‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 149 sur 535 · SOIXANTE-HUITIÈME GENRE · texte numérisé non relu

SOIXANTE-HUITIÈME GENRE

LES CÆSI0.

Une seule nageoire dorsale; point de pelites nageoires au-dessus ni au-dessous de La queue ; les côlés de la queue relevés longitudinalement en carène, ou une petite nageoire composée de deux aiguillons et d'une membrane au-devant de la nageoire de l'anus, ou la nagceoire dorsale très-prolongée vers celle de La queue:

47 rayons à la membrane branchiale du caranxomore pilitschei, 46 à chaque pectorale, { rayon aiguillonné et 5 articulés à chaque thoracine, 24 rayons à la caudaie.

14 Sciænus é fusco cærulescens, pinuis flavescentibus, « dorsali et anali retrorsum subulatis, caudà nigrà, in sinus « margiaibus, subflavescente. » Commerson, manuscrits déjà cités. — Sacrestin. Id. Ibid.

5 Non mentionné par M. Cuvier.

47 rayons à la membrane brauchiale du caranxomore sa- <restin, 46 à chaque pectorale, { rayon aiguillonné et5 arliculés à chague thoraciue, 17 rayons à la nageoire de la queue.

la lèvre supérieure très-extensible ; point d'aiguillons isolés au-devant de la nageoïre du dos.

ESPÈCES. CARACTÈRES

; L'opercule branchial recouvert d'é-

a cailles semblables à celles du dos, LE CÆSIO AZURORB.

et placées les unes au-dessus des

autres.

2. Une fossette calleuse et une bosse Tel . | osseuse au devant des nageoires SUD LONIAN thoracines.

LE CÆSIO AZUROR ‘.

Cæsio cærulaureus, Lac., Cuy.2,

Cæsio est le nom générique donné par Commerson au poisson que nous désignons par la dénomination spécifique d’Azuror, laquelle annonce l'éclat de l'or et de l’azur dont il est revêtu. Le naturaliste voyageur a tiré ce nom de cæsio, de la couleur bleuâtre, en latin cœsèus, de l'animal qu’il avait sous ses yeux. En reconnaissant les grands rapports qui lient les Cæsio avec les scombres, il a cru cependant devoir les en séparer. Et c’est en adoptant son opinion que nous avons établi le genre particulier dont nous nous OCCupons, que nous avons cherché à circonscrire dans des limites prescrites, et auquel nous avons cru devoir rapporter non-seulement le Cwæsio azuror décrit par Commerson, mais encore le poulain placé par Forskael, et d’après lui par Bonnaterre, au milieu des scombres, et inscrit par Gmelin parmi les centrogasteres.

L’azuror est très-beau. Le dessus de ce poisson est d’un bleu céleste des plus agréables à la vue, et qui, s'étendant sur les côtés de l'animal, y encadre, pour ainsi dire, une bande longitudinale d’un jaune doré, qui règne au-dessus de la ligne latérale, suit sa courbure, et en parcourt toute l’étendue. La partie inférieure du Cæsio est d’un blanc brillant et argenté.

Une tache d’un noir tres-pur est placée à la base de chaque nageoire pectorale, qui la cache en partie, mais en laisse paraitre une portion, laquelle présente la forme que l’on désigne par le nom de Chevron brisé.

La nageoire de la queue est brune, et burdée dans presque toute sa circonférence d’un

4 « Cæsio dorso cæruleo, tæniâ liniæ laterali superductà, « flavescente deauratâ, corpore subteriore argenteo , caudæ « marginibus undique rubentibus. » Commerson, manuscrits déjà cités.

1M. Cuvier conserve le genre Cæsio de M. de Lacépède, mais n'y admet que cette seule espèce. D,

rouge élégant. L’anale est peinte de la même |,

nuance que cette bordure. On retrouve la même teinte au milieu du brun des pectorales; la dorsale est brune, et les thoracines sont blanchàtres.

L'or, l’argent , le rouge, le bleu céleste, le noir, sont donc répandus avec variété et magnificence sur le Cæsio que nous considérons ; et des nuances brunes sont distribuées au milieu de ces couleurs brillantes, comme pour les faire ressortir, et terminer l’effet du tableau par des ombres.

Cette parure frappe d'autant plus les yeux de l'observateur, qu’elle est réunie avec un volume un peu considérable, l’azuror étant à peu près de la grandeur du maquereau, avec lequel il a d’ailleurs plusieurs rapports.

Au reste, n'oublions pas de remarquer que cet éclat et cette diversité de couleurs que nous admirons en tâchant de les peindre, appartiennent à un poisson qui vit dans l'archipel des grandes Indes , particulièrement dans le voisinage des Moluques , et par conséquent dans ces contrées où une heureuse combinaison de la lumière, de la chaleur, de l’air, et des autres éléments de la coloration, donne aux perroquets, aux oiseaux de paradis, aux quadrupèdes ovipares , aux serpents , aux fleurs des grands arbres, et à celles des humbles végétaux, l'or resplendissant du soleil des tropiques, et les tons animés des sept couleurs de l’are céleste.

L'azuror brillait parmi les poissons que les naturels des Moluques apportaient au vaisseau de Commerson; et le goût de sa chair était agréable.

Le museau de ce Cæsio est‘pointu; la lèvre supérieure très-extensible ; la mâchoire inférieure plus avancée que celle de dessus, lorsque la bouche est ouverte; chaque mâchoire garnie de dents si petites , que le tact seul les fait distinguer; la langue très-petite, cartilagineuse, lisse, et peu mobile ; le palais aussi lisse que la langue ; l’œil ovale et très-grand : chaque opercule composé de deux lames , recouvert de petites écailles, excepté sur les bords, et comme ciselé par des rayons ou lignes convergentes; la lame postérieure de cet opercule conformée en triangle; cet opercule branchial placé au-dessus du rudiment d’une cinquième branchie ; la concavité des arcs osseux qui soutiennent les branthies, dentée comme un peigne; la nageoire

dorsale très-longue ; et celle de la queue profondément échancrée *.

LE CÆSIO POULAIN 2.

Scomber Equula, Forsk.; Centrogaster Equula , Gmel.; Cæsio Equulus, Lac.; Equula Caballa, Cu. *.

Ce poisson a une conformation peu com mune.

Sa tête est relevée par deux petites saillies : longées qui convergent et se réunissent sur 2 front; un ou deux aiguillons tournés vers “à queue sont placés au-dessus de chaque œil; les dents sont menues, flexibles,et, pourainsidire, capillaires ou sétacées ; Vopereule est comme collé à la membrane branchiale; on voitune dentelure à la pièce antérieure de ce mêmeopercule; une membrane lancéolée est attachée à la partie supérieure de chaque nageoire thoracine; la dorsale et la nageoire de l’anus s’étendent jusqu’à celle de la queue, qui est divisée et présente deux lobes distincts; et enfin, au-devant des nageoires thoracines, paraît une sorte de bosse ou de tubercule osseux , aigu, et suivi d’une petite cavité linéaire, et également osseuse ou calleuse. Ces deux callosités réunies, cette éminence, et cet enfoncement, ont étécomparés à une selle de cheval ; on a cru qu’ils en rappelaient vaguement la forme; et voilà d'où viennent les noms de petit Cheval, de petite Jument, de Poulain et de Pouline, donnés au poisson que nous examinons ?.

Au reste , ce Cœæsio est revêtu d’écailles trèspetites, mais brillantes de l'éclat de l’argent. Il parvient à la longueur de deux décimètres. Forskael l’a vu dans la mer d’Arabie, où il a observé aussi d’autres poissons * presque entiè-

4 A la membrane branchiale 7 rayons, à la nageoire du dos 9 rayons aiguillonnés et 15 rayons articulés, à chacune des pectorales 24 rayons, à chacune des thoracines 6, à celle de l'anus 2 rayons aizuillonnés et 15 rayons articulés, à celle de la queue 17 rayons.

2 Forskael, Faun. Arabic, p. 58. n.77. — Scombre petite jument. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

5 M. Cuvier sépare ce poisson du précédent pour en former le type du sous-genre poulain, Equula, daus son genre DoréEe, Zeus. D.

4 À la membrane des branchies 4 rayons , à la nageotre du dos 8 rayons aiguillonnés et 16 rayons articulés, à chacune des pectorales 18 rayons, a chacune des thoracines 1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés, à celle de l'anus 5 rayons aiguillonnés et 15 rayons articulés, à celle de la queue 17 rayons.

5 « Scomber pinnis glaucis, margine flavis. » Forskael, Faun. Arab., p. 58. — Scombre meillet. Bonnaterre, pl. del'Enc méth.

DES POISSONS

rement semblables au Poulain, qui n’en different d'une manière très-sensible que par un ou deux rayons de moins aux nageoires dorsale, pectorale et caudale , ainsi que par la couleur glauque et la bordure jaune de ces mêmes nageoires, des thoracines, et de celle de l'anus, et que nous considérerons, quant à présent et de même que les naturalistes Gmelin et Bonnaterre , comme une simple variété de l’espèce que nous venons de décrire.

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