CENT QUATRE-VINGT-SEIZIÈME GENRE
LES ATÉRINES !.
Moins de huit rayons à chaque ventrale et à la membrane des branchies; point de dents au palais; le corps el la queue allongés, el plus où moins transparents ; deux nageoires du dos ; une raie longitudinale et argentée de chaque côlé du poisson.
ESPÈCES. CARACTÈRES
Huit rayons à la première dorsale ; dix à la seconde ; treize à celle 1 de l'anus ; trois à la membrane
branchiale; la caudale fourchue; la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure; les écailles en losange, minces et unies.
Cinq rayous à la première nageoire
L'ATHÉRINE JOEL.
HUE du dos ; dix à la seconde; vingt- L ATHÉRINE MENIDIA. quatre à l'anale; la caudale fourchue,
Onze rayons aiguillonnés à la première dorsale; vingt et un à la se 5. ce Men la LE ‘ ë e l'anus; les écailles arrondies L'ATHÉAINE) SIRAMS: et légèrement dentelées ; le sommet de la tête garni de petites écailles.
Six rayons à la première nageoire du dos ; dix à la seconde ; vingt À 4. à la nageoire de l’anus; six à la L'ATHERINE GRASDEAU, membrane branchiale ; une membrane entre les ventrales; la cau-
dale fourchue,
L'ATHÉRINE JOEL. ?, Atherina Hepsetus, Linn., Gmel., Lac., Cuv. s.
L’Athérine Menidia +, Atherina Menidia, Linn., Gmel., Lac., Cuv. 5. — L'A. Sihamaf, Atherina Sihama, Linn., Gmel., Lacep., Cuv. 7, — L’A.Grasdeau#, Alherina Pinguis, Lac.; Atherina..., Cuv. ?.
Le joël a la tête dénuée de petites écailles, le dos brunâtre, les flancs nuancés de bleu, le ven-
4 M. Cuvier adopte ce genre, et le place à la suite de la famille des Acanthoptérygiens mugiloïdes, en remarquant qu'il fait le passage de cette famille à celle des Gobioïdes. D,
2 Prester. — Prétre. — Roseret. — Roset. — Lou sauclet, dans plus. départ. mérid. (Note communiquée par M. Fauchet, préfet du Var.) — Peic-rey, Peixe-rey, en Portugal.— Segrelo, en Sardaigne.—XKesch kusch, Abu-kesckul, en Arabie. — Inmisch-baluk, en Turquie. — Spillancosa, en Italie. — Quenaro, auprès de Gênes. — Anguelia, auprès de Venise. — Æornahrenfisch, par les Allemands. — Silverfisk, par les Suédois. — Salvhandet, par les Danois. — Kocrna airvich, par les Hollandais. — Smelt, dans plus, contrées de l'Angleterre. — Atherina. Mus. Ad. Frid. 2, p. 105.— Gronov. Mus. {5 n. 66. — Atherina hepsetus. Hasselquist, It. 582. — Zd. Forskael, Faun. Arab., p.69. n. 101. — Athérine joél. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — Jd. Bonuaterre , pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 595, fig. 5.-- Juoil. Rondelet, part. 1, 1.7, c. 8. — Hepsetus Rondeleti. Aldrov., 12, c. 35, p.216. — « Pisciculus anguella Venetiis « dictus. » Willughby, p. 209. — Raï, p. 79. — Atherina. Are tedi, syn. Append., p. 116. — Atherina, vertice ad rostrum « usque planiuseulo, tænià laterali argenteä. » Commerson, mauuse. déjà cités.
5 Ce poisson, qui porte le nom de Sauclet en Languedoc,
tre argentin, les nageoires grises ; il ne présente que de très-petites dimensions; son corps est presque diaphane ; ses écailles se détachent facilement; sa chair est bonne, d’ailleurs on se sert de ce poisson pour faire des appâts.
On le trouve dans la mer d'Arabie, dans la Méditerranée et dans l'Océan Atlantique boréal.
M. de Sonnini raconte, dans l’intéressant ouvrage qu'il a publié sous le titre de Voyage en Grèce et en Turquie, que les athérines joëls, nommées athernos par les Grecs modernes , se réunissent en bandes très-nombreuses auprès des rivages des îles grecques. Lorsqu'on veut les prendre, et que le temps est calme , un pêcheur se promène le long des bords de la mer, en traînant dans l’eau une queue de cheval ou un morceau de drap noir attaché au bout d’un bâton ; les joëls se rassemblent autour de cette sorte d’appât, en suivent tous les mouvements etselaissenteonduiredans quelque enfoncement formé par des rochers, où on les renferme par le moyen d’un filet, et où on les saisit ensuite facilement !.
On pêche une grande quantité de ces athérines dans les environs de Southampton, qu’elles fréquentent pendant toutes les saisons qui ne sont pas très-froides, mais particulièrement pendant le printemps, qui est le temps de leur frai.
Notre habile et zélé correspondant, M. Noël
et de Cabassous en Provence, est pour M. Cuvier le typedu genre ARGENTINE. Beaucoup d'obscurité règne dans la synonymie de cette espèce. Plusieurs poissons paraissent avoir été confondus sous le nom d'Atherina hepsetus de Linnée. M. Cuvier regarde comme véritable Atherina hepsetus, l'Hepsetus de Rondelet, 216, et le poisson représenté par Duhamel, sec. VE, pl.6, fig. 5. Les planches de Bloch, pl. 595, fig. 5, et syst., pl. 9, fig. 2, sont imaginaires. D.
+ Athérine poisson d'argent. Daubenton et Haüy. Enc. méth. — /d. Bonnaierre, pl. de l'Enc. méth.— « Atherina « menidia, pinnà ani radiis viginti quatuor, caudà bifidä. » Bosc, notes manuscriles déjà citées.
5 Du genre ATHERINE, dans la famille des Mugiloïdes, ordre des Acanthoptérygiens, Cuv. Sous le nom de Menidia, plusieurs espèces d'Athérines ont été confondues. L'Atherina mæœnidia de Linnée, celle de cet article, est la même que l'Atherina notata de Mitchill. Quant au Mæœnidia de Browne, c'est un autre poisson, mais du même genre. D,
& Athérine sihama. Bonnaterre, pl. del'Enc. méth.
T M. Cuvier ne fait mention de l’Atherina sihama de Linnée que dans la première édition du Règne animal. Il la caractérise par la position de ses nageoires ventrales, qui sont presque sous les pectorales. D,
$ Le grâdeau on grasdeau, atherina pellucida, ore denticulato, ete. Commerson, manusc, déjà cités.
° L'Athérine grasdean, Ath. pinguis du texte de M. de Lacépède, n'est pas citée par M. Cuvier ; mais, selon lui, la figure donnée comme celle de ce poisson , appartient à une autre espèce, qu'il nomme Atherina neso-gallica. D.
** Vovage en Grèce et en Turquie, par Sonnini deManoncourt, t. 2, p. 209.
de Rouen, m'a écrit que l'on péchait quelquefois, sur les côtes voisines de Caen, des athérines joëls; on les y nomme Roserets ou Rosets. Elles parviennent rarement à la longueur de quatre pouces. Elles ontau-dessus de la têteune petite crête dentelée, des deux côtés de laquelle est un sillon dans la cavité duquel on voit deux trous ou pores différents des orifices des narines. Leur chair est extrêmement délicate : lorsque le poisson est sec, elle devient jaune et beaucoup plus transparente que pendant la vie de l'animal. La raie longitudinale et argentée reste cependant opaque , et paraît, dit M. Noël, comme un petit galon d'argent sur un fond chamois.
M. Mesaize, pharmacien de Rouen , que j'ai déjà eu l’avantage de citer dans l'Histoire des poissons , vient de m'écrire que dans le port de Fécamp, on pêche les joëls à la marée montante, vers la fin de l’été. On leur a donné le nom de Prétre, apparemment à cause de leur espèce d'étole d'argent. On se sert, pour les prendre, ou d’un filet désigné par le nom de carré ‘, dans le fond duquel on met pour appât des crabes écrasés, ou d’une grande chaudrette,nommée kommardière, qu'on laisse tomber du haut d’un mât placé sur le bord du bateau pêcheur.
L’athérine ménidia habite dans la Caroline.
Nous allons la faire connaître d’après une excellente description qui nous a été communiquée par notre savant ami et confrère M. Bosc.
Cette athérine, que M. Bose à vue vivante dans l'Amérique septentrionale, a la tête aplatie par-dessus, arrondie en dessous, et tachetée de points bruns. Sa bouche peut s'allonger de plus de deux millimètres. Dix ou douze dents trèscourtes garnissentseslèvres. Sahauteur est égale au cinquième de la longueur du corps et de la queue. Sa couleur générale est d’un gris pâle : mais l'extrémité de la caudale est brune, et les: écailles suut bordées, surtout sur le dos, de petits points bruns. Ces écailles sont d’ailleurs presque circulaires. La raie argentée est large d’un millimètre ou environ.
Les athérines ménidia sont extrêmement com
1 Chaudrette, chaudiécre, caudrelte, caudelette, savons ceau, différents noms d'un truble qui n'a pas de manche, que l'on suspend comme le bassin d'une balance, et que l'on relève avec une petite fourche de bois. Voyez la description du truble à l'article du Misgurne fossile. — Le filet nommé carré est le même que le carrelet décrit dans l'arti-
. cle du Cobite loche.
DES POISSONS
munes dans les rivières salées des environs de Charleston. Elles sont très-jolies à voir, trèsagréables au goût, et de plus très-propres à servir d’appât, leur longueur n’excédant pas quatre pouces.
Le sihama ressemble à un fuseau par sa forme générale. Des teintes de blanc, de vert et de bleu, composent le fond de sa couleur. Sa lèvre supérieure peut s’avancer à sa volonté. Ses pectorales sont lancéolées. On l’a péchée dans la mer d'Arabie.
L’athérine Grasdeau est encore inconnue des naturalistes. Commerson l’a vue, décrite et fait dessiner. La couleur générale de ce poisson est semblable à celle d’une eau très-transparente ; des nuances plus obscures paraissent sur le dos : les nageoires supérieures sont brunes, ainsi que la caudale ; les inférieures blanches et diaphanes; les pectorales ornées d’une bande transversale, large, transparente et argentée. L’intérieur de la bouche est aussi d’un blanc éclatant et diaphane ; l'iris est argenté. Les yeux sont peu saillants ; la tête est dénuée de petites écailles; l’opercule composé de deux pièces, et pointu par derrière; la mâchoire supérieure extensible; le péritoine noir; la chair très-délicate. Celles des côtes que l’on voit au delà de l’anus , sont réunies les unes aux autres , et leur surface inférieure présente une épine courbée en arrière !.