‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 188 sur 535 · LE COTTE NOIR · texte numérisé non relu

LE COTTE NOIR

Cottus niger, Lacep. *.

Voici le précis de ce que nous avons trouvé

4 « Cottusspinis quatuor lateralibus retroversis, caudä va- « riegatà; vel capite retrorsum tetracantho , sulco inter ocu- « los longitudinali lato et profundo. » Commerson, manuS crits déjà cités.

2 M.Cuvier place le Cotte madégasse dans le genre Platy céphale, et il prouve que ce poisson est, sinon le même que

leur: assigner des différences spécifiques. D.

58 rayous aiguillonnés à la première nageoire du dos, 43 rayons arliculés à la seconde, 12 rayons art culés à chacune des pectorales, 3 ou 6 rayons articulés à chacune des thoracines, la nageoire de l'anus est très-étroite.

4 Le petit cabot noir. —a Cotlus nigricans, #quamosus, « scaber, aculeo obscuro in capite utrinque, » Commerson, manuscrits déjà cités.

‘M. Cuvier regarde ce p poisson comme appartenant au

dans les manuscrits de Commerson au sujet de ce cotte, qu’il a observé, et qu’il ne faut confondre avec aucune des espèces déjà connues des naturalistes.

La grandeur et le port de ce poisson sont assez semblables à ceux du gobie noir ; sa longueur ne va pas à deux décimètres. La couleur générale est noire, cu d'un brun noirâtre; la seconde nageoire du dos, celle de l’anus et celle de la queue sont bordées d’un liséré plus foncé, ou pointillées de noir ;la première nageoire dorsale présente plusieurs nuances de jaune, et deux bandes longitudinales noirâtres; et le noir ou le noirâtre se retrouve encore sur l'iris.

La tête épaisse, plus large par derrière que la partie antérieure du corps, et armée d'un pe-

septentrionale, dont le fond est pierreux ou sablonneux. Il y parvient jusqu'à la longueur de deux décimètres !. Il s’y tient souvent caché parmi les pierres, ou dans une espèce de petit terrier ; et lorsqu’il sort de cet asile ou de cette embuscade, c’est avec une très-grande rapidité qu’il nage, soit pour atteindre la petite proie qu'il préfère, soit pour échapper à ses nombreux

| ennemis. Il aime à se nourrir de très-jeunes

poissons, ainsi que de vers et d’insectes aquatiques ; et lorsque cet aliment lui manque, il se jette sur les œufs des diverses espèces d’animaux qui habitent dans les eaux qu'il fréquente.

| Il est très-vorace : mais la vivacité de ses ap-

tit aiguillon de chaque côté, paraît comme gon- |

flée à cause des dimensions et de la figure des muscles situés sur les joues, c’est-à-dire au-dessus de la région des branchies. Le museau est arrondi ; l'ouverture de la bouche très-grande ; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure ; celle ci facilement extensible; chacune de ces deux mâchoires garnie de dents

courtes, serrées, et semblables à celles que l’on |

voit sur deux éminences osseuses placées au- |

près du gosier; le palais très-lisse, et tout le corps revêlu, de même que la queue, d’écailles très-rudes au toucher.

LE COTTE CHABOT!, Cottus Gobio, Linn., Gmel., Lacep.. Bloch, Cuy. ?.

On trouve ce cotte dans presque tous les fleu- |

ves et tous les ruisseaux de l’Europe et de l’Asie

genre Eleotris, ou au sous-genre Périophthalme, dans le genre Gobie. D.

4 Sten simpa, Sten lake, en Suède.— Bull-head, Millers thumb, en Angleterre. — Messore, Capo grosso, dans plus. contrées de l'Italie.—Téte d'âne, Ane. dans plus. dép. mér.— Cotte chabot. Daubenton , Enc. méth.— /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl.58, fig. 4 et 2. — Müil., Prodr. Zool. Danic., p.44, n. 568. — Ot. Fabric., Faun. Groenland. p- 159, n. 415. — « Cottus alepidotus, glaber, capite diacan- « tho. » Artedi, gen. 48, spec. 82, syn. 76. - Bouros, Et xotroe, Arist., 1. 4,Cc. 8. — Coltus, Gaza, Arist. — Chabot, Rondelet, des poissons de rivière, ©. 22. — « Cottus, seu gobio fu- « viatilis capitatus. » Gesn., p. 400, 401, et 4:7; et (germ.) fol. 462, a. — Capitatus auctor um. Cuba, L. 5, c. 58, fol. 79, b. — Cilus. Salvian., Aquat., fol. 216. — Wiliughby, p. 437, tab. 4,5, fig. 3. — « Gobius fluviatilis, sive capitatus. » Aldrov., L. 5, c. 28, p. 613. — « Gobius fuviatilis Gesneri. »

Rai, p. 76, d. 4. — Gobius capitatus. Jonston , 1 5, tit. 14, |

<. 40, a. 2, tab. 29, fig. 11. — Gobio capitatus. Charl., p. 457.

3Cest le chabot de rivière de M. Cuvier, type du sous-

genre des Chabots ou Chaboisseaux proprement dits, dans ie are du même nom. D.

pétits est trop éloignée de pouvoir compenser les effets de la petitesse de sa taille, de ses mauvaises armes et de son peu de force; et il succombe fréquemment sous la dent des perches, des saumons, et surtout des brochets. La bonté et la salubrité de sa chair, qui devient rouge par la cuisson comme celle du saumon et de plusieurs autres poissons délicats et agréables au goût, lui donnent aussi l’homme pour ennemi. Dès le temps d’Aristote,on savait que, pour le prendre avec plus de facilité, il fallait frapper sur les pierres qui lui servaient d’abri, qu’à l'instant il sortait de sa retraite, et que souvent il venait, tout étourdi par le coup, se livrer lui-même à la mainou au filet du pécheur. Le plus souvent ce dernier emploie la nasse ?, pour être plus sûr d'empêcher le chabot de s’échapper. Il faut saisir ce cotte avec précaution lorsqu'on veut le retenir avec la main : sa peau très-visqueuse lui donne en effet la faculté de glisser rapidement entre les doigts. Cependant, malgre tous les piéges qu’on lui tend, etle grand nombre d'ennemis qui le poursuivent, on le trouve fréquemment dans plusieurs rivières.

Cette espece est très-féconde. La femelle , plus grosse que le mâle , ainsi que celles de tant

Chabot. Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat. — « Cotlus « alepidotus, capite plagioplateo, lato, obtuso, etc. » Gronov. Mus. 2, p. 14, 1.166. — « Percis capite lævi, et brevis, etc. » Klein, Miss. pise,, p. 45, n. 17. — « Gobius fluviatilis alter. » Bélon , Aquat., p. 521. — « Gobio fluviatilis capitatus. # Marsigli, Danub. 4, p.75, tab. 24, fig. 2. — Bull-head, Brit. Zool. 5, p. 477, t. 11.— Rotz kolbe, Meyer, Thierb.2, p.4, tab. 12,

4 A la membrane des branchies 4 rayons, à la première nageoire dorsale 7, à la seconde 17, à chacune des pectorales 14, a chacune des thoracines 4, à celle de l'anus 12, à celle de la queue 15.

3 Voyez la description de la nasse dans l'article du Pétromyzon lamproie.

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DES POISSONS

d'autres espèces de poissons, parait comme gonflée dans le temps où ses œufs sont près d’être pondus. Les protubérances formées par les deux ovaires, qui se tuméfent, pour ainsi dire, à cette époque, en se remplissant d’un très-grand nombre d'œufs sont assez élevées et assez arrondies pour qu’on les ait comparées à des mamelles ; et comme une comparaison peu exacte conduit souvent à une idée exagérée, et une idée exagérée à une erreur, de célèbres naturalistes ont écrit que la femelle du chabot avait non-seulement un rapport de forme à mais encore un rapport d'habitude, avec les animaux à mamelles, qu’elle couvait ses œufs, et qu’elle perdait plutôt la vie que de les abandonner.

Pour peu qu’on veuille rappeler ce que nous avons écrit ' sur la manière dont les poissons se reproduisent, on verra aisément combien on s’est mépris sur le but de quelques actes accidentels d’un petit nombre d'individus soumis à l'influence de circonstances passagères et trèsparticulières. On a pu observer des chabots femelles et même des chabots mâles se retirer, se presser, se cacher dans le même endroit où des œufs de leur espèce avaient été pondus, les couvrir dans cette attitude, et conserver leur position malgré un grand nombre d'efforts pour la leur faire quitter. Mais ces manœuvres n’ont point été des soins attentifs pour les embryons qu'ils avaient pu produire; elles se réduisent à des signes de crainte, à des précautions pour leur sûreté; et peut-être même ces individus auxquels on a cru devoir attribuer une tendresse constante et courageuse, n’ont-ils été surpris que prêts à dévorer ces mêmes œufs qu'ils paraissaient vouloir réchauffer, garantir et défendre.

Au reste, les écailles dont ia peau muqueuse du chabot est revêtue , ne sont un peu sensibles que par le moyen de quelques procédés ou dans certaines circonstances : mais si la matière écailleuse ne s'étend pas sur son corps en lames brillantes et facilement visibles, elle s’y réunit en petits tubercules ou verrues arrondies. Le dessous de son corps est blanc : le mâle est, dans sa partie supérieure, gris avec des taches brunes; et la femelle brune avec des taches noires. Les nageoires sont le plus souvent bleuâtres et tachetées de noir ; les thoraeines de ja femelle sont communément variées de jaune et de brun.

* Voyez le Discours sur la nature des poissons.

Les yeux sont très-rapprochés l’un de l’autre. Des dents aiguës hérissent les mâchoires , le palais et le gosier; mais la langue est lisse. Chaque opercule ne présente qu’une seule pièce et deux aiguillons recourbés. La nageoire cau dale est arrondie.

On voit de chaque côté les deux branchies intermédiairesgarnies, dansleur partieconcave, de deux rangs de tubercules. Le foie est grand, non divisé, jaunâtre, et situé en grande partie du côté gauche de l’animal ; l'estomac est vaste. Auprès du pylore sont attachés quatre cœcum ou appendices intestinaux ; le canal intestinal n’est plié que deux fois ; les deux laites des mâles et les deux ovaires des femelles se réunissent vers l’anus, et sont contenus dans une membrane dont la couleur est très-noire, ainsi que celle du péritoine ; les reins et la vessie urinaire sont très-étendus et situés dans le fond de l’abdomen.

On compte dans la charpente osseuse du chabot trente-une vertèbres; et il y a environ dix côtes de chaque côté.

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