LE MULLE SURMULET
Mallus surmuletus, Linn., Gmel., Lacep., Bl., Cuv. ?,
Des raies dorées et longitudinales servent à
distinguer ce poisson du rouget. Elles s’éten-:
dent non-seulement sur le corps etsur la queue, mais encore sur la tête, où elles se marient, d’une manière très-agréable à l'œil, avee le rouge argentin qui fait le fond de la couleur de cette partie. Il paraît que ces nuances disposées en raies appartiennent aux écailles, et par conséquent s’évanouissent par la chute de ces lames, tandis que le rouge sur lequel elles sont dessinées, provenant de la distribution des vaisseaux sanguins près de la surface de l’animal, subsiste dans tout son éclat, lors même que le poisson est entièrement dépouillé de son tégument écailleux. Le brillant de l'or resplen-
4 Barbarin , Rouget barbé, Mulet barbé, dans plus. contrées de France. — Tekyr, en Turquie. — Rothbart, en Allemagne. — Peter mœnnchen, Goldecken , dans le Holstein. — Schmerbutten, et baguntken, près d'Eckernfærde. Konig van de haaring, en Hollande. — Byenaneque , et baart-mannetje, dans les Moluques hollandaises, — /Zkan tamar, à la Chine. — Mulet surmulel. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — « Trigla capite glabro, lineis utrinque qua- « tuor luteis, etc. » Artedi, gen. 45, syn. 72. — Mullus major. Salvian. — « Mullus major ex Hispania missus, » Aldrov., 1 2,c.1, p.125, — « Mullus major noster ét Salviani. » Willughby, p.285, tab. S,7, fig. 1. — Raï, p. 91, n. 2. — Brünn. Pisc. Massil., p. 71, n. 88. — Surmulet. Bélon, Aquat., p. 176.— Striped surmulet. Brit. Zool, 3, pag. 229, n, 2, tab. 15.
2 Du sous-genre des mulles proprement dits, dans le genre Mulle, selon M. Cuvier, qui le désigne par les dénominations le Surmulet, ou grand mulle rayé de jaune, D.
dit d’ailleurs sur les nageoires; et c’est ainsi que les teintes les plus riches se réunissent sur le surmulet, comme sur le rouget, mais combinées dans d’autres proportions, et disposées d’après un dessin différent.
L'ouverture de la bouche est petite; la m4choire supérieure un peu plus avancée que l’ins férieure; et la ligne latérale parallèle au dos, excepté vers la nageoire caudale. Les deux bar billons sont un peu plus longs à proportion que ceux du rouget!.
Le surmulet vit non-seulement dans la Méditerranée et dans l'Océan Atlantique boréal, mais encore dans la Baltique, auprès des rivages des Antilles , et dans les eaux de la Chine. Il y varie dans sa longueur depuis deux jusqu’à cinq décimètres ; et quoique Juvénal ait écrit qu’un mulle qui parait devoir être rapporté à la même espèce que notre surmulet, a pesé trois kilogrammes, on ne peut pas attribuer à un surmulet, ni à aucun autre mulle, le poids de quarante kilogrammes, assigné par Pline à un poisson de la mer Rouge, que ce grand écrivain regarde comme un mulle, mais qu’il faut plutôt inscrire parmi ces silures si communs dans les eaux de l’Ésypte, dont plusieurs deviennent trés-grands, et qui, de même que les mulies, ont leur museau garni de très-longs barbillons.
Le mulle surmulet a la chair blanche, un peu feuilletée, ferme, très-agréable au goût, et malgré l'autorité de Galien, facile à digérer, quand elle n'est pas très-grasse. Nous avons vu dans l’article précédent, qu'il était, comme le rouget, pour les Romains qui vivaient sous les premiers empereurs, un objet de recherche et de jouissance insensées. Aussi ce poisson avaitil donné lieu au proverbe: Ne le mange pas qui le prend. Les morceaux que l’on en estimait le plus , étaient la tête et le foie.
Il se nourrit ordinairement de poissons très. jeunes, de cancres, et d'animaux à coquille, Galien a écrit que l’odeur de ce poisson était désagréable, quand il avait mangé des cancres; et, suivant Pline, il répand cette mauvaise odeur, quand il a préféré des animaux à coquille. Au reste, comme le surmulet est vorace , il se jette souvent sur des cadavres, soit d'hommes, soit d'animaux. Les Grecs croyaient
{5rayons à la membrane des branchies, 7 rayons aiguillonnés à la première nageoire dorsale, 9 rayons à la seconde, 15 à chacune des pectorales, 6 à chacune des thoracines,7 a celle de l'anus, 22 à celle de la queue
même qu’il poursuivait et parvenait à tuer des poissons dangereux; et le regardant comme une sorte de chasseur utile, ils l'avaient consacré à Diane.
Les surmulets vont par troupes, sortent vers le commencement du printemps, des profondeurs de la mer, font alors leur première ponte auprès des embouchures des rivières, et, selon Aristote, pondent trois fois dans la même année, comme d’autres mulles, et de même que plusieurs trigles.
On les pêche avec des filets, des louves !, des nasses, et surtout à lhamecon; et dans plusieurs contrées, lorsqu'on veut pouvoir les envoyer au loin sans qu’ils se gâtent, on les fait bouillir dans de l’eau de mer aussitêt après qu'ils ont été pris, on les saupoudre de farine, et on les entoure d’une pâte qui les garantit de tout contact de l'air.
Nous ne rapporteronspas le conte adopté par Athénée, au sujet de la prétendue stérilité des surmulets femelles, causée par de petits vers qui s’engendrent dans leur corps lorsqu’elles ont produit trois fois. Nous ne réfuterons pas Lopinion de quelques auteurs anciens qui ont écrit que du vin dans lequel on avait fait mourir des surmulels, rendait incapable d’engendrer , et que ces animaux attachés crus sur une partie du corps , guérissaient de la jaunisse; et nous terminerons cet article en disant que ces poissons ont le canal intestinal assez court, et vingt-six cœcums auprès du pylore.