‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 99 sur 470 · L’'IGUANE · texte numérisé non relu

L’'IGUANE

Jguana sapidissima, Merr.; Laccrta Iguana, Linn.; lguana tuberculata, Laur., Fitz ; Iguana delicatissima , Latr.; l’iguane ord naire d'Amérique, Cuv.

Dans ces contrées de l’Amérique méridionale, ou là nature plus-active fait descendre à grands flots du sommet des hautes Cordilières, des fleuves immenses , dont les eaux s'étendant

Lesillonné., M. Daubenton, Encycl. mé h, * «

2 Legnuani.—U@u angl is, the Guana.—S nernhi=Tatnarobinseñ Amérique, Suivant Séba.—L'iguane. M Dauhenton, Eucyclk: oith.— Kai, Synopsis Quadeupeathu, p 263. Lacertus indicus Senembi et Iguana ditus.—lquana delica- Bissèma, 74. Iguand tüberculati, 72 Läsveuti spé nuen medium — Leyuana. Di t d'Htist. nat., par M. Valinout de * Bounure. —Séba, t. Table 93, figures 4. 2: table 96, figure 4; fabie 97 figure 3; table 98, figure 1 —The Guuna. Brown, Eis” mat. de là saniaique — Lacerta, 1. Major squaniès dorsè lureo atis erectis e nuch@ ad éxlremilatem caudæ porrectis. idem.—Grand lézard où Gu nas. Cateshy,s Est. na. de la Caroline, vol, H, p 64. — Gra d lézard, Dutertre, p 508 — Gios lézard, nommé Ignane, Rochefort, pr 144.— Gros lézard. Lab, tome 1. p. 314.—Guana. Sisane, vol. DL —Lyjuuna. Gronov., mus. 2, pe 82, n° 60.—Muarcyr., Bras, 256, ti. 456. Senmembi seu ljuana.— Joust ,Quadrup., L 77, fig. 5.—0iear., mas, tb. 6, g. 1, Foana.—BouL.. jav. °6, tab. 56. Laceita Leguan.—Nieremberg. nat. 271, tab. 274. —Worm. musæum, %13.—Clus., exot. 416. Fvana.

la fraicheur dé leur plumage,

en liberté, inondent au loin des campagnes noûvelles, et où la main de l'homme n’a jamais opposé aucun obstacle à leur course: sur les rives limoneuses de ces fleuves rapides s’élèvent de vastes et antiques forêts. L’humidité chaude et vivifiante qui les abreuve devient la source intarissable d’une verdure toujours nouvelle pour ces bois touffus, images sans cesse renaissantes d’une fécondité sans bornes, et "où il semble que la nature, dans toute la viésar de la jeunesse, se plait à ‘entasser les germes productifs.. Les végétaux ne croissent pas Seuls au milieu de ces "vastes solitudes ; la nature a jeté sur ces grandes productions la variété, le mouvement et la vie, En attendant que Fhoitite vienne régner au. milieu de ces forêts, “ sont le domaine de plusieurs animaux , qui, les uns par la beauté de leurs écailles , l'éclat de leurs couleurs, la vivacité de leurs mouyements, l’agilité-de leur course: les autres, par [ l’agrément de leur parure, la rapidité de leur vol: tous, par la diversité de leurs formes, font, des vastes

contrées du Nouveau-Monde, un seb et, ma-

gui ee tableau , une scène animée aussi variée qu Hmmipnsé. D'un côté , des ondes majestueuses roulent avec brüit. de l’autre, des flots écumants se précipitent avec fracas le roches élevées; et des’tourbillons de vapeurs réfléchissent au loin les. rayons éblouissants du soleil : ici l'émail des fleurs se mêle au brillant de la verdure, et est'effacé par l'éclat plus brillant encore du plumage varié des oiseaux ; là, des couleurs plus vives, parce qu’elles sont renvoyées par des corps plus polis, forment la parure de ces grands quadrupèdes ovipares, de ces gros lézards que l’on est tout étonné de voir décorer le sommet des arbres et partager la demeureles habitants ailés.

Parmi ces ornements remarquables et vivants dont on se plait à contempler, dans ces forêts épaisses , la forme agréable et piquante, et dont on suit avec plaisir les divers mouvements au milieu des rameaux et des fleurs, la dragonne et le tupinambis attirent l'attention; mais le lézard dont nous traitons dans cet article se fait distinguer bien davantage par la beauté de ses couleurs , l'éclat de ses écailles, et la singularité de sa conformation.

Il est aisé de reconnaitre l’iguane à la grande poche qu’il a au-dessous du cou, et surtout à la crète dentelée qui s’étend depuis la tête jus-

or le :

qu’à l'extrémité de ia queue , et qui garnit aussi le devant de la gorge. La longueur de ce lé-

zard, depuis le museau jusqu’au bout de la

queue, est assez souvent de cinq ou six pieds "; celui que nous avons décrit, et qui a été euvoyé de Cayenne au Cabinet du Roi par M. Sonnini, a quatre pieds de long ?.

La tête est comprimée par les côtés, et aplatie par dessus ; les dents sont aiguës, et assez semblables, de leur forme à es des lézards verts de nos proVihces méridionales. Le museau, l’entre-deux des yeux. et ‘le tour des More sont garnis de larges “écailles trèscolorées, tres-unies et très- -lüisantes ; trois écailles plus larges que les autres sont placées

de chaque côté- de la tête, au-dessous des |

oreilles ; la plus g orande des ir est ovale, et son cela, semblable à célui dés métaux ONE relève la beauté des couleurs ‘de l’iguane; les yeux sont gros; l’ouverture dés, OR LLeNS est

grande ; des tubercules qui “ont “la forme de.

pointes de diamants sont placés au-dessus des narines , sur le sommet de la tête et de chaque côté du cou. Une espèce de crête » Composée C de

grandes 6 ‘. site saillantes, et qui, par leur figure, res emblent un peu à des fers de lance, s'étend depuis la pointe de la mâchoire infé-

‘ « Pendant le séjour que Brue fit à Kayor, sur le Sénégal, « on Ini fit voir un guana (iguane) long de trois pieds, de- « puis le museau jusqu'à la queue, qui devail avoir encore « deux pieils de plus. » (L'on doit ciüire que la queue de ce lézard avait éprouvé quelque accident, les ignanes ayant la queue plus longue que le corps.) « Sa peau étuit couverte de petites écailles de différentes couleurs, jaunes. vertes et noires, si vives, qu'elles paraissaient colo;ées d'un beau vernis. T1 avait les yeux fortgranus, roue, ouverts jusqu'au sommet de ia tête. On les aurait pris pour du fen, lursqu il éiait irrité : alors sa gorge s'enflait aussi, comme celle d'un pigeon. » Hist. gén. des Voyages, livre VII, chap. 18 *,

‘ Principales dimensions d'un iguane, conservé au Cabinel au Roi.

2 AR ne hr

lig.

pi. po.

Longueur totale. 4,400 F0 ctrconférence dans l'endroit le plus gros du

corps. 1 0 4 Si-conférence à l'origine de la queue. OH AND i ontour de la mâchoire supérieure. 0 35 5 Lougueur de la plus'graude écaiile des côtés de

la tête. 0'STANO Boagueur de la poche qui est au-dessous du cou. 0 5 4 Largeur de la poche. 0 #1 10 Longueur :ies plus grandes écailles de la crête. 0 41 40 Longueur de la queue. .,- 207514

Longueur des pattes de dant jusqu’ à l'extrémité dis doigts. 4 THON AN

Longueur des pattes de derrière.

Longueur du plus grand ongle.

* Ce reptile est assurément d'une autre espèce que l'iguane, et il se pourrait qu’il appartint au genre Scinque, D.

; rieure jusque sous la gorge, où elle garnit le | devant d’une grande poche que l’iguane peut gonfler à son gre.

De petites écailles revêtent le corps, la queue et les pattes : celles du dos sont relevées par une arète.

La crête remarquable qui s’étend , ainsi que nous l'avons dit, depuis le sommet de la tête jusqu’à l’extrémité de la queue, est composée d’écailles très-longues, très-aigués, "etn placées verticalement ; les plus hautes sont sur le dos, et leur élévation diminue insensiblement à mesure qu’elles sont plus pres du bout de la queue, où on les distingue à peine.

La queue est ronde, au lieu d’être aplatie comme celle des crocodiles.

Les doigts'sont séparés les uns des autres, au nombre de ciuq à chaque pied, et garnis d'ongles forts et crochus; dans les pieds de devant, le premier doigt ou le doigt intérieur n’a qu’une phalange; le second en a deux, le troisième trois, le quatrième quatre, et le cinquième deux. Dans les pieds de derrière, le premier doigt n’a qu’une phalange ; le second en à deux, le troisième trois, le quatrième quatre, et À: cinquième, qui est séparé comme un pouce, en à trois.

Au-dessous des cuisses s'étend, de éblique côté, un cordon de quinze tubercules creux et percé: à leur sommet comme pour donner passage à quelques sécrétions : nous retrouverons ces tubercules dans plusieurs espèces de lézards; il serait intéressant d’en connaître exactement l'usage particulier.

La couleur générale des iguanes est ordinairement verte, mêlée de jaune ou d’un bleu plus oumoins foncé; celle du ventre, des pee tes et de la queue, est quelquefois panachée ; ] queue l'individu que nous avons décrit die.

sentait plusieurs couleurs disposées par bandes annuljaires et assez larges; mais les teintes de FIBDBRE varient suivant l’âge, le sexe, etile pays ‘

Ce lézira est très-doux ; il ne cherche point à nuire; il ne se nourrit que de végétaux et d'insectes. Il n’est cependant pas surprenant que quelques voyageurs aient trouvé son as-

LJ 4 Nous nous-en sommes assuré par l'inspection d'un grand nombre d'iudividus des deux sexes de différents-pays ét de différents âges, et c'est ce qui explique les ditféi euces que l'on trouve dans les “descriptions que les Voyageurs “etrles naturalistes"ont données dé l'iguane:

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