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LE SCOMBRE COMMERSON

Scomber Commerson, Lac.; Cybium Commersonil, Guy. ‘.

Le genre des scombres est un de ceux qui

4 Du sous-genre Tassard, cybium de M. Cuvier, dans le grand genre des Scombres. D

doivent le plus intéresser la curiosité des naturalistes , par leurs courses rapides, leurs longs voyages, leurs chasses, leurs combats , et piusieurs autres habitudes. Nous tâcherons de faire connaitre ces phénomènes remarquables, en traitant en particulier du thon, de la bonite et du maquereau, dont les mœurs ont été fréquemment observées : mais nous allons commencer par nous occuper du scombre commerson et du guare , afin de mettre dans l’exposi- +ion des formes et des actes principaux des poissons que nous allons considérer, cet ordre sans lequel on ne peut ni distinguer convenablement les objets, ni les comparer avec fruit, ni les graver dans sa mémoire, ni les retrouver facilement pour de nouveaux examens. C’est aussi pour établir d’une manière plus générale cet ordre, sans lequel, d’ailleurs, le style n'aurait ni clarté, ni force, ni chaleur, et de plus pour nous conformer sans cesse aux principes de distribution méthodique qui nous ont paru devoir diriger les études des naturalistes, que nous avons circonscrit avec précision le genre des scombres. Nous en avons séparé plusieurs poissons qu’on y avait compris, et dont nous avons cru devoir même former plusieurs genres différents, et nous n'avons présenté comme véritables Scombres, comme semblables par les caractères génériques aux maquereaux, aux bonites, aux thons, et par conséquent aux poissons reconnus depuis longtemps pour des scombres proprement dits, que les thoracins qui ont, ainsi que les thons, les maquereaux et les bonites, deux nageoires dorsales, et en outre une série de nageoires très-petites, mais distinctes, placée entre la seconde nageoire du dos et la nageoire de la queue, et une seconde rangée d’autres nageoires analogues, située entre cette même nageoire de la queue et celle de l’anus. On a donné à ces nageoires si peu étendues et si nombreuses le nom de /ausses nageoires; mais cette expression est impropre, puisqu'elles ont les caracteres d’un véritable instrument de natation, qu’elles sont composées de rayons soutenus par une membrane, et qu’elles ne diffèrent que par ieur figure et par leurs dimensions, des pectorales , des thoracines, etc.

Le nombre de ces petites nageoires variant suivant les espèces, c'est d’après ce nombre que nous avons déterminé le rang des divers poissons inscrits sur le tableau du genre. Nous

avons présenté les premiers ceux qui ont le plus de ces nageoires additionnelles ; et voilà pourquoi nous commençons par décrire une espèce de cette famille, que les naturalistes ne connaissent pas encore, dont nous avons trouvé la figure dans les manuscrits de Commerson , et à laquelle nous avons cru devoir donner le nom de cet illustre voyageur, qui a enrichi la science de tant d'observations précieuses.

Ce scombre offre dix nageoires supplémentaires , non-seulement très-distinctes , mais très-séparées l’une de l’autre, dans l’intervalle qui sépare la caudale de la seconde nageoire du dos ; et dix autres nageoires conformées et disposées de même règnent au-dessous de la queue. Ces nageoires sont composées chacunede quatre ou cinq petits rayons réunis par une membrane légère, rapprochés à leur base, et divergents à ieur sommet.

Le corps et la queue de l'animal sont d’ailleurs extrémement allongés , ainsi que les mâchoires qui sont aussi avancées l’une que l'autre, et garnies toutes les deux d’un rang de dents fortes, aiguës et très-distinctes. Le mu-

| seau est pointu; l’œil gros; chaque opercule

composé de deux lames arrondies dans leur contour postérieur; la première dorsale longue, et tres-basse, surtout à mesure qu'elle s’avance vers la queue ; la seconde dorsale échancrée par derrière, très-courte, et semblable à celle de l'anus: la caudale très-échancrée en forme de croissant; la ligne latérale ondulée d’une manière peu commune , et fléchie par des sinuosités d'autant plus sensibles qu’elles sont plus près de l'extrémité de la queue ; et la couleur générale du scombre , argentée , foncée sur le dos, et variée sur les côtés par des taches nombreuses et irrégulières.

Nous n’avons besoin, pour terminer le portrait du Commerson, que d'ajouter que les tho: racines sont triangulaires comme les pectorales, mais beaucoup plus petites que ces dernières ‘.

“ 48 rayons à la première nageoire du dos, 5 ou 6 à Chæ cune des thoracines,

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DES POISSONS

LE SCOMBRE GUARE"',

Scomber guara, Lacep.; Scomber cordyla, Linn. Gmel. ?.

C’est dans l'Amérique méridionale que l'on a observé le guare. Il a, comme le commerson, dix petites nageoires au-dessus ainsi qu'audessous de la queue. Mais indépendamment d’autres différences , sa ligne latérale est garnie de petites plaques plus ou moins dures, et presque osseuses; et l’on voit au-devant de sa nageoire de l’anus une petite nageoire composée d’une membrane et de deux rayons ; ou, pour mieux dire, le guare présente deux nageoires anales, tandis que le scombre commerson n’en montre qu’une *.

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