CENT QUATRE-VINGT-HUITIÈME GENRE, LES SPHYRÈNES
L'ouverture de la bouche grande; le gosier large; les mächoires garnies de dents nombreuses, fortes et pointues; point de barbillons; l’opercule et l’orifice des branchies très-grands; le corps et la queue trèsallongés, et comprimés laléralement; point de nageoire adipeuse ; les nageoires du dos et de l'anus courtes ; deux nageoires dorsales.
CARACTÈRES
[| Quat:e vayon à l1 première nageore du dos; dix à la seconde; dix à celle ie L'anus; bi machoire infévisure plus avancee que celle d'en haut; lesueuts : ombrenses, iuégales, fortes e crochues ; ia dors.le et lanaie é hincrées ; l'operenie terminé prune pointe et couvert de prliles écailles ; la coul ur genre d'un bleuâtre argenté: point de taches, de bandes. mi de ru s;l'anaue, les ventrales et les pectorales rouges.
Cinq rayous à Li premiere dorsale; neuf à ia seconde; : eul à l'anales la imachoire tofevieure plusavane cée que ec We d'en haut ; les dents forte:. crochue-, pres ne égales, et peu nombreuses: L: dorsale et l'auale nou «ch incrées: l'opercuie presine arrondi par der riére, et dénué die pelites écailles; la couleur sénerale et celle de
ESPÈCES
LA SPHYRENE SPET.
LA SPHYRÈNE CHINOISE.
toute- les nagroires, d'un verdätre argenté. pornt de taches, de bandes, ni de ra es.
Sept rayons à la première nageoire du dos, -1x à la secour €; ces deux nageoires pr sure cgales, très rapprochres For de l'autre, élevées, triansulures, six l'yons à la nazeoire. el nus: la mächoire inférieure plus avan ee que la supérieure: la couleur générale et celle des nageores d'un vert doré; , oiut de taches, de bandes, ni de raies.
É rayous à la première dorsale;
LA SPHYRÈNE ORVERD.
dix a la seconde, huit à la nageoire de l'anus: la tele trèsallongée; le corps et la quene tres-déués: presque lentes les nageoires écha crées en forme de faux; l'op reule Lesarrondi , et dénué de priies t cales ; la couleur générale tleue; un grand nombre de taches ron es, inégales et d'un biru lonce, le long de la ligne late ale,
Six ou sept rayons à la première nageoiïre du ds: ui Täÿon alguillonué et vingt quatre rayons articulé à la seconde ; un rayon aiguillonne «t VIngeLPOE FAXOUS articulés à L'auale : la Ca dule en croissant : 14 corne supérieure de la cauuaie jius lo sue que l'inférieure; LS ma hottes trèséirontes, pointues, #1 deux fois plus lunsues que la tele propre meut dite.
LA SPHYRÈNE BECUNE.
LA SPHYRÈNE AIGUILLE.
DIS POISSONS. 523
LA SPHYRÈNE SPET ,
Sphyræua Spet, Cuv. ; Esox Sphyrænua, Linn., Gmel. ; Sphyræna Spet, Lac. ?.
La Sphyrène chinoise, Syhyræna…...., Cuv.; Sphyræna chinensis, Lacep. %. — S. Orverd 4, Centropoma undecimalis, Cuv.; Sihyræna aureoviridis, Lacep. 5. — S. Bécune®, Spbyræua Becuna, Lacep., Cuv.7.— S. aiguille *, Belone...? Cuv.; Sphyræna ACus, Lac. ?.
Les sphyrènes ont été placées parmi les ésoces ; leurs deux nageoires dorsales, et quelques autres traits, doivent cependant les en séparer.
Des sucs digestifs très-puissants, des besoins impérieux, une faim dévorante très-souvent renouvelée, des dents fortes et aiguës, des formes tres-déliées, de l’agilité dans les mouvements, de la rapidité dans la natation; voilà ce que présententles sphyrènes, voilà ce qui leur rend la guerreet necessaire et facile; voilà ce qui leur faisantsurmonter lacrainte mutuelle qu'elles doivent s'inspirer , les réunit en troupes nombreuses, dont tous les individus poursuivent si-
4 Cestra, en grec. — Malleus.— Marteau. — Pei escomé, dans le départ. du Var. (Note communiquée par le préfet Fauchet.) — Sfirena. Lucio di mare, en Sardaigne. — Luzzaro, à Gênes. - Luzz0o marino, à Rome.— Zarganes, en Grèce.— Mugesil, :gam, Goedd, en Arabie.— Pfeil hecht, See hecht, en Allemague. — Pyl-snovk, en Hollande. — Seapike. Spit-ish , eu Augleterre. — Picuda, à la Havane. — Espedon, en Espazne. — Ésoce spet. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Mus. Ad. Frid. 2, p. 4100.—Sphyræna. Artedi, gen. 84, syn. 112. — Zobpatve. Arist., L 9, €. 2. — Ælian, L 1, c. 55, p. 40. — /d. Atben., 1. 7.p. 525. — /d. Oppan., 1. 1, p. 7; et 1.2, p. 58.— Sphyræna.Charietou. p. 156. — Sphyræna, prima species. Rondelet, part. 1, L&, €. 4. — /d. Gesner, p. 882, 1059; ei serm., fol. 59, — /d. Willugbby, p. 275. — Sphyræna sive sudis. Salv.. fol. 70, a. — 1d. Aldrov., 1. 1, c. 21, p. 402. — Id. Joustou, 1. 1, tit. 2, c. 4,4. 16, tab. 18, fig. 4. — Zd. Rai, p- 84. — Bloch, pl. 589. — Spet. Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.
3 Ce poisson est du genre SPHYRÈNE, adopté par M.Ouvier, et placé par lui daus la famille des Acanthoptérygiens percoides, D.
5 Daus la prenrère édition du Règne animal, M. Cuvier dit qu'il coüsidere la s,hyrene chincise de Larépede comme ne différant pas spécifiquement de la Sphyrène Suet. D.
4 a Lucius mar nus. » Piumier, peintures sur vélin déjà citées. ÿ
5 L'espèce de la Sphyrène orverd, Lac., est fondée sur une œauvaise ti ure du Ceutrojome brochet de mer, Cent: 0pomus undecimalis, Cuv., famille des Acanthoptérygiens percuides. D.
“a Sphyræna antillana, argentocærulea. » Plumier, peintares sur wé.1n dejà € tees.
1 M. Cuir, daus la première édition du Règne animal, admet ce poisson dans le genre SPHYRÈNE, et le regarde comme formaut uur espece distincte. D.
#« Acus americana, rostro longsiori, » Plumier, manuscrits dela Biblioth. ruyale deja cités,
*L'espece de la Sub, rene aiguile, Lac., ne paraît être établie que -ur uue fizure d'Orphie, où la position du poisson fait paraître une des ventrales comme si c'était une première dorsale, Cuvier, Règne anim., première édition.
multanément leur proie, s’ils ne l’attaquent pas par des manœuvres concertées, et auxquelles il ne manque que de grandes dimensions et plus de force pour exercer une domination terrible sur presque tous les habitants des mers.
Une chair blanche et qui plaît à l'œil, délicate et que le goût recherche, facile à digérer et que la prudence ne repousse pas ; voilà ce qui donne aux sphyrènes presque autant d’ennemis que de victimes; voilà ce qui, dans presque toutes les contrées qu'elles habitent, fait amorcer tant d’hamecons, dresser tant de piéges, tendre tant de filets contre elles.
Des cinq sphyrènes que nous faisons connaftre, les naturalistes n’ont encore décrit que la première; mais les formes ni les habitudes de cette sphyrène spet n'avaient point échappé à l'attention d’Aristote , et des autres anciens auteurs qui se sont occupés des poissons de la Méditerranée.
Le spet se trouve en effet dans cette mer intérieure, aussi bien que dans l'Océan Atlantique. Il parvient à la longueur de deux pieds et demi. Ses couleurs sont relevées par l'éclat de la ligne latérale, qui est un peu courbée vers le bas. Le palais est uni; mais des dents petites et pointues sont distribuées sur la langue et auprès du gosier. Chaque narine n’a qu’un orifice ; les yeux sont gros et rapprochés ; les écailles minces et petites; quarante cæœecums placés auprès du pylore; le canal intestinal est court et sans sinuosités ; la vésicule du fiel très-grande, et la vessie natatoire située très-près du dos.
Les yeux de la chinoise sont très-gros ; la prupelle est noire ; l'iris argenté ; la ligne latérale tortueuse. Commerson a laissé dans ses manuscrits un dessin de éette sphyrène, que nous avions déjà fait graver, lorsque nous avons vu ce poisson bien mieux représenté dans les peintures chinoises données à la France par la Hollande.
La sphyrène orverd est magnifique; son dos est élevé; son museau très-pointu; et son œil, dont l'iris est d'un beau jaune, ressemble à un saphir enchässé dans une topaze.
La parure de la bécune est moins riche, mais plus élégante ; des reflets argentins ajoutent les nuances les plus gracieuses à l’azur et au bleu foncé dont elle est variée. L’œil rouge a le feu du rubis. Ses formes sveltes ressemblent plus à
p. | celles d'un serpent ou d’une murène, que celles
des autres sphyrènes dont nous venons de parler. La mächoire inférieure est un peu plus avancée que la supérieure; l’opercule composé de trois pièces ; la ligne latérale presque droite.
La seconde dorsale et la nageoire de l'anus de la sphyrène aiguille sont échancrées de manière à représenter une faux. La mâchoire inférieure dépasse celle d'en haut. Chacune de ces mächoires est armée d'une cinquantaine de dents étroites, crochues, longues, presque égales, et correspondantes aux intervalles laissés par les dents de l’autre mâchoire.
Nous devons à Plumier la connaissance de ces trois dernières sphyrènes *.