‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 160 sur 535 · que côté; les nageoires du dos et · texte numérisé non relu

que côté; les nageoires du dos et

L'OSPHRONÈME GAL. de l'anus très-basses; celle de la queue fourchue,

L'OSPHRONÈME GORAMY :.

Osphronemus Olfax, Comm., Cuv.; Osphronemus Goramy, Lacep.

Nous conservons à ce poisson le nom générique qui lui a été donné par Commerson , dans les manuscrits duquel nous avons trouvé la description et la figure de ce thoracin.

Cet osphronème est remarquable par sa forme, par sa grandeur, et par la bonté de sa chair. Il peut parvenir jusqu’à la longueur de deux mètres ; et comme sa hauteur est trèsgrande à proportion de ses autres dimensions, il fournit un aliment aussi copieux qu’agréable. Commerson l’a observé dans l'ile de France, en février 1770, par les soins de Seré , commandant des troupes royales. Ce poisson y avait été apporté de la Chine, où il est indigène, et de Batavia , où on le trouve aussi, selon l’estima-

445 aiguillons et 12 rayons articulés à la nageoire dorsale, 15 ou 14 rayons à chacune des pectorales, 5 ou 6 à chacune des thoracines, 14 ou 15 à celle de l'anus.

? M. Cuvier adopte ce genre, mais 11 n'y admet que la pre mière espèce ; la seconde, suivant lui, n'est qu'une girelle. D.

5 Poisson gouramie, ou gouramy. (Il faut observer que ce nom de poisson gouramie, Ou gouramy, OU goramy, a été aussi donné, dans le grand Océan, au trichopode meutounier.) :

DES POISSONS

ble M. Cossigny *. Onl’avait d’abord élevé dans

des viviers; et il s'était ensuite répandu dans les rivières, où il s'était multiplié avec une grande facilité, et où il avait assez conservé toutes ses qualités pour être, dit Commerson, le plus recherché des poissons d’eau douce. II serait bien à désirer que quelque ami des sciences naturelles , jaloux de favoriser l’accroissement des objets véritablement utiles, se donnât le peu de soins nécessaires pour le faire arriver en vie en France, l’y acclimater dans nos rivières, et procurer ainsi à notre patrie une nourriture peu chère, exquise, salubre, et trèsabondante.

Voyons quelle est la conformation de cet os- | ; | d’être recherché, et nous nous en occuperons

phronème goramy.

Le corps est très-comprimé et très-haut. Le dessous du ventre et de la queue et la partie postérieure du dos présentent une carène aiguë. Gette même extrémité postérieure du dos montre une sorte d’échancrure, qui diminue beau-

coup la hauteur de l’animal, à une petite dis- |

tance de la nageoire caudale; et lorsqu'on n’a sous les yeux qu’un des côtés de cet osphronème, on voit facilement que sa partie inférieure est plus arrondie, et s'étend au-dessous du diamètre longitudinal qui va du bout du museau à la fin de la queue , beaucoup plus que sa partie supérieure ne s'élève au-dessus de ce même diamètre 2.

De larges écailles couvrentle corps, la queue, les opercules et la tête; et d’autres écailles plus petites revêtent une portion assez considérable des nageoires du dos et de l’anus. Le dessus de la tête, incliné vers le museau, offre d'ailleurs deux légers enfoncements. La mächoire supérieure est extensible; l’inférieure plus avancée que celle d’en haut : toutes les deux sont garnies d'une double rangée de dents ; lerang extérieur est composé de dents courtes et un peu recourbées en dedans; l’intérieur n’est formé que de dents plus petites et plus serrées.

44 Devectus e Sina, educatus primüm in piscinis, etc, » Manuscrits de Commerson. — « Le poisson n'est pas extrê- « mement commun dans le Bengale. Il y a beaucoup d'étangs « dans le pays. On pourrait en former des viviers. Il serait à < propos d'y transplanter le Goramy, cet excellent poisson “ que nous avons transporté de Batavia à l'Ile de France, et « qui s'y est naturalisé. » Voyage au Bengale, etc., par M. Charpentier-Cossiguy, t. I, p. 181.

3 6 rayons à la membrane des branchies, 15 aiguillons et 42 rayons articulés à la nageoire du dos, 14 rayons à chacune des pectorales, 4 aiguillon et 5 rayons articulés à chacune des thoracines, 10 aiguillons et 20 rayons articulés à la nagaoire de l'auus, 16 rayons à celle de la queue.

On aperçoit une callosité au palais; la langue est blanchâtre, retirée , pour ainsi dire, dans le fond de la gueule, auquel elle est attachée ; les orifices des narines sont doubles; chaque opercule est formé de deux lames, dont la première est excavée vers le bas par deux ou trois petites fossettes, et dont la seconde s'avance en pointe vers les nageoires pectorales, et de plus est bordée d’une membrane.

On apercoit dans l’intérieur de la bouche, et au-dessus des branchies, une sorte d’os ethmoïde, labyrinthiforme , pour employer l’expression de Commerson, et placé dans une

| cavité particulière. L'usage de cet os a paru au

voyageur que nous venons de citer, très-digne

de nouveau dans notre Discours sur les parlies solides des poissons.

La nageoire du dos commence loin de la nuque, et s'élève ensuite à mesure qu’elle s’approche de la caudale, auprès de laquelle elle est très-arrondie.

Chaque nageoire thoracine renferme six rayons. Le premier est un aiguillon très-fort ; le second se termine par un filament qui s’étend jusqu’à l'extrémité de la nageoire de la queue, ce qui donne à l’osphronème un rapport trèsmarqué avec les trichopodes : mais dans ces derniers ce filament est la continuation d’un rayon unique, au lieu que, dans l’osphronème, chaquethoracine présente au moins cinqrayons.

L'anus est deux fois plus près dela gorge que de l’extrémité de la queue : la nageoire qui le suit a une forme très-analogue à celle de la dorsale; mais, ce qui est particulièrement à remarquer, elle est beaucoup plus étendue.

On ne compte au-dessus ni au-dessous de la caudale, qui est arrondie , aucun de ces rayons articulés, très-courts et inégaux , qu’on a nommés Faux rayons où Rayons bâtards , et qui accompagnent la nageoire de la queue d’un si grand nombre de poissons.

Enfin la ligne latérale, plus voisine du dos que du ventre, n’offre pas de courbure trèssensible.

Au reste, le soramy est brun avec des teintes rougeâtres plus claires sur les nageoires que sur le dos ; et les écailles de ses côtés et de sa partie inférieure, qui sont argentées et bordées de brun, font paraître ces mêmes portions comme couvertes de mailles.

L'OSPHRONÈME GAL !.

Labrus Gallus, Linn., Gmel. ; Osphronemus Gallus, Lacep.?,

Forskael a vu sur les côtes d'Arabie cet os- |

phronème, qu’il a inscrit parmi les scares, et

térale se courbe vers le bas, auprès de la fin de la nageoire dorsale; et que les écailles sont

| striées, faiblement attachées à l'animal, et

| membraneuses dans une grande partie de leur contour !.

que le professeur Gmelin a ensuite transporté |

parmi les labres, mais dont la véritable place nous paraît être à côté du goramy. Ce poisson est regardé comme très-venimeux par les habitants des rivages qu'il fréquente ; et dès lors on peut présumer qu’il se nourrit de mollusques, de vers, et d’autres animaux marins imprégnés de sucs malfaisants ou même délétères pour l’homme. Mais s’il est dangereux de manger de la chair du gal, il doit être très-agréable de voir cet osphronème : il offre des nuances gracieuses, variées et brillantes; et ces humeurs funestes, dérobées aux regards par des écailles qui resplendissent des couleurs qui émaillent nos parterres, offrent une nouvelle image du poison que la nature a si souvent placé sous des fleurs.

Le gal est d’un vert foncé ; et chacune de ses écailles étant marquée d’une petite ligne transversale violette ou pourpre, l’osphronème parait

rayé de pourpre ou de violet sur presque toute |

sa surface. Deux bandes bleues règnent de plus sur son abdomen. Les nageoires du dos et de l'anus sont violettes à leur base, etbleues dans leur bord extérieur ; les pectorales bleues et violettes dans leur centre; les thoracines bleues ; la caudale est jaune et aurore dans le milieu , violette sur les côtés, bleue dans sa circonférence ; et l'iris est rouge autour de la prunelle, et vert dans le reste de son disque.

Le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, le bleu, le pourpre et le violet, c’est-à-dire les sept couleurs que donne le prisme solaire , et que nous voyons briller dans l’arc-en-ciel, sont donc distribuées sur le gal, qui les montre d’ailleurs disposées avec goût, et fondues les unes dans les autres par des nuances très-douces.

Ajoutons, pour achever de donner une idée de cet osphronème, que sa lèvre inférieure est plissée de chaque côté; que ses dents ne forment qu’une rangée ; que celles de devant sont plus grandes que celles qui les suivent, et un peu écartées l’une de l’autre; que la ligne la-

‘ Scarus Gallus, Forskael, Faun. Arab., p. 26, n. 11.

? M. Guvier ne voit dans ce poisson qu'une espèce du sous-genre Girelle, dans le grand genre des Labres. D.

Page 1