CENT SOIXANTE-DIX-NEUVIÈME GENRE
LES OSMÈRES *,
La bouche à l’extrémilé du museau; la tête comprimée; des écailles facilement visibles sur le corps et sur la queue; point de grandes lames sur les côtés, de cuirasse, de piquants aux opercules, de rayons dentelés, ni de barbillons, drux nageoires dorsales; la seconde adipeuse et dénuée de rayons ; la première plus éloignée de la lêle que lesventrales ; plus de quatre rayons à la membrane des branchies; des dents fortes aux mdchoires.
ESPÈCES. CARACTÈRES
Onze rayousà la première nageoire du des; dix-sept rayors à celle n de l'anus. huit à chaque vertraie;
la caudale fourchue ; la mâchure inférieure rec urbee el p us avaticée que la suprrieure ; la tête et le corps derui transparents.
L'OSNÈBE ÉPEBLAN.
412 rayons à la membrane branchiale du salmone varié, 14 à chaque pctorale, 19 à la nageoire de la queue.— 12 rayons à la merubrane des branchies du silmont rené, 15 à chaque pectoralr, 25 à la candale. — 15 rayons à la meinbrane branchiale du salmone rille. 4% à chaque pectorale, 55 à la nageoire de la queue. — {1 rayons à la membrane des brauchies du salmone gadoïde, 15 à chaque pectorale, 20 à la caudale.
5 Nou mentionnéparM.Cuvier. D.
5 10 rayons à la membrane branchiale du salmone cumderland, 8 à chaque pectorale, 28 à La nageoire de la quere,
4 M. Cuvier admet le sous-génre ÉPERLan (O0 rus)
ESPÈCES, CARACTÈBES,
Douze rayons à la première dorsale; Onze rayons à la nageorre de l'anus; huit à chaque veutrale; la caudale fourehue: l'onverture de la bouche très-longne : un en foncement au-dessus des yeux.
É rayons à la première na-
L'OSMÈRE SAURE.
groire du dos; seize à l'anale:
huit à chague ventrale ; la came dale fourchue; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure, le dessus du museau derniep les yeux très-rapprochés de son extrémuté ; la partie supérieure de l'orbiie deutelée, Onze rayons à la premiere dorsale; Viugi-Six rayons à la nageoire de l'auus ; huit à chaque veutrale; la caudale fourchue ; l'auale en forme de faux; deux taches noires de chaque côté, l'une auprès de la tête, et l'autre aupres de la caudale.
| Douze rayons à la première na-
| geoire du dos; onze à celle de
L'OSNÈRE BLANCHET
L'OSMÈRE FAUCILLE.
l'anus ; huit à chaque ventraie; la caudale fourchue ; plusieurs rangées de dents égales et serrées à chaque mächoire ; la tête et les opercules couverts d'écailles semblables à celles du dos; la mâchoire d'en bas plus avan . cée que celle d'en haut.
Quatorzerayons à la première dorsale; onze à la nageoire de l'aau»; dix à chaque ventrae ; la caudale fourchue; la téte com- 6. primée et déprimée; les yeux L'Osmman ciLONnE: rapprochés et sañlauts; la mächotre inférienre plus avanvee que la supérieure ; la coutenr générale jaune; cinq ou six raies longitudinales bleues de chaque côté du poisson.
L OSMÈRE TUMBIL,
L'OSMÈRE ÉPERLAN !.
Osmerus (salmo) Eperlanus, Cuv.; Salmo eperlanus, Linn., Gmel., BI. ; Osmerus eperlanus, Lac. ?,
L'éperlan n’a guère que six pouces ou environde longueur; mais:il brille de couleurs trèsagréables. San dos et ses nageoires présentent
d'Artedi, dans le grand genre SAUMON; il n'y place que la seule espèce de l'Éperlan ordinaire. Les autres osmières de Lacéprde -ont rangées par lui dans les sous-genres SAURE et Hypaocyn. dansle grand genre SAUMON, D.
4 Slint, en Allemagne. — Xleiner stint, Loffel stint, Kur'zer stint, Stintites, en Livonie. — Jern lodder, Siné lodder, en Laponie. — Nars, en Suède. — Lodde, Riqn. sild-lodde, Roke. Krochle, en Norvege.— Spiering. en Hollande, — Sme/t , en Angleterre. — Sjiro iwo, au Japon. — Salmone éperlan. Daubenton et Haüy, Enc. méth, — /4, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Faun. Suec. 350, —« OR « merus, radiis piunæ ani septemdecim, « Artedi , gen, 10, syn. 21, spec. 45. — Gronov. Mus. 1, p. 18, n. 49. - Bloch, pl. 28, fig. 2. — Klein, Miss. pisc. 5, p. 20, tab. 4, fig. 5,4. — Esperlan. Rondelet . part. 2, chap. 18. — Eperlanus fluviatilis. Gesner, Aquat., p. 362; Thierb., p 489, — Eprrlanus. Aldrov. Pisc., p. 556. — 1d. Willnghhy, Ichth., p. 202. — /d. Raï, Pise., p. 66, n. 14.-— Small. Br t. Zo,1.3, p. 269, n.8. — Eperlan. Valmont de Bomare, Dict. d'hist, nat. — /d. Duhamel, Traité des pêches.
3 Type du sous-genre ÉP£BLAN, dans le grand geure Saus | Mon, uv. D.
un beau gris; ses côtés et sa partie inférieure sont argentés ; et ces deux nuances, dont l'une très- douce et l’autre très-éclatante se marient avec grace, sont d’ailleurs, relevées par des reflets verts, bleus et rouges, qui, se mélant ou se succédant avec vitesse, produisent une suite très-variée de teintes chatoyantes. Ses écailles et ses autres téguments sont d’ailleurs si diaphanes, qu'on peut distinguer dans la tête le cerveau, et dans le corps les vertèbres et les eôtes. Cette transparence, ces reflets fugitifs, es nuances irisées , ces teintes argentines, ont fait comparer l'éclat de sa parure à celui des perles les plus fines; et de cette ressemblance est venu, suivant Rondelet, le nom qui lui a été donné.
Cet osmère répand une odeur assez forte. Des observateurs que ses couleurs avaient séduits, voulant trouver une perfection de plus dans leur poisson favori, ont dit que cette odeur ressemblait beaucoup à celle de la violette : il s'en faut cependant de beaucoup qu'elle en ait l'agrément, et l’on peut même, dans beaucoup de circonstances, la regarder presque comme fé-
tide. :
L'ensemble de l’éperlan présente un peu la forme d’un fuseau. La tête est petite; les yeux sont grands et ronds. Des dents menues et recourbées garnissent les deux mâchoires et le palais ; où en voit quatre ou cinq sur la langue. Les écailles tombent aisément.
Cet osmère se tient dans les profondeurs des lacs dont le fond est sablonneux. Vers le printemps, il quitte sa retraite, et remonte dans les rivières en troupes très-nombreuses, pour déposer ou féconder ses œufs. 11 multiplie avec | tant de facilité, qu'on élève dans plusieurs marchés de l'Allemagne, de la Suède et de l’Angleterre, des tas énormes d'individus de cette | espèce.
Il vit de vers et de petits animaux à coquille. Son estomac est très-petit, quatre ou cinq appendices sont placés auprès du pylore ; la vessie natatoire est simple et pointue par les deux bouts; l'ovaire est simple comme la vessie natatoire; les œufs sont jaunes et très-difficiles à compter; des points noirs sont répandus sur le péritoine, qui est argentin. On trouve cinquante-neuf vertèbres à l'épine du dos, ettrentecinq côtes de chaque côté ‘.
“11 est difficile de présenter l'histoire de l'éperlan avec |
Une variété de l'espèce que nous décrivons habite les profondeurs de la Baltique, de l'Océan atlantique boréal, et des environs du détroit de Magellan ‘. Elle diffère de l’éperlan des lacs par son odeur, qui n’est pas aussi forte, et par ses dimensions, qui sont bien plus grandes. Elle parvient communément à la longueur d’un pied ou quinze pouces, et, dans l'hémisphère antarctique, on l’a vue longue de dix-huit pouces. Vers la fin de l'automne, elle s'approche des côtes; lorsque le printemps commence, elle remonte dans les fleuves; et l'on prend un si grand nombre d'individus de cette variété en Prusse, auprès de l'embouchure de l'Elbe, et en Angleterre, qu'on les y fait sécher à l'air pour les conserver longtemps et les envoyer à de grandes distances 2.
L'OSMÈRE SAURE,
Saurus...… Cuv. ; Salmo Saurus, Linn., Gmel.; Osmerus Saurus, Lac. 4,
L'Osmére blanchet 5, Saurus (salmo) fœtens, Cuv.; Salmo fœtens, Linn., Ginel.; Osmerus albidus, Lac, #, — L’O. faucille*, Hydrocyon (silmo) falcatus , Cuv.; Salmo falcatus. Bl.; Osmerus falcatus, Lacep.#. — L'O. Tumbil*, Saurus (salmo) Tuabil, Cuv.; Salimo Tumbil. Bl.; Osmerus Toumbil, Lac. 0, L'O. galonne !, Saurus (salo) lemniscatus, Cuv.; Osmerus lemuiscatus, Lac. ‘2,
Le saure a la tête, le corps et la queue trèsallongés ; les deux mâchoires garnies de dents
plus d'étendue et d'une manière plus utile, que M. Noël, daus l'ouvrage qu'il a publie à ce sujet il ÿ a quelques années.
4 Eperlan de mer, auprès de Rouen. — Srint. Seeslint, Grosser stint, eu Allemagne — Stinter, Sallukas, Srinckfisch, Tint. eu Livouie.— Slom, en Suède. — Quatie, Jernlodde, en Norvege.— Smell, en Angleterre. — Salmo eperlarus, var. B. Linnée, éd. de Gmelin. — Salmone eperlan de mer,variété de l'éperlan. Waubenton et Haüy, Enc. méth. — {d. Bounaterre, pl. de | Enc. méth. — Bloch, pl. 28, fig. 4. — Willughby, Ichth., tab. n. 6, fig. 4. — Eperlanus. Gesner, Thierb., p. 180, b. — Spirinchus. Jouston, Pisc., tab. 47, fig. 6.
27 rayons à la membrane branchiale de l'osmére éperlan, 41 à chaque pectorale, 19 a la nageotre de la queue.
5 Tarautola, auprès de Rome. — See eidechse. en Allemague. — Sea bizard, en Angleterre. — « Osinerus radiig epinuæ ani decem. » artedi, gen, ‘0, syn. 22. — Salmone saure. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — /a. Bonuaterre, pl. de l'Enc. méth, — Bloch, pl. 384, fig. 1.
4 M. Cuvier place ce poisson uans le sous-geure SAURE , du grand geure SAUMON. D.
8 Stankiachs, Stinksalm , en Allemagne. — Slender salmon, ex Augleterre. — Sea sparrow hawk, dans la Caroliue. — Sulmone blanchet. DaubentGu et 11 üy, Enc. méth. — jd, Bouuaterre pl, de | Enc. méth.— Bloch, pl. 584, fig. 2. — Cateshy, Carolin. 2, p. 2, tab, 2. fig. 2.
# Du son--geure SALRE, dans le geure SAUMON, Cuv. D.
1 S'almo falcatus. Bloch, pl. 583.
DES POISSONS
tès-fortes, conformées et disposées comme celles de plusieurs lézards; un seul orifice à chaque narine; les opercules revêtus de petites écailles; le dos d’un vert mélé de bleu et de noir; des bandes transversales , étroites , irrégulières, sinueuses et roussâtres, sur cette même partie; des raies de la même couleur sur la première dorsale; d'autres raies également roussâtres, et de plus tachetées de brun, sur chaque pectorale ; une raie longitudinale bleuätre, et chargée de taches rondes et bleues , de chaque côté du corps et de la queue; la partie inférieure de la queue et du corps argentée et très-brillante. On le pêche dans les eaux des Antilles , dans la mer d’Arabie, dans la Méditerranée.
De petites écailles placées sur les opercules et: sur presque toute la tête; une double rangée de dents sur la langue , au palais et aux mâzhoires ; un seul orifice à chaque narine ; le dos noirâtre ; les flancs et le ventre argentins ; les nageoires d’un rouge mêlé de brun : tels sont les traits qui doivent compléter le portrait de l’osmère blanchet que l’on a pêché dans la mer de la Caroline, et dont la longueur ordinaire est d’un pied ou quinze pouces, ainsi que celle du saure.
Surinam est la patrie de l’osmère faucille. La mâchoire supérieure de ce poisson est plusavancée que l'inférieure; les dents de ces deux mâchoires sont fortes et inégales; d’autres dents pointues garnissent les deux côtés du palais; la langue est étroite et lisse. Un os court, large, dentelé, et placé à l'angle de la bouche, s'avance lorsque la gueule s'ouvre, et reprend sa première position lorsqu'elle se referme; ce qui donne à l’osmère faucille un léger rapport de conformation avec l’odontognathe aiguillonné. Il y a deux orifices à chaque narine; les opercules sont rayonnés ; les écailles assez minces se détachent facilement; la ligne latérale se courbe vers le bas; l'anus est à une distance presque égale de la tête et de la caudale; on voit un appendice à chaque ventrale. La couleur générale est argentée; le dos violet; chaque nageoire grise à sa base, et brune vers son extrémité.
* Du sous-genre HYDROCYN ( Hydrocyon ), Cuv., dausle genre SaUMON. D.
® Tunbile, sur la côte de Malabar, — Bloch, p!. 450.
* Du sous-genre SAURE, daus le genre SAUMON, Cuv. D.
444 Trutla marina, rictu obtuso. » Plumier, peiutures sur véiin deja citées.
4? Du sous geure SAURE, dansle genre SAUMON, Cuv. D.
Le tumbil, de la mer qui baigne le Malabar, à la bouche très-grande; la tête longue; le museau pointu; l’opercule arrondi; la ligne latérale droite; l'anus très-rapproché de la caudale; la dorsale et l’anale en forme de faux ; les côtés jaunes; le ventre argentin ; des bandes transversales d’un jaune mêlé de rouge; les nageoires bleues, avec la base jaune.
Plumier a laissé une peinture sur vélin de l’osmère auquel j'ai donné le nom de Galonné, et dont la description n’a encore été publiée par | aucun naturaliste. La nageoire adipeuse de ce poisson est en forme de petite massue renversée vers la caudale ‘. Il présente, indépendamment des raies longitudinales bleues, dix ou onze bandes transversales brunes; mais il offre encore d’autres ornements. Sa tête, couleur de chair, est parsemée de petites taches rouges et de petites taches bleues; deux raies bleues relèvent le jaunâtre de la première nageoire du dos; les ventrales sont variées de jaune et de bleu; l’anale est bleue avec une bordure jaune; et cette parure, composée de tant de nuances bleues , jaunes, brunes et rouges, distribuées d’une manière très-agréable à l'œil, est complétée par le bleu de l'extrémité de la caudale.