‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 392 sur 535 · TÆNIA · texte numérisé non relu

TÆNIA

Le cobite loche est très-petit; il ne parvient guère qu'à la longueur de quatre ou cinq pou-

41 M. Cuvier conserve le genre Loche, ou Dorinille(Cobitix, Linn.), et le place dans l'ordre des Matacoptérygiens abdo minaux, et dans la famille des Cyprinoïdes. Ii lui réunit le genre Misgurne de Lacépède. D.

2 Petit barbct, Loche franche ,en France. — Schmerl. dans plus. cantons d'Allemagne. — Schmerling, Schmerlein, en Prusse. — Grändel, Gründling, Bartgrundel, en Silésie. — Smerle, Smirlin, en Saxe. — Piskosop, en Russie. — Gronling, en Suède. — Smerling,en Danemarck. — Hoogkyner, en Hollande. — Groundlin, en Angleterre. — Cobite franche barbotte. Davbenton et Haüy, Enc. méth.— Id. Bonvaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 51, fig. 5. — Mus. Ad. Frid. 2, p. 95". — Faun. Suec 541. — Müller, Prodrom. Zool. Dan., p.47, n. 401. — Wulff, Ichtn., p. 51, n.5$. — « Cubitis tota glabra, elc. » Artedi, gen. 2, syn. 2— « Cobitis barbatula. » Gesner, p. 401; et (germ.) fol. 165, 4. — Jd. Aldrov., 1. 5, c. 51, p.618. — /d. Jonston, 1. 5,t 1, c. 12, art. 5, tab. 26, fig. 22. — Jd. Charlet., p. 157.— « Cobictis fluvialiis. » Schon., p. 51. — /d. Willughby, p. 265, tab. Q. 8, fig. 1. — Id. Rai, p.124, n.5. — Fundulus, sin grundulus. Figul., f. 1, b.— Gronov. Mus. 1, p-2,n.6; Zooph., p.56, n. 202. —« Enchelyopus nobilis cinereus, ele. » Klein, Miss. pisc. 4, p. 39, 0.5, tab. 15, fig. 4. — Loche Roudelet, part. 2, c. 28. — Fundulus. Marsil. Danub. 4, p. 74, tab, 25, fig. 1.— Loche. Brit. Zool. 5, p. 257, 0.1.

5 M. Cuvier cite cette espèce de Cobite. D.

4 Loche de riviére, en France. — Steinbeisel, en Autriche. — Steinpilzger, Sleibenisser, Steingrundel, Steinschmert, en Allemagne. —Sch meerpätte, Sleinbicker, dans le Schlesswig — Schmerbutle, Steinbiker, en Danemarc£. — Tanglake, en Suède.— Dorngrundel, Akminagrausi:,

ces : mais le goûtde sa chair est très-agréable; et, dans plusieurs contrées de l'Europe, on a donné beaucoup d’attention , et des soins trèsmultipliés à ce poisson. On le trouve le plus souvent dans les ruisseaux et dans les petites rivières qui coulent sur un fond de pierres ou de cailloux, et particulièrement dans ceux qui arrosent les pays montagneux. Il vit de vers et d'insectes aquatiques. Il se plaît dans l’eau courante, et parait éviter celle qui est tranquille : mais des courants trop rapides ne lui conviennent pas; etc’est ce que nous a appris, dans des notes manuscrites très-bien faites, M. Pénières, membre du Tribunat. Nous avons vu dans ces notes, qu'il a bien voulu rédiger pour nous, que, dans les rivières des départements du Cantal et de la Corrèze, la loche préfère les eaux profondes, et même quelquefois les eaux dormantes, à celles qui sont très-agitées et très-battues. Elle change rarement de place dans ces portions de rivière dont le courant est moins fort; elle s’y tient comme collée contre le sable ou le gravier, et semble s’y nourrir de ce que l’eau y dépose.

Elle est la victime d’un très-grand nombre de poissons contre lesquels sa petitesse ne lui permet pas de se défendre ; et malgré cette même petitesse qui devrait lui faire trouver si facilement des asiles impénétrables, elle est la proie des pêcheurs, qui la prennent avec le carrelet,

avec la louve et avec la nasse ‘. On la recherche |

surtout vers la fin de l’automne, et pendant le printemps, qui est la saison de sa ponte. À ces

en Livonie. — Cobite loche. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Fauu. Suec. 542. — Wuiff, Ichth., p. 51, n. 59, — Loche de rivière. Bloch, pl. 51, fig. 2. — « Cobitis aculeo bifurco, etc. » Artedi, gen. 2, syn. 5, spec. 4. — Cobitis aculeata, seconde e-pèce de loche. Roudelet, part. 2, c. 24. — Jd. Aldrov., 1. 5, c. 50, p. 617. — /d. Gesner, p. 404. — « Gobitis barbatula acu- « leata. » Willughby, {chth., p. 265, tab. Q.8, fig. 5 — « Tie- « nia corauta. » /d. p. 266, tab. Q.8, fig. 6. — /d. et« Cobi- # Us barbalula aculeata. » Raï, p. 124. — /d.Jonston, p.142, tab. 46, 6g. 21, 25. — Gronov. Mus. 1, n. 5. — Klein, Miss. pisc. 4, p.59, n. 4.— « Cobitis aculeata. » Marsil. Dan. 4, p. 5, tab. 1, fig. 2. — « Lampetra, et cubitis pungeus. » Frisch, Misc. Berol. 6, p. 120, t. 4, nu. 5.

5 M. Cuvier cite encore cette espèce. D.

# Cette espèce n'est pas indiquée par M. Cuvier. D.

4 Voyez, à l'article du Pétromyzon lamproie, ce que nous avons dit de la nasse et de la louve. Quant au carrelet, c'est un filet eu forme de nappe carrée, et attachée par les quatre coins aux extrémités de deux arcs qui se croisent. Ces ares sont fixés au bout d'une perche , à l'eadroit de leur réunion, On tend ce filet sur le fond des rivières; et dès qu'on aperçoit des poissons au-1essus, Ou le relève avec rapidité. On donne aussi au currelel les noms de calen, de venturon, d'échiquier, et de hunier.

deux époques, sa chair est si délicate, qu’on la prefère à celle de presque ‘tous les autres habitants des eaux, surtout, disent dans certains pays les hommes occupés des recherches les plus minutieuses relatives à la bonne chère, lorsqu'elle a expiré dans du vin ou dans du lait. Elle meurt tr”--vite dès qu’elle est sortie de l'eau, et même dès qu’on l’a placée dans quel-

| que vase dont l’eau est dans un repos absolu.

On la conserve, au contraire, pendant longtemps en vie, en la renfermant dans une sorte de huche trouée que l’on met au milieu du courant d’une rivière.

Lorsqu'on veut la transporter un peu loin, on a le soin d’agiter continuellement l'eau du vaisseau dans lequel on la fait entrer, et l’on choisit un temps frais, comme, par exemple, la fin de l'automne. C’est avec cette double précaution que Frédéric I:", roi de Suède, fit venir d’Allemagne des loches qu'il parvint à naturaliser dans son pays !.

Quand on veut faire réussir ces cobites dans une rivière ou dans un ruisseau, on pratique une fosse dans un endroit qui ait un fond de cailloux, ou qui recoive l’eau d’une source. On donne à cette fosse deux pieds ou deux pieds et demi de profondeur, huit pieds de longueur et quatre de largeur. On la revêt de claies ou planches percées, qu’on établit cependant à une petite distance des côtés de la fosse. L’intervalle compris entre ces côtés et les planches ou les claies, est rempli de fumier, et, quand on le peut, de fumier de brebis. On ménage deux ouvertures , l’une pour l'entrée de l’eau, et l’autre pour la sortie du courant. On garnit ces deux ouvertures d’une plaque de métal percée de plusieurs trous, qui laisse passer l’eau courante, mais fermel’entrée dela fosse àtoutcorpsétranger nuisible et à tout animal destructeur. On place dansle fond dela fosse, des cailloux ou des pierres jusqu’à la hauteur de six ou huit pouces, afin de faciliter la ponte et la fécondation des œufs. Les loches qu'on introduit dans la fosse s’y nourrissent des sucs du fumier et des vers qui s'y engendrent. On Jeur donne néanmoins du pain de chènevis ou de la graine de pavot. Elles multiplient quelquefois à un si haut degré dans leur demeure artificielle, «qu'on est obligé de construire trois fosses, une pour le frai, une seconde

4 Voyez le Discoursintitulé Des effets de l'art de l’homme sur la nature des poissons.

DES POISSONS

pour l’alevin ou les jeunes loches, et une troisième pour les loches parvenues à leur développement ordinaire. :

Au reste, on peut conserver longtemps ces cobites et les envoyer au loin, après leur mort, en les faisant mariner.

La loche a la mâcheire supérieure plus avancée que l'inférieure; l'ouverture de la bouche, petite; la ligne latérale droite; la nageoire du dos très-courte et placée, à peu près, au-dessus des ventrales; le corps et la queue marbrés de gris et de blanc; les nageoires grises ; la dorsale et la caudale pointillées et rayées ou fascées de brun ; le foie grand, ainsi que la vésicule du fiel ; le canal intestinal assez court; l’épine dorsale composée de quarante vertèbres, et fortifiée par quarante côtes.

Parmi les poissons d’eau douce ou de mer dont on a reconnu des empreintes dans la carrière d'OEningen , près du lac de Constance !, on doit compter le cobite loche. On doit comprendre aussi au nombre de ces poissons le cobite tænia.

Ce dernier cobite se trouve dans les rivières comme la loche; il s’y tient entre les pierres. Il se nourrit de vers, d'insectes aquatiques, d'œufs,et même quelquefois de très-jeunesindividus de quelques petites espèces de poissons. II perd la vie plus difficilement que la loche; et quand on le prend, il fait entendre une espèce de bruissement semblable à celui des balistes, des trigles, des cottes, des zées, ete. Bloch ayant mis deux tænias dans un vase plein d'eau de rivière etdans le fond duquel il avait étendu du sable, les vit s'agiter sans cesse et remuer perpetuellement leurs lèvres.

La chair des tænias est maigre et coriace; et d’ailleurs, ils sont d'autant moins recherchés , que l’on ne peut guère les saisir sans être piqué par les petits aiguillons situés auprès de Teurs yeux. Mais s'ils ont moins à craindre des pêcheurs que les loches, ils sont la proie des persèques , des brochets, ét des oiseaux d’eau.

Leur ligne latérale est à peine sensible; ils atteignent qu'à la longueur de quatre à huit pouces. Leur dos est brun; leurs côtés sont jaunätres, avec quatre rangées de taches brunes, inégales, et irrégulières; les pectorales et l'anale sont grises; une nuance jaune distingue les ventrales; la dorsale est jaune et ornée de

1 Voyage dans les Alpes, par Saussure, s 1855,

| cinq rangs de points bruns; la caudale montre sur un fond gris quatre ou cinq rangées transversales de points; le foie est long; la vésicule du fiel, petite; le canal intestinal sans sinuosités; l'épine du dos formée de quarante vertèbres ; etle nombre. total des côtes, de cinquante- Six.

Nous devons à M. Noëlla description du cobite trois-barbillons , qui se plait dans les ruisseaux d’eau courante et vive des environs de Rouen, et que l'on trouve, vers l’équinoxe du printemps, gras et plein d'œufs ou de laite. Sa partie supérieureest d’un roux brun, et parsemée de taches arrondies ; l’inférieure est d’un fauve clair, ainsi que les nageoires. La dorsale et la nageoïire de la queue sont pointillées de noirâtre le long de leurs rayons !.

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