‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 168 sur 535 · LES MACROURES · texte numérisé non relu

LES MACROURES

Deux nageoires sur Le dos; La queue deux fois plus longue que le corps.

Le premier rayon de la première nageoire dorsale dentelé par devant; les écailles aiguillonnées, et relevées en carëne,

ESPÈCE

La MACROURE BERGLAX.

LE MACROURE BERGLAX *.

Macrourus rupestris, Bl., Cuv.; Macrourus Berglax, Lacep.; Lepidoleprus cælorhynchus, Risso.

Auprès des rivages du Groenland et de l’Islande, habite ce macroure que Bloch et Gunner ont cru, avec raison, devoir placer dans un genre particulier. La longueur de sa queue sépare sa forme de celle des autres poissons thoracins , et donne un caractère particulier à ses habitudes, en accroissant l’étendue de son principal instrument de natation, et en douant cet osseux d’une force particulière pour se mouvoir avec vitesse au milieu des mers hyperbo-

4 À la membrane branchiale 40 rayons, à la nageoire dorsale 55, à chacune des pectorales 18, à chacune des thoracines 5, à celle de l'anus 55, à celle de la queue 14.

» Ce genre, créé par Bloch , est adopté par M. Cuvier. Il répond à celui que M. Risso a nommé Lepidoleprus. D,

5 Coryphænoides rupestris, Guaner, Act. Nidros. 5, p. 45, tab. 5, fig. {. — Müller, Prodr. Zool. Danic., p. 45, n. 565. — Id., Ingmingoak, Ot. Fabric. Faun. Groenland., p. 154, D. 414. — Fiskligen brosme. — Ingminniset, Cranz, Groenland, p. 440, — Berg ax, Strom. Sondm. 4, p. 267

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nit un aliment utile et quelquefois même abondant aux peuplades de ces côtes groenlandaises et islandaises, si peu favorisées par la nature, et condamnées pendant une si grande partie de l’année à tous les effets funestes d’un froid excessif. Son nom de Berglax vient des

rapports qu’il a paru présenter avec le saumon

que l’on nomme Lachs ou Lax dans plusieurs langues du Nord , et des rochers au milieu desquels il séjourne fréquemment, Sa tête est grande et large ; ses yeux sont ronds et saillants ; les ouvertures des narines doubles de chaque côté; et les deux mächoires proprement dites, à peu près égales. Cependant le museau est très-avancé au-dessus de la mâchoire supérieure, qui est armée ordinairement de cinq rangées de dents; et la mâchoire inférieure, qui n'en montre que trois rangées, est garnie d’un filament ou barbillon semblable, par sa forme, sa nature et sa longueur, à celui de plusieurs gades. La langue est courte, épaisse, cartilagineuse, blanche, et lisse comme le palais. Un opercule d'une seule pièce couvre une grande ouverture branchiale. L’anus est plus près de la tête que de l’extrémité de la queue. La ligne latérale se rapproche du haut du corps, dans une grande partie de sa direction. Deux nageoires s'élèvent sur le dos; la se conde est réunie avec celle de la queue, qui touche aussi celle de l’anus !; et les écailles qui recouvrent ce Macroure, ou, ce qui est la même chose, ce poisson à longue queue, sont relevées par une arête qui se termine en pointe ou en aiguillon.

Présentant d’ailleurs un éclat argentin, ces écailles donnent une teinte très-brillante au berglax, dont la partie supérieure montre néanmoins une couleur plus foncée ou plus bleuâtre que l’inférieure ; et les nageoires ajoutent quelquefois à la parure de l’animal, en offrant une nuance d’un assez beau jaune, et une bordure bleue qui fait ressortir ce fond presque doré.

Le berglax fraye assez tard. On le pêche avec des lignes de fond ? : lorsqu'il est pris, il se débat violemment, agite avec force sa lon-

A la membrane des branchies 6 rayons, à la première nageoire du dos 11, à la seconde 124, à chacune des pectorales 19, à chacune des thoracines 7, a celle de l'anus 148,

3 Voyez ce que nous avons dit des lignes de fond, dans

l'histoire de la Murène congre.

d’une manière assez analogue à celle que nous avons observée en parlant des tétrodons.

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