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LES ISTIOPHORES

Point de rayons arliculés et libres auprés des nageoires pectorales, ni de plaques osseuses au-dessous du corps; La premiére nageoire du dos arrondie, très-longue et d'une hauteur supérieure à celle du corps: deux rayons à chaque thoracine.

CARACTÈRES

La mâchoire supérieure prolongée eu forme de lame d'épée; deux nageoires de l'auus.

ESPÈCE

L'ISTIOPHORE PORTE- GLAIVE.

1Osbeck, Fragm. ichthyol. Hispan. — Trigle chabrontére. Bounaterre, pl. de l'Enc. méth.

2 M.Cuvier, en expliquant de nouveau le texte d'Osbeck, qui le premier à fait connaître ce poisson, démontre quil ne diffère pas spécifiquement du Péristédion malarmat. D.

5 A la membrane des branchies 7 rayons, à la nageoire du dos 26, à chacune des thoracines 6, à celle de l'anus 20.

4 Les Istiophores forment, pour M. Cuvier, un sous-senre, celui des Voiliers, dans le grand genre Espadon, X1phias, du sa famille des Acanthoptérygiens scombéroïdes. Hernzun avait créé, pour ces poissons, lafdénomination générique de Notistium. D.

L'ISTIOPHORE PORTE-GLAIVE t.

Scomber Gladius, Brousson.; Xiphias velifer., BI., Schn.; Xiphias platysterus , Shaw. ; Istiophorus gladifer, Lacep. *.

Maregrave, Pison, Willughby, Raï, Jonston, Ruysch, mon savant confère Broussonnet, et feu le célèbre Bloch, ont parlé de ce poisson très-remarquable par sa forme, sa grandeur et ses habitudes. En effet, sa tête ressemble beaucoup à celle des xiphias; il parvient, comme ces derniers, à une longueur de plus de trois metres : comme ces derniers encore, il jouit d'une grande force, d’une grande agilité, d’une grande audace ; il attaque avec courage, et souvent avec avantage, des ennemis très-dangereux.Cependant les xiphias appartiennent a r’ordre des apodes de la cinquième division ; et le porteglaive doit être inscrit dans la même division, à la vérité, mais dans l’ordre des thoracins.

La mâchoire supérieure de l’istiophore que nous décrivons , est trois fois plus avancée que l’inférieure : très-étroite, très-longue, convexe par-dessus, et pointue, elle ressemble à une épée , et a indiqué le nom spécifique de l’animal. Elle est garnie, ainsi que le palais et la mächoire inférieure , de dents très-petites dont on ne trouve aucun vestige sur la langue. La tête est menue ; chaque opercule composé de deux lames ; le corps allongé, épais, et garni, ainsi que la queue, d’écailles difficiles à voir au-dessous de la membrane qui les couvre ; la ligne latérale courbe , et terminée par une saillie longue et dure; le dos noir; chaque côté bleu; le dessous du corps et de la queue, argentin ; la couleur des pectorales et de l’anale, noire ; et celle de la première nageoire dorsale, d’un bleu céleste parsemé de taches petites et d’un rouge brun *.

Les pectorales sont pointues; la caudale est fourchue ; chaque nageoire thoracine ne présente que deux rayons longs, larges et un peu courbés ; on compte deux nageoires de l'anus; elles sont toutes les deuxtriangulaires , et à peu

4 Voilier, Brochet volant, Bécasse de mer, par plus. auteurs ou voyageurs français.—Schwerdt-makrebe, par les Allemands. — Ola ,et sword-fish, par les Anglais. — Zeylvisch, Layer, Zee-snipp, par les Hollandais des Indes orientales. — Zkan isjabelang jang terbang, aux Indes orientales. — Voilier, scomber gladius. Bloch, pl. 545.

2 Voyez la note 4 de la colonne précédente. D.

SA la membrane branchiale 7 rayons, à la première nageoire dorsale 45, à la seconde 7, à chaque pectorale 15, à chaque thoracine 2, à la première de l'anus 9, à la seconde de l'anus 5, à celle de la queue 20.

DES POISSONS

près de la même surface que la seconde dorsale, au-dessous de laquelle la seconde nageoire de l'anus se trouve placée.

Quant à la première dorsale, sa forme et ses dimensions sont très-dignes d’attention. Elle s'étend depuis la nuque jusqu’à une petite distance de l'extrémité de la queue; elle est donc très-longue. Elle est aussi très-haute, sa hauteur surpassant la moitié de sa longueur. Son contour est arrondi; et elle s’élève comme un demi-disque, ou plutôt comme une voile, qui a fait nommer l'animal Voilier, et d’après laquelle nous lui avons donnéle nom générique de portevoile (éstiophorus, istiophore ‘).

Le porte-glaive nage souvent à la surface de l’eau, au-dessus de laquelle sa nageoire dorsale parait d’assez loin, et présente une surface de quinze ou seize décimètres de long, sur huit ou neuf de haut. Il habite les mers chaudes des Indes orientales aussi bien que des occidentales. Le célèbre chevalier Banks l’a vu à Madagascar et à l'Ile-de-France. Il a pris à Surate un individu de cette espèce, qui avait plus de trois mètres de longueur, dont le plus grand diamètre du corps était d’un quart de mètre , et qui pesait dix myriagrammes.

Dans sa natation rapide, l’istiophore porteglaive s’avance sans crainte, se jette sur de trèsgros poissons, ne recule pas devant l’homme, et se précipite contre les vaisseaux, dans le bordage desquels il laisse quelquefois des tronçons de son arme brisée par la violence du choc. 11 lutte avec facilité contre les ondes agitées, ne se cache pas à l’approche des orages, parait même rechercher les tempêtes, pour saisir plus promptement une proie troublée, fatiguée, et, pour ainsi dire, à demi vaineue par le bouleversement des flots; et voilà pourquoi son apparition sur l'Océan a été regardée par des navigateurs comme le présage d’un ouragan.

Jlavale tout entiers des poissons longs de trois ou quatre décimètres. Lorsque encore jeune il ne présente qu’une longueur d’un mètre ou environ, sa chair n’est pas assezimbibée de graisse pour être indigeste; et de plus elle est trèsagréable au goût.

1 lor:cv, en grec, signifie voile de navire.

aus

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