LA TORTUE SCORPION
Tesiudo (Chersine) scorpioides, Merr. F.
C’est à Surinam qu'habite cette tortue; sa
carapace est ovale, d’une couleur très-foncée, et relevée sur le dos par trois arêtes longitudinales ; le disque est garni de treize lames, dont les cinq du milieu sont très-allongées, et on en compte communément vingt-trois sur les bords : douze lames recouvrent le plastron , qui n’est presque point échancré; la tête est couverte par devant d’une peau calleuse, qui se divise en trois lobes sur le front. La tortue scorpion a cinq doigts à chaque pied; ils sont un peu séparés, et garnis d'ongles, excepté les doigts extérieurs des pieds de derrière : mais ce qui lui a fait imposer son nom, et ce qui sert à la faire “econnaitre , c’est une arme dure, en form. je corne ou d’ongle crochu, qu’elle porte au bout de la queue, et qui a une sorte de ressemblance avec l’aiguillon du scorpion. M. Linnée à fait connaître cette tortue, dont on con-
* Glanures d'Histoire naturelle, par George Edwards. Londres, 1764, part. IT, chap. 77, pl. 287.
? La Tortue Scorpion. M. Daubenton, Encycl. méth.— Testudo scorpioides, 8. Linn., Amphib. rept. — Testudo fimbriata, 12. Schneider.
5 Par plusieurs de ses caractères, cette tortue se rapproche de la malamata de Brugnière; mais elle en diffère par d’autres. Ainsi sa description ne fait pas mention de la petite trompe qui termine la tête de la matamata, et à l'extrémité de laquelle sont percées les narines; et dans cette dernière on n'a pas observé l'ongle terminal de la queue, qu'on indique dans la tortue scorpion. Nous n'avons pas vu cet animal, que Daudin pense être d'une espèce différente de la matamata.
serve au Cabinet du Roi plusieurs carapaces et plastrons. Ils ont été envoyés comme ayant:
appartenu à une petite tortue de marais, qui habite dans les savanes noyées de la Guiane, et qui ne parvient jamais à une taille plus considérable que celle qui est indiquée par les cou: vertures envoyées au Cabinet du Roi : les plus grandes de ces carapaces ont six ou sept pouces de longueur, sur quatre ou cinq de largeur. Voilà done une espèce de tortue d’eau douce ou de marais, dont la queue est garnie d’une callosité; nous remarquerons un caractère presque semblable dans plusieurs tortues grecques ou tortues terrestres proprement dites, et particulièrement dans celles qui ont atteint leur entier développement.