‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 237 sur 535 · NOMENCLATURE · texte numérisé non relu

NOMENCLATURE

Des Labres, Cheilines, Cheïlodiptères, Ophicéphales, Hologymnoses, Scares, Ostorhinques, Spares , Diptérodons, Lutjans, Centropomes, Bodians, Tænianotes, Sciènes, Microptères, Holocentres , et Persèques.

Les poissons renfermés dans les dix-sept genres que nous venons de nommer, forment bien plus de deux cents espèces, et composent par leur réunion une tribu, à l’examen, à la description, à l’histoire de laquelle nous avons dù apporter une attention toute particulière. En

effet, les caractères généraux par lesquels on pourrait chercher à la distinguer, se rapprochent beaucoup de ceux des tribus ou des genres voisins. De plus, les espèces qu'elle comprend ne sont séparées l’une de l’autre que par des traits peu prononcés, de manière que depuis le genre qui précéderait cette grande et nombreuse tribu en la touchant immédiatement dans l’ordre! le plus naturel, jusqu’à celui qui la suivrait dans ce même ordre en lui étant aussi immédiatement contigu, on peut aller d'espèce en espèce en ne parcourant que des nuances très-rapprochées. Et comment ne s’avancerait-on pas ainsi, en ne rencontrant que des différences très-peu sensibles, puisque les deux extrêmes de cette série. se ressemblent beaucoup, sont placés, par conséquent, à une petite élévation l’un audessus de l’autre , et cependant communiquent ensemble, si je puis employer cette:expression, par plus de deux cents degrés ?

Les divisions que l’on peut former dans cette longue série ne peuvent done être déterminées qu'après beaucoup de soins, de recherches et de comparaisons; et voilà pourquoi presque tous les naturalistes, même les plus habiles, n'ayant pas eu à leur disposition assez de temps, ou des collections assez nombreuses, ont établi pour cettetribu , des genres caractérisés d’une manière si faible, si vague, si peu constante, ou si erronée, que, malgré des efforts pénibles et une patience soutenue, il était quelquefois impossible , en adoptant leur méthode distributive, d'inscrire un individu de cette tribu, que l’on avait sous les yeux, dans un genre plutôt que dans un autre, de le rapporter à sa véritable espèce, ou, ce qui est la même chose, d’en reconnaitre la nature.

Bloch avait senti une partie des difficultés que je viens d’exposer; il a proposé, en conséquence, pour les espèces de cettegrande famille, plusieurs nouveaux genres, dont j’ai adopté quelques-uns : mais son travail à l’égard de ces animaux m'a paru d'autant plus insuffisant, qu’il n’a pas traité de toutes les espèces de cette tribu connues de son temps; qu'il n’avait pas à classer les espèces dont je vais publier, le premier, la description ; que les caractères génériques qu'il a choisis ne sont pas tous aussi importants qu'ils doivent l’être pour produire de bonnes associations génériques; etenfin, qu'ayant composé plusieurs genres pourla tribu qui nous oceupe, longtemps après avoir formé

IDES POISSONS

pour cettemême famille un assez grand nombre d’autres genres, sans prévoir, en quelque sorte, le besoin d’un supplément de groupes, il avait \déjà placé, dans ses anciens genres, des espèces qu'il devait rapporter aux nouveaux genres qu'il voulait fonder.

Profitant donc des travaux de mes prédécesseurs, de l'avantage de pouvoir examiner d’immenses collections , des observations nombr euses que plusieurs naturalistes ont bien voulu me communiquer, et de l'expérience que j'ai acquise par plusieurs années d'étude et par les différents cours que j’ai donnés, j'ai considéré dans leur ensemble toutes les espèces de Ja tribu que nous avons dans ce moment sous les yeux; je l’ai distribuée en nouveaux groupes; et recevant certains genres de Linnée et de Bloch, modifiant les autres ou les rejetant, yajoutant de nouveaux genres, dont quelquesuus avaient été indiqués par moi dans mes cours et adoptés par mon savant ami et confrère M. Cuvier dans ses Éléments d'histoire naturelle, donnant enfin à toutes ces sections des caractères précis, constants et distincts, j'ai terminé l'arrangement méthodique dont on va voir le résultat.

J'ai employé et circonscrit d’une manière nouvelle et rigoureuse les genres des Labres, des Scares, des Spares, des Lutjans, des Bodians , des Holocentres , et des Persèques. J’ai introduit parmi ces associations particulières le genre des Ophicéphales, proposé récemment par Bloch. Séparant dans chaque réunion les poissons à deux nageoires dorsales , de ceux qui n’en offrent qu’une, j’ai fait naître le genre des Cheiïlodiptères dans le voisinage des Labres, celui des Diptérodons auprès des Spares, celui des Centropomes à la suite des Lutjans, celui des véritables Sciènes, que l’on a eu jusqu'ici tant de peine à reconnaitre, à une petite distance des Bodians. J’ai placé entre ces Sciènes et les Bodians , le nouveau genre des Tœniamotes , qui forme un passage naturel des unes aux autres ; j’ai inserit le nouveau groupe des Cheilines entre les Labres et les Cheilodiptères , celui des Æologymnoses entre les Ophicéphales et les Scares , celui des Ostorhinques entre les Scares et les Spares, celui des Micropteres entre les Sciènes et les Holocentres ; et j'ai distribué parmi les Labres, parmi les Lutjans, ou parmi les Holocentres, les espèces appliquées par Bloch à ses genres des Jolnius, |

des Anthias, des Épinéphèles, et des Gymnocéphales, qui m'ont paru caractérisés par des traits spécifiques plutôt que par des caractères génériques, et que, par conséquent, je n'ai pas cru devoir admettre sur mon tableau général

Toutes ces opérations ont produit les dixseptgenres des Labres, des Cheilines, des Cheilodiptères, des Ophicéphales , des’ Hologyinnoses, des Scares, des Ostorhinques, des Spares , des Diptérodons, des Luljans, des Centropomes , des Bodians , des Tæœnianotes, des Seiènes, des Microptères, des Holocentres, et des Persèques, dont nous allons tâcher de présenter les formes et les habitudes.

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