LA CHAGRINÉE
Trionyx coromandelieus , Geoff., Merr.; Testudo granosa , Schæpff.; T. punctata, Bonn ; T. granulata, Daud., T. scabra, Latr.
Nous donnons ce nom à une nouvelle espèce de
4 Voyez Conrad Gesner, livre II des Quadrup. ovip., article des Tortues.
? George Edwards, ouvrage déjà cité, pag. 204.
5 La Courte-queue. M. Daubenton, Encycl. méth.—George Edwards, Hist. nat. des Oiseaux, pag. 205. Testudo tessellata minor carolinensis, — Testudo pedibus digitatis calloso-squamosis, testa ovali subconvexa, scutellis planis striatis medio punclatis. Gron. Zooph., 17, n° 77,—Seba, mus, {, tab. 80, fig. 4, Téstudo lerrestrès major americana.—Testudo carolina,7, Schneider,
tortue apportée des grandes Indes au Cabinet du Roi par M. Sonnerat. Elle est très-remarquable par la conformation de sa carapace qui ne ressemble à celle d’aucune tortue connue. Cette couverture supérieure a trois pouces neuf lignes de longueur, sur trois pouces six lignes de largeur ; elle paraît composée, pour ainsi dire, de deux carapaces placées l’une sur l’autre, et dont celle de dessus serait plus étroite et plus courte. Cette espèce de seconde carapace, qui représente le disque, est longue de deux pouces huit lignes, large de deux pouces, un peu saillante, osseuse, parsemée d’une grande quantité de points qui la font paraître Chagrinée ; et c’est de là que nous avons tiré le nom de l’animal. Ce disque est composé de vingt-trois pièces , qui ne sont recouvertes d'aucune écaille. Seize de ces pièces, plus larges que les autres, sont placées sur deux rangs séparés vers la tête par une troisième rangée de six pièces plus petites ; et ces trois rangs se réunissent à une dernière pièce , qui forme la partie antérieure du disque. Les bords de la carapace sont cartilagineux et à demi transparents ; ils laissent apercevoir les côtes de l’animal , le long desquelles cette partie cartilagineuse est un peu relevée, et qui sont au nombre de huit de chaque côté; ces bords sont par derrière presque aussi larges que le disque.
Le plastron est plus avancé par devant et par derrière que la couverture supérieure; il est un peu échancré par devant, cartilagineux , transparent et garni de sept plaques osseuses, chagrinées , semblables aux pièces du disque, différentes entre elles par leur grandeur et par leur figure, placées trois vers le devant , deux vers le milieu , et deux vers le derrière du plastron. |
La tête ressemble à celle des tortues d’eau douce; les rides de la peau qui environne le cou montrent que l’animal peut l’allonger facilement. Comme nous n’avons rien appris relativement aux habitudes de cette tortue, et comme les pattes. et la queue manquaient à l'individu que nous venons de décrire, nous ne pouvons point dire si la chagrinée est terrestre ou d’eau douce. Cependant comme sa couverture supérieure n’est presque pas bombée, nous présumons que cette tortue singulière est plutôt d’eau douce que de terre.
DES LEZARDS.
LA ROUSSATRE.
Testudo { Emys) subrufa , Merr.; Testudo subrufa , Bonn.
Cette nouvelle espèce de tortue a été apportée de l’Inde au Cabinet du Roi, ainsi que la chagrinée, par M. Sonnerat; sa carapace est aplatie, longue de cinq pouces six lignes, et large d'autant ; le disque est recouvert de treize lames ; les bords le sont de douze. Ces écailles sont minces , légèrement striées, unies dans Île centre , d’une couleur roussâtre très-semblable à celle du marron : et c’est de là que nous avons tiré le nom que nous lui donnons. Le plastron est échancré par derrière, et revêtu de treize lames ; la tête est plus plate que celle de la plupart des autres tortues : les cinq doigts des pieds de devant , ainsi que de ceux de derrière, sont garnis d'ongles longs et pointus. La queue manquait à l’individu apporté par M. Sonnerat. Mais, quoique nous n’ayons pu juger de la forme de cette partie , nous présumons, d’après l’aplatissement de la carapace, et surtout d’après les ongles qui ne sont point émoussés , que la tortue roussâtre est plutôt d’eau douce que terrestre. L’individu que nous avons décrit était femelle; aussi son plastron était-il plat. Nous avons trouvé dans son intérieur plusieurs œufs
d’une substance molle, ovales et longs d’un pouce.
LA NOIRATRE.
Testudo (Terrapene) nigricans , Merr.; Testudo subnigra , Latr., Daud.
Nous nommons ainsi une tortue dont il n’est fait mention dans aucun des naturalistes et voyageurs dont les ouvrages sont le plus connus, et dont nous ne pouvons donner qu’une description incomplète, parce que nous n’en avons vu que la carapace et le plastron, conservés au Cabinet du Roi. Cette carapace a cinq pouces quatre lignes de long sur à peu près autant de large ; elle est un peu bombée, d’une couleur très-foncée et noirâtre. Le disque est recouvert de treize écailles épaisses, striées dans leur contour, et si polies dans tout le reste de leur surface , qu’elles paraissent onctueuses au toucher. Les cinq écailles de la rangée du milieu sont un peu relevées , de manière à former une arête longitudinale ; les bords sont garnis de vingt-quatre lames ; le plastron est échancrée par derrière, et revêtu de treize écailles. Nous ignorons si cette tortue est terrestre ou d’eau douce, et dans quels lieux on la trouve.
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