‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 462 sur 535 · FE L'ARGENTINE CAROLINE · texte numérisé non relu

FE L'ARGENTINE CAROLINE

L'ARGENTINE SPHYRÈNE ?

Argentina Sphyræna; Linn., Gmel., Lac., Cuv. *

L'Argentine Bonuk , Bulirinus indicus, Cuv.; Argentina glossodonta, Forsk., Linn., Gm.: Arsentina Bonuk, Lac. Ck — L'A.Carolinef, Elops americanus, Cuv.; Mugil appendiculalus, Bosc; Argentina Carolina et Mugilomorus Anna- Cavoliua, Lacep.; Argentina Carolina, Liun., Gmel. 7. — L'A. Machnate $, Elops indicus, Cuv.; Argentina Machnata, For:k., Linn., Gmel., Lac.; Synobus chinensis, Lac.; Mugil salmoneus, Forsk. ?.

La sphyrèneest bien petite ; elle ne parvient ordinairement qu'à la longueur de quatre pouces ; mais sa parure est riche et élégante; elle a reeu de la nature les ornements que la mythologie grecque a donnés à plusieurs div inités de la mer; et la poésie verrait dans les effets de ses coulENrS agréables et vives, une robe d'argent étendue sur presque toute sa surface, une sorte de voile de pourpre placé sur sa tête, et un manteau d'un vert argentin , comme jeté dans sa partie supérieure. Cependant cet éclat fait son malheur : un petit poisson perdu , pour ainsi dire, dans l'immensité des mers, est pour l'homme une lecon de sagesse ; tant les lois de la nature sont immua-

4 M. Cuvier admet le genre ARGENTINE de Linnée, en n'y

conservant que la première espèce de Lacépèle , et le place dans la famille des SALMONES , ordre des Malacoptérygiens

bles et générales. Revêtue d’écailles moins ke

les, l’argentine sphyrène n’aurait point à redouter le filet ou l’appât du pêcheur; mais elle est couverte d’une substance dontles nuances et les reflets sont ceux des perles orientales. Par une suite d’une conformation particulière, les éléments de ses écailles ne se réunissent pas seulement sur sa peau en lames blanches et chatoyantes ; ils se rassemblent dans son intérieur en poudre brillante et fine. Sa vessie natatoire, qui est assez grande à proportion de la longueur totale de l’animal , est particulièrement couverte d’une poussière d'argent, ou plutôt de petites feuilles argentées et éclatantes. Les arts inventés par le luxe ont eu recours à ces molécules argentines ; ils les ont introduites dans de petits globes d’un verre très-pur et très-diaphane, les ont collées contre la surface intérieure de ces boules blanches et transparentes, ont produit des perles artificielles de toutes les grosseurs qu'ils ont pu désirer ! ; et la sphyrène a été tourmentée , poursuivie et prise, malgré sa petitesse et le nombre de ses asiles, comme les poissons les plus grands et les plus propres à

abdominaux. Les autres espèces doivent être rapportées aux genres BUrIRIN et ÉLOPE de la famille des Clupes. D.

? Pei d'argent, dans le départ. du Var. (Note communiquée par M. Fauchet, préfet.) — Argentine hautin. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Argentina. Artedi, gen. 8, syn.17. — Seconde espèce de spet. Rondelet, part. 4,1. 8,c. 2. — « Sphyræna « parva, seu sphyrænæ sec. spec. » Gesner, p. 885 et 1064, et (germ.) fol. 59, a. — « Pisciculus Romæ argentina dictus. » Willughby, p. 229. — Ja. Rai, p. 108. — Gronov. Mus.f, n. 24.

5 L'Argentine sphyrène est le type du genre ARGENTINE, tel que le conserve M. Cuvier. Famille des Salmones , ordre des Malacoptérygiens abdominaux. D.

4 Argentine bonuk. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Forskael, Faun. Arab., p. 68, n. 99.

5 L'Argentine bonuk est le BUTIRIN DES INDES de M. Cuvier. Famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens abdominaux. D.

5 Argentine caroline. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Harengus minor bahamensis. Catesby, Carol. 2, p. 24, tab. 24.

7 L'Argentine caroline et l'Argentine machnate appartiennent, selon M, Cuvier, à son genre ÉLOPE, Ælops, de la famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens abdominaux * la première est des côtes d'Amérique dans la mer Atlantique, et la seconde , de la mer des Indes. Ces deux poissons sont trés-voisins l'un de l'autre, si même ils n'appartiennept à une seule espèce. L'ARGENTINE CAROLINE est déja décrite par M. de Lacépède, sous le nom de SYNODE CHINOIS. D.

s Argentine machnat. Bonvaterre, pl. de l’Enc. méth. — Forskael, Faun. Arab., p. 68, n. 100.

* Du genre ÉLOPE, Elops, Cuv. Famille des Clupes, ordre des Malacoptérygiens abdominaux. Voyez la note ci-dessus 7. D.

4 Voyez, relativement à la production des écailles et à la coloration des poissons, notre Discours sur la nature de ces apunaux,

DES POISSONS

satisfaire des besoins plus réels que ceux de la vanité.

On trouve cette argentine dans la Méditerranée, notamment auprès de la campagne de Rome etdes rivages de l’Étrurie. Latête est si diaphane qu'on distingue aisément au travers de son crâne les lobes de son cerveau.

Le bonuk habite dans la mer d'Arabie. Ses écailles sont larges, arrondies, striées à leur base, et brillantes. On n’en voit pas de petites sur la tête. Le dos réfléchit des teintes un peu obscures ; et la nuque ainsi que les nageoires offrent des nuances d’un bleu mêlé de vert. De petits tubercules sont situés entre les yeux. La mâchoire supérieure finit en pointe, s’'avance plus que l’inférieure, et montre une tache noire en forme d'anneau. Les dents sont petites , sélacées, tres-serrées, roussâtres, placées sur plusieurs rangs; le fond du palais en présente de molaires, qui sont hémisphériques , blanches, fortes , et distribuées en trois compartiments. On peut voir, à la base de la langue, des tubercules osseux , hérissés d’aspérités. La ligne latérale est droite. De petites écailles revêtent une partie de la membrane de la caudale.

L’argentine caroline, qui se plaît dans les eaux douces de la contrée américaine dont elle porte le nom, a sur son opercule une sorte de suture longitudinale ; et sa ligne latérale est droite.

La machnate, qui vit dans la mer d'Arabie comme le bonuk , parvient à la longueur de huit à douze pouces. Elle a le dos bleuâtre ; la dorsale d’un bleu mêlé de vert ; l’anale et la caudale de la même couleur par-dessus, et jaunâtres par-dessous ; les pectorales et les ventrales jaunätres ; les écailles petites et striées ; le dessus de la tête horizontal, aplati, et creusé par un sillon très-large ; la lèvre supérieure moins avancée que l'inférieure ; les dents nombreuses et trèsfines; l’œil grand ; l’opercule dénué de petites écailles.

L’inégalité du nombre des rayons des deux membranes branchiales est digne de remarque ‘.

4{4rayons à chaque pectorale de l'argentine sphyrène, 14 à chaque ventrale,19 à la caudale, —19rayons à chaque pectorale de l’argentine bonuk , 41 à chaque ventrale, 20 à la nageoire de la queue.—16 à chaque pectorale de l'argentine caroline, 42 à chaque ventrale, 51 à la caudale. — 17 à chaque pectoraie de l'argentine machuate, 15 à chaque ventrale, 18 à la nègecire de la queue.

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