‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 406 sur 535 · HI · texte numérisé non relu

HI

des fleuves et des lacs. On l’a comparé à d’énormes cétacées ; on l’a nommé la baleine des eaux douces. On s’est plu à dire qu’il régnait sur ces lacs et sur ces fleuves, comme la baleine sur l'Océan. Ce privilége de la grandeur aurait seul attiré les regards vers ce silure. Ce qui est grand fait toujours naître l’étonnement, la curiosité , l'admiration, les sentiments élevés, les idées sublimes. À sa vue, le vulgaire surpris et d’abord accablé comme sous le poids d’une supériorité qui lui est étrangère, se familiarise cependant bientôt avec des sensations fortes, dont il jouit d'autant plus vivement qu'elles lui étaient inconnues ; l'homme éclairé en recherche, en mesure, en compare les rapports, les causes, les effets; le philosophe, découvrant dans cette sorte d’exemplaire dont toutes les parties ontété, pour ainsi dire, grossies , le nombre, les qualités, la disposition des ressorts ou des éléments qui échappent par leur ténuité dans des copies plus circonscrites , en contemple l’enchaînement dans une sorte de recueillement religieux; le poëte, dont l'imagination obéit si facilement aux impressions inattendues ou extraordinaires, éprouve ces affections vives, ces mouvements soudains, ces transports irrésistibles dont se compose un noble enthousiasme; et le génie, pour qui toute limite est importune , et qui veut commander à l’espace comme au temps, se plait à reconnaître son empreinte dans le sujet de son examen, à trouver une masse très-étendue soumise à des lois, et à pouvoir considérer l'objet qui l'occupe, sans cesser de tenir ses idées à sa propre hauteur.

Lecaractère de la grandeur est d’inspirer tous

| ces sentiments, soit qu'elle appartienne aux ou-

vrages de l’art, soit qu'elle distingue les productions de la nature ; qu’elle ait été départie à la matière brute, ou accordée aux substances organisées, et qu'on la compte parmi les attributs

cha, en Italie. — Hardscha, en Hongrie. — Glano, dansles environs de Constantinople. — Schaden, en Autriche. — èls, Wualler, Scheid, Schoiden, en Allemagne.—Szum, ea Pologne. — Sumus, en langue esclavone. — (Ckamswels, en Livonie. — Som, en Russie, — Dschium, en Tartæ rie. — Zolbarte, chez les Calmouques. — Mäl, en Suède, — Mall et Malle, en Danemarck. — Meerval, en Hollande. — The seat fish, en Angleterre.— Bloch, pl.34.— Silure mal. Daubenton et Haüy, Euc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Faun. Suec. 544. — Meiding. IC. pisc. Austr. t. 9. — Mal. It. Scan. 61. — Silurus. Act. Stockh. 17%, p- 54,1.5.— «Silurus cirris quatuor in ment.» Artedi, gen. 82, syn. 140. — Gronov. Mus. 1, n. 23, 1. 6, fig. 4.

3 Du sous-genre SILURE, dans le grand genre SILURE famille des siluroïdes, division des malacoptérygiens abdomI-

des êtres vivants et sensibles. On a dû également les éprouver et devant les jardins suspendus de Babylone, les antiques pagodes de l'Inde, les temples de Thebes, les pyramides de Memphis , et devant ces énormes masses de rochers amoncelés qui composent les sommets des Andes, et devant l'immense baleine qui sillonne la surface des mers polaires , l'éléphant, le rhinocéros et l'hippopotame, qui fréquentent les riva- | ges des contrées torrides, les serpents démesurés qui infestent les sables brülants de l'Asie, de l’Afrique et de l'Amérique, les poissons gigantesques qui voguent dans l'Océan ou dominent dans les fleuves.

Et quoique tous les êtres qui présentent des dimensions supérieures à celles de leurs analogues, arrêtent nos regards et nos pensées, notre imagination est surtout émue par la vue des objets qui, l'emportant en étendue sur ceux auxquels ils ressemblent le plus, surpassent de beaucoup la mesure que la nature a donnée à l’homme pour juger du volume de ce qui l'entoure ; cette mesure dont il ne cesse de se servir, quoiqu'il ignore souvent l'usage qu'il en fait, et qui consiste dans sa propre hauteur. Un ciron de deux ou trois décimètres de longueur serait pien plus extraordinaire qu'un éléphant long de dix metres, un squale de vingt, un serpent de cinquante, et une baleine de plus de cent, et cependant il nous frapperait beaucoup moins; il surprendrait davantage notre raison , mais il agirait moins vivement sur nos sens ; il s'emparerait moins de notre imagination ; il imprimerait bien moins à notre ame ces sensations profondes, et à notre esprit ces conceptions sublimes |

@ue font naître les dimensions incomparablement | pus grandes que notre propre stature.

Ces dimensions très-rares dans les êtres vivants et sensibles sont celles du glanis.

Un individu de cette espèce, vu près de Lim- | ritz dans la Poméranie, avait la gueule assez grande pour qu'on püt y faire entrer facilement un enfant de six ou sept ans. On trouve dans le Volga des glanis de douze ou quinze pieds de longueur. On prit, il y a quelques années, dans | les eavirons de Spandaw, un de ces silures, qui était du poids de cent vingt livres ; et un autre de ces poissons, pêché à Writzen sur l'Oder, en pesait huit cents.

Le glanis a la tête grosse et très-aplatie de haut en bas ; le museau très-arrondi par-devant; la mächoire inférieure un peu plus avancee que |

celle d’en haut, ces deux mâchoires garnies d’un très-grand nombre de dents petites et recourbées ; quatre os ovales, hérissés de dents aigues, et situés au fond de la gueule; l'ouverture de la bouche très-large; une fossette de chaque côté de la lèvre inférieure ; les yeux ronds, saillants , très-écartés l’un de l'autre, et d’une petitesse d'autant plus remarquable que les plus grands des animaux, les baleines, les cachalots, les éléphants, les crocodiles, les serpents démesurés , ont les yeux très-petits à proportion des énormes dimensions de lewrs autres organes.

Le dos du glanis est épais; son ventre trèsgros; son anale très-longue ; sa ligne latérale droite ; sa peau enduite d’une humeur gluante à laquelle s'attache une assez grande quantité de la vaselimoneuse sur laquelle il aime a se reposer.

Le premier rayon de chaque pectorale est osseux , très-fort et dentelé sus suu bord intérieur ‘.

Les ventrales sont plus éloignées de la tête que la nageoire du dos.

La couleur générale de l'animal est d’un vert mêlé de noir, qui s'éclaircit sur les côtés et encore plus sur la partie inférieure du poisson, et sur lequel sont distribuées des taches noirâtres irrégulières. Les pectorales sont jaunes, ainsi que la dorsale etles ventrales ; ces dernières ont leur extrémité bleuâtre ; et l'extrémité de même que la base des pectorales présentent la même nuance ge bleu foncé. Le savant professeur de Strasbourg, feu mon confrère M. Hermann, rapporte, dans des notes manuscrites qu'il eut la bonté de me faire parvenir peu de moments

| avant sa mort, et auxquelles son digne frère

M. Frédéric Hermann, ex-législateur et maire de Strasbourg, a bien voulu ajouter quelques observations, que les silures glanis un peu avancés en âge qu'il avait examinés dans les viviers de M. Hirschel, avaient le bord des pectorales peint d’une nuance rouge que l'on ne voyait pas sur celles des individus plus jeunes.

L'anale et la nageoire de la queue du glanis

{ Plusieurs poissons compris dans le genre siure, établi par Linnée, et qui ont à chaque pectorale un rayon dur et

dentelé, peuvent, lorsqu'ils étendent cette ngeoire, donner à ce rayon une fxité que l'on ne peut vaincre qu en le détournant, La base de ce rayon est terminée par d ux apo- | physes. Lorsque la pectorale est étendue, l'apouhyse antérieure entre dans un trou de la clavicule; le rayon tourne un peusur soa axe; l'apopliyse, qui est recuurbée. s'accroche an bord du trou; ét le rayon ne peut plus être flécln, à moins

qu'il ne fasse sur son axe un mouvement en sens contraire du premier.

DES POISSOXS.

sont communément d'un gris mêlé de jaune, et bordées d'une bande violette.

Le silure que nous venons de décrire habite non-seulement dans les eaux douces de l'Europe, mais encore dans celles de l'Asie et de lPAfrique. On ne l'a trouvé que très-rarement dans la mer; et il paraît qu'on nel'y a vu qu'auprès des rivages voisins de l'embouchure des grands fleuves, hors desquels des accidents particuliers

eu des circonstances extraordinaires peuvent l’a-

voir quelquefois entraîné. Le professeur Kolpin, de Stettin, écrivait à Bloch, en 1766, qu'onavait pêché un silure de l'espèce que nous examinons, auprès de l'ile de Rügen dans la Baltique.

Comme les baleines, les éléphants, les crocodiles, les serpents de quarante ou soixante pieds, et tous les grands animaux , le glanis ne parvient qu'après une longue suite d'années à son entier développement. On pourrait croire cependant , d’après les notes manuscrites de M. Hermann, que, pendant la première jeunesse de ce silure, ce poisson croît avec vitesse, et que ce n’est qu'après avoir atteint à une longueur considérable, qu'il grandit avec beaucoup de lenteur, et que son développement s'opère par des degrés trèspeu sensibles.

On a écrit qu'il en était des mouvements du glanis comme de son accroissement ; qu'il ne nageait qu'avec peine, et qu'il ne paraissait remuer sa grande masse qu'avec difficulté. La queue de ce silure , et l'anale qui en augmente la surface, sont trop longues et conformées d’une ma-

mais il ne poursuit pas ses victimes. [l préfère ja ruse à la violence ; il se place en embuseade, il se retire dans des creux , au-dessous des planches, des poteaux et des autres bois pourris qui peuvent border les rivages des fleuves qu'il fréquente ; il se couvre de limon ; il épie avec patience les poissons dont il veut se nourrir. La couleur obscure de sa peau empêche qu'on ne le distingue aisément au milieu de la vase dans laquelle il se couche. Ses longs barbillons, auxquels il donne des mouvements semblables à ceux des vers, attirent les animaux imprudents

qu'il cherche à dévorer, et qu'il engloutit d’au-

tant plus aisément qu'il tient presque toujours

| sa bouche béante, et que l'ouverture de sa gueule

nière trop favorable à une natation rapide, pour | qu'on puisse le croire réduit à une maniere de |

s’avancer tres-embarrassée et très-lente. Il faudrait, pour admettre cette sorte de nonchalance et de paresse forcées , supposer que les muscles

de cet animal sont extrêmement faibles. et que |

s’il a recu une rame très-étendue, il est privé de la force nécessaire pour la remuer avec vitesse, et pour l’agiter dans le sens le plus propre à faciliter ses évolutions. La dissection des muscles du glanis n'indique aucune raison d’admettre cette organisation vicieuse. C’est dans son instinct qu'il faut chercher la cause du peu de mouvement qu'il se donne. S'il ne change pas fréquemment et promptement de place, il n’en a pas moins recu les organes nécessaires pour se transporter avec célérité d’un endroit à un autre; mais il n’a ni le besoin, ni par conséquent la volonté, de faire usage de sa vigueur et de ses instruments de natation. Il vit de proie ;

est tournée vers le haut.

Il ne quitte que pendant un mois ou deux le fond des rivières où il a établi sa pêche: c’est ordinairement vers le printemps qu'il se montre de temps en temps à la surface de l'eau ; et c’est dans cette même saison qu'il dépose près des rives, ou ses œufs, ou le suc prolifique qui doit les féconder. On a remarqué qu'il n’allait pondre ou arroser ses œufs que vers le milieu de la nuit, soit que cette habitude dépende du soin

| d'éviter les embüches qu’on lui tend, ou de la dé-

licatessede ses yeux, que la lumière du soleil ble*serait, pour peu qu'elle füt tropabondante. Cette seconde cause pourrait être d'autant plus la véritable, que presque tous les animaux qui passent la plus grande partie de leur vie dans des asiles écartés et dans des cavités obscures, ont l'organe de la vue très-sensible à l’action de la lumière.

Les membres du glanis étant arrosés, imbus et profondément pénétrés d’une humeur gluante, peuvent résister plus facilement que ceux de plusieurs autres habitants des eaux, aux coups qui brisent, aux accidents qui écrasent, aux causes qui dessèchent ; et dès-lors on doit voir pourquoi il est plus difficile de lui faire perdre la vie qu'à beaucoup d’autres poissons ".

On a pense que sa sensibilité était extrêmement émoussée ; on l’a conclu du peu d'agitation qu'il éprouvait lorsqu'il était pris, et de l'espèce d'immobilité qu’il montrait souvent dans toutes ses parties, excepté dans ses barbillons. On aurait dû cependant se souvenir que, malgré le besoin qu'il a dese nourir de substances animales , il paraît avoir l'instinct social. On voit

4 Discour sur ia nature des poissons,

presque toujours deux glanis ensemble; et c’est ordinairement un mâle et une femelle qui vivent ainsi l’un auprès de l’autre.

Malgré sa grandeur, le glanis femelle ne contient qu'un très-petit nombre d'œufs , suivant plusieurs naturalistes ; et si ce fait est bien constaté, ii méritera d'autant plus l'attention des physiciens, qu’il sera une exception à la proportion que la nature semble avoir établie entre la grosseur des poissons et le nombre de leurs œufs !. Bloch rapporte qu’une femelle, qui pesait déjà une livre et demie, n'avait dans ses deux ovaires que dix-sept mille trois cents œufs.

Lorsque les tempêtes sont assez violentes pour bouleverser toute la masse des eaux dans lesquelles vit le glanis, il quitte sa retraite limoneuse, et se montre à la surface des fleuves ; néanmoins, Comme ces oragés sont rares, et que d’ailleurs le temps pendant lequel il est attiré vers les rivages est d’une durée assez courte, il est exposé bien peu souvent à se défendre contre des poissons voraces assez forts pour oser l’attaquer. Mais les anguilles, les lotes, et d’autres poissons beaucoup plus petits, senourrissent deses œufs; et quand il est encore très-jeune, il est quelquefois la proie des grandes grenouilles.

Son œsophage et son estomac présentent, dans leur intérieur, des plis assez profonds; et feu Hartmann ? ainsi que le professeur Schneider 5. ont remarqué que cet estomac jouissait d’une irritabilité assez grande, même après la dissection de l'animal , pour offrir pendant longtemps des contractions et des dilatations alternatives.

Le canal intestinal est court et replié une seule fois ; le foie gros, la vésicule du fiel longue et remplie d’une liqueur jaune; la vessie natatoire courte, large, et divisée longitudinalement en deux. Vingt côtes sont placées de chaque côté de l’épine du dos, qui est composée de cent dix vertèbres.

La chair du glanis est blanche, grasse, douce, agréable au goût, mais mollasse, visqueuse et difficile à digérer. Dans les environs du Volga, dont les eaux nourrissent un très-grand nombre d'individus de cette espèce, on fait avec leur vessie natatoire une colle assez bonne, mais à laquelle on préfère cependant celle que donne la vessie natatoire de l’acipensère huso. Sur les

+ Discours sur la nature des poissons.

3 Mél. de l’acad. des curieux de la nature, déc. 2,an7, p. 80.

Synonymie des poissons d'Artedi, etc., p. 170.

bords du Danube, la peau du glanis, séchée ag soleil, a servi, pendant longtemps, de lard aux habitants peu fortunés ; et du temps de Bélon, cette même peau avait été employée à couvri des instruments de musique.

Les notes manuscrites du professeur Hermann et de son frère le maire de Strasbourg, nous ont appris que MM. Durr, l’oncle et le neveu, marchands poissonniers de cette ville, avaient tâché de naturaliser le glanis dans l’ancienne Alsace. Ils avaient d’abord fait à grands frais plusieurs voyages en Hongrie, pour y chercher dans le Danube plusieurs silures de cette espèce ; ils avaient appris ensuite que des glanis habitent un lac de deux lieues-de tour, situé dans la Souabe, à quelques milles de Doneschingen, à trente ou trente-cinq lieues de Strasbourg, et par conséquent beaucoup plus près des bords du Rhin que les rives hongroises du Danube. Ce lac se nomme en allemand, Feder-see ; en latin, Lacus plumarius ; en français, lac aux Plumes.

Ils en avaient apporté plusieurs de ces silures, qu'on avaitdéjà multipliés dansles étangs de feu le respectable et malheureux Dietrich, au point qu'on y en comptait plus de cinq cents ; mais il ya une douzaine d’années que, lors d'un événementextraordinaire, ces poissons furent enlevés, et il n’en reste plus dans les étangs du département du Bas-Rhin. M. Durr le neveu , et son beau-frère M. Hirschel, font toujours venir du Feder-see des glanis, qu’ils vendent à Strasbourg, ou qu'ils envoient plus loin , et dont les plus petits pèsent ordinairement douze livres ‘.

LE SILURE VERRUQUEUX ?,

Aspredo verrucosus , Cuv.; Platystacus verrucosus, BI. ; Silurus verrucosus, Lac. 5.

ET LE SILURE ASOTE *.

Silurus Asotus, Pallas, Lac., Cuv. 5.

La tête du verruqueux présente, dans sa partie supérieure , un sillon longitudinal, à la suite

416 rayons à la membrane branchiale du silure glanis, 18 à chaque pectorale, 15 à chaque ventrale, 47 à la nageoïre de la queue.

2 Platyste verrue, platyslacus verrucosus. Bloch, pl. 375, fig. 5.

s Du genre ASPRÈDE Ou PLATYSTE, famille des Siluroïdes, daos la division des malacoptérygiens abdominaux. Cuv. D.

4 Silure asote. Daubenton et Haüy, Enc. méth. -— /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

“ Du sousgenre SILURE, dans le grand genre du même nom, famille des Siluroïdes , division des Malacoptérygiens abdominaux, Cuv. D.

DES POISSONS

duquel on voit sur le dos une saillie également longitudinale. 11 n’y a qu’un orifice à chaque narine. Le premier rayon de chaque pectorale est très-dur, très-fort et dentelé.

On trouve dans l'Asie l’asote, qui, de même que le verruqueux, a dans le premier rayon de chaque pectorale une sorte de dard dentelé, et dangereux , par sa dureté et sa grosseur , pour les animaux que ce silure attaque , ou qu'il tàche de repousser. Les dents de ce poisson sont très-nombreuses , et sa nageoire de l'anus s’étend jusqu'à celle de la queue ".

LE SILURE FOSSILE 2.

Silurus fossilis, Linn., Gmel., Bloch, Lac., Cuv.".

Bloch avait reçu de Tranquebar un individu de cette espèce. Le dessus de la tête de ce poisson montrait une fossette longitudinaie. La couverture osseuse , qui revétait cette même partie, était terminée par trois pointes. On voyait de petites dents à la partie antérieure du palais, ainsi qu'aux deux mâchoires , qui étaient aussi avancées l’une que l’autre. La langue était courte, épaisse et lisse. La ligne latérale descendait jusque vers les ventrales, et s’étendait ensuite directement jusqu'à la nageoire de la queue, dont l’anus était une fois plus éloigné que de la tête. Le premier rayon de chaque pectorale paraissait très-fort. On pouvait distinguer les muscles de l’animal au travers de sa peau. Sa couleur générale était celle du chocolat ; les nageoires offraient une teinte d’un brun un peu clair, excepté l’anale qui était grise.

4 5rayons à la membrane branchiale du silure verruqueux, 8 à chaque pectorale, 6 à chique ventrale, 10 à la nageoire de la queue. — 16 rayons à la membrane branchiale du silure asote, 44 à chaque pectorale, 15 à chaque ventrale, 16 à la caudäale.

3 Schlammuwels , en allemand. — Muddy silure , en anglais. — Silure d'étang. Bloch, pl. 570. fig. 2.

5 Du sous-genre SiLURE, dans le grand genre SILURE, famille des Siluroïdes , de la division des Malacoptérygiens abdominaux. D.

Page 1