‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 201 sur 535 · LA SCORPÈNE MAHÉ · texte numérisé non relu

LA SCORPÈNE MAHÉ

Scorpæna Mahe, Lacep.; Scorpæna volitans, Gmel. ; Plerois volitans, Cuv. 2.

Commerson a laissé dans ses manuscrits une description de ce poisson. Toutes les nageoires de cette scorpène sont variées de plusieurs nuances; et le corps ainsi que la queue présentent des bandes transversales, qui ont paru à Commerson jaunes et brunes sur l'individu que ce voyageur a observé. Mais cet individu était mort depuis trop longtemps pour que Commerson ait cru pouvoir déterminer avec précision les couleurs de ces bandes transversales.

Le mahé est revêtu d’écailles petites, finement dentelées du côté de la nageoire caudale, serrées et placées les unes au-dessus des autres, comme les ardoises qui recouvrent les toits. La tête est grande et garnie d’un grand nombre d’aiguillons. Les orbites relevées et dentelées forment comme deux crêtes au milieu desquelles s'étend un sillon longitudinal assez profond.

Les deux mâchoires ne sont pas parfaitement égales ; l’inférieure est plus avancée que la supérieure , qui est extensible à la volonté de l'animal, et de chaque côté de laquelle on voit pendre trois ou quatre barbillons ou filaments mollasses.

Des dents très-petites et très-rapprochées les unes des autres donnent d’ailleurs aux deux mâchoires la forme d’une lime. Un filament marque, pour ainsi dire, la place de chaque narine.

L’opercule branchial est composé de deux lames : la première de ces deux pièces montre vers sa partie inférieure deux barbillons, et dans son bord postérieur, deux ou trois piquants ; la seconde lame est triangulaire, et son angle postérieur est très-prolongé.

Le dos est arqué et caréné; la ligne latérale se courbe vers le bas.

La nageoire dorsale présente des largeurs très-inégales dans les diverses parties de sa

4 « Scorpæna cirris pluribus ori circumpositis, Corpors « transversim fasciato, pinnis omnibus variegatis. » Commerson, manuscrits déjà cités,

3 M. Cuvier s'est assuré par une lecture attentive de l'ar= ticle de Commerson, sur lequel M. de Lacépède a établi cette espèce, qu'elle a rapport à la Scorpèue volante de Linnée ou son Pterois voltigeant , en sorte, dit-il, qu'on doit rayer la scorpène de Mahé dutableau du genre. D.

DES POISSONS

longueur. Les pecturales sont assez longues pour atteindre jusqu’à l’extrémité de cette nageoire dorsale. Celle de la queue est arrondie !,

Commerson a vu cette scorpène dans les environs des îles Mahé, dont nous avons cru devoir donner le nom à ce poisson; et c'est vers la fin de 1768 qu'il l’a observée.

LA SCORPÈNE TRUIE ?, Scorpæna scrofa, Linn., Gmel., Bloch., Lacep., Cuv.”.

Cette scorpène est beaucoup plus grande que la rascasse; elle parvient quelquefois jusqu’à une longueur de plus de quatre mètres : aussi attaque-t-elle avec avantage non-seulement des poissons assez forts, mais des oiseaux d’eau faibles et jeunes, qu'elle saisit avec facilité par leurs pieds palmés, dans les moments où ils nagent au-dessus de la surface des eaux qu’elle habite. On la trouve dans l’Océan Atlantique et dans d’autres mers, particulièrement dans la Méditerranée , sur les bords de laquelle elle est assez recherchée. Les écailles qui la couvrent sont assez grandes; elles présentent une couleur d’un rouge blanchâtre, plus foncée et même presque brune sur le dos, et relevée d'ailleurs par des bandes brunes et transversales. La membrane des nageoires est bleue, et soutenue par des rayons jaunes et bruns.

La tête est grande; les yeux sont gros; l’ouverture de la bouche est très-large ; des dents

4 7 rayons à la membrane des branchies, 15 rayons aiguillonnés et 44 rayons articulés à la nageoire du dos, 17 rayons à chacune des pectorales, 4 aiguillon et 5 rayons articulés à chacune des thoracines, 5 aiguillons et 9 rayons articulés à celle de l'anus, 12 rayons à celle de la queue.

2 Crabe de Biaritz. — Bezugo, Pesce cappone, dans la Ligurie. — Scrofano, dans d'autres contrées de l'Italie, — Scorpéne truie. Daubenton, Enc: méth.— /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — « Scorpæna tota rubens, cirris plurimis « ad os. » Artedi, gen. 47, syn. 76. — Scorpio, et scorpio marinus. Salvian., fol. 4197, a. ad iconem, et fol. 199, 200. —Scorpius major. Gesner (germ.) fol. 44b.—/d. Willughby, p.551. — Zd. Rai, p. 442, n. 2. — Scorpio. Charlet., p. 142. — Autre scorpion de mer, etc. Valmont de Bomare, Dict, d'hist, nat. — « Perca dorso monopterygio, capite subca- « vernoso, aculeato, alepidoto, etc. « Gronov. Zooph., p. 87, n. 297. — « Scorpæna corpore rubro, etc. » Brünn, Pisc. Massil., p. 52, n. 45,— « Trigla subfusca nebulata, etc.» Browne, Jamaïc., p. 454, n.5. — « Cottus squamosus, va- « rius, etc. » Séba, Mus. 5, p. 79, n. 2, tab. 28, fig. 2. — Scorplus major. Jonston, De piscibus, p. 74, tab. 19, fig. 9.

# M. Cuvier donne à cette espèce le nom de grande scorpène rouge, par opposition à la rascasse, qu'il appelle petite #corpène brune. D.

petites, aiguës et recourbées hérissent la langue, le palais, le gosier, et les deux mâchoires, qui sont également avancées; des barbillons garnissent les environs des yeux, les joues, la mâchoire inférieure, et la ligne latérale, qui suit la courbure du dos ; deux grands aiguillons et plusieurs petits piquants arment, pour ainsi dire, chaque opercule; et l’anus est plus près de la nageoire caudale que de la gorge !.

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