CENTIÈME GENRE
LES PÉRISTÉDIONS.
Des rayons articulés et non réunis par une membrane , auprés des nageoires pectorales ; une seule nageoire dorsale, point d'aiguillon dentelé sur le dos ; une ou plusieurs plaques osseuses au-dessous du corps.
ESPÈCES. CARACTÈRES
LE PÉRISTÉDION MA-
Tout Le corps cuirassé.
LARMAT.
LE PÉRISTÉDION CHA-
BRONTÈRE.
Deux plaques osseuses garnissant le dessous du corps.
LE PÉRISTÉDION MALARMAT ?.
Drigla cataphracta , Linn., Gmel. ; Peristedion Malarmat, Lacep., Cuv.
Les plaques osseuses qui garnissent le dessous du corps des péristédions, et y forment une sorte de plastron, séparent ces poissons des trigles proprement dites, et nous ont suggéré le nom générique que nous leur donnons #. Cette cuirasse est très-étendue sur la partie inférieure du malarmat; elle la couvre en entier ; elle se réunitavec celle qui défend la partie supérieure ; ou, pour mieux dire , la totalité du corps et de la queue de cet osseux est renfermée dans une sorte de gaine composée de huit rangs de lames qui la font paraitre octogone.Chacune de ces lames est plus large que longue, irrégulièrement hexagone, et xlevée dans son milieu par un piquant recourbé vers l'arrière. Ces plaques ou lames dures sont d'autant moins grandes qu’elles sont placées plus près de la queue, et l’on compte quelquefois plus de quarante pièces à chacune des rangées longitudinales de ces lames aiguillonnées.
La tête est renfermée, comme celle de pres-
HA. Cuvier considère les Malarmats ou Péristédionscomme formant un sous-genre dans son grand genre Trigle, D.
2 Pesce capone, Pesce furea, Forchato, Pesce forcha, en Italie. — Scala feno, dans la Ligurie.— Gabel fisch, Panzerhalm, en Allemagne. — Roode duyrel visch, en Hollande. —Rochet, en Angleterre. — Jkan seylan mera, et ikan paring, dans les Indes orientales. — ÔXdorec, en grec. — Bloch, pl. 549. — Trigle malarmat.— Daubenton, Enc. méth. — Jd. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Mus. Adolph. Fr. 2,p.92*.—« Trisla..…. corpore octogono. » Artedi, gen. 46,syn. 75.— « Lyra altera Rondeletii. » Aldrov., L. 2, 6. 7, p. 147. — Id, Willugbby, p. 285. — Id. Rai, p. 89. — Lyra.Salvian., fol. 192, b, adiconem, et 195. — Malarmat. Rondelet, part. 1,1. 16, ©. 9.- Gesner, p. 517, 610; et (germ.) fol. 20, b. — Gronov. Mus. 1, n.98.— Malarmat. Duhamel, Traité des pêches, part. 2, sect. 8, c. 5, p. 4115, pl. 9, fig. 1 gt2.—1d, Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.
' Iegcornôey ,°n grec, signifie pectoral, plastron.
que ‘toutes les ‘trigles, dans une enveloppe à quatre faces, dure, un peu osseuse, relevée par des/arêtes longitudinales, et parsemée de piquants dans sa partie supérieure. Le museau se termine’en deux os longs et plats, dont l’ensemble ressemble assez à celui d’une fourche.
Les mâchoires sont dépourvues de dents proprement dites ; le palais et la langue sont lisses. On voit à la mâchoire inférieure plusieurs barbillons très-courts, et deux autres barbillons longs et ramifiés.
Chaque opercule est composé d’une seule lame, et terminé en pointe. L’anus est plus près du museau que de la nageoire caudale, qui est en croissant; et on ne compte auprès de chaque nageoire pectorale que deux rayons articulés et libres ; ce qui donne au malarmat un rapport de plus avec la trigle cavillone *.
Presque tout l'animal est d'un rouge pâle, comme plusieurs trigles ; les thoracines sont grises, et les pectorales noirûtres.
Le malarmat habite non-seulement dans la mer Méditerranée, mais encore dans celle qui baigne les Moluques. Il ne parvient guère qu’à la longueur de six ou sept décimètres. Et l’on doit croire que si le poisson nommé Cornuta par Pline est le malarmat, il faut lire dans cet auteur, et avec Rondelet, que les cornes ou appendices du museau de cet osseux ont un demipied (cornua semipedalia), et non pas un pied et demi (sesquipedalia). Nous devons même ajouter qu'il y aurait encore de l’exagération dans cette évaluation des appendices du malarmat , et que des cornes de deux décimètres de longueur supposeraient, dans les dimensions générales de ce poisson, une grandeur bien audessus de la réalité.
Le péristédion que nous décrivons se nour= rit de mollusques, de vers marins et de plantes marines. Il se tient souvent au fond de la mer; et quoique sa:chair soit dureet maigre, on le pêche dans beaucoup d’endroits pendant toute l’année, particulièrement pendant le printemps. On le prend communément avec des filets. Il nage avec beaucoup de rapidité ; et comme il est très-vif dans ses mouvements, il brise fré=
{7 rayons à la membrane branchiale, 7 rayons à la première partie de la nageoire du dos, dont la membrane est plus basse que ces mêmes rayons, 26 rayons à la seconde partie de cette même nageoire, 42 à chaque pectorale, 20 2 celle de l'anus, 15 à celle de la queue.
quemment ses appendices contre les rochers ou d'autres corps durs.
La vessie natatoire est grande, ce qui ajoute à la facilité avec laquelle le malarmat peut se soutenir dans l’eau , malgré la pesanteur de sa euirasse. Le pylore est entouré de six petits
| cœcums.
LE PÉRISTÉDION CHABRONTÈRE !.
Peristedion Chabrontera. Lac. ; Trigla hamata , BI., Schn. ?.
La chabrontère n’a, comme le malarmat, que deux rayons libres et articulés, auprès de chaque nageoire pectorale ; son museauest fourchu, comme celui du malarmat ; mais elle n’est pas renfermée dans une gaîne octogone. Deux plaques osseuses défendent cependant la partie inferieure de son corps : elles s’étendent depuis la poitrine jusqu'à l'anus. On compte plusieurs aiguillons droits ou recourbés au-dessus du museau; et on en voit trois au-dessus et trois autres au-dessous de la queue *. Toutes les nageoires, excepté la caudale, sont très-longues , et d’un rouge éclatant,
On trouve la chabrontère dans la Méditerranée.