LA SCORPÈNE VOLANTE
Scorpæna volitans, Linn., Gmel., Lacep.; Pterois volitans, Cuv. ‘,
Cette scorpène est presque le seul poisson d’eau douce qui ait des nageoires pectorales
“6 rayons à la membrane des branchies, 12 aiguillons et 12rayons articulés à la nageoire du dos, 17 rayons à chacune des pectorales, 6 à chacune des thoracines, 3 aiguillons et 7 rayons articulés à la nageoire de l'anus, 12 rayons à la na-
2 Scorpéne volante. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.—Gasterost'us volitans. Linn. Syst.nat., XII, p. 491, n.9.—Bloch, pl. 484. — Gronov. Mus. 2, p. 55, n.191; et Zooph. 1, p. 89. n.294.—Pseudopterus, elc. Klein, Miss. pisc. 5, p.76, n. 1.— s« Cottus squamosus rostro bifido. » Se-ba, Mus. 5, p. 79, tab. 28. fig. 1.— Zkan svangi. Ruysch, Theatr. anatomic. 1, p.4, n. 1, tab. 5, fig. 1. — Louw. Renard, Poissons, 1, pl. 6,
étendues ou conformées de maniere à lui donner la faculté de s’élever à quelques mètre dans l’atmosphère, à s’y soutenir pendant quelques instants, et à ne retomber dans son fluide natal qu'en parcourant une courbe très-longue. Ces nageoires pectorales sont assez grandes dans la scorpène volante pour dépasser la longueur du corps ; et d’ailleurs la membrane qui en réunit les rayons est assez large et assez souple entre chacun de ces longs cylindres, pour qu'ils puissent être écartés et rapprochés l'un de l’autre très-sensiblement ; que l’ensemble de la nageoire qu’ils composent, s’étende. ou se rétrécisse à la volonté de l'animal; que le poisson puisse agir sur l’air par une surface tres-ample ou très-resserrée; qu'indépendamment de l'inégalité des efforts de ses muscles, la scorpène emploie une sorte d’aile plus déve: loppée, lorsqu'elle frappe en arrière contre les couches atmosphériques, que lorsque, ramenant en avant sa nageoire pour donner un nouveau coup d’aile ou de rame, elle comprime également en avant une partie des couches qu’elle traverse; qu’il y ait une supériorité très-marquée du point d'appui qu’elle trouve dans la première de ces deux manœuvres, à la résistance qu elle éprouve dans la seconde; et qu’aipsi elle jouisse d’une des conditions les plus nécessaires au vol des animaux. Mais si la facilité de voltiger dont est douée la scorpène que nous décrivons, lui fait éviter quelquefois la dent meurtriere des gros poissons qui la poursuivent, elle ne peut pas la mettre à l'abri des pêcheurs qui la recherchent, et qui s’efforcent d'autant plus de la saisir, que sa chair est délicieuse ; elle la livre même quelquefois entre leurs mains, en la faisant donner dans ieurs pieges, ou tomber dans leurs filets, lorsque attaquée avec trop d'avantage, ou menacée de trop grands dangers au milieu de l’eau, elle s’élance du sein de ce fluide dans celui de l’atmosphère.
C’est dans les rivières du Japon et dans celles d’Amboine que l’on a particulierement observé ses précautions heureuses ou funestes,
fig. M, p, 12; pl. 45, n. 215.—Kalkoeven visch. Valent. Ind.3, p. 415, fig. 215. — Amboynsche visch. Nieuh. Ind. 2, p.268, fig. 4. — Willughby. Ichth. append., p. 4. tab. 2, fig. 5. — Perca ambhoïinvnsis. Rai, Pisc., p. 98,,n. 26.
3 Ce poisson est le type du genre nominé Pterois par M. Cuvier, et dont nous avons indiqué les caractères principaux dans la note que nous avons ajoutée à l'espèce précédente, p.242. D.
et ses autres habitudes. Il paraît qu’elle ne se nourrit communément que de poissons trèsjeunes, ou peu redoutables pour elle.
Sa peau est revêtue de petites écailles placées avec ordre les unes au-dessus des autres. Elle présente, d’ailleurs, des bandes transversales alternativement orangées et blanches, et dont les unes sont larges et les autres étroites. Les zayons aiguillonnés de la nageoire dorsale sont variés de jaune et de brun; les autres rayons de la même nageoire, noirs et tachés de jaune ‘ ; et les pectorales et les thoracines, violettes et tachetées de blanc. Des points blancs marquent le cours de la ligne latérale. L'iris présente des rayons bleus et des rayons noirs. Et quant aux formes de la scorpène volante, il suffira de remarquer que la tête, très-large par devant, est garnie de barbillons et d’aiguillons ; que les deux màchoires, également avancées, sont armées de dents petites et aiguës ; que les lèvres sont extensibles ; que la langue est petite, pointue, et un peu libre dans ses mouvements ; que de petites écailles sont placées sur les opercules ; et que la membrane qui réunit les rayons aiguillonnés de la nageoire du dos est très-basse, comme la membrane analogue de la scorpène antennée.