‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 152 sur 535 · Toute la surface du poisson d'une · texte numérisé non relu

Toute la surface du poisson d'une

LE GOMPHOSE BLEU. couleur bleue foncée.

> { La couleur générale méléede rouge,

LE GomPxose YARIÉ. { de jaune et de bleu.

LE GOMPHOSE BLEU ?.

Gomphosus cæruleus, Lacep., Cuy.

Commerson a laissé dans ses manuscrits la description de ce poisson qu’il a observé dans ses voyages, que nous avons cru, ainsi que lui, devoir inscrire dans un genre particulier , mais auquel nous avons donné le nom générique de Gomphos, plutôt que celui d’Ælops, qui lui a été assigné par ce naturaliste. Le mot gomphos désigne, aussi bien que celui d’élops, la forme du museau de ce poisson, qui représente une sorte de elou ; et en employant la dénomination que nous avons préférée, on évite toute confusion du genre que nous décrivons, ayec une petite famille d’abdominaux connue depuis longtemps sous le nom d’élops.

Le gomphose bleu est, suivant Commerson, de la grandeur du cyprin tanche. Toute sa surface présente une couleur bleue sans tache, un peu foncée et noirâtre sur les nageoires pectorales, et très-claire sur les autres nageoires. L'œil seul montre des nuances différentes du bleu; la prunelle est bordée d’un cercle blane, autour duquel l'iris présente une belle couleur d’émeraude ou d’aigue-marine,

Le corps est un peu arqué sur le dos, et beaucoup plus au-dessous du ventre. La tête, d’une grosseur médiocre, se termine en devant par une prolongation du museau, que Commerson à comparée à un clou, dont la longueur est égale au septième de la longueur totale de l’animal, et qui a quelques rapports avec le boutoir du sanglier. La mâchoire supérieure est un peu extensible, et quelquefois un peu plus avancée que l’inférieure; ce qui n'empêche pas que ’avant-bouche, dont l'ouverture est étroite, ne

‘ M. Guvier admet le groupe des Gomphoses, mais seule. ment comme un sous-genre dans le genre Labre. D. ? « Elops, totus intensè cæruleus; rostro subulato, capite «“ et operculis branchi ostegis alenidotis. » Commerson, manuscrits déjà cités. | IT,

forme une sorte de tuyau. Chaque mâchoire est composée d’un os garni d’un seul rang de dents tres-petites et très-serrées l’une contre l’autre; et les deux dents les plus avancées de la mà choire d’en haut sont aussi plus grandes que celles qui les suivent.

Tout l’intérieur de la bouche est d’ailleurs lisse, et d’une couleur bleuâtre.

Les yeux sont petits et très-proches des orifices des narines, qui sont doubles de chaque côté.

On ne voit aucune écaille proprement dite, ou semblable à celles du dos, sur la tête ni sur les opercules du gomphose bleu. Ces opercules ne sont hérissés d'aucun piquant. Deux lames les composent: la seconde de ces pièces s’avance vers la queue, en forme de pointe ; et une partie de sa circonférence est bordée d’une membrane.

On voit quelques dentelures sur la partie

‘ concave des ares osseux qui soutiennent les

branchies.

La portion de la nageoire dorsale qui comprend des rayons aiguillonnés, est plus basse que la partie de cette nageoire dans laquelle on observe des rayons articulés. La nageoire caudale forme un croissant dont les deux pointes sont très-allongées.

La ligne latérale, qui suit la courbure du dos jusqu’à la fin de la nageoire dorsale, où elle se fléchit vers le bas pour tendre ensuite directement vers la nageoire caudale, a son cours marqué par une suite de petites raies disposées de manière à imiter des caractères chinois.

Les écailles qui recouvrent le corps et la queue du gomphose bleu sont assez larges; et les petites lignes qu'elles montrent, les font paraitre comme ciselées !.

LE GOMPHOSE VARIÉ 2.

Gomphosus varius, Lacep., Cuv.

Sur les bords charmants de la fameuse île de Taïti, Commerson a observé une seconde espèce de gomphose, bien digne, par sa beauté

{ Grayons à la membrane des branchies, 8 rayons aiguillonnés et 44 rayons articulés à la nageoire du dos, 14 rayons à chacune des pectorales, 6 à chacune des thoracines (le second se prolonge en un filament), 2 rayons aiguillonnés et 12 rayons articulés a la nageoire de l'anus, 14 rayons à celle de la queue.

2« Elops rubro, cæruleo et flavo varicgatus, » Commerson. manuscrits déja cités. 99

ainsi que par l’éclat de ses couleurs, d'habiter ces rivages embellis avec tant de soin par la nature. Elle est principalement distinguée de la première par ces riches nuances qui la décorent; elle montre un brillant et agréable mélange de rouge, de jaune et de bleu. Le jaune domine dans cette réunion de tons resplendissants; mais l’azur y est assez marqué pour être un nouvel indice de la parenté du varié avec le gomphose bleu.

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