LA SCORPÈNE RASCASSE
Scorpæna Porcus, Linn., Gmel., Lacep., Cuv. 5.
La rascasse habite dans la Méditerranée et dans plusieurs autres mers. On l’y trouve auprès des rivages, où elle se met en embuscade sous les fueus et les autres plantes marines pour saisir avec plus de facilite les poissons plus faibles où moins armés qu’elle; et lorsque sa ruse est inutile , que son attente est trompée, etque les poissons se dérobent à ses coups, elle se jette sur les cancres, qui ont bien moins de force, d’agilité et de vitesse, pour échapper à sa poursuite. Si dans ses attaques elle trouve
{ Scorpène barbue. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — « Scorpæna capite cavernoso, Cirris geminis in maxilla infe- «rivre. » Gronov. Mus. ichthyolog. 4, p. 46.
2 Cette espèce a été fondée sur uue description de Gronovius, qui avait pour sujet un individu mutilé de la Scorpène truie de M. de Lacépèile (voyez ci-après), ou de la grande Scorpène rouge, Scorpæna Scrofa.Cuv. D.
312 rayons aiguillonnés et 10 rayons articulés à la nageoire du dos, 15 rayons à chacune des pectorales, 6 rayons à celle de l'anus, 15 rayons à cel.e de la queue.
4 Scrofanello. dans plus. contrées de l'Italie. — Scorpéne -ascasse. Daubenton, Enc. méth. — /d, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Bloch, pl. 481. — « Zeus cirris supra oculos «et uares,» Mus. Adolph Frid. {, p 68. — « Scorpæna pin- « nulis ad oculos et nares. » Artedi, gen. 47, syn. 75. — Ô oxoprtos. Aristot., 1 2, c. 17: e1 1 5, 6.9, 10; etl. 8, c.15. — 1d. Athen.. 1. 7, p. 320.—Scorpeno. Rondelet, part. 1,1.6, ©. 49. — Scorpius Rondeleti, Aldrov.. 1. 2. ©. 24, p. 196. — Scorpius minor. Jouston, De piscibus. p. 74, tab. 19, fig. 10. — Scorpius minor, Scurpæna. Willughby. ichth., p. 551. tab. X.15, fig. 1. — Rai, p. 142, n. 1. — Scorpæna. P.Jov., p- 25. p. 91. — Salvian., fol. 201 ad icouem, et fol. 202. — Sc rpœæuna. Plin., 1. 52, c. {t. — Scurpiu. Cuba, 1.5, c. 85, fol. 90, a. — Wotton, IL. 8, c. 178, fol. 158, b. — Scurpio, vel scorpis, vel scorpæna. id est; srorpius minor, Gesner p 847, 1018. et (germ.) fol. 45. — Srorpides, seu scorpæœna, Charlet., p. 142, — Scorpene. on srorpirom de mer, ou ras* rasse. Va mont de Bomare. Diet. d'hist. nat. — Hasselquist It., 330. — « Scorpæna., cirris ad oculos naresque. » Brünn. Pise. Massil.. p. 42, n. 44. — « Corystion sordidè flaves- « cens, etc. » Klein, miss. pise. #, p. 47, n, 13, — Srorpæna.
| Bélon, Aquat., p. 148.
x ‘ Ce poisson est nommé en francais, par M. Cuvier, petite | Scorpène brune, ou plus spécialement Rascasse. D.
de la résistance, si elle est obligée de se défendre contre un ennemi supérieur, si elle veut empêcher la main du pêcheur de la retenir, elle se contracte, déploie et étend vivement ses nageoires, que de nombreux aiguillons rendent des armes un peu dangereuses, ajoute par ses efforts à l’énergie de ses muscles, présente ses dards, s'en hérisse, pour ainsi dire, et frappant avec rapidité, fait pénétrer ses piquants assez avant pour produire quelquefois des blessures fâcheuses, et du moins faire éprouver une douleur aiguë. Sa chair est agréable au goût, mais ordinairement un peu dure. Sa longueur ne dépasse guère quatre décimètres. Les écailles qui la recouvrent sont rudes et petites.
La couleur de sa partie supérieure est brune, avec quelques taches noires ; du blane mêlé de rougeâtre est répandu sur sa partie inférieure. Les nageoires sont d’un rouge ou d’un jaune faible et tacheté de brun, excepté les thoracines, qui ne présentent pas de taches, et les pectorales , qui sont grises.
La tête est grosse; les yeux sont grands et très-rapprochés ; l’iris est doré et rouge; l’ouverture de la bouche très-large; chaque mächoire hérissée , ainsi que le palais, de plusieurs rangs de dents petites et aiguës; la langue courte et lisse ; l’opercule branchial garni d’aiguillons et de filaments ; et la partie antérieure de la nageoire dorsale, soutenue par douze piquants très-forts et courbés en arrière !.
Huit appendices intestinaux sont placés auprès du pylore; l'estomac est vaste; le foie blanc ; la vésicule du fiel verte; le tube intestinal large.
Du temps de Rondelet, on croyait encore, avec plusieurs auteurs anciens, à la grande vertu médicinale du vin dans lequel on avait fait mourir une rascasse; et l'on ne paraissait pas douter que ce vin ne produisit des effets -rès-salutaires contre les douleurs du foie et la pierre de ja vessie.
“12 aiguillons et 9 rayons articulés à la nageoire du dos, 16 rayons à chacune des pectorales, 1 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chacune des thoracines , 5 rayons aiguillonnés et 5 rayons articulés à celle de l'anus , 18 rayons à la