CENT QUATRE-VINGT-DOUZIÈME GENRE
LES FISTULAIRES ?.
Les mdchotres très-étroiles, très-allongées , et en forme de tube; l'ouverture de la bouche à l’extrémilé du museau; le corps el la queue très-allongés el trèsdéliés; les nageoires petiles ; une seule dorsale; celle nageoire siluée au delà de l'anus el au-dessus de l’anale.
CARACTÈPES.
| Quinze rayons à la nageoire dn dos; quinze rayons à la nageoire de l'anu-; la candale fourchue ; l'extrénnté de la queue terminée par uu loug filameut.
ESPÈCE
LA FISTULAIRE PETIMBE.
4 42 où 15 rayons à chaque pectorale du scombrésoce cam périen, 6 ou 7 à chaque ven rale.
2 M. Cusier adopte le genre FISTULAIRE de Linnée, et le place dans L1 famille des Acanthoptéryziens bouche en flûte. El ie partage en deux sous-genres 1° Fistulaire, et 2° Aulosluc, qui sout des genres pour M. de Lacépède. D.
LA FISTULAIRE PETIMBE .
Fistularia Tabacaria, Bl., Linn , Gmel., Cuv.; Fistularia Petimba, Lac. ?.
Nous pouvons donner de ce grand et singulier poisson une description beaucoup plus exacte que toutes celles qui en ont été publiées jusqu’à présent ; nous en avons trouvé une tres-étendue et très-bien faite dans les manuscrits de Commerson, qui avait vu cet animal en vie: et d’ailleurs nous avons examiné plusieurs individus de cette espèce, qui faisaient partie de la collection de ce célèbre voyageur, conservée dans le Muséum d'histoire naturelle ; nous avons pu disséquer quelques-uns de ces individus , et découvrir dans la conformation intérieure de la fistulaire pétimbe des particularités dignes d'attention, que nous allons faire connaître.
Cette fistulaire par vient à la longueur de plus de trois pieds. Elle est surtout remarquable par la forme de sa tête et par celle de sa queue.
La longueur de sa tête égale le quart ou environ de la longueur totale. De plus cette portion de l'animal est aplatie, et comprimée de manière à présenter un peu la forme d'une sorte de prisme à plusieurs faces.
On compte ordinairement quatre de ces faces longitudinales sur la tête proprement dite, qui est sillonnée par-dessus et ciselée sur les côtés, et cinq ou six sur les mâchoires, qui sont avancées en forme de tube, etrayonnées sur une grande partie de leur surface.
Les deux côtés de la tête, depuis l’ouverture des branchies jusque vers le milieu de la longueur du museau, sont dentelés comme les bords d'une scie; et les dentelures sont inclinées vers le bout de ce museau si étroit et si prolongé.
4 Pipe.— Trompelte.— Flûte.— Filencul.— Trompetro, par les Espagnols. — Tobackspfeife, Rohr fisch, par les Allemands, — Pip fisk. par les Suédois. — To'aypipe visch, par les Hollanda s.— Tabaco/ish, par les Anglais. — Petimbuaba, par les Brasiliens, — Mus. Ad. Frid. 1, p. #0 ,t. 26, fig 1. — « solenostomus caudà bifuscà , in set m balæna- « cean abeuule, » Gronov, Ms. 1. n. 51. — Tromprlie petimbe. Daubeuton el Haüy, Enc. meth,— /d Bonnatèrre, pl. de l'Euc. méih.— Pipe. Bloch. pl. 387. — Pelimbuaba. Marccrav. Brasil. 448. — Willughhy, Ichth. Ajpeni. 22. — Rai, Pise. 110, n. 8. — Jd. Cateshy, Carol, 2. tab. 17, tig. 2. — « Aus urogaomon, nemurus-anlostonmus urogHomon, et « rostro tibiæ iustar elorgalo, stylo ex sinn caudæ retror- «sun prouucto. » Comimnerson, manuscrits uéià cités, — Pipe. Appendix du Voyage à la Nouvelle-Galles merid1onale, par Jean White, etc., pl. 64, fig. 2.
3 Du sous-geure FISTULAIRE, dans le genre du même nom, Faux de: acauthoptérygiens bouche eu flüte. D.
DES POISSONS
L'ouverture de la gueule, située à l’extremité .
du tuyau formé par les mâchoires, n'est pas
aussi petite qu'on pourrait le croire , parce que |
les deux mâchoires s’élargissent un peu en forme de spatule vers leur extrémité. Ces deux mâchoires , dont l’inférieure est un peu plus avancée que la supérieure, sont hérissées de petites dents, dans toute la partie de leur longueur où elles ne sont pas réunies l’une à l’autre, et où elles sont, au contraire, assez séparées pour former l'orifice de la bouche.
La langue est lisse.
Le tour du gosier est rude en haut et en bas.
Les narines, placées très-près des yeux, et par conséquent très-loin de l’ouverture de la bouche, ont chacune deux orifices.
Les yeux sont très-grands, saillants, ovales ; et leur grand diamètre est dans le sens de la longueur du corps.
L'opercule, composé d’une seule pièce, est |
allongé, arrondi par derrière, rayonné, et bordé d’une membrane dans une grande partie de sa circonférence.
Les os demi-circulaires qui soutiennent les branchies sont lisses et sans dents.
On voitle rudimentd’une cinquième branchie.
La partie antérieure du corps proprement dit est renfermée dans une cuirasse cachée sous la peau, mais composée de six lames longues et osseuses. Deux de ces lames sont situées sur le dos ; une, plus courte et plus étroite, couvre chaque côté du poisson : les deux plus larges sont les inférieures; et leur surface présente plusieurs enfoncements très-petits et arrondis.
Les ventrales sont très-séparées l’une de l’autre ; la dorsale et l’anale ovales , et semblables l’une à l’autre.
La ligne latérale est droite; elle est, de plus, dentelée depuis l’anus jusqu'à l'endroit où elle se termine.
Entre les deux lobes de la caudale, la queue, devenue plus grosse, a la forme d’une olive, et donne naissance à un filament, dont la longueur est à peu près égale à celle du corps proprement dit. Cet appendice a une sorte de roideur , part de l'extrémité de l’épine du dos, a été comparé, pour sa nature, à un brin de fanon de baleine, en a la couleur et un peu l’apparence, mais ressemble entièrement par sa contexture aux rayons articulés des nageoires , et présente des articulations entièrement analogues à celles de ces derniers.
IT
La peau estunie , et n’est pas garnie d’écailles facilement visibles.
La couleur générale dela fistulaire petimbeest brune par-dessus et argentée par-dessous. Les nageoires sont rouges. Les individus vus par Commerson, dans les détroits de la Nouvelle- Bretagne, au milieu des eaux du grand Océan équinoxial, et ceux qu’il a observés à l’île Bourbon , ne présentaient pas d'autre parure : mais ceux que le prince Maurice de Nassau, Plumier, Cutesby, Browne, ont examinés dans les Antiles ou dans l'Amérique méridionale , avaient
| sur leur partie supérieure une triple série lon-
gitudinale de taches petites, inégales, ovales et
: d’un beau bleu.
Commerson a trouvé l'estomac des petimbes
| qu'il a disséquées, très-long, et rempli de petits
poissons que ies fistulaires peuvent pêcher avec facilité, en faisant pénétrer leur museau trèsallongé et très-étroit dans les intervalles des rochers, sous les pierres, sous les fucus et parmi les coraux.
Le petimbe se nourrit aussi de jeunes crabes. Sa chair est maigre, et, dit-on, très-agréable au goût.
Voici maintenant ce que nous avons remarqué de particulier dans la conformation intérieure de cette fistulaire.
L'’épine dorsale ne présente que quatre vertèbres, depuis la tête jusqu’au-dessus des nageoires ventrales. La premiere de ces quatre vertèbres, n’a que deux apophyses latérales, petites, très-courtes et pointues; et cependant elle est d’une longueur démesurée, relativement aux trois qui la suivent. Cette longueur est égale à celle de la moitié du tube formé par les mâchoires. Cette première vertèbre montre d’ailleurs, dans sa partie supérieure, une lame mince et longitudinale, qui tient lieu d’apophyse, et qu'une autre lame également mince, longitudinale, et inclinée au lieu d’être verticale, accompagne de chaque côté.
La seconde, la troisième et la quatrième vertèbre ont chacune une apophyse supérieure , et deux apophyses latérales droites et horizontales ou à peu près. Ces apophyses latérales sont terminées, dans la seconde vertèbre, par une sorte
: de palette.
La cinquième, la sixième et toutes les autres vertèbres jusqu’à la nageoire de la queue, sont conformées comme la troisième et la quatrième; mais elles sont plus courtes, et le sont d’autant
plus qu’elles approchent davantage de l’extrémité de l’épine. On ne voit pas de côtes ‘.