‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 79 sur 470 · LA VERMILLON · texte numérisé non relu

LA VERMILLON

Testudo (Chersine) pusilla , Daud *.

Au cap de Bonne-Espérance habite une pe-

‘ Lettre de M. Camper, membre des états-généraux, associé étranger de l'Académie des Sciences de Paris, à M. le comte de Lacépède, et datée de Leenwarden, en Frise, le 30 octobre 1787.

2 La Bande blanche. M. Daubenton, Encycl. méth.— Testudo pusilla, 44, Linn., Amphib. rept.—Testudo terrestris pusilla, ex Indià orientali, Worm. mus. 515.— Tesludo virginea, Grew. mus. 58, tab. 5, f. 5.— Rai, Synopsis quadrupedum, pag. 259. Testudo terrestris pusilla ex Indid orientali.—George Edwards, Histoire naturelle des Oiseaux, Londres, 1751. Testudo tessellata minor äfricana. The african land Tortoise.— Testudo pusilla, 45. Schneider,

# Daudin admet, comme espèce distincte, la tortue vermillon de M, de Lacépède, ct renvoie la citation de Grew à

tite tortue de terre, que Worm a vue vivante, et qu’il a nourrie pendant quelque temps dans son jardin. Des marchands la lui avaient vendue comme venant des grandes Indes , où il se peut en effet qu’on la trouve. La couverture supérieure de cette petite et jolie tortue est à peine longue de quatre doigts ; les lames en sont agréablement variées de noir, de blane, de pourpre, de verdâtre et de jaune; et, lorsqu’elles s’exfolient, la carapace présente à leur place du jaune noirâtre. Le plastron est blanchâtre , et sur le sommet de la tête, dont on a comparé la forme à celle de la tête d'un perroquet, s’élève une protubérance d'une couleur de vermillon mélangé de jaune. C’est de ce dernier caractère , par lequel elle a quelque rapport avec la nasicorne, que nous avons tiré le nom que nous lui donnons. Les pieds de cette tortue sont garnis de quatre ongles et d’écailles très-dures ; les cuisses sont revêtues

| d’une peau qui ressemble à du cuir; la queue

est effilée et très-courte. La nature a paré cette tortue avec soin; elle lui a donné la beauté, mais, en la réduisant à un très-petit volume, elle lui a ôté presque tout l’avantage du bouclier naturel sous lequel elle peut se renfermer : car il paraît qu’on doit iui appliquer ce que rapporte Kolbe de la tortue de terre du cap de Bonne-Espérance. Suivant ce voyageur, les grands aigles de mer nommés Orfraies sont très-avides de la chair de la tortue. Malgré toute la force de leur bec et de leurs serres , ils ne pourraient briser sa dure enveloppe; mais ils l’enlèvent aisément; ils l’emportent au plus haut des airs, d’où ils la laissent tomber à plu: sieurs reprises sur des rochers très-durs : la hauteur de la chute et la très-grande vitesse qui en résulte produisent un èhoc violent; et la couverture de la tortue, bientôt brisée, livre en proie à l’aigle carnassier l'animal qu’elle aurait mis à couvert si un poids plus considérable avait résisté aux efforts de l’aigle pour l’élever dans les nues".

De tous les temps on a attribué le même instinct aux aigles de l'Europe pour parvenir à dévorer les tortues grecques, et tout le monde

sa tortue à gouttelette (T. virgulata). LeTestudo pusilla de M. Merrem, qui est le même animal que celui de Linnée, ne compte pas dans ses synonymes la tortue vermillon, ni le Testudo terrestris pusilla de Wormius : celui-ci est rapporté, mais avec doute, au Testudo rotundata.—En définitive, la distinction de cette espèce est fort douteuse. D.

‘ Voyage de Kolbe ou Kalben, vol. IL, pag. 198.

{54 sait que les anciens se sont plu à raconter la mort singulière du fameux poëte Eschyle, qui fut tué, dit-on, par le choc d’une tortue qu’un aigle laissa tomber de très-haut sur sa tête nue !.

La tortue vermillon n’habite pas seulement aux environs du cap de Bonne-Espérance ; il paraît qu’on la rencontre aussi dans la partie septentrionale de l'Afrique. M. Edwards a décrit un individu de cette espèce qui lui avait été apporté de Santa-Cruz, dans la Barbarie occidentale?.

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