisile du genre CENTRISQUE, Centrisous de Linnée, qu'il admet. D.

ter, au milieu de la nombreuse classe des poissons, la tribu remarquable des tortues, qu’une carapace et un plastron très-durs environnent aussi d'une enveloppe presque impénétrable.

Mais parmi ces tortues, et particulièrement parmi celles qui, plus rapprochées des poissons, passent la plus grande partie de leur vie au milieu des eaux salées , il en est qui n’ont reçu que des moyens de défense moins complets : la tortue luth, par exemple, qui habite dans la mer Méditerranée , n’est à l’abri que sous une carapace ; elle est dénuée de plastron; elle n’a qu’une sorte de cuirasse placée sur son dos.

Elle a aussi son analogue parmi les poissons ; et c’est la famille des centrisques, et surtout le centrisque cuirassé, qui comme la tortue luth, a sur son dos une longue cuirasse, terminée, du côté de la queue, par une pointe aiguë, laquelle à fait donner à tout le genre le nom de Centrisque ou d’Aiquilionné. Si les centrisques sont à quelques égards, une sorte de portrait de Ja tortue luth , ils n’en sont cependant qu’une image bien diminuée. Quelle différence de grandeur, en effet, entre une tortue qui parvient à plus de deux mètres de longueur , et des centrisques qui le plus souvent ne sont Jongs que de deux décimètres ! Tant la nature, cette cause puissante de toute existence, cette source féconde de toute beauté, ne cesse de varier par tous les degrés de la a te aussi bien que !

par toutes les nuances des formes, ces admirables copies par iesquelles elle multiplie avec tant de profusion, et sur la surface sèche du globe, et au milieu des eaux, les modèles remarquables sur lesquels on sérait tenté de croire qu’elle s’est plu à répandre d'une manière plus particulière le feu de la vie et le principe de la reproduction.

D'ailleurs la cuirasse longue et pointue qui revêt le dos des centrisques, au lieu de s’étendre presque horizontalement sur un corps aplati comme dans les tortues, se plie dans le sens de sa longueur, au-dessus des animaux que nous allons décrire, pour descendre sur les deux côtés d’un corps très- -comprimé. Cette forme est surtout très-marquée dans le centrisque cuirassé. Ce dernier cartilagineux est, en effet, si aplati par les côtés, qu'il ressemble quelquefois à une lame longue et large. La cuirasse qui le couvre est composée de pièces écailleuses trèslisses, attachées ensemble, unies de si près, que l'on ne peut quelquefois les distinguer que très-

difficilement l’une de l’autre, et si transparentes, que l’on aperçoit très-aisément la lumière au travers du dos de l’animal. Au reste, cette sorte de demi-transparence appartient, d’une manière plus ou moins sensible, à presque toutes les parties du corps du centrisque cuirassé.

La couverture solide qui garantit sa partie supérieure, est terminée, du côté de la nageoire de la queue, par une pointe très-allongée, qui dépasse de beaucoup le bout de cette nageoire caudale ; et cette espèce d’aiguillon se divise en deux parties d’égale longueur, dont celle de dessus emboîte à demi l’inférieure, et peut être un peu soulevée au-dessus de cette dernière.

Au-dessous de ce piquant, et à un grand éloignement du corps proprement dit, est la première nageoire dorsale , qui le plus souvent ne renferme que trois rayons, et dont la membrane est communément attachée à ce même piquant, lequel alors peut être considéré comme un rayon de plus de cette première nageoire dorsale.

Le museau est très-allongé; il est d’ailleurs fait en forme de tube ; et c’est à l'extrémité de ce long tuyau qu’est placée l’ouverture de la bouche. Cet orifice est très-étroit : mais quelquefois, et surtout après la mort de l’animal, la membrane qui réunit les deux longues mâchoires dont le tube est composé, se déchire et

s’oblitère ; les deux mâchoires se séparent pres-

que jusqu’au-dessous du siége de l’odorat; l'ouverture de la bouche devient très-grande, et la mâchoire supérieure se divise longitudinalement en deux ou trois pièces qui sont comme les éléments du tuyau formé par le museau. La planche sur laquelle on pourra voir la figure du centrisque cuirassé, représente l’effet de cet accident. ;

L'ouverture des narines est double; celle des branchies est grande et curviligne, : l’opercule lisse et transparent.

Chaque côté du corps est garni de dix ou onze pièces écailleuses, minces, et placées transversalement. Elles sont relevées dans leur milieu par une arête horizontale; et la suite de toutes les arêtes qui aboutissent l’une à l’autre, forme une ligne latérale assez saillante. Ces lames sont un peu arrondies dans leur partie inférieure, et réunies avec les lames du côté opposé par une portion membraneuse, trèsmince, qui fait paraître le dessous du corps très-caréné.

Les nageoires pectorales sont un peu éloignées

DES POISSONS

des branchies ; les ventrales sont réunies, et de plus si petites et si déliées, que souvent elles échappent à l’œil, ou sont détachées, par divers accidents, du corps de l’animal . La seconde dorsale, et celle de l’anus, sont très-près de celle de la queue dont la colonne vertébrale est détournée de sa direction, et fléchie, pour ainsi dire, en en-bas, par la partie postérieure de la cuirasse qui la recouvre.

Les différentes formes remarquables que nous venons de décrire, attirent d’ailleurs l’attention par la beauté et la richesse des couleurs qu’elles présentent : le dos est d’un brun-doré brillant, quoique foncé; les côtés sont ar-

gentés et jaunes: le dessous du corps est rouge

avec des raies transversales blanches, et presque toutes les nageoires sont jaunâtres.

Le poisson qui montre cet éclatant assortiment de plusieurs nuances, vit, comme les pégases, de petits vers marins, et des débris de corps organisés qu’il peut trouver dans la vase; mais bien loin de jouir, ainsi que les pégases, de la faculté de s’élancer avec force au-dessus de la surface de l’eau; il est réduit, par la petitesse de ses nageoires et la roideur d'une grande partie de son corps, à n’exécuter que des mouvements peu rapides. Il habite dans les mers de l'Inde, ainsi que l'espèce dont nous allons parler.

LE CENTRISQUE SUMPIT ?.

Centriscus velitaris, Linn., Gmel., Lacep 5.

Ce poisson est très-petit ; il ne parvient ordinairement qu’à la longueur de cinq ou six centimètres : sa parure est élégante ; l’éclat de l’argent brille sur les côtés de son corps; et se change sur sa partie supérieure en une sorte de couleur d’or un peu pâle, que relèvent quelques raies de différentes couleurs et placées obliquement. On ne voit sur son dos qu’une cuirasse assez courte, en comparaison de celle qui garantit l’espèce de centrisque que nous avons déjà décrite ; et c'est parce que cette arme dé-

4 A la première nageoire du dos 3 rayons, à la seconde 41, à chaque nageoire pectorale 41, à la ventrale 5, à celle de l'anus 45, à celle de la queue, qui est rectiligne, 12.

3 Centriscus sumpit. — Pallas, Spicil. zoolog. 8, p. 56, tab. 4, fig. 8. — Centrisque sumpit, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

ë# Du sous-genre Amphisile dans le genre CENTRISQUE, selon M. Cuvier. D.

fensive ne s'étend pas jusqu’à l'extrémité de la queue, que Pallas, auquel nous devons la connaissance de cet animal, l’a désigné par l’épithète d’Armé à la légère. Cette armure moins étendue lui donne d’ailleurs des mouvements plus libres, qui s’allient fort bien avec l’agrément des couleurs dont il est peint. Au reste, cettecouverture setermineen pointe, etse réunit, pour ainsi dire, à une sorte de piquant couché en arrière, un peu mobile, très-aigu, dentelé,

creusé par-dessous, et placé au-dessus d’un se.

cond aiguillon que le poisson cache à volonté dans une fossette longitudinale. A la suite de ces pointes, que l’on peut considérer comme une première nageoire dorsale, d'autant plus qu'elles sont réunies par une membrane, on voit la seconde nageoire du dos, dans laquelle on compte douze rayons ‘. Une petite raie saillante s’étend de chaque côté, depuis le bout du museau jusqu’à l'œil ; un petit aiguillon recourbé vers l’anus est placé au devant de cette dernière ouverture.

LE CENTRISQUE BÉCASSE. 2.

Centriscus Scolopax, Linn., Gmel., Lacep., Cuy'.

Cet animal, que l’on voit quelquefois dans le marché de Rome, et dans ceux des pays voisins, n’est pas tout à fait aussi petit que le sumpit : il présente ordinairement une longueur de plus d’un décimètre, et se distingue facilement de plusieurs autres poissons avec lesquels on l’apporte, par sa couleur qui est d’un rouge tendre et agréable. Les pièces qui composent lä couverture supérieure du cuirassé et du sumpit, sont remplacées sur le centrisque

4 À la membrane des branchies il y a 5 rayons, à chaque nageoire pectorale 45, à chaque nageoire veutrale 4, à celle de l'anus 20, à celle de la queue 12.

3 Centriscus scolopax. — Trombelta, sur la côte de Génes. — Soffietta, aux environs de Rome. — Elephas. — Centrisque bécasse, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bécasse , scolopax, ascalopax, Rondelet, Hist. des poissons, 1. 15, c. 4. — Centriscus squamosus, Bloch, pl. 125, fig. 1. — Gronov., Zooph., p.128, n.595. — Meerschnepf, Jonston, lib. 1, tit. 4, cap. 4, &, tab. 1, n.9. — « Solenostomus rostro trientem totius piscis æquante , » Klein, miss. pisc. 4, p: 24, n. 4. — Gesner, Aquat., p. 858, icon. anim., p. 41, thierb., p. 4. — Scolopax, Aldrov,, pisc., p. 298. —Willughby, Ichth,, p. 160, tab. I, 25, fig. 2.—Truwme pet, or bellows fish, Raï, pisc., p. 50. — Charleton, Onom., p.125.—« Balistes aculeis duobus, loco pinnarum ventralium, « solitario intrà anum. » Artedi, gen. 54, syn. 82,

5“ Du sous-genre Centrisque, dans le genre du même nom selon M, Cuvier. D.

bécasse par des écailles dures, pointues, et placées les unes au-dessus des autres ; mais on voit un piquant à l’extrémité du dos de ce cartilagineux, comme sur celui des poissons de son genre qui sont déjà connus. Cet aiguillon trèsfort, dentelé des deux côtés, et mobile de manière à pouvoir être couché dans une fossette, est le premier rayon de la nageoire dorsale antérieure, dans laquelle on compte quatre rayons en tout : la seconde nageoire dorsale est composée de dix-sept rayons ‘. L’extrémité du long museau du poisson que nous décrivons, est un peu relevée, et présente l’ouverture de la bouche, que l’animal peut fermer à volonté par le moyen d’un opereule attaché au bout de la mâ-

{ A la membrane des branchies 5 rayons, à chaque nageoire pectorale 17, à chaque nageoire inférieure 5, à celle de l'anus 18, à celle de la queue, qui est arrondie, 9.

choire inférieure. C’est la grande prolongation de ce museau, et la forme assez ténue de cette sorte de tuyau, qui ont fait comparer le cartilagineux dont nous nous occupons, tantôt à une bécasse, et tantôt à l’un des quadrupèdes les plus éloignés de ce poisson par les divers traits de leur conformation, ainsi que par l’énormité de leur taille, à l'éléphant, dont le nez s'étend cependant en une trompe bien différente, dans son organisation, du museau d’un centrisque. La figure de ce même museau a fait aussi donner le nom de Soufflet à la bécasse, dont on s’est beaucoup occupé, parce que ce poisson a une chair délicate. Le premier rayon des nageoires pectorales de ce centrisque est très-long; les nageoires inférieures sont trèspetites, et l’animal peutles cacher aisément dans un sillon osseux,

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