‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 457 sur 535 · LE SCOMBRESOCE CAMPE- BIEN · texte numérisé non relu

LE SCOMBRESOCE CAMPE- BIEN

LE SCOMBRÉSOCE CAMPÉRIEN :.

Seiris Camperit, Cuv.; Scomberesox Camperii, Lac. ‘.

Parmi les animaux qui, par leur conformation ambigue ou plutôt composée, doivent être regardés comme «les liens qui réunissent les divers groupes de l'ensemble immense que forment les êtres organisés, aucun ne mérite l'attention de l'observateur philosophe plus que le scombrésoce cumpérien. Non-seulement, en effet, il présente des traits distinctifs de deux genres très-différents, non-seulement il offre les caractères des scombres et ceux des ésoces, mais en-

‘32 rayons à chaque pectorale du polyptère bichir, 12 à chaque ve.Liale. 19 à ls nageoure de la queue,

34 M. Cuvier admet les Scombrésoces de Lacépèlle, comme formant, dans le gen | genre BROGHET . uu sous-geure auqur | il applique la dénomination ban de Sauus, | roposee par M. Rahinesque ; con équenunent 4 le range ‘dans La famille des ESOCES, ord.e vues Malicopterygiens abdominaux. D,

SLaceritus. — Sanros. — Saguis. — Bécasse, on autre espèce d'ayuille. Roudelet, part. 4, L 8, c, 3,

core les formes distinctives de ces deux genres sont rapprochées dans ce poisson mi-parti, sans être confondues, mélées ni altérées. On croirait, en le voyant, avoir sous les yeux un de ces produits artificiels, fabriqués par une avide charlatanerie pour séduire la curiosité ignorante ; et l'on serait tenté de le rejeter comme le résuitat grossier du rapprochement du corps d'un ésoce et de la queue d'un scombre. Aussi, malgré l'autorité de Rondelet, qui l’a décrit en peu de mots , et qui en a fait graver la figure , avonsnous fañli à imiter la réserve de Linnée, de Daubenton, de Haüy, de Gmelin , ainsi que des autres naturalistes modernes, et à n’en faire aucune mention dans cet ouvrage. Mais M. Camper, savant naturaliste de Hollande, et digne fils de feu notre illustre ami le grand anatomiste Camper, a eu la bonté de nous apprendre qu’il possedait dans sa collection un individu de cette espèce que l'on ne doit rencontrer que très-rarement, puisqu'aucun observateur récent ne l’a trouvé. Il a bien voulu ajouter à cette attention celle de m'envoyer un dessin de cet abdorminal, que je me suis empressé de faire graver, et une description très-détaillée et très-savante de cet osseux, d’après laquelle je ne puis que bien faire connaître ce singulier poisson.

J'ai done cru que la reconnaissance m'obligeait à donner à l’objet de cet article le nom spécifique de campérien ; de même que j'ai pensé devoir réunir dans son nom générique ceux des deux genres à chacun desquels on rapporterait sans balancer une de ses parties antérieure ou postérieure, si on la voyait séparée de l’autre.

Ce scombrésoce, suivant Rondelet, parvient à la longueur d’un pied. L’individu qui appartient à M. Camper n’a que les trois quarts de cette longueur.

Les deux mâchoires sont assez cffilées pour ressembler aux deux mandibules d'une bécasse; ou plutôt, comme elles sont courbées vers le haut, elles représentent assez bien le bec d'une avocette : elles ont par conséquent beaucoup de rapports avec celles de l’ésoce bélone.

La mâchoire supérieure, plus courte et plus étroite, s'emboîte dans une sorte de sillon formé par les deux branches de la mâchoire inférieure. Ces deux mächoires, dans l'individu de Rondelet, étaient dentelées comme le bord d'une scie. Dans l'individu de M. Camper, moins £rand et moins développé que le premier, on voit à la surface supérieure de la mâchoire d'en bas un

bourrelet garni de quatre aspérités, et situé trèsprès de. la cavité de la bouche proprement dite. La langue , qui est courte et rude , peut à peine atteindre jusqu’à ce bourrelet. L'ensemble de la tête a presque un tiers de la longueur totale de l'animal.

Les yeux sont grands ; chaque narine à deux orifices; plusieurs pores muqueux paraissent autour des yeux et sur les mächoires ; le corps et la queue sont revêtus d’écailles d’une grandeur moyenne, qui se détachent avec facilité. Deux rangées de petites écailles, situées sur le ventre, donnent à cette partie une saillie longitudinale. Les pectorales sont échancrées en forme de faux ; les ventrales très-petites et trèséloignées de la gorge ; la sixième petite nageoïire dorsale d’en haut et la septième d'en bas sont plus longues et plus étroites que les autres. La couleur générale est d'un blanc de nacre ou d'argent éclatant; la partie supérieure du poisson, la ligne latérale et la saillie du ventre présentent une nuance brune, mêlée de châtain ou de roux.

L’estomac est allongé; le canal intestinal menu et non sinueux ; le foie long et rouge; la vésieule du fiel noirâtre ; la chair semblabie à celle du scombre maquereau ‘.

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