‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 435 sur 535 · LE SALMONE TRUITE-SAUMONÉE · texte numérisé non relu

LE SALMONE TRUITE-SAUMONÉE

Salmo Trutta, Linn., Gmel., B1., Cuv.; Salmo Trutta, Salar, Lac.; Salmo lacustris, Linn., Gmel.s,

On a prétendu que la truite-saumonée provenait d’un œuf de saumon fécondé par une truite,

410 rayons à la membrane branchiale du salmone truite, 10 à chaque pectorale , 18 à la nageoire de la queue.

2 Faun. Suec. 549. — Ræding. It, Wgoth. 257. — Salmone bergforelle. Danbenton et Haüy, Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 104. — « Salmo vir « pedalis, pinnis ventris rubris, etc.» Artedi, gen. 15,syn. 25, Willughby, Pisce., p. 196. tab. N, 1,3, 4.— Red charre. Rai, Pisc., p. 63°. — Charr. Brit. Zool. 5, p. 265, n. 6, t. 15.

5 Le texte de cet article se rapporte an Salmo alpinus de Linnée; mais la pl. de Bloch 104 représente la truite pointillée (Sulmo punctatus) de M. Cuvier, qui est pent-être le Carpione des lacs de Lombardie. Le Bersforelle appartient au sous-genre SAUMON, dans le grand genre du même nom. D,

410 rayons à la membrane branchiale du salmone bergforelle, 14 à chaque pectorale, 23 à la nageoire de la quene.

S Lachs forelle, en Allemagne. — Rheinanke, Rhein-

lanke, sur le Rhin. — Zachskindchea, en Saxe. — Lachsfahren, en Prusse. — Taimen, Taimini, en Livonie. — Soborting, en Laponie. — Orlar, Tuanspol, Borting,

Sickmat, Lodjor,en Suède. — Soe-borling, Aurride,en Norvège. — Lar-ort, Maskrog-ort, en Danemarck.— Salmforel, en Hollande, — Sea trout, Salmon-trout, en Angleterre. — Salmone truile-saumonée. Daubenton et Haüy, Enc, méth. — Zd. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Bloch,

# Du sous-genre SAUMON , dans le grand genre du même nom, Cuv. D.

* Le Charr des Anglais est le Salmone salyeline ou Truite rouge selon M. Cuvier, Di

DES POISSONS

ou d’un œuf de truite fécondé par un saumon ; qu’elle ne pouvait pas se reproduire; qu’elle ne formait pas une espèce particulière. Cette opinion est contraire aux résultats des observations les plus nombreuses et les plus exactes. Mais la truite-saumonée n’en mérite pas moins le nom qu'on lui a donné : sa forme, ses couleurs et ses habitudes, la rapprochent beaucoup du saumon et de la truite; elle montre même quelques-uns des traits qui caractérisent l’un ou l’autre de ces deux salmones, et c’est depuis bien du temps qu’on a reconnu ces caractères pour ainsi dire mi- partis. Non-seulement en effet Schwenckfeld, Schoneveld, Charleton et Johnson l'ont distinguée et décrite ; mais encore le consul Ausone l’a chantée, dès le cinquième siècle, dans son poëme de la Moselle, où il l'a nommée fario, et où il l’a représentée comme tenant le milieu entre la truite et le saumon.

La truite-saumonée habite dans un très-grand nombre de contrées; mais on la trouve principalement dans les lacs des hautes montagnes, et dans les rivières froides qui en sortent ou qui s’y jettent. Elle se nourrit de vers, d'insectes aquatiques et de très-petits poissons. Les eaux vives et courantes sont celles qui lui plaisent : elle aime les fonds de sable ou de cailloux. Ce n’est ordinairement que vers le milieu du printemps qu’elle quitte la mer, pour aller dans les fleuves, les rivières, les lacs et les ruisseaux, choisir l’endroit commode et abrité où elle répand sa laite ou dépose ses œufs.

Elle parvient à une grandeur considérable.

Quelques individus de cette espèce pèsent huit ou dix livres; et ceux même qui n’en pèsent encore que six ont déjà plus de deux pieds de longueur.

On la confond souvent avec le salmone huch, auquel elle ressemble en effet beaucoup, et | qu’on a nommé, dans plusieurs pays, 7ruitesaumonée. Ajoutons donc aux traits indiqués dans le tableau générique pour l'espèce dont nous traitons, les autres principaux caractères qui lui appartiennent, afin qu’on puisse la distinguer plus facilement de ce salmone huch, qui, au reste, peut parvenir à un poids sept ou huit

Id. 21. — Faun. Suec. 547. — Müll. Prod. Zool, Dan., p. 48, 0. 407. — Kramer, El., p. 589, n. 2. — « Silmo latus, macu- «lis rubrisnigrisque, etc. » Artedi, gen. 12, syn. 44.—Gronov. Mus. 2, n.164. — Trulla salmonata. Willughby, Ichth., p.195, 198. — Jd. Rai, Pisc., p. 65. — Bull-trout. Pennant, Brit. Zool. 5, p. 249, n. 5. — Truile-saumonce. Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.

fois plus considérable que celui de la véritable truite-saumonée.

Sa tête est petite, et en forme de coin; ses mâchoires sont presque également avancées; les dents qui les garnissent sont pointues et recourbées, et celles d’une mâchoire s’emboîtent entre celles de la mâchoire opposée. On voit d'ailleurs trois rangées de dents sur le palais, et deux rangées sur la langue. Les yeux sont petits, ainsi que les écailles. La ligne latérale est presque droite.

Le nez et le front sont noirs; les joues d’un jaune mêlé de violet; le dos et les côtés d’un noir plus ou moins mêlé de nuances violettes; la gorge et le ventre blancs ; la caudale et l’adie peuse noires ; les autres nageoires grises, les taches noires répandues sur le poisson , quelques fois angulaires, mais le plus souvent rondes.

Au reste, la forme et les nuances de ces taches varient un peu , suivant la nature des eaux dans lesquelles l'individu séjourne. La bonté de sa chair dépend aussi très-souvent de la qualité de ces eaux ; mais en général, et surtout un peu avant le frai, cette chair est toujours tendre, exquise et facile à digérer. Elle perd beaucoup de son bon goût lorsque la rivière où la truitesaumonée se trouve, reçoit une grande quantité de saletés ; il suffit même que des usines y introduisent un grand volume de sciures de bois, pour que ce salmone contracte une maladie à laquelle on a donné le nom de consomption , et dans laquelle sa tête grossit, son corps devient maigre , et la surface de ses intestins se couvre de petites pustules.

On pêche les truites-saumonées avec des filets, des nasses et des lignes de fond, auxquelles on attache ordinairement des vers. Dans les endroits où l’on en prend un grand nombre, on les sale, on les fume, on les marine.

Pour les fumer, on élève sur des pierres un tonneau sans fond et percé dans plusieurs en-

| droits; on suspend ces salmones, et on les y

expose, pendant trois jours, à la fumée de bran. ches de chène, et de grains de genièvre.

Pour les mariner, on les vide, on les met dans du sel, on les en retire au bout de que!ques heures, on les fait sécher, on les arrose de beurre ou d'huile d'olive, on les grille; on étend dans un tonneau une couche de ces poissons sur des feuilles de laurier et de romarin, des tranches de citron, du poivre , des clous de girofle; on place alternativement plusieurs cou-

ches semblables de truites-saumonées, et de porons de végétaux que nous venons d'indiquer ; on verse par-dessus du vinaigre très-fort que l'on a fait bouillir, et l’on ferme le tonneau. Bloch a observé, sur une truite-saumonée , un phénomène qui s'accorde avec ce que nous avons dit de la phosphorescence des poissons, dans le Discours relatif à la nature de ces animaux. Entrant un soir dans sa chambre: il y aperçut une lumière blanchâtre et brillante, qui te surprit d’abord, maisdontil découvrit bientôt la cause : cette lumière provenait d’une tête de truite-saumonée. Les yeux, la langue, le palais et les branchies, répandaient surtout une grande clarté. Quand il touchait ces parties, il en augmentait l’éclat; et lorsque, avec le doigt qui les avait touchées, il frottait une autre partie de la tête, il lui communiquait la même phosphorescence. Celles qui étaient le moins enduites de mucilage ou de matières gluantes, étaient le moins lumineuses; et ces effets s’affaiblirent à mesure que la substance visqueuse se dessécha ",

LE SALMONE ROUGE ?, Salmo erytbrinus, Linn., Gmel., Lac. 5.

Le Salmone gæden +, Salmo Gæ leni, Linn., Gmel., Lac. 5. — Le S. Huch ®, Saimo Hucho, Linn., Gin., Lac., Cuv.T. — Le S. Carpione 5, Salmo Carpio, Linn., Gmel., Lac. ?. — LeS. Salveline 0. Salmo Salvelinus, Linn.; Gm., Lac., CuvM.— Le S. Omble Chevalier 4, Salmo Umbia, Lian., Gum., Bl., Lae., Cuv. ‘5,

Le rouge habite des lacs et des fleuves de la Sibérie. Il parvient à deux pieds de longueur. Sa chair est rouge, grasse, tendre. Ses œufs

412 rayons à la membrane branchiale du sulmone truitezaumonée, 44 à chaque pectorale, 20 à la nageoire de la queue.

2 Georg. It. , p. 156, tab. 1, fiz. 1.

5 Ce poisson n'est pas cité par M. Cuvier. D.

+ Silberforelle, sur quelques rivages de la Baitique. — Bloch, pl. 102. — Truile de mer. Bonnaterre pl. de l'Enc. méth.

5 Non mentionné par M. Cuvier. D.

6 Heuch, ainsi que huch, en Bavière. — Hauchforelle, dsns plus autres contrées de l'Allemagne. — Sa/mone huch. Maubenton et H.üy. Enc. méth. — /t Bonnaterre, pl. de «Euc. méth. — Bloch, pl. 100. — Meidenger, 45. — « Salmo & oblongus, dentium lineis duabus palati, maculis tautum- Z modù migris. » Artedi, gen. 12, syn. 25. — « Salmo derso

brunneo, maeulis nigris, ete. » Krarn. Austr. 588. — Gesn.

quat., p. 1015. Thierb., p. 174, Icon. an., p.515. — Aldrov.

sC., p, 592. — Willughby, Ichth., p. 199, tab. n. 1, fig. 6.

Lai, Pisc., p.69, n. 9. — Marsigli, Danub. 4, p. 81, tab. 28, gg. 4.

7 Du sous genre SALMONE, dans le graud genre du même sem. D.

5 Chare, Gill charre, dans quelques contrées d'Angle-

sont jaunes; son dos est brun ; sa première dorsale grise, avec des taches rouges bordées d’une autre couleur; la nageoire adipeuse brune et allongée; le front et les opercules sont gris. On voit des dents aux mâchoires, sur la langue qui est large, et sur le palais, où elles forment deux rangées disposées en arc.

Le gæden, que Bloch dédia dans le temps à l'un de ses amis, le conseiller Gæden, de la basse Poméranie, vit dans la Baltique et dans l'Océan Atlantique boréal. Il pèse ordinairement deux livres ou environ : sa longueur n'excède guère dix-huit pouces. Sa chair est maigre, mais blanche et agréable au goût. Ses deux mâchoireset le palais sont garnis de dents pointues; l’ouverture de la bouche et les orifices des branchies ont une largeur considérable; les yeux sont gros; et les ventrales fortifiées chacune par un appendice; la ligne latérale est droite. Les joues, les opercules, les côtés et le ventre sont argentés ; le dos, le front et les nageoires sont brunâtres ;

terre. — Roding, Roie, en Norvèze. — « Salmo pede minor, «dentium ordiibus quinque palati. » Artedi, gen. 15, syn. 21.— Ot. Fabric. Fann. Groenl., p. 171. — Salmone carpion. Daubeuton et Haüy, Euc. méth. — /d. Bounatrrre, pl. de l'Enc. méth.— Ascagne, cah. 4, p. 2, pl. 52.

M. Cuvier cite le nom du Carpione des lacs de Lombardie comnie pouvaut se rapporter à l'espèce de sa truite pointillée, Salmo alpinus, BL, pl. 404, qui n'est pas celui de Liinée, Conséquemment, il place ce poisson daus le sousgenre SAUMON. D.

t0Schwartzreuterl,Schwartzreucherl, quand il estencore très-jeune, — Salvelin, Salmarim , en Allemagne. — Salbling, en Bavière. — Lambacher salhling. en Autriche. — Salmarino, Salamand'ino, Salmo saimarinus, auprès de Trente. — Omble, Bloch, pl.99*. — Sulmone salvelène, Salmone salmarine. Daubenton et Haüy, Enc. méth.—/d. Bonnaterre, pl. de l'Ene. méth — « Silmo pedalis maxillä su- « periore longiore. » Arteui, gen. 15. syn, 26.— « Salino dorso s fu vo, maculis luteis, caudâ bifurcatä. » 1d, syn. 24. — « Trutia dentata, etc. » Klein, Miss, Pisc. 5, p. 18, n. 5, — Umbla prima, salbling. Marsigl. Danub. 4, p.82, tab. 2, fig. 2. — Umbla tertia, lambacher sulbling. Id. #4, p. 85, tab. 29, fig. 2. — Schwartzreuterl. Schrank. Schr. der Berlin. Naturf. fr. 4, p. 580. — Salmarinus. Salvian. Aquat., p. 101, 402. — Jd. Jonst. Pise , p. 155, tab. 28.

41 M. Cuvier donue à la Salveline le om de Truite rouge. C'est le Charr des Anglais, le Sa/mo alpinus de Meidinger, 19. 11 la place dans le sous-genre SAUMON, du grand genre du méme nom, D

41 Salmone humble chevalier. Daubenton et Haüy, Ence. méth.— /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 404. — « Salmo liueis lateralibus sursum recurvis, caudà bifurcä, » Artedi, gen. 15, syn. 25. — Klein, Miss. pi-c. 5, p.18, n.5. - Umble. Rondelet, part. 2, ch. (2, p. 115. — Umbla altera. Aldrov. Pisc., p. 607. — Willughby, Ichth., p. 495, tab. n.1, fig. 4. — Rai, Pisc., p. 64. — « Salmo alter Lemani lacüs. » Gesner, Aquat., p. 1004.

4 Du genre et du sous-geure SAUMON de M. Cuvier, dans la familie des Malacoptérygiens abdomiuaux salmuones. D.

* M. Cuvier rapporte cette figure de Bloch au véritable SYLMo ALPIRUS de Linnée. D

des taches brunes distinguent d’ailleurs la première nageoire du dos.

On trouve deux rangées de dents sur le palais, ainsi que sur la langue du huch, et un appendice aupres de chacune de ses ventrales. Sa ligne latérale est droite et déliée; son anus trèsprès de la caudale ; le dessus de sa tête brun ; sa gorge argentée, ainsi que ses joues ; la couleur de ses côtés , d’un rouge mêlé de teintes argentines; chacune de ses nageoires rouge pendant sa jeunesse, et jaunâtre ensuite.

Son corps et sa queue sont très-allongés et très-charnus. 11 parvient à une longueur de près de six pieds, et à un poids de plus de soixante livres. Sa chair est quelquefois molle, et n’a pas un goût aussi agréable que celle de la truite ou de la truite-saumonée : on l’a cependant confondu, dans beaucoup d’endroits, avec cette dernière, dont on lui a même donné le nom. On le prend à l’'hamecon, ainsi qu’au grand filet. On le pêche particulièrement dans le Danube, dans les grands lacs de la Bavière et de l’Autriche, dans plusieurs fleuves de la Russie et de ia Sibérie : il paraît qu'il habite aussi dans le lac de Genève; et, d’après une note manuscrite adressée dans le temps à Buffon, on pouvait croire que, dans la partie orientale de ce lac, il pèse quelquefois plus de cent livres. Peut-être faut-il aussi rapporter à cette espèce un salmone dent M. Decandolle parle dans ses observations manuscrites, et qui, suivant cet habile naturaliste, vit dans le lac de Morat, y porte ie nom de Sulut, s’en échappe souvent par la Thicle, pour aller dans le lac de Neufchâtel, et pèse de quatrevingts à cent livres.

Le carpion a beaucoup de rapports avec ie salmone bersforelle. Son palais est garni de cinq rangées de dents; sa chair est rouge. On le trouve daas les rivières d'Angleterre et dans celles du Valais. On le conserve assez facilement dans les étangs.

La salveline ressemble aussi beaucoup à ia bergforelle. Elle ne fait qu'un avec la salmarine, que Linnée et plusieurs autres auteurs n'auraient pas dû considérer comme ure espèce particulière. Elle a la tête comprimée; ouverture dela bouche large ; les deux mâchoires armées de petites dents pointues; la langue cartilagineuse, un peu libre, dans ses mouvements, et garnie, comme le palais, de deux rangées de dents; l'orifice de chaque narine, double; la ligne latérale presque droite; un appendice auprès de

chaque ventrale; cinquante vertèbres à l’épine du dos; trente-huit côtes de chaque côté de l’épine.

La tête et le dos sont bruns, les joues et les opercules argentins ; les côtés blanchâtres ; les nuances du ventre orangées: les pectorales rouges ; ies dorsales et la caudaäie brunes ; le corps et la queue parsemés de taches petites, randes, orangées et bordées de blanc.

Plus l’eau dans laquelle elle séjourne est pure et froide, plus sa chair est ferme, et plus ses couleurs sont vives. Elle pese jusqu'à dix livres. Elle fraie vers la fin de l’automne, et quelquefois au commencement de l'hiver. On la pêche particulièrementen Bavière, et dans tous les lacs qui s'étendent entre les montagnes depuis Salzbourg jusque vers la Hongrie. On la prend à l'hamecon, aussi bien qu’au colleret ‘. On la fume en l’exposant à un feu d’écorce d'arbre, dont on augmente la fumée en l'arrosant sans cesse.

L'omble chevalier doit son nom à la grandeur de ses dimensions. 11 pèse quelquefois vingt livres ; et, suivant M. Decandolle, son poids peut s'élever jusqu’à soixante ou quatre-vingts ?. On a souvent confondu ce salmone avee le huch où avecle Salu/, qui parvient à un très-grand volume;et, dans quelques endroits, on l’a pris pour unetruite-saumonée : il constitue cependant une espece bien distincte. Il habite dans le lac de Genève et dans celui de Neufchâtel ; il s’y nourrit

; communément d’escargots , de petits animaux

à coquille, et de très-jeunes poissons. On le péche près du rivage au filet et à l’hamecon. Il devient très-gras : sa chair est très-délicate, et il est très-rechercné.

Il a une rangée de dents pointues à la mächoire d’en haut; deux rangs de dents semblables à la mâchoire d’en bas; chaque opercule composé de deux pièces; l'ouverture branchiale assez grande; les écailles tendres et si petites, qu'on a peine à les distinguer au travers de la substance visqueuse dont elles sont enauites; le dos verdâtre ; les joues d’un verdâtre mêlé de blanc ; l'iris orangé et bordé d'argentin; les opercules et le ventre blanchâtres ; toutes les nageoires d'ur vert mêlé de jaune ; ces organes de mouvement ont d’ailleurs peu de longueur 5.

4 Voyez. pour la descriplion du filet nommé colleret, l'article du Centropome sandal.

2 Notes manuscrites déjà citées.

5 12 rayons à la membrane branchiale du safmone ronge

LE SALMONE TAIMEN , Salmo Taimen, Linn.,Gmel., Lec. ?.

Le Salmone Nelma *, Salmo Nelma, Linn., Gmel., Lac. 4. — Le S. Lenvk 5, Salmo Leuok, Lion., Gmel., Lac. . — Le S$. Kundscha 7, Salmo Kuadscha, Linn., Gmel., Lac. #. — Le S. arctique *, Sahno arcticus, Liun., Gmel., Lac. 1°. — LeS. Reidur 4, Salmo Reiïdur, Linn., Gmel., Lac. {?.— Le S. Icime 4, Salmo Icimus, Lac.: Salmo nivalis, Lion., Gmel.4#4,— Le S. Lepéchint5, Salmo Lepechini, Linn., Gmel., Lac. 44, — Le S. Sil 11, Salmo Silus, Ascag., Lac.; Goregonus Silus, Cuv. 4. — Le S, Lodde 4, Mallotus (salmo) groeulandicus, Cuv.; Salmo groenlandicus, Bloch ; Clupea villosa, Linn., Gmel. 20, — Le S. blanc ?!, Salmo albus, Lac. ??,

Ces onze salmones vivent dans les mers ou les rivières de l'Europe ou de l'Amérique sep-

15 à chaque pectorale, 19 à la nageoire de la queue. — 10 rayons à la membrane branchiale du salmone gæden, 15 à chaque pectorale, 18 à la caudale. — 12 rayons à la membrane branchiale du salmone huch , 47 à chaque pectorale, 146 à la nageoire de la queue. — 12 rayons à la membrane branchiale du salmone carpion, 14 à chaque pectorale, 50 à la nageoire de la queue. — 10 rayons à la membrane des branchies du salmone salveline, 14 à chaque pectorale, 24 à la caudale. — 15 rayons à chaque pectorale du salmone omble chevalier, 18 à la nageoire de la queue.

Pallas, It. 2, p. 716, n.54. — Salmone taimen. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

3-4-6.8.40 A, Cuvier ne mentionne aucune des espèces qui correspondent à ces numéros, et que Pallas a décrites le premier. Ce sont les salmones Taimen, Nelma, Lenok, Kundscha et Arctique. D.

5 Pallas, At. 2, p. 716, n. 55. — Lepéchin, It. 2, p. 192, tab. 9, fig. 4, 2, 5.— Salmone nelma. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

5 Pallas, It. 2, p.716, n. 55.— Salmone lénok. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

7 Pallas, 1t. 5, p. 706, n. 46. — Salmone kundscha. Bonuaterre, pl. de l'Enc. méth.

* Pallas, It. 5, p. 706, n.47. — Salmone arclique. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

4 Ot. Fabric. Faun. Groenl., p.178, u.126 — Salmone reidur. Bounaterre, pl. de l'Enc. méth.

43-44 Les salnones Reidur et Icime qu'Othon Fabricius a fait conuaitre, ne sont pas cilés par M. Cuvier. D.

45 Ot. Fabr. Faun. Groenl., p.176, n.127.—Salmone icime. Ponuaterre, pl. de l'Enc. méth.

45 Lepéchin, It. 5, p.229, tab. 14, fig. 2.

+6 M. Cuvier ne cite pas celte espèce , que Lepéchin a décite dans son Voyage. D,

47 Ascagne, pl. 24.—Salmone sil. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

4# M. Cuvier place le Sil d'Ascagne dans le sous-genre LA- YARET, de son grand genre SAUMON. D,

49 Capelan d'Amérique. — Cupelan de Terre-Neuve. — Gronlander, par les Allemands. — Angmaksak, Keplings, £ern lodde (le mäle), Quetter lodde (idem). Sild lodd, (a femelle, Rong lodde (idem), en Groenland. — Laadensild, Lodna, en Islande. — Salmone lodde. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 581, fig. 4.

2 Ce poisson est le type d'un sous-genre formé par M. Cusier, sous le uom de LODDE, Mallotus, dans son grand genre SAUMON. D.

# Salmone blanc. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Pengant, Zool. Brit., t. 3. p. 502.

2? M. Cuvier ne fait pas mention de cette espèce. D.

1 tentrionale. Nous devons à l’illustre Pallas la

connaissance des cinq premiers.

Le taimen, des torrents et des fleuves de la Sibérie qui versent leurs eaux dans l'Océan glacial, a la chair blanche et grasse ; des dents au palais, à la langue et aux mâchoires ; un appen dice auprès de chaque ventrale; les côtés argentés ; le ventre blanc; la caudale rougeâtre; l’analetrès-rouge; une longueur de plus d’un mètre.

Le nelma, des mêmes eaux , est long de plus de six pieds ; et de larges lames sont placées au près de l’ouverture de sa bouche.

Le lénok , qui préfère les torrents rocailleux, les courants les plus rapides et les cataractes écumeuses de la Sibérie orientale, a plus de trois pieds de longueur ; la forme générale d’unetanche ; des appendices aux ventrales, qui sont rougeâtres , ainsi que la caudale; le dessus du corps et de la queue brunätre; le dessous jaunâtre; l’anale très-rouge , et la chair blanche.

Le kundscha, qui n’entre guère dans les fleuves, et que l’on trouve pendant l'été dans les golfes et les détroits de l'Océan glacial arctique, est long de plus d’un pied et demi, bleuâtre audessus et au-dessous de la ligne latérale; et ses ventrales ont chacune un appendice écailleux.

L’arctique, qui habite dans Les petits ruisseaux à fond de cailloux des monts les plus septentrionaux de l'Europe, ne parvient ordinairement qu'à la longueur de quatre pouces.

Le reidur des montagnes de Groenland a près d’un pied et demi de long; la tête grande et ovale ; lemuseau pointu ; la langue longue ; le palais garni de trois rangs de dents serrées ; les mächoires armées de dents fortes, recourbées, et très-pointues ; les opereules grands, lisses, composés de deux pièces; les pectorales très-allongées ; deux rayons de la première dorsale trèslongs; la chair blanche, etle ventre de la même couleur.

L'icime , dont le museau est arrondi, et la longueur de quatre à huit pouces , vit dans les petits ruisseaux et les étangs vaseux du Groenland , y dépose ses œufs sur le limon durivage, passe l'hiver enfoncé dans ce même limon , qui le préserve des effets funestes du froid le plus rigoureux , et lorsqu'il est poursuivi, se cache avec précipitation sous cette même rive, qu'il n’abandonne, pour ainsi dire, jamais.

Le lepéchin, des fleuves de Russie et de Sibérie dont le fond est pierreux , a la chair rougeâtre, ferme et agréabie au grût; plusieurs

DES POISSONS

dents furtes, aiguës et recourbées à la mâchoire superieure ; soixante dents semblables à la mâchoire d'en bas ; la tête grande; les yeux gros; les joues argentées; des taches noires et carrées sur la première nageoire du dos; les autres nageoires couleur de feu.

Lesil, des mers du Nord, présente une tête large et aplatie; deux mâchoires presque égales; un dos convexe; un ventre plat ; une anale placée au-dessous de la nageoire adipeuse ; une longueur de deux pieds et demi.

Le lodde habite les mers de Norvège, d'Islande, de Groenland et de Terre-Neuve. Les individus de cette espèce sont si multipliés en Islande, qu’on en sèche une très-crande quantité pour nourrir les bestiaux pendant l'hiver; et il paraît que le voisinage de cette île leur convient depuis bien ds siècles, puisqu'on y trouve dans des couches de glaise des squelettes de ces poissons.

Le lodde n’a ordinairement que six ou sept,

pouces de longueur. On le pêche pendant tout l'été près des rivages du Groenland. Les femel-

les arrivent vers la fin du printemps , viennent |

par milliers dans les baies, y déposent leurs œufs

sur les ; lantes marines, et en laissent tomber |

un si grand nombre, que l’eau de la mer, quoi-

que assez profonde au-dessus de ces plantes, pa- |

reît d’une couleur jaunâtre.

Lorsque les loddes accourent vers les bords de la mer pour y pondre ou pour y féconder les œufs, ils ne sont arrêtés ni par les vagues ni par les courants; ils franchissent avec audace les obstacles; 1ls sautent par-dessus les barrières. S'ils sont poursuivis par quelque ennemi, ils s’élancent sur la rive, ou sur des pièces de glace; et, s'ils sont blessés mortellement, ils

! corps et la queue, sont aussi tres-petites. Les ! nageoires présentent un bord bleuâtre.

Les mâles ont le dos plus large queles femeiles : presque tous ont d’ailleurs, depuis la poitrine jusqu'aux ventrales, au moins pendant le temps du frai, plusieurs filaments déliés et très-courts. Le péritoine des loddes est noir ; la membrane de l'estomac très-mince; la laite simple, ainsi que l'ovaire; l'épine dorsale composée de soixante-cinq vertèbres; chaque côté de cette épine fortifié par quarante-quatre côtes , et les os , auxquels sont attachés les rayons de la nageoire del’anus, sont très-longs ; ce qui donne à la portion antérieure de la queue la hauteur indiquée dans le tableau générique.

Le blanc, qui, pendant l'été, remonte de {a mer dans les rivières de la grande-Bretagne , a deux rangées de dents à la mâchoire d'en haut, une seule rangée à celle d'en bas ; six dents sur la langue; le dos varié de brun et de blanc; et la première dorsale rougeâtre .

LE SALMONE VARIÉ?,

Salmo varius, Lac. 5.

Le Salmone René, Salmo renatus, Lacep. 4.— Le S. Rille, Salmo Rillus, Lac. 5. — Le S$, gadoïde, Salmo gaduides, Lac.

Les quatre salmones dont nous parlons dans cet article sont encore inconnus des naturalistes.

Le varié a été observé, par Commerson, près des rivages de l'Ile de France. On ne l'y trouve que très-rarement. Sa longueur est de huit pouces ou environ.

Les couleurs de ce poisson sonttrès-variées, et mariées avec élégance. Les nuances un peu brunes du dossontrelevées par des taches rouges,

tournoient à la surface de l’eau , périssent et.

tombent au fond.

Ils se nourrissent d'œufs de crabe, d'œufs de poisson, et quelquefois de plantes aquatiques. Leurs chair est blanche, grasse, de bon goût. On les mance frais ou séchés ; et ils sont un des aliments les plus ordinaires des Groenlandais.

Leur tête est comprimée, et cependant un peu large ; les mâchoires,dont l'inférieure excede la superieure, sont hérissées de petites dents, ainsi que la langue et le palais. Il n’y a qu'un orifice à chaque narine. La ligne latérale est droite; Fauus tres-pres de la caudale. De petites écailles revêtent les opercules, ceiles qui couvrent le

‘18 rayons à chaque pectorale du salmone taimen , 40 à la metnbraue b anchiale ‘‘u salmone nelina, 16 à chaque pectorae du salnone lénok, 41 à la membrane brauchiale du salmone kundscha, 14 à chaque pectorale. —9 rayons à la membrane branchisle du salmone arctique, 16 à chaque pestorale, — 12 rayons à la membrane des branchies du sabmone reidur, 14 à chaque pectorale, 21 à la nageoire de la queue, — 14 vayons à la membrane branchia!e du sain.one lepéchin, 44 à ch-que rectorale, 20 à la nageoire de la yrieue.—6 ravona à L, membrane des branchies du salmone sil, 17 à chaud pe: lorale, 40 à la caudale. — 6 rayous à la membrane brane chiate du salnone loitde, 19 à chaque pectorale, 8 à la nageoire de la queue —15 rayons à chaque pecturale du salmore biunc.

2, Salm : variegalus,corpore è tereti conico, tænià lateram «lonsiudinai v'cibus alteruis rubris, migris, s Comnersun, manuscrits déià cités.

34.5.8 M, Cuvi r ue fait mention d'aucun des poissons décrits daus cet article. D.

et s'accordent très-bien avec le rouge, le jaune et le noir, que deux raies longitudinales présentent symétriquement de chaque côté du salmone , ainsi qu'avec le noiret le rouge dont les nageoires sont peintes. Le dessous de l’animal est blanchâtre ; et les iris, couleur de feu, brillent comme desescarboucles au milieu desteintes sombres de la tête.

La forme générale de cette dernière partie lui donne beaucoup de ressemblance avec la tête d'un anguis. L'ouverture de la bouche est trèsprolongée en arrière. Les dents de la mâchoire supérieure sont avérées, mais éloignées les unes des autres ; celles de la mâchoire inférieure sont au contraire très-serrées.

Au reste, cette dernière mâchoire est un peu plus avancée que la supérieure, qui n'est ni extensible ni rétractile.

Les dents semblables à des aiguillons recourbés hérissent la langue, qui d'ailleurs est trèscourte et très-dure; d’autres dents plus petites et moins nombreuses garnissent la surface du palais.

Le bord supérieur de l'orbite est très-près du sommet de la tête. Deux lames composent chaque opereule. L’anus est très-près de la caudale, et la ligne latérale presque droite.

On pêche dans la Moselle, et particulièrement vers les sources de cette rivière, une espèce de salmone, à laquelle on a donné, dans la ci-devant Lorraine, le nom de Æené, et dont un individu m'a été envoyé, il ya plus de douze ans, par Dom Fleurant, bénédictin de Flavigny près de Nancy.

Ce poisson a deux rangées de dents sur la langue, et trois sur le palais; le dessus de la tête et du corps, ainsi que les nageoires du dos et de la queue , d'une couleur foncée ; le dessous du corps et ies autres nageoires, blanches ou dlanchätres.

Le rille parvient rarement à une grandeur élus considérable que celle d'un hareng. Il habite dans plusieurs rivières, et particulièrement dans celle de la Rille, dont il porte le nom, et quise jette dans la Seine auprès de l'embouchure de ce fleuve.

On l’a souvent confondu avec de jeunes saumons ; ce qui n’a pas peu contribué aux fausses idées répandues parmi quelquesobservateurs au sujet de sa conformation et de ses habitudes. Mais on est allé plus loin : on a prétendu que ce Salmone rille ne mvatrait jamais ni œuf ni laite,

qu'il était infécond, qu'il provenait dela ponte des saumons, qui, ayant en même temps et des œufs et de la laite, réunissent les deux sexes : et cette opinion a eu d'autant plus de partisans, qu'on aime à rapprocher les extrèmes, et qu'on a trouvé piquant de faire naître d’un saumon hermaphrodite un poisson entièrement privé de sexe. Il y a dans cette assertion une double erreur. Premièrement, il n’y a pas de poisson qui présente les deux sexes , ou, ce qui est la même chose, qui ait ensemble et une laite et des ovaires : nous avons déja vu que des œufs trèspeu développés avaient été pris, par des observateurs peu éclairés ou peu attentifs, pour une laite placée à côté d’un véritable ovaire. Secondement, il est faux que le salmone dont nous traitens ne renferme ni œufs ni organe propre à leur fécondation : nous indiquerons au contraire dans cet article la nature de la laite de ce salmone de la Rille. Ce poisson constitue uneespèce particulière, dont la description n’a pas encore été publiée. Nous allons le faire connaitre d’après un dessin tres-exact, que M. Noël de Rouen nous a fait parvenir, et d'après une note trèsétendue que ce savant naturaliste a bien voulu y joindre.

Le salmone rille a la tête petite; l'œil assez gros ; les deux mâchoires et la langue garnies de petites dents ; l’opercule composé de trois pièces; le bord inférieur de la pièce supéricure un peu crénelé; la ligne latérale droite; les écailles ovales, très-petites et serrées ; le dos d’un gris olivâtre ; les côtés blanchâtres et comme marbrés de eris; le ventre très-blanc; la première dorsale ornée de quelques points rougcâtres; la laite grande, double, ferme au toucher, et trèsblanche; la chair également très-blanche, agréable au goût, et imbibée d'une huile ou plutôt d'une graisse douce et légère; la colonne vertébrale composée de soixante vertébres, ce qui suffirait pour séparer cette espèce de celle du saumon.

Au reste , il aime les eaux froides, comme la truite, avec laquelle il a beaucoup de rapports.

On trouve dans l'étang de Trouville, auprès de Rouen, un antre salmone, dont M. Noël nous a communiqué une description, et à laquelle nous avons cru devoir conserver le nom spécifique de Gadoide qu'il lui a donné.

Ce poisson parvient à la longueur d'un pied et demi ou environ. Sa tête ressemble beaucoup, par sa conformation, à celle des gades ,

DES POISSONS

et particulièrement à celle du gade merlan.

L'ouverture de la bouche peut étre tres-agrandie par l'extension des lèvres. On voit deux rangées de dents à la mâchoire d'en haut, ure rangée à celle d'en bas, plusieurs autres dents sur la langue , qui est grosse et rougeätre, et des dents très-petites auprès du gosicr'.

LE SALMONE CUMBERLAND.

Salmo Cumberland, Lac. 2.

Les lacs du Cumberland et ceux de l'Écosse nourrissent ce salmone, dont les naturalistes ignorent encore l'existence, et dont M. Noël nous a envoyé une description, après son retour d'Angleterre.

Ce salmone , auquel nous donnons le nom de sa patrie, a la ligne latérale droite; la tête petite; l'œil grand et rapproché du bout du museau; l'ouverture de la bouche grande; la langue un peu libre dans ses mouvements , et garnie de deux rangées de dents; les écailles petites ; la nageoire adipeuse longue; la couleur générale blanche; le dos gris ; la chair blanche, mais peu agréable au goût *.

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