‹ Histoire naturelle de la FranceChapitre 22 sur 40 · LES · texte numérisé non relu

LES

MiRiDius,

PANTILIUS.

PHyTrocoRIs.

Carsus.

RHOPALOTOMUS.

LyGus.

Lopus.

HALTICUS.

HETEROTOMA.

ORTHOTYLUS.

. PLAGIOGNATHUS.

PILOPHORUS.

PHYLUS.

GLOBICEPS.

CYLLOCORIS.

DicyPuus.

Les MEiris sé distinguent par leur corps allongé,

déprimé en dessus, à fine pubescence et à coloration pale, jaunâtre ou verdâtre; les antennes sont longues, finement velues, insérées en avant des veux sur un tubereule plus ou moins saillant, le 1° article est épais, notablement plus long que la tête, le 2° grêle, cylindrique, le plus long de tous; les pattes sont longues, surtout les postérieures ; le corselet est trapézoïdal ou en cône tronqué; son bord antérieur est uni et tranchant dans les espèces suivantes : M. lœvigatus, 8 mill., entièrement vert ou jaunâtre, parfois trois lignes plus foncées sur le corselet ; commun partout. — M. holsatus, 8 mill., même coloration avec la tête noirâtre en partie et deux bandes brunes sur le corselet, parfois très foncées en avant, ou réduites à une tache antérieure : avec le précédent. —7. erraticus, 6 mill., même coloration, avec la tête presque noire en avant, quatre lignes entièrement brunes sur le corselet, bas des antennes et écusson brunâtres, ou d'un brun foncé en dessus, avec les côtés du corselet et des élytres Jaunâtres ; commun. — Ÿ. calcaratus, 6 à 7 mill., d’un vert plus gai, quelques lignes un peu foncées sur le corselet; tête, partie antérieure du corselet, jambes, tarses et les trois derniers articles des antennes, roux; cuisses postérieures munies en dessous de deux épines, la plus longue vers l'extrémité ; commun dans les prairies.

Chez les espèces suivantes, le bord antérieur du corselet est un peu épaissi ou rebordé par un sillon transversal : M. ferrugatus, 7 à 9 mill., noir; deux points sur la tête, trois bandes sur le corselet et milieu de l’écusson Jaunes; élytres d'un rougeâtre obscur, plus foncé le long de l'écusson ; membrane enfumée, pattes noirâtres mélangées de roux; toute la France. — M. dolabratus, 8 à 9

DES HÉMIPTÈRES DE FRANCE 91° mill., même genre de coloration, mais moins rougeûtre, plus fauve; tête noire avec deux bandes latérales et une ligne médiane fauves, ces dernières ponctuées de noir; toute la France.

M. carinatus, T mill., moins allongé que les précédents, remarquable par les côtés du corselet foliacés, tranchants, la tête plus pointue et les élytres des © elliptiques, plus courtes que l'abdomen, à membrane presque nulle; couleur d’un brun noirâtre, avec deux bandes jaunes sur la tête; les côtés du corselet et une carène médiane, pales; les élytres d'un brunâtre pâle avec les nervures fauves, les © fauves avec une ligne plus foncée sur la tête et deux sur le corselet; toute la France.

Le G. Miridius forme assez bien le passage entre les Moris et les Phytocoris ; il a comme les premiers, le corps très allongé avec des pattes et des antennes longues et grèles, mais le 1°" article des tarses est bien plus court chez les Phytocoris ; le 1° article des antennes est épais, aussi long que le corselet, très cilié, et le rostre dépasse notablement les hanches postérieures. M. quadrivirgatus, 9 mill., longuement elliptique, d'un jaune pâle, souvent un peu grisätre avec des bandes d’un roux brunâtre plus ou moins marquées; membrane faiblement enfumée, base des antennes ciliée yeux assez petits et très écartés; commun partout. 1

Le G. Pantilius ressemble beaucoup aux Phytocoris, mais 1l en diffère essentiellement par les antennes assez robustes, non effilées à l’extrémité, ayant le % article beaucoup plus long que les 3° et 4° réunis ; les yeux sont plus petits, plus ovalaires ; le corselet n'a pas de bourrelet en avant et ses côtés sont un peu carénés, les jambes postérieures sont moins grandes. P. funicatus, 9 à

10 mill., oblong, un peu parallèle, d'un jaune très pâle, un peu grisätre, teinté de verdâtre et de brun rougeûtre, finement tacheté de brunâtre, parfois plus rouge et presque marbré de brun; les derniers articles des antennes courts, presque aussi épais que le 2°; cuneus transparent comme la membrane, tous deuxun peu nébuleux, cette dernière teintée de brunâtre, dessous d'un jaune parfois un peu verdâtre; tête, antennes et pattes, rousses; sur les noisetiers, peu commun.

Les Phytocoris forment un genre nombreux renfermant les plus grands insectes de la famille après quelques Capsus; tous sont oblongs, un peu allongés, souvent ornés de couleurs vives, disposées par raies ou bandes longitudinales; la tête est triangulaire ou subpentasonale, avec les yeux saillants, ovales, un peu réniformes en dedans; les antennes sont grèles, longues, parfois avec les deux premiers artiéles un peu plus épais; le corselet est trapézoïdal, l’écusson grand, triangulaire ; les pattes sont grèles, longues, surtout les postérieures; les jambes sont hérissées de quelques soies fines et les tarses sont très courts ; presque tous sont communs dans les prairies, d'autres vivent sur quelques arbres. Leurs espèces sont nombreuses.

Un premier groupe renferme des insectes extrêmement fragiles, à corselet un peu sinué sur les côtés, à rostre arèle, atteignant le milieu du ventre, à 1% article des tarses postérieurs un peu plus court que le 2°, le 3° ayant à peu près la moitié du 2°; leurs antennes sont aussi plus fines, leurs pattes sont plus longues et se détachent au moindre attouchement. P. populi, 7 mill., d'un fauve très pâle, finement marbré de brun peu foncé, formant

presque une tache à l'angle interne et à l'extrémité de la corie, une bande transversale vague à la base du corselet et deux anneaux peu marqués aux cuisses postérieures; les jambes postérieures sont aussi longues ou un peu plus longues que les ailes ; peu commun.— ?. tliæ, 5 à 7 mill., d’un fauve pâle, un peu grisâtre, marbré de brun noir, formant une bordure autour du corselet, l’extrême bord postérieur blanchâtre, la partie antérieure à linéoles rousses ; écusson avec une tache noire aux angles basilaires, avant l'extrémité deux lignes noires obliques, se réunissant au milieu, le reste marbré de brun rougeûtre; élytres marbrées de taches presque noires se réunissant avant l'extrémité de la corie pour border une tache fauve qui porte un point noir au bord interne, l'extrémité de la corie noire, membrane enfumée, pattes vermiculées de brun, antenues d’un brun noir, {1° article marbré, 2° à anneau pâle; sur les chênes, tilleuls. — P. ulmi, 6 à 8 mill., forme du précédent, un peu plus étroit, d'un roux brunâtre clair, teinté de brunâtre ; cuneus un peu rougeàtre, cuisses marbrées, jambes plus claires à l'extrémité ; commun sur des plantestrès diverses.

Le 2° groupe (Calocoris) se compose d'insectes de consis

tance un peu moins fragile, à corselet droit sur les côtés,

à rostre atteignant les hanches postérieures, à 1°* article des tarses postérieurs un peu plus court que le 2°, le 3° étant de moitié ou des deux tiers plus long que le 2° ; les antennes sont aussi un peu plus épaisses à la base et. les cuisses postérieures sont un peu plus courtes. Chez les unes, les élytres sont unicolores ou tachées de noir : P. bimaculatus, 7 mill., oblong, elliptique, un peu convexe, noir, avec Est et les élytres d’un beau rouge

une bande d’un jaune rougeâtre le long des yeux, une bande noire sur le devant du corselet et une tache noire au pli des élytres; membrane noirâtre ; commun dans le midi, rare dans le centre. — P. sexpunctatus, 8 mul, noir, dessus rouge, deux taches sur le corselet, deux sur chaque élytre, base de l’écusson et tête noires; varie extrêmement, tantôt d'un jaune nankin avec la tête et la membrane seules noires, tantôt les taches noires du corselet se confondent ainsi que celles des élytres; parfois les élytres sont entièrement noires et le corselet presque entièrement jaune ou rouge, enfin quelquefois tout le corps est noir, sans la moindre tache; France méridionale, commun.

Chez les autres, les élytres sont fauves ou noirâtres, avec une tache rouge ou jaune pâle à l'extrémité de la corie. ?. chenopodi, 7 à 9 mill., d'un fauve pâle, teinté de verdâtre pâle, avec une grande tache un peu plus pâle à l'extrémité de la corie; quelquefois deux ou quatre points noirs sur le corselet, parsemé en dessus de petits poils squamiformes fauves; très commun dans toutes les prairies. — P. vandalicus, 6 à 8 mill., fauve, une bande noire transversale avant le bord postérieur du corselet, une tache d’un jaune pâle à l'extrémité de la corie, bordée de rouge en dessus; pattes et antennes rougeûtres, 2e, 3° et 4° articles noirâtres à l'extrémité; cuisses postérieures parfois noirâtres à l'extrémité; sur les chênes ; France orientale. — P. seticornis, 7 à 8 mill., noir, une ligne transversale au bord antérieur du corselet, et le plus souvent une longitudinale médiane, fauves ; élytres d’un brun foncé, avec une bande marginale fauve, une tache rouge à l'extrémité, terminée

DES HÉMIPTÈRES DE FRANCE 95 par un point noir; jambes fauves; commun partout. Enfin, chez d’autres,les élytres sont jaunes‘ avec des lignes ou des bandes noires : P. binotatus, 6 mill., presque parallèle, d’un jaune paille ou roux, avec deux grandes taches noires sur le corselet, une grande tache noire sur les côtés de l’écusson ; élytres ayant chacune deux raies noires, un peu obliques, qui se réunissent parfois en une bande longitudinale; toute la France. — P, striatellus, T à 9 mill., d’un jaune clair, parfois un peu rougeâtre, avec l'écusson et une grande tache à l'extrémité de la corie plus clairs ; corselet ayant à la base une bande transversale noire, interrompue au milieu et en avant par quatre points noirs oblongs ; élytres à lignes plus pâles, bordées de brun noir, cette couleur s’élargissant contre la tache apicale; pattes rougeàtres ; toute la France. Dans le 3° groupe, le 1°* article des tarses postérieurs est égal au 2. Chez les uns, le rostre atteint le 1° ou le 2e segment ventral (/omodemus) : P. roseomaculatus, 8 mill., d'un vert pâle, tête jaunâtre, antennes et pattes d'un verdätre obscur, élytres ayant chacune trois taches oblongues ou bandes courtes rougetres, l’une le long de l’écusson, séparée en deux par une nervure claire, les deux autres à l'extrémité; peu commun ; toute la France. — P. marginellus, 8 mill., noir, tête un peu tachée de rougeätre près des yeux, corselet ayant le bord antérieur et trois bandes courtes jaunes, élytres d'un jaune fauve, parfois rougeûtres à l'extrémité, ayant chacune trois bandes noires un peu obliques, parfois confluentes ; membrane foncée, abdomen jaunâtre, parfois teinté de rougeàtre ; pattes rougeâtres, jambes et tarses parfois enfumés ; commun partout.

Chez les autres (Pycnopterna), le rostre n’atteint que l'extrémité du métasternum : P. striatus, 9 mull., allongé, noir, tête ayant une petite tache rousse près des yeux, corselet ayant au milieu une tache d'un jaune rougeûtre, parfois très grande ; écusson ayant souvent deux grandes taches jaunes, élytres d’un fauve brun ou noirâtres, avec les nervures étroitement d’un jaune pâle, extrémité rougeätre bordée de noirâtre en dedans, bords des segments

ventraux pales, pattes rougeûtres; médiocrement commun.— P. pulcher, 10 mill., ressemble beaucoup au-précédent, le corselet noir, avec une grande tache au milieu; l’écusson ayant deux traits jaunes, les élytres plus longues, plus rayées, et Le 4° article des antennes pâle à sa base ; quelquefois le corselet et l’écusson sont d’un jaune rougeâtre, avec des dessins noirs; les pattes sont toujours d’un beau rouge, et quelquefois le 1° article des antennes; commun partout.

Enfin, dans un dernier groupe (Brachycoleus) où le

1% article des tarses est un peu plus court que le 2°, le rostre est très court, ne dépassant pas le milieu de la poitrine ; le corps est plus épais, plus ramassé, plus convexe ; les pattes sont moins longues, plus robustes, et la tête est plus perpendiculaire : P. scriptus, 7 mill., d’un jaune paille, tête ayant une tache noire médiane renfermant une petite tache jaune; corselet à quatre bandes longitudinales noires, écusson bordé de noir, élytres ayant le bord interne noir ainsi que deux bandes, confluentes à la base, l’interne courte, l'autre atteignant le pli; membrane un peu enfumée, pattes rougeâtres, tarses noirs; peu commun.

Les Capsus sont des insectes d'assez grande taille, de

forme oblongue ou ovalo-elliptique, assez convexe, avec la membrane assez fortement déclive ; ils sont remarquables par leurs antennes dont les deux premiers articles” sont assez épais, le 2e atténué à la base, ce qui le fait paraître claviforme ; le 1° article des tarses est notablement plus long que le 2°; le rostre ne dépasse pas le métasternum, et les 2°, 3° et 4° articles du rostre sont grèles. €’. Schach, 6 mill., ovale, assez fortement ponctué, noir ; tête, écusson, sur chaque élytre, une grande tache externe, coudée en dedans, et une tache apicale, rouges ; jambes annelées de rouge et de noir, quelquefois entièrement noires; France méridionale. — C. érifasciatus, 9 à 10 mill., oblong, ovalaire, faiblement atténué en avant, assez finement, mais très densément ponctué ; presque ruguleux, noir; avec l'extrémité de la tête, deux taches occipitales, bordure externe du corselet, écusson, une grande tache lunulée partant de l'épaule et une autre un peu transversale avant l'extrémité sur chaque élvtre, rouges, ainsi que les antennes, sauf l'extrémité ; parfois entièrement noir, avec les pattes et les antennes rougeâtres; toute la France ; rare. — C'. laniarius, 6 mill., oblong, ovalaire, d'un rougeâtre clair, assez brillant, densément, mais finement ponctué; écusson souvent plus elair, extrémité de la corie un peu rougeàtre, avec la pointe noire ; base du corselet souvent noirâtre, membrane très enfumée, avec une tache claire à la base, en dehors ; antennes et pattes très variables ; parfois d'un brun noir, mais toujours avec l'extrémité de la corie rouge ; quelquefois avec la tête et le devant du-corselet rougeûtres ; commun partout.

Le G. Rhopalotomus se distingue des Capsus par

le rostre épais à la base, le 2° article des antennes plus épais vers l'extrémité, les yeux touchant le corselet, la tête proportionnellement plus grosse et surtout plus large. À. ater, 6 mill., oblong ovalaire, faiblement élargi en arrière, densément et assez finement ponctué, noir, avec les pattes plus ou moins rougeûtres ; dans une variété constante, la tête, le corselet et les pattes sont d’un rouge un peu testacé; assez commun partout.

Le G. Lygus renferme des insectes qui ressemblent à des Capsus, ils n'en diffèrent guère que par la tête qui présente à la base un pli transversal entier ou interrompu, ou pour mieux dire la tête est coupée perpendiculairement à la base d’une manière plus ou moins complète : le corps est ovalaire ou oblong, de consistance assez molle, et la coloration est assez variée; les pattes et les antennes sont assez longues et grèles. Chez les uns, le rostre atteint le 2° ou 3° segment ventral : ZL. pratensis, 6 à 7 mill., oblong ovalaire, d’un jaune ou d’un jaunûâtre assez brillant, élytres teintées de rouge après le milieu, avec une tache brunâtre avant le cuneus et un point brun au bout, corselet tantôt unicolore, tantôt varié de brun, deux taches ou deux bandes au milieu et une tache sur les côtés ; écusson d’un jaune pâle, ayant à la base une petite tache brunâtre triangulaire noire qui lui donne la forme d'un cœur; très commun partout, en été et en automne; ressemble au Capsus laniarius. — L. campestris, même taille et même forme, d’un jaunâtre un peu verdâtre, pubescent, écusson un peu plus clair, pattes un peu plus foncées, partie postérieure du corselet plus sombre; commun partout.— Chez d’autres, le rostre atteint seulement l'extrémité du mésosternum : L. pasti-

DES HÉMIPTÈRES DE FRANCE 99 nacæ, & à 4 1/2 mill., oblong, d'un jaune grisâtre très clair, un peu verdâtre surtout au milieu des élytres, brillant, une tache vaguement brunètre à l'extrémité de la corie, très variable d'intensité ; membrane à peine enfumée, pattes d’un roussâtre pàle, antennes obscures avec la base roussâtre ; commun partout, sur les panais, anis et autres ombellifères. — Z. tripustulatus, % mil]. ovalaire, d’un noir brillant; tête, partie antérieure du corselet se prolongeant étroitement dans le milieu, écusson, trois taches sur la corie (la médiane transversale); antennes et pattes d’un jaune clair, ces dernières finement ponctuées et annelées de noir; antennes à 2° article noirâtre, les suivants noirätres à l'extrémité; corselet et écusson lisses, élytres finement ponctuées ; commun partout sur les ombellifères. — Enfin chez d’autres le rostre ne dépasse pas le milieu du métasternum : Z. unifascratus, 6 1/2 mill., oblong, noir ou d’un brun noir assez brillante, à fine pubescence squamuleuse s'enlevant facilement, élytres ayant une tache longue huméro-marginale et une autre transversale avant le cunéus, jaunes ; cunéus noir, avec la base rouge et un point apical jaune; membrane très enfumée, antennes, genoux, jambes et tarses d’un roussâtre obscur; toute la France, commun sur les saules, les osiers, ete.

Le G. Lopus, ressemble extrêmement aux PAytocoris dont 1l diffère par le corselet dont la partie antérieure forme un bourrelet séparé par un assez fort sillon transversal; la tête est plus courte, plus obtuse, les yeux sont plus saillants. Z. alhbomarginatus, 6 mill., oblong, d'un brun noirâtre ou violacé, trois bandes sur la tête et le corselet, une médiane sur l'écusson, une bande mar-

ginale et une interne sur les élytres d'un blanc un peu jaunâtre, extrémité de la corie rousse, membrane enfumée, antennes hérissées de soies; commun dans le sudouest, — Z. gothicus, 6 mill., parallèle, d’un brun noir, deux petites taches sur la tête, une étroite bordure externe au corselet, une grande tache sur l’écusson et extrémité . de la corie d’un rouge un peu orange, bord externe de la corie d'un blanc jaune pâle: toute la France. — Z. sulcatus, 5 mill., ressemble entièrement au précédent, à peine plus court, plus petit, plus pubescent, dessus semblable, mais taches et bandes plus pâles, parfois presque blanchâtres et écusson entièrement d'un jaune pâle; France méridionale.

Les Haltieus sont des insectes à corps ovale très court, élargi en arrière, assez convexe, à cuisses postérieures épaisses et qui sautent très facilement; leur tête est très transversale, tronquée derrière les veux qui sont saillants, très obtusément triangulaire en avant; à antennes et à pattes très fines, très fragiles; à jambes postérieures très longues ; la membrane manque dans plusieurs espèces et les élytres paraissent alors presque tronquées. Ces insectes sont très agiles et sautent très facilement. A. luteicollis, 2 1/2 à 3 mil., d’un brun noir luisant ; tête, corselet et pattes, fauves; le corselet souvent brun en arrière, très rétréci en avant, angles antérieurs très marqués, bord postérieur coupé très obliquement de chaque côté avant les angles; commun partout. — I. apterus, 2 mill., court, d’un noir brillant; antennes, genoux, jambes et tarses d’un jaune très päle; élytres tronquées obliquement; pas de membrane, ailes rudimentaires ; presque toute la France, plus commun dans

DES HÉMIPTÈRES DE FRANCE 101 le Midi. — 71. nitidus, 3 mill., plus grand, plus convexe, pattes plus fortes, entièrement d’un noir foncé, brillant, assez fortement et densément ponctué; tête plus large avec les yeux plus saillants; Hautes-Alpes. |

Le G. HKeterotoma ne renferme qu'une espèce, fort remarquable par l’épaississement des articles des antennes ; le 3° est beaucoup plus long que les autres, pubescent, assez comprimé, les deux derniers articies sont au contraire très fins et courts; le corps est allongé, les pattes sont assez grêles. À. merioptera, k 1/2 mili., allongé, également atténué en avant et en arrière, d'un brun noir brillant, à pubescence fauve ; pattes d’un fauve clair; toute la France, commun sur diverses plantes, notamment les orties.

Le G. @rthotylus renferme des insectes à COTpPS oblong, un peu elliptique, assez déprimé, de consistance très molle ; à tête convexe, un peu pointue, mais arquée longitudinalement; les yeux sont assez écartés, assez saillants; les antennes sont très fines, le 2° article beaucoup plus long que les 3° et 4° réunis; le corselet est trapézoïdal, à angles un peu saillants; les élytres sont étroitement marginées en dehors, le rostre atteint ou dépasse un peu les hanches postérieures. ©. nassatus, 7 mill., d'un vert clair avec les antennes, les pattes, souvent la tête et le devant du corselet, roussâtres ; corselet un peu convexe, faiblement impressionné près des angles postérieurs; sur les noisetiers. — Q. chloropterus, 5 mill., d'un vert gai; corselet sans impression près des angles, membrane noirâtre, un peuirisée ; jambes et dernier article des tarses noirâtres à l'extrémité ; Vosges, Provence. — 0. tenellus, 5 mill., d'un jaune blanchâtre très pâle,

transparent; yeux gros, bruns, très brillants; corselet convexe, à angles marqués; membrane presque incolore irisée, le cuneus presque confondu avec elle; peu commun.

Le G. Plagiognathus à le corps oblong, même assez allongé et rappelle alors celui des Phylus, mais la tête est proportionnellement moins petite; la tête est courte, inclinée en avant, pointue, avec de gros yeux; les antennes sont moins grèles, les premiers articles sont plus épais, le 1% est moins long que la largeur de la tête; le corselet est en trapèze, très rétréci en avant, avec les côtés droits; pattes postérieures assez grandes, avec les cuisses comprimées. ?. arbustorum, 4 mill., noir ou d'un brun noir, assez brillant, couvert d'une fine pubescence squamuleuse roussâtre, qui s’enlève très facilement; pattes d’un fauve brunâtre, piquetées de noirâtre ; membrane noirâtre, irisée, ayant à la base une tache pâle; écusson ayant à la base un fort sillon transversal; passe du noir au brun, au vert olive; toute la France, éommun sur les buissons et les orties. — P. viridulus, 4 mill., plus allongé, entièrement verdâtre ou d’un gris verdâtre ; membrane enfumée avec une tache claire, pattes piquetées de brun. {er article des antennes brun à Ia base: presque toute la France, assez commun. |

Le G. Pilophorus à le corps oblong, assez épais et un peu convexe, une large tête, les yeux débordant le corselet, saillants, les antennes fines, à 2e article un peu épaissi, le corselet en trapèze plus ou moins rétréci en avant, les élytres faiblement élargies en arrière, la membrane inclinée obliquement en arrière; les pattes postérieures sont assez grandes et assez grèles, le rostre

n’atteint pas tout à fait les hanches postérieures. Ces insectes ressemblent aux Globiceps, mais le corselet est plus convexe, n’a pas les angles antérieurs aussi saïlants, et la membrane présente une nervure en crochet. P. clavatus, % mill., noir, à faible reflet bronzé, écusson avec deux petites lignes à la base et une tache à l’extrémité d’un blanc soyeux; élytres d’un roux rougeàtre, avec deux lignes transvérsales d’un blanc soyeux assez fugaces; membrane un peu enfumée avec une grande tache noirâtre arrondie, pattes rousses; assez commun sur les chênes, les aulnes. — ?. cinnamopterus, même taille et même coloration, élytres plus foncées, avec la base d'un jaune grisâtre, corselet presque carré, les angles postérieurs saillant brusquement en dehors: 1"° ligne transversale de la corie plus éloignée de la base, pattes brunes, extrémité des jambes et tarses d'un jaunâtre pâle ; avec le précédent.

Les Phylus ont le corps allongé, assez parallèle et un peu déprimé, de consistance très délicate, à pattes et antennes fines, assez longues, le’ 2 article aussi long quéiles 3° et 4° réunis; laPiête est petite, assez courte, mais assez convexe et pointue en avant; le corselet est en trapèze, très rétréci en avant; le rostre est long et atteint le milieu de l'abdomen ; ils paraissent affectionner les noisetiers, et un peu moins les chênes. ?. avellanx, 5 mill., tête, corselet et écusson, bruns; élytres d'un rouseûtre obscur ou brunâtre, cunéus presque rouge, membrane noirâtre avec une petite tache à la base, antennes et pattes d’un blanc jaunâtre. — ?. coryli, même forme et même taille, noir ou d'un brun noir, y compris le cunéus ; pattes et antennes très pâäles ; avec le précédent.

P. menlaocephalus, même forme et même taille, d’un beau jaune orange, pattes et antennes un peu plus claires; tête noire, membrane enfumée, parfois d’un jaunâtre päle ou gris ; sur les chênes, moins commun.

Le G. Globiceps renferme un petit nombre d’insectes reconnaissables à leur corps assez étroit, leur tête transversale, mais obtusément angulée en avant, avec des yeux assez grands, saillants, ne touchant pas le corselet; le corselet est en cône tronqué, très rétréci en avant, bituberculé au bord antérieur; les pattes et les antennes sont grèles, le 2° article de ces dernières est légèrement épaissi vers l'extrémité. G. sphegiformis, 5 mill., allongé, d'un noir soyeux, presque mat, un peu plus brillant sur le corselet, deux petites bandes transversales sur chaque élytre d’un blanc soyeux, pattes fauves: peu commun. — G. flavonotatus, 5 à 6 mill., plus grand, plus parallèle, d’un brun noirâtre, deux grandes taches sur chaque élytre, l’une humérale, allongée, l’autre anté-apicale d’un jaune fauve assez pâle: pattes rousses, antennes brunes, 1° article fauve; plus commun.

Le G. Cylloceris à le corps très allongé, presque

parallèle, assez épais; la tête est transversale, obtuse, les | yeux assez gros, les antennes et les pattes longues, assez grêles; le corselet est trapézoïdal, très rétréei en avant; avec les côtés sinués assez fortement; l’écusson est assez court relativement à la longueur du corps. €. histrionicus, 5 à 6 mill., d’un noir brillant; corselet finement marginé de jaune aux bords antérieur et postérieur, écusson d’un jaune soufre avec la base noire, élytres rougeâtres avec une bande oblique pâle, parfois presque

> most À

entièrement brune; extrémité de la corie d’un jauneäle teintée de brun, membrane très enfumée, pattes fauves, antennes brunes, les deux premiers articles roux; toute la France.

Les Dieyphus sont des insectes à corps grêle et délicat; leur tête est courte en avant, presque tronquée, formant un col large à la base; le corselet est trapézoïdal, rétréci en avant; les élvtres sont transparentes comme la membrane, les pattes sont assez longues et grêles comme les antennes, les yeux sont assez gros, tout à fait latéraux et éloignés du corselet. À. errans, 4 mill., d'un fauve grisâtre très pale ; tête, corselet et antennes ordinairement bruns; corie et pattes très finement ponctuées de brun, un petit point brun au bout de la corie, et un autre plus gros sur la membrane au milieu du bord externe; peu commun.— Ÿ. globuliferus, 5 mill., plus grand, coloration semblable ; corselet fortement sinué sur les côtés, ce qui le fait paraitre plus rétréci en avant; assez commun partout.

FAMILLE DES CIMICIDES

Un seul genre, trop connu malheureusement, représente cette famille qui a pour type la punaise des lits. C'est le g. Cimex, qui est caractérisé par un corps très aplati, presque arrondi, finement cilié; les yeux ronds,

très saillants; les antennes assez longues, très mobiles, fines, velues, les deux derniers articles sétiformes; le rostre ne dépassant pas l'insertion des pattes antérieures, le corselet large, fortement lobé sur les côtés, et fortement échancré pour recevoir la tête; l'écusson large, triangulaire ; les élytres, rudimentaires, ne recouvrant pas d'ailes, et l'abdomen plat, beaucoup plus large que le corselet. La punaise des lits (Cimex lectularius) est probablement originaire de l’Asie ; cependant Aristote et Pline semblent la désigner nettement. Dans le nord de l'Europe elle est moins répandue que dans le midi, et son apparition en Angleterre n'est signalée qu'au commencement du xvie siècle. Les punaises peuvent vivre très longtemps sans prendre de nourriture, au moins un an, d’après une observation de L. Dufour; aussi en voit-on souvent sortir des fentes des boiseries avec l'abdomen vide et transparent. Elles ne se nourrissent que du sang de l’homme vivant, et encore faut-il qu’elles le pompent elles-mêmes, car si vous leur donnez soit de la viande, soit même du sang humain, elles n’y touchent pas. Leur instinct les fait venir souvent de très loin pour trouver leur proie, et les émanations du corps humain les dirigent sûrement vers le but. Elles marchent d’ailleurs fort bien, mais la nuit seulement; le jour elles paraissent engourdies et cherchent à se cacher. Elles hivernent dès les premiers froids et pendant trois ou quatre mois; elles cessent alors de prendre de l'accroissement et au premier printemps on en voit sortir de toute taille et de tout âge qui se remettent avec ardeur à chercher leur nourriture. Les femelles pondent de quatre à quatorze œufs, assez gros, puisqu'ils ont un millimètre de longueur; ils ont la

DES HÉMIPTÈRES DE FRANCE 107 forme d’un cylindre légèrement arqué. La petite punaise sort en poussant un opercule qui est situé au plus petit bout de l’œuf ; dans les grandes chaleurs cinq jours suffisent pour l’éclosion. L'’insecte est alors blanc ou d'un blanc jaunâtre, les yeux seulement tranchent par leur teinte d’un roux vif; à l'extrémité de l’abdomen on voit un point brun; il est aussi vif au sortir de l'œuf que les individus adultes les plus alertes, et il peut aussitôt pourvoir à sa nourriture.

Une autre punaise se trouve fréquemment dans les nids des hirondelles et parait constituer une espèce distincte, €. htrundinrs ; celle qui infeste souvent les pigeonniers semble aussi différer de l'espèce domestique (€. eolumbarius); enfin une troisième espèce vit sur les chauvesouris (C. prpistrellæ).

Dans cette famille se rangent deux genres formant un oroupe à part, caractérisé également par le rostre de trois articles, mais distinct par la présence d’ocelles sur le front et le développement des élytres ainsi que des ailes. Ce sont des insectes de taille assez petite, de coloration peu variée, ayant yne seule nervure sur la membrane, vivant les uns sur les fleurs, les autres sous les écorces, dans les fagots, dans les détritus végétaux où ils font la chasse à d’autres insectes plus petits.

Les &Anthocoris ont le corps oblong, peu convexe, la tête prolongée entre les antennes en pointe obtuse, mais assez saillante ; les antennes sont d’égale épaisseur jusqu'à l'extrémité, les yeux assez gros et saillants; le corselet est trapézoïdal, aussi large à la base que les élytres, fortement rétréci vers la tête qui est petite; l’écusson est très grand, le corps assez déprimé. A. nemo-

run, % mill., d'un brun noir assez brillant, élvtres d'un roux plus ou moins foncé, avec l'extrémité brune et souvent une tache brune vers la suture, membrane brune avec trois grandes taches pâles, ou pâle avec une temte brune au milieu, jambes et base du 3° article des antennes roussâtres; commun partout. — À. veéttalus, un peu moins grand, d’un brun noir presque mat; élytres d'un brun roussâtre, nuancées de brun foncé, membrane faiblement roussâtre, dessus du corps finement et densément ponctué, pattes rousses avec les cuisses brunes; presque toute la France. — A. niger, 1 3/4 mill., d'un noir brillant; élytres d’un brun foncé, membrane très pâle, irisée, antennes et pattes antérieures d'un fauve assez pâle; dessus du corps ponctué, corselet ayant une impression transversale ; moins commun. | Les Xylocoris ont au contraire les deux derniers des antennes plus minces que le précédent, sétacés ; le prolongement de la tête est aussi un peu plus court, plus trouqué, mais la forme est la même.—X. ater, 1 2/3 mill., oblong, presque parallèle, déprimé, d’un brun noir brillant; élytres plus brunâtres, membrane hyaline, cuisses antérieures un peu épaisses, corselet ayant au milieu un petit sillon très court ; peu commun. — 4, rufescens, 2 mill., entièrement d'un roux assez brillant, les élvtres un peu plus mates et plus obscures, ayant en dehors une bande longitudinale plus foncée, mal limitée, membrane presque hyaline, les deux derniers articles des antennes brunâtres, écusson ayant une forte impression transversale ; France méridionale. — X. pulchellus, % mill., noir, élytres fauves, brunâtres vers l'extrémité, finement et assez densément ponctué, membrane d'un

roussâtre très pâle , prolongement de la tête sillonné en dessus, pattes rousses; commun.

Un autre genre, voisin des Xylocoris, est bien curieux par la forme différente que présentent les deux sexes, c’est le G. Mierophysa. Les G° ont le corps allongé, pourvu d’élytres avec membrane et d'ailes; mais les © ont le corps court, élargi en arrière, avec des élytres très courtes, sans membrane, tronquées à l'extrémité, ne dépassant guère le milieu de l'abdomen, et ne recouvrant pas d’aile; dans les deux sexes la tête est un peu prolonée entre les antennes, dont les derniers articles ne sont pas plus fins que le 3°. M. pselaphifornis, G 2 mill., allongé, brun, élytres d’un fauve presque transparent, avec la base interne et le bord externe brunâtres, membrane longue, dépassant beaucoup l'abdomen, irisée, corselet avant en avant une forte impression transversale; © 1 1/2 mill., d’un brun roussâtre, mat, finement ponctuée, abdomen presque noir; toute la France, dans les vieux fagots. |

FAMILLE DES RÉDUVIDES

Cette famille renferme les Hémiptères essentiellement carnassiers et peut être comparée à celle des Carabiques parmi les Coléoptères. Tous se nourrissent de proie et leurs pattes antérieures sont conformées à cet effet. Le

rostre est libre et dégagé, souvent arqué; les antennes sont filiformes, longues, le dernier article plus fin que les autres ; la tête est ordinairement assez petite, et rétrécie en arrière en forme de col, parfois assez long; le corselet est trapézoïdal ou hexagonal, sillonné transversalement, quelquefois aussi en long; l'abdomen déborde presque toujours les ailes en lame tranchante. Bien que les pattes antérieures soient ravisseuses, les cuisses étant creusées pour recevoir les jambes afin de retenir la proie, les hanches antérieures sont presque toujours courtes.

I. Hanchesantérieures ordinaires. Des ocelles. Tarses de 3 articles.

A. Ocelles non placés sur une saillie transversale du vertex. Rostre de 4 articles. Membrane ayant trois ou quatre grandes celhiles Ma DASe A CRUE TENUE . NABIENS.

du vertex. Rostre de 3 articles. Membrane

ayant deux grandes cellules à la base. . . RÉDUVIENS. II. Hanches antérieures très longues, cylin-

driques, dépassant la tête. Pattes très lon-

gues et grèles, les antérieures ravisseuses.

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