‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 27 sur 535 · VINGT-DEUXIÈME GENRE · texte numérisé non relu

VINGT-DEUXIÈME GENRE

LES CÉCILIES.

Poinr de nageoires, l'ouverture des branchies sous le cou.

ESPÈCE. CARACTÈBES.

Le corps anguilliforme ; le museau trèspointu ; les dents aiguës: huit petits trous sur le devant de la tête, sept sur le sommet de cette même partie, sept sur l'occiput,

La CECILIE BRAN- DERIENNE.

LA CECILIE BRANDÉRIENNE !.

€Cæcilia branderiana, Lacep.; Muræna cæca, Linn., Gmel.; Sphagebranchus cæcus, Bl., Cuv. 1,

Nous avons dû nous déterminer d’autant plus aisément à placer les cécilies dans un genre dif- ‘ Muréne aveugle, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

? M. Cuvier place ce poisson dans le sous-genre Sphagebranche de soû genre ANGUILLE (Muræna). D.

férent de toutes les autres familles de poissons osseux , et particulièrement des murènes, parmi lesquelles elles ont été inscrites, qu’elles présentent un caractère distinctif des plus remarquables : elles n’ont absolument aucune sorte de nageoire ; et ce défaut constant est d’autant plus digne d'attention, que, pendant longtemps, on a regardé la présence de plusieurs nageoires, ou au moins &’une de ces parties, comme une marque caractéristique de la classe des poissons. Cette absence totale de ces organes extérieurs de mouvement suffirait même pour séparer les cécilies de tous les poissons cartilagineux, puisqu'elle n’a encore été observée sur aucun de ces derniers animaux, ainsi qu’on a pu s’en convaincre en lisant leur histoire. D'ailleurs on n’a pas encore découvert un organe de la vue dans les cécilies : elles en paraissent entièrement privées ; et, par cette cécité, elles s’éloignent non-seulement de presque tous les poissons, mais même de presque tous les animaux vertébrés et à sang rouge, parmi lesquels on ne connaît encore qu’un mammifere nommé 77phle, et le genre des cartilagineux nommés Gastrobranches, qui aient paru complétement aveugles. C’est donc avec les gastrobranches qu'il faut particulièrement comparer les cécilies. D’autres rapports que celui de la privation de la vue les lient d'assez près. Les ouvertures des branchies sont placées sous le corps, dans ces deux genres ; mais dans les gastrobranches elles sont situées sous le ventre, pendant que dans les cécilies on les voit sur la partie inférieure du cou. Ces deux familles ont le corps très-allongé, cylindrique, serpentiforme, souple comme celui des murènes , enduit d’une humeur abondante ; et on distingue aisément sur la tête des cécilies les principales ouvertures par lesquelles se répand cette viscosité. Dans la seule espèce de ce genre décrite jusqu’à présent, on remarque aisément huit pores ou petits trous sur le devant de la tête, sept au sommet de cette même partie, et sept autres sur l’occiput : ces vingt-deux orifices sont certainement les extrémités des vaisseaux destinés à porter à la surface du corps la liqueur onctueuse propre à la ramollir et à la lubrifier. Cette même espèce dont Linnée a dû la première connaissance à Brander, et que nous avons cru devoir en conséquence nommer /& Brandérienne, a les mâchoires très-avancées, at garnies de dents très-aiguês ; c'est au-dessous

DES POISSONS

de son museau, qui est très-pointu, que l’on | son existence, et qui a laissé dans ses manu-

voit de chaque côté, au bout d’un très-petit tube, l’ouverture des narines ; et de plus, l'anus est plus près de la tête que de l'extrémité de la queue. Cette cécilie vit dans les eaux de la Méditerranée , auprès des côtes de la Barbarie, où elle a été observée par Brander.

Nous n’avons pas vu cette espèce. Nous soupconnons qu’elle n'a ni opercule ni membrane des branchies. Si notre conjecture à cet égard était fondée, il faudrait ôter les cécilies de la place que nous leur avons donnée dans le tableau général, et les transporter de la tête du premier ordre de la première division des osseux, au premier rang du premier ordre de la quatrième division de ces mêmes osseux.

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